12/10/2013

L'art oublié des femmes

images.jpegÉcrire un texte, c’est tisser une étoffe. D’ailleurs, les mots texte et tissuont la même étymologie. C’est pourquoi, depuis Homère, Pénélope est la mère des écrivains, elle qui remet cent fois l’ouvrage sur le métier et s’amuse à défaire, la nuit, ce qu’elle a tissé pendant le jour, en attendant son Ulysse de mari qui vagabonde et fait des galipettes.

Écrire, c’est tisser, et tisser, depuis les temps les plus anciens, est l’apanage des femmes. Avant même l’invention du tissu (pour se protéger du froid, puis pour cacher les « parties honteuses »), les femmes avaient le goût, pour elles-mêmes et sans doute aussi pour le plaisir de leur(s) amants(s), de tisser les poils de leur toison pubienne.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais Sigmund Freud, un médecin viennois qui a réussi…

Les femmes ont inventé le tissage, et par conséquent l’écriture.  On apprend aujourd’hui que ce sont elles, de surcroît, qui auraient peint les bouleversantes fresques des grottes de Lascaux — et non ces hommes du paléolithique, barbus et assoiffés de viande fraîche. Ces fresques qui marquent, par leur fantasmagorie bariolée, la véritable invention de l’art (16'000 ans avant notre ère).

Quelle découverte !

Après de longues recherches, l’archéologue Dean Snow, de l'Université de Pennsylvanie, est arrivé à la conclusion que 75% des peintures de bisons, mammouths, chevaux et autres cerfs capturés par des hommes, avaient été réalisées par des femmes. Comment en être sûr ? L’empreinte des mains, la longueur des doigts et leur écartement correspondent précisément à des mains de femmes.

Est-ce une surprise ? Non, répond le chercheur : 118-lascaux.1210942918.jpg« Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, ce sont les hommes qui tuent. Mais la plupart du temps, ce sont les femmes qui rapportent les proies au camp. Elles sont donc autant concernées par la chasse que les hommes. »

Ce n’est pas une surprise, donc. Pourtant, comme c’est curieux, personne ne l’avait suggéré auparavant. Croyait-on les femmes incapables de peindre ou d’écrire ? Les avait-on déjà confinées, à l’aube des temps, aux fourneaux et aux tâches ménagères ? Les paléontologues ne seraient-ils pas un peu machistes ?

Freud dirait que tout cela est normal : étant à l’origine de toute vie, la Créatrice par excellence, la Femme-Mère a inventé les arts dans la même foulée. La musique, par sa voix mélodieuse. L’écriture, par son tissage habile. Et la peinture, grâce à ses petites mains magiques.

Que nous reste-t-il alors, à nous autres, qui n’avons rien inventé ?

La guerre ? Le bricolage ? Le fameux muscle Heineken ?

Les hommes sont condamnés, depuis toujours, aux seconds rôles. Des faire-valoir. Des followers, comme ont dit aujourd’hui…

Il fallait un chercheur américain au nom de neige, Dean Snow, pour enfoncer le clou et nous rappeler à notre humble condition.

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08/05/2013

Hommage à Marc Jurt

  images.jpgIl a y sept ans nous quittait Marc Jurt, immense artiste aux multiples talents, peintre et graveur, sculpteur et photographe, enseignant au Collège de Saussure et grand voyageur. Petit hommage.

 Tout commence, chez Marc Jurt, par une trace, un trait gravé ou dessiné. Par ce trait, l’artiste essaie de trahir le monde, c’est-à-dire de l’agripper, de toutes les manières, de toutes ses forces, et de l’attirer vers lui. L’artiste est un archer qui tire, de nuit, sur des cibles mouvantes, vivantes, éphémères. À ce jeu-là, Marc Jurt était expert : le regard, d’abord, mais aussi le corps tout entier, qui s’imprègne du monde, décoche ses flèches ; puis la main qui trace, danse sur le papier ou la plaque de cuivre, qui creuse, qui va au fond des choses ressuscitées par le geste rapide et élégant.

 Au fil des œuvres — trente années de dessin, de gravure et de peinture — le trait, bien sûr, a changé. images-1.jpgDe l’hyperréalisme symbolique des premières gravures (on se souvient des tours de Manhattan dévorées par le lierre) à l’abstraction lyrique des dernières grandes toiles, le trait s’est à la fois dépouillé de l’inessentiel et enrichi de nouvelles expériences, de nouvelles sensations. Grâce aux voyages, aux rencontres, aux aventures de la vie. Mais toujours il a gardé en point de mire son objectif : tracer l’élan, donner une forme visible à la force. Et cette force explose, irrépressible, dans les derniers tableaux réalisés alors que Marc luttait contre la maladie.

 Peindre la force, oui, sans jamais se laisser arrêter, emprisonner, réduire au silence.

 L’œuvre de Marc Jurt n’est jamais fermée : c’est une maison ouverte au monde. Elle est à la fois singulière (on reconnaît son trait, sa marque, au premier coup d’œil) et universelle. Les Balinais comme les Occidentaux s’y retrouvent chez eux, tant Marc aime à jouer avec les matières (tissus, écorces d’arbres, papiers de riz ou de coton), à faire des clins d’œil, à tracer des passerelles entre les peuples et les civilisations.

 Chaque tableau est une invitation à partager, à voyager. Il explore de nouveaux territoires, corrige nos vieilles mappemondes, revisite les cartes de géographie, de météorologie et d’aviation en les modifiant, par le trait et par la couleur, afin qu’ils coïncident, sans doute, avec cette géographie secrète qui est la sienne. Ce travail sur les cartes de géographie n’est pas le premier entrepris par Marc Jurt : il rappelle « Géographie du corps », cette suite de dessins réalisés en 1991-1992 sur enveloppes en carton représentant des anatomies plus ou moins fantastiques. Déjà, utilisant des techniques mixtes, Marc les détournait de leur fonction (médicale) pour en faire une œuvre à regarder, à méditer. On ne peut s’empêcher de voir aussi dans ce geste de détournement une sorte de magie blanche destinée à éloigner du corps, de son propre corps, les menaces invisibles de la maladie ou de la mort. Déjà, en 1992, Marc avait demandé à un écrivain, Jacques Chessex, d’écrire sur ces anatomies colorées et détournées pour conjurer, à sa manière, les vieux démons.

images.jpegCette même année, Marc Jurt collabore pour la première fois avec Michel Butor, un écrivain qu’il admire de longue date, grand voyageur, lui aussi, explorateur de mots et de territoires inconnus (Génie du lieu) : écrivain mobile s’il en est. De cette rencontre naît Apesanteur, une série de six gravures sur lesquelles Butor écrit, à la main, six poèmes. Quelques années plus tard, ce sera Géographie parallèle, une suite unique et magnifique de 50 travaux, que Marc considérait comme un sommet de son œuvre. Le peintre y multiplie les interventions et les strates, peinture, gravure, griffures, papiers collés, rehauts de plume et de crayon, tandis que l’écrivain y dépose ses mots.

Cette œuvre à deux voix est tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son inspiration. Les mots et les images se mêlent sans jamais se confondre : une galerie et une graphie qui l’une l’autre se gardent et se perdent de vue, dans un jeu de miroir qui donne le vertige. Les tableaux sont écrits, comme les poèmes sont peints. Pourtant, on dirait qu’ils font corps, qu’ils sont faits de la même chair ou de la même pâte. Chacun accueille l’autre pour lui prêter sa voix, son souffle, sa matière.

Chacun révèle à l’autre sa géographie secrète et l’aide, dans un dialogue jamais interrompu, à pénétrer les arcanes de son propre mystère.

13:40 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marc jurt, michel butor, jean-michel olivier, dessin, gravure, peinture | | |  Facebook

07/12/2011

Comme on méprise un grand artiste

J'ai reçu, l'autre jour, une lettre de mon amie Janine Massard, qui attire mon attention sur un scandale culturel typiquement vaudois. Je me permets de la reproduire telle quelle. Ou comment un théâtre de la place traite l'œuvre d'un artiste de renom...

images.jpegUn article paru le 22 novembre dans 24 Heures relate un fait divers représentatif d’une petite combine locale mais qui, en bout de course, reflète le mépris dans lequel on tient l’œuvre d’un artiste peintre : la fresque commandée en 1981 à Jean Lecoultre, pour l’inauguration du théâtre de l’Octogone à Pully, a été recouverte de plastique blanc 31 ans plus tard. Sur proposition de la directrice du théâtre, le syndic actuel, M. Gil Reichen, en charge des affaires culturelles, s’arroge le droit de faire recouvrir l’œuvre d’un plastique, sans doute pour être plus en phase avec les préoccupations actuelles ! Et tout cela s’est passé sans avertir l’artiste, qui habite à deux pas du théâtre, et sans en parler davantage aux pouvoirs politiques. Voilà qui rappelle les temps anciens où des « fous de Dieu » enduisaient de chaux les peintures dans les églises, au mépris des messages que les siècles précédents leur avaient transmis.
Et la démocratie dans tout cela ? Que penser de cette façon d’agir qui s’accorde plus avec un petit esprit iconoclaste qu’avec les droits démocratiques et ceux des personnes ? Et quel mépris vis-à-vis d’un artiste dont l’œuvre a été exposée à la Biennale de Venise et à la Fondation Gianadda ! C’est nier l’action de ceux qui l’ont commandée et payée, comme si elle ne faisait pas partie d’un patrimoine culturel. Ce n’est pas un tag pourtant et Pully possède un musée !    
Les signataires de cette lettre ont tous présidé l’Association Films Plans-Fixes qui produit des portraits filmés de personnalités de Suisse romande. Un film consacré à Jean Lecoultre figure parmi les quelques 300 titres de la collection : www.plansfixes.ch/films/jeanlecoultre . C’est à ce titre que nous intervenons et nous demandons que l’on veille au respect des droits de Jean Lecoultre en tant que créateur de l’œuvre.
Janine Massard, Olivier Pavillon, Catherine Seylaz-Dubuis, Jean Mayerat – ancien-n-es président-e-s de Plans-Fixes

09:45 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jean lecoultre, pully, octogone, peinture | | |  Facebook

15/11/2010

Grégoire Müller l'insoumis

images-3.jpegÉtrange ouvrage que celui de Grégoire Müller (né en 1947 à Morges), peintre et sculpteur figuratif, mais aussi critique et enseignant, ayant roulé sa bosse un peu partout et travaillé avec César, Arman et Phil Glass, entre autres, avant de s'installer, avec sa femme et ses deux filles, à La Chaux-de-Fonds. Son livre s'intitule Insoumis*. Il prend la forme d'un journal intime, sous-titré « Cent jours d'une vie de peintre ». Étrange, tout d'abord, parce qu'il ressemble peu aux journaux de peintres qu'on connaît, comme le fameux Journal de Paul Klee, ou encore au Journal de Pontormo publié naguère par Jean-Claude Lebensztejn. Il cherche à mettre à jour « les ingrédients de cette alchimie qu'est la peinture ». Mais son journal, en fin de compte, nous en apprend assez peu sur les secrets de la peinture. En revanche, il nous parle des conditions matérielles, affectives, psychologiques de la création.

Toutes les journées de l'artiste semblent obéir à un même rituel, comme s'il devait suivre un ordre invisible. Il commence par prendre un bain brûlant, qui lui dégage l'esprit, libère son corps des tensions négatives, le rend disponible à l'appel du tableau à peindre. « Méditation, respiration… Atteindre cet état second proche du sommeil… État d'éveil dans lequel les images et les idées semblent faiure surface tout naturellement dans l'esprit… ». Ensuite travail dans l'atelier. Corps à corps acharné avec la toile, les formes et les couleurs. À midi, rendez-vous avec sa famille, pour un repas dont Grégoire Müller nous donne chaque jour le menu détaillé. L'après-midi est plus libre. Retour à l'atelier ou promenade ou verrée avec ses amis. Les soirées, également, semblent obéir à un rituel assez strict. Repas de famille. Discussions animées avec ses filles et sa femme, Pascal. Etc.

Alors, me direz-vous, quel intérêt à publier un Journal qui semble répéter, jour après jour, le même ordre immuable ?

DownloadedFile.jpegC'est qu'au fil du journal, malgré tous les rituels rassurants, la trame des jours se déchire. « La soufrance est partout dans le monde » écrit Müller. Elle est aussi au cœur de sa vie et de sa famille. Il nous parle de la longue dépression de sa fille aînée, Saskia. Des soucis professionnels de sa cadette, Misha. Et peu à peu, au fil des jours, traverse des épisodes mélancoliques ou maniaco-dépressifs. Cette souffrance déchire l'artiste et nourrit son travail en même temps. On comprend mieux, alors, l'importance de ces repas partagés « dans la bonne humeur », de cet intermèdes heureux qui sont comme des bouffées d'air dans une vie surplombée de nuages.

« Je n'ai ni méthode, ni style ; j'ai un désir, une conscience et un instinct qui échappe à la raison. » Au fil des jours, dans sa confrontation avec la peinture, Grégoire Müller nous livre des réflexions passionnantes sur l'art et la création, qui éclairent son travail et forment une manière d'esthétique tout à fait personnelle. C'est l'un des aspects les plus intéressants du livre. « Je sais ce que j'attends de ma peinture. Je veux ouvrir de grands espaces dans lesquels on puisse pénétrer, je veux mettre en scène la figure humaine (qui me semble définitivement être au centre de toute l'histoire de la grande peinture), je veux peindre avec des gestes larges qui impliquent tout mon corps, sans fignolage et sans tarabiscotage, quelque chose de direct, de clairement lisible, sans maniérisme et sans stylisatoion évidentes, quitte à accepter une certaine maladresse… »

Un mot encore sur titre, Insoumis, singulier pluriel. Il se rapporte, d'abord, à l'artiste lui-même, insoumis par nature, pourrait-on dire. Qui ne peut que remettre en question l'ordre établi du monde et de son propre travail. Il se rapporte aussi à ses filles, insoumises, chacune à sa manière, dans ses combats quotidiens. Il peut se rapporter enfin à sa femme, Pascal, Américaine déracinée, qui ne peut se soumettre à la vie trop tranquille de la Suisse. Il pointe en chacun d'entre nous ce noyau de révolte qui vibre et nous fait avancer.

* Grégoire Müller, Insoumis, Cent jours d'une vie de peintre, L'Aire, 2010.

P.S. C'est un petit défaut, mais cela gêne la lecture : j'ai dénombré près d'une centaine de coquilles (orthographiques, typographiques, grammaticales) dans le texte ! Dommage pour un livre de qualité…

 


09:14 Publié dans livres en fête | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grégoire müller, peinture, journal intime, l'aire | | |  Facebook

15/05/2009

Hommage à Marc Jurt (1955-2006)

marc et jmo.JPGIl a y trois ans nous quittait Marc Jurt, immense artiste aux multiples talents, peintre et graveur, sculpteur et photographe, enseignant au Collège de Saussure et grand voyageur. En attendant l'exposition qui se tiendra au Chateau de Penthes en septembre 2009, « Géographie parallèle », qui met en regard 50 toiles de Marc Jurt et 50 textes de Michel Butor, nous rendons hommage à cet être solaire.
La mort est toujours un scandale : aveugle, elle frappe sans discernement ; sournoise, elle emprunte tous les masques ; acharnée, elle ne lâche jamais prise ; intraitable, elle veut toujours avoir le dernier mot.
Après des années de combat, mené avec courage et détermination, notre ami Marc Jurt nous a quittés le 15 mai 2006. Il avait 51 ans. Depuis son adolescence, il luttait contre un mal d’autant plus insidieux qu’il fut longtemps sans visage et sans nom. Un mal qu’il tenta de conjurer par tous les moyens dont il disposait, y compris la peinture et la gravure — arts dans lesquels il excellait — en dessinant son propre corps, de l’intérieur, à travers des anatomies bouleversantes de beauté et de vérité. Cartographier le mal, graver la maladie qui grave et creuse son corps, pour tenir tête à l’Ennemi sans visage, le railler encore une fois, et gagner du temps : telle fut la force de Marc Jurt.
Né en 1955 à Neuchâtel, Marc Jurt fréquenta l’École des Beaux-Arts de Genève où il impressionna d’emblée tout le monde par ses dons de graveur, véritablement hors norme. Par la finesse de son trait, la richesse singulière de son inspiration, qui repoussait toujours plus loin les limites de l’imaginaire, son humour, sa grande humilité, ce jeune prodige prit place aussitôt parmi les plus grands, tels Albert-Edgar Yersin ou Pietro Sarto. Marqué par le surréalisme, dont l’ambition suprême était de concilier la vie et rêve, Marc Jurt combina dans ses premières œuvres des éléments naturels (montagnes, nuages, végétation luxuriante) fortement symbolisés, avec des éléments fantastiques évoquant des puissances élémentaires et obscures. Son dessin, d’une précision d’horloger, ouvre une faille dans le réel, diaboliquement reproduit, mais comme retourné, ou éventré.
Mais ce talent d’orfèvre ne suffit pas à définir l’œuvre de Marc Jurt. Grand voyageur (il fit de nombreux séjours en Inde et dans l’archipel indonésien), il ouvrit la gravure occidentale à d’autres influences, à la fois techniques et esthétiques. Fasciné par la calligraphie chinoise, par exemple, il inventa, dans chaque toile, un alphabet imaginaire, plus vrai que le réel, qu’il superposa à la gravure première. De même, intéressé, depuis toujours, par la fabrication du papier, support final de la gravure, il fit venir du Japon, de Corée ou de Chine, des papiers merveilleux de finesse et de sensualité, qu’il découpait, imprimait, puis collait sur la toile, devenue palimpseste. Mêlant gravure, peinture et collage, ses dernières œuvres reflètent parfaitement cette ouverture au monde et cette inspiration fertile, constamment  surprenante.
Fasciné par « la trace qui perdure quand l’être ou l’objet qui la laisse a disparu », Marc Jurt a littéralement exploré toutes les facettes de la gravure, dont il maîtrisait les techniques à la perfection (eau-forte, pointe sèche, aquatinte). Il a ouvert la gravure à la peinture, à l’écriture, à la trace aléatoire, à la couleur. Son œuvre, extraordinairement diverse, compte des centaines de tableaux et des milliers de gravures, exposés dans le monde entier. Tant il est vrai que Marc, même aux jours les plus sombres de sa lutte contre la maladie, n’a cessé de creuser sa trace.
Pas un jour sans une trace, c’est d’ailleurs le titre d’une série de 52 gravures : une par semaine, pendant un an, toutes magnifiques, toutes surprenantes. Ce pourrait être aussi la devise de cet artiste inimitable, qui creusait patiemment le temps qui nous marque, qui nous reste, qui nous manque.

08:54 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marc jurt, peinture, gravure, artiste suisse | | |  Facebook