L'échec d'Israël (12/01/2009)

images.jpegQue faut-il faire avec ses ennemis — intimes? Dialoguer avec eux? Les combattre par la force? Pactiser? Les exterminer?
Depuis 60 ans, Isräel ne sait que faire de ses ennemis, en particulier le Hamas — mouvement à la fois politique, religieux et « terroriste ». La stratégie qu'il utilise, la démonstration de violence, toujours la meme, se révèle à chaque fois dangereuse et stérile. Rappelonsl'histoire récente, comme le fait Dominique Eddé, dans Le Monde du 5 janvier : «L'opération "Raisins de la colère", accompagnée du massacre de Cana, au Liban, en 1996 ? Elle a renforcé le Hezbollah et s'est soldée par le retrait des troupes israéliennes du Liban sud en 2000. L'opération "Rempart à Jénine", au printemps 2002 ? "Voie ferme", deux mois plus tard ? 2002 et 2003 ont été des années sanglantes pour les populations civiles en Israël : 293 morts. "Arc-en-ciel", en mai 2004 ? "Jour de pénitence", quatre mois plus tard, au nord de la bande de Gaza, avec les mêmes sinistres bilans ? Les assassinats de dirigeants politiques du Hamas exécutés et revendiqués sans complexe par le pouvoir israélien ? Les attentats-suicides ont culminé en 2005. Et, au début de l'année suivante, le Hamas obtenait la majorité absolue aux élections législatives. »
Il y a, dans la politique israélienne, une véritable culture de l'échec, qui repose sans doute sur un vrai désarroi. C'est pourquoi, l'un après l'autre, les divers gouvernements au pouvoir s'obstinent dans une politique du pire. Bien sûr, personne ne veut le reconnaître, car il n'est pas facile de reconnaitre ses échecs. Mais cette politique vient de faire, à Gaza, près de 1000 morts, dont un tiers de femmes et d'enfants…
Pourquoi, alors, continuer?
Les raisons ne manquent pas : parce que les élections israéliennes sont proches, et qu'il faut montrer au Hamas (et au monde entier) qui est le plus fort. Parce que les Palestiniens, une fois encore, méritent une bonne leçon. Parce que Barak Obama, futur président des États-Unis, risque de vouloir changer la donne au Proche-Orient. Parce qu'il faut souder la population israélienne face à un ennemi commun et infréquentable…
Encore et toujours, à l'œuvre, la fameuse logique du bouc émissaire, chère à René Girard : pour assurer sa cohésion, une communauté doit désigner un bouc émissaire et l'immoler sur la place publique. Ce que fait parfaitement Israël…
Cette logique vieille comme le monde remporte, semble-t-il, un grand succès en Israël, où la majorité de la population soutient l'opération punitive de son armée. Le problème, c'est qu'elle dresse toute la communauté internationale contre l'État hébreu, car le monde entier est las, aujourd'hui, de ces logiques archaïques et sanglantes, qui ne mènent nulle part.

 

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