30/08/2018

Merci, Pierre !

Unknown-10.jpegJe devrais en vouloir à Pierre Ruetschi : il y a quelques années, il m'a battu en finale du tournoi de tennis des journalistes, me privant du seul titre sportif dont j'aurais pu m'enorgueillir à ce jour (à part une médaille récoltée lors d'un tournoi de pétanque) ! Oui, je devrais lui en vouloir. Et pourtant,  comme journaliste, puis comme rédacteur en chef de la Tribune de Genève, je lui tire mon chapeau. Il a su traverser maintes crises (et la crise, aujourd'hui, est au plus fort), discuter, négocier, dominer les courants contraires, tenir le cap de son journal dans la tempête que traverse la presse écrite depuis que le loup d'Internet est entré dans la bergerie du print

images-4.jpegLa Tribune, comme on sait, a changé plusieurs fois de mains. Autrefois lausannoise, en mains de la famille Lamunière, elle appartient désormais à un groupe zurichois (Tamedia) surtout préoccupé par les dividendes à verser à ses actionnaires. Pierre a défendu l'indépendance (et l'intégrité) de son journal jusqu'au bout, refusant de donner la liste des employés ayant participé à une grève pourtant légitime. C'est tout à son honneur. Mais c'en était trop pour un groupe qui est en train de tuer lentement, mais sûrement, la presse romande.

Après la mort du Matin, c'est un nouveau coup porté aux journaux de Suisse romande (qui n'ont plus, depuis longtemps, leur destin entre leurs mains). Un coup de poignard dans le dos.

Espérons que ce coup ne soit pas fatal ! 

09:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pierre ruetschi, la tribune de genève, média, suisse, tamedia, lamunière | | |  Facebook

01/12/2010

L'ère de la bêtise

images-4.jpegNous vivons une drôle d'époque. L'information que distillent les média se doit d'être accrocheuse et exclusive. Tous les journaux, même les plus prestigieux comme le New York Times, Le Monde ou notre petit Temps, cèdent à la tentation de scoops qui devraient retenir, quelques instants, l'attention d'un lecteur de plus en plus distrait, de plus en plus fatigué par cette concurrence imbécile.

La dernière preuve en date s'appelle WikiLeaks, un site spécialisé en fuites et révélations fracassantes, fonctionnant sur le bon vieux fantasme de la paranoïa. Que disent les puissants quand nous avons le dos tourné ? Quelles vérités (nécessairement cachées) circulent entre diplomates ou ministres ou militaires, qui changeraient certainement la face du monde si elles étaient divulguées ?

Ces vérités, les voici : le président Sarkozy est un homme « susceptible et autoritaire », tandis que Silvio Berlusconi, fatigué par ses orgies nocturnes, n'a plus la force, ni la clarté d'esprit pour diriger l'Italie. Angela Merkel serait « trop prudente et manquerait d’imagination. » Le président russe Dimitri Medvedev, lui, serait dominé par son Premier ministre Vladimir Poutine. Quant à Hillary Clinton, elle aurait ordonné à ses diplomates de s'emparer du numéro de carte de crédit de leurs invités. Etc. etc. Ces âneries ont rempli des pages entières de nos quotidiens, du Temps au Matin (car il n'y a pas de différence, ni de hiérarchie dans la recherche du scoop). Des pages entières sans nul regard critique, nulle mise en perspective. De la bonne herbe qu'on donne à paître aux moutons de lecteurs…

On attend des élèves qu'ils exercent à l'école leur regard critique. Difficile de le faire dans un monde où ceux qui devraient surveiller, vérifier, approfondir l'information se contentent de propager des ragots gracieusement fournis par un site, WikiLeaks, qui ressemble à une benne à ordure, et dont les intentions semblent bien mystérieuses.

09:05 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wikileaks, bêtise, information, média | | |  Facebook