Fin de règne à la Comédie

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images-3.jpegDisons-le franchement : peu de monde, à Genève et ailleurs, regrettera le prochain départ d'Anne Bisang de la Comédie, tant il semble flotter à present dans ce théâtre autrefois vivant et joyeux une atmosphère de fin de règne.

En quelques années, les abonnements ont chuté de moitié. Quant aux entrées, elles ont suivi la même pente désastreuse que celle des abonnements : 50% d'entrées payantes en moins…

Bien sûr, il ne faut pas juger de la qualité d'un théâtre uniquement au nombre d'entrées. Pourtant, non loin d'ici, un théâtre comme celui de Vidy, dirigé de main de maître par René Gonzalez, généreux dans son offre et toujours bondé, montre à qui veut le voir que l'on peut très bien concilier spectacles de qualité et fréquentation importante, créant plus souvent qu'à son tour l'événement. Au point de devenir, au fil des ans, l'un des théâtres de référence de la francophonie…

images-4.jpegRien de tel, hélas, à la Comédie, où le théâtre, sous la férule de sa directrice Anne Bisang, est devenu triste et solitaire. Preuve en est son dernier spectacle, Katharina, d'après Heinrich Böll, qui ne semble pas enthousiasmer les foules.

Autre preuve d'une fin de règne, la publication d'un ouvrage entièrement consacré à la gloire de la maîtresse des lieux, comportant photos couleurs et articles de complaisance. Ouvrage de commande qui, par son propos autocélébratif et son coût exorbitant (50'000 Frs quand même !), a fait tousser quelques magistrats en haut lieu. Si l'on veut ériger sa statue, et passer à la postérité, autant le faire soi-même !

Après l'âge d'or de Benno Besson (ah ! L'Oiseau vert ! Ah ! Dom Juan avec Carlo Brandt !), il y a eu l'âge d'argent de Claude Stratz, qui n'était pas si mal que ça (ah ! L'École des mères et Les acteurs de bonne foi ! de Marivaux). Aujourd'hui, nous traversons l'âge de bronze, celui qu'a instauré Anne Bisang, dont peu de souvenirs, hélas, resteront vivants et joyeux dans nos mémoires.

 

 

Commentaires

  • Ce fut, hélas, le théâtre des chiennes de garde !
    Lorsque la tendance vire vers une sorte d'animation sociale, c'est un peu le danger...

  • Peut-être qu'une lecture de l'Oeuvre d 'Oskar F. poète dite par un chantre capoArlisé de l'éducation , genre Empereur Romain ......
    bref un honneur non pas perdu, mais retrouvé

  • Peut-être aussi que si les critiques n'attendaient pas la fin d'une direction pour mettre le doigt sur ce qui ne va pas, il a donc fallut tant d'année pour découvrir le désastre et se lacher. Ah les spectacles de celui-ci et de celui-là, c'était nettement mieux etc.... Cela fait combien de temps que cette dame est en poste??????
    Je n'ai aucun lien avec Mme. Bisang, mais Mr. Olivier vous me semblez hurler avec des loups pas très francs du collier.

  • Il est très difficile de virer quelqu'un, surtout à Genève… Anne Bisang a pu bénéficier, donc, des meilleures conditions pour diriger la Comédie. Elle avait les mains libres et les moyens financiers idoines. Le résultat, hélas, est désastreux. Le plus triste, peut-être, c'est que la Comédie, vu sa réputation, n'a attiré aucune candidature exceptionnelle, lorsqu'il s'est agi de trouver un successeur à Anne Bisang !

  • En dix ans, madame bisang a réduit le théâtre genevois en cendre! Et tout le monde a laissé faire… Il faudrait qu'elle retourne à la buvette du Grütli, là où elle a commencé.

  • Anne Bisang ? Une erreur de casting. Pourquoi s'acharner à faire quelque chose pour quoi l'on n'est pas fait ?

  • Je croyais qu'elle avait commencé à La Bretelle ?!

  • C'est une fin de règne horrible pour le théâtre genevois. Et dire qu'elle voulait rempiler encore deux ans...

    On a typiquement eu l'exemple d'un théâtre conçu pour une minorité de la population. Minorité non élitiste, mais militante.
    Et la publication du livre à sa gloire, semble-t-il, a été financée par des artifices comptables cachant la chose au Conseil de fondation et au magistrat de tutelle.

  • Oui, M. Masson, pour une minorité. Le théâtre c'est la vie normalement. A la Comédie, la tristesse l'a emporté. Et ce m.briand dans sa grande sagesse gauchisante l'approuve !
    Oua, oua, le chien de garde des neuneus de gauche ! Oua, OUa ! On tremble de peur !

  • @ M edgaré du nord , vous sur-interprétez mon commentaire concernant la direction de la comédie,j'ai découvert des spectacles remarquables et également pas mal de déceptions, je pense qu'il s'agit là du lot de beaucoup d'institutions culturelles genevoises ou non.
    Je m'adresse plus précisément au gourou du prêt à penser philosophique dont l'habituel commentaire vachard sur les engagements politiques de Madame Bisang tient lieu d'analyse.
    en matière de neu-neu gaucho provocateurs je vous renvoie au texte de Matthias Langhoff sur le théatre de la Comédie, vous allez vous délecter.
    Plus généralement je ressens un certain malaise à lire des critiques littéraires notamment émanant d'autres écrivains "Moix- Rinaldi" par ex.

  • La Comédie de Genève a acquis sous la direction d'Anne Bisang un rayonnement international incontesté. Un public fidèle, rajeuni et diversifié a accompagné cette direction. Sa programmation a été remarquable et reconnue bien au-delà des frontières. La preuve: à sa succession, les plus grands noms du théâtre se sont annoncés: Nordey, Lacascade,Perton. La fréquentation de ce théâtre est restée stable (70%) ce qui est remarquable pour une directrice qui n'a pas misé exclusivement sur les textes du répertoire. Aucun artifice comptable pour financer ce très beau livre: un fonds privé obtenu par la direction servait à le financer et la FAD a refusé cette solution simple et logique.

  • Un enseignant qui ne vérifie pas ses sources et qui colporte des chiffres faux sans les vérifier, ce n'est pas un bon exemple pour la jeunesse. Les entrées du théâtre de la Comédie ont largement compensé les abonnements et lui ont permis de présenté des bonis très confortables ces dix dernières années. Et un enseignant qui parle d'un théâtre qu'il n'a visiblement pas fréquenté, c'est pas terrible non plus...

  • Quant à Jean Romain qui colporte des clichés rances sur les chiennes de garde. A-t-il seulement vu les spectacles magnifiques à l'affiche: Rwanda 94? Roberto Zucco de Koltes mis en scène par Perton ? Quartier Lointain réalisé par Dorian Rossel ? (A)polonia de Warlikowski ? Psychose 4.48 de Sarah Kane, mise en scène par Claude Régy ? Tierno Bokkar de Peter Brook ? Quartett de Heiner Muller mise en scène par Bob Wilson ? Six personnages en quête d'auteur, mise en scène par Emmanuel Demarcy Motta ? Et bien d'autres encore.

  • Attention JMO! Les chiennes de garde sont lâchées! Elles ne vous plus vous lâcher..:

  • Merci, m. Olivier, de dire enfin tout haut ce que beaucoup de spectateurs (déçus) pensent tout bas… J'ai résilié mon abonnement à La Comédie pou aller découvrir ailleurs le théâtre vivant…

  • La comparaison en terme de fréquentation est faussée car la jauge est passée de quelques 700 places sous la direction de Claude Stratz à 410 sous la direction d'Anne Bisang. Et les bonnes saisons de Stratz ont accueilli plus de 38'000 spectateurs contre à peine 28'000 pour Bisang. On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut.

    Je vous accorde que la fréquentation moyenne n'est pas gage de qualité mais tout à fait subjectivement je trouve que Madame Bisang est une metteure en scène médiocre. Et cela ne s'est pas démenti, de "Sorcières" à "L'honneur perdu..."

    Par contre, "La Comédie de Genève a acquis sous la direction d'Anne Bisang un rayonnement international incontesté." Laissez-moi rire. Les rares tournées des spectacles de Madame Bisang ont été entièrement financées par la seule Comédie (AH! Paris Paris! Vive le provincialisme) et ne faisait l'objet d'aucune coproduction... sauf avec la Comédie de Valence, mais Monsieur Perton s'y retrouvait largement financièrement. Et le fait d'acheter à haut prix des spectacles produits à Avignon ou ailleurs n'est pas un critère de reconnaissance du théâtre. C'est simplement la preuve que le théâtre a de l'argent.

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