16/01/2015

Littérature et salon de thé (Metin Arditi)

Depuis mercredi, comme tout le monde, je vis dans la sidération. Impossible de penser à autre chose qu'au massacre des artistes géniaux qu'étaient Cabu, Wolinski, Charb, Honoré et Tignous ! Et depuis, à chaque instant, radio, télévision, journaux ravivent la plaie si douloureuse qui ne se refermera pas…

images-7.jpegPour faire diversion, j'écoutais Vertigo, sur La Première, qui recevais ce jour-là Metin Arditi. Je retrouvai le même Arditi, d'ailleurs, lundi dernier au Journal du Matin, invité de Simon Matthey-Doret (ici). Il y parlait de son dernier roman, Juliette au bain.*

D'un coup, d'un seul, on quittait l'abominable tuerie parisienne pour entrer dans un salon de thé de Champel, entre deux douairières aux cheveux bleus et un vieil avocat à la retraite. On était entre gens de bonne compagnie. On mangeait son mille-feuilles sans faire de miettes, en sirotant une tasse de thé à la bergamote. On était loin du monde, loin des larmes et du sang. Personne ne disait du mal de personne. On avait oublié Zemmour, Houellebecq, et même Finkielkraut.

On était à Genève, sur la planète Suisse, et on était bien.

Jamais la littérature (qui est un attachement vital au monde des hommes et des femmes) ne m'a paru si détachée de tout. Si vaine, si dispensable. Et la morale, bordel ? Elle régnait en maîtresse absolue. Bons sentiments, espoir œcuménique, fraternité béate. Dans ce salon cosy, on était loin de tout : du monde, des guerres de religion, des jeunes paumés des banlieue, de la modernité…

Si la littérature existe, elle est en prise directe avec le monde — ou elle n'est pas.

* Metin Arditi, Juliette au bain, Grasset.

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01/07/2010

La vérité sur le massacre de la flottile de la paix

Voici un article rédigé par Gilles Halais, de France-Info, sur l'attaque, par l'armée israélienne, de la flottile de la paix pour Gaza, le 31 mai dernier. Édifiant…

DownloadedFile.jpeg« Des corps criblés de balles, des victimes abattues pour certaines à bout portant : c’est ce que révèle l’enquête menée par des médecins légistes turcs, quelques jours après l’assaut lancé par les commandos de marine israéliens contre la flottille de la paix, au large de Gaza. La plupart des victimes – des militants pro-palestiniens de nationalité turque – ont été abattues de près, avec des pistolets, si l’on en croit le porte-parole des médecins légistes turcs, Yalcin Buyuk.

L’un des corps avait deux balles au bras, une dans le dos et une dans le genou, affirme-t-il. Un autre avait une seule balle, logée au centre du front. Une véritable exécution à bout portant. Deux des neufs hommes abattus ont reçu cinq balles chacun. Un autre portait la trace de six impacts. Cinq d’entre eux ont été touchés à la tête. A une exception près, les projectiles examinés par les experts sont des balles de calibre 9 mm, généralement utilisées dans des armes à canon scié. Au total, les neuf victimes ont essuyé 30 balles. Outre les neuf morts, on dénombre 24 blessés toujours hospitalisés à Ankara, la capitale turque. D’après les médecins, sept d’entre eux sont dans un état jugé critique.

Le navire sur lequel les commandos de marine israélien ont été héliportés faisait partie de la flottille de six bâtiments transportant de l’aide humanitaire et du matériel destinés à Gaza. Au cours de l’assaut, les soldats d’élite ont ouvert le feu sur les passagers. L’armée israélienne affirme avoir agi en état de légitime défense. Cependant, aucune arme ne semble avoir été découverte sur le navire. Et les organisateurs de la flottille affirment de leur côté que les commandos israéliens ont tiré aveuglément sur les passagers, qui se sont défendus avec des barres de fer. »

Gilles Halais, avec agences

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