14/07/2013

Les livres de l'été (6) : Pholoé, de Bastien Fournier

images.jpegC'est un petit livre au titre intrigant qu'on peut glisser facilement dans sa poche : Pholoé*, le dernier livre de Bastien Fournier, n'est à proprement parler ni un roman, ni une confession, ni un recueil de poésie. Mais plutôt une chronique amoureuse dont l'héroïne, Pholoé, apparaît quelquefois dans le fil du récit pour mieux jouer à disparaître. Le livre est construit comme une suite d'instantanés photographiques, très précis, lumineux, sensuels, qui cherchent à capter l'essentiel d'un personnage, d'un paysage ou d'une atmosphère. 29 brefs chapitres, ciselés, intenses, qui parlent de départ, de passade, de tisane, de la difficulté à saisir l'autre dans son malheur secret.

L'héroïne, qui vit seule avec son père, cherche à fuir et s'égare, quelquefois, dans des rencontres sans lendemain. On retrouve Berlin et son Tiergarten. Les ruades des amants de passage. La tristesse qui s'en va et revient. images-1.jpegLe regard photographique de Bastien Fournier ne s'appesantit jamais sur les choses de la vie, les objets en particulier. Il se contente de les saisir dans leur présence muette, indifférente, comme dirait Sartre. Dans leur banalité, ils semblent jouer souvent un rôle important, qu'ils ignorent.

Auteur de plusieurs romans et de pièces de théâtre, Bastien Fournier (né à Sion en 1981) s'affirme déjà comme l'un des meilleurs écrivains valaisans (avec Alain Bagnoud, bien sûr!). Ses évocations de Pholoé, entre regard avide et brumes de la mémoire, hantent longtemps le lecteur.

* Bastien Fournier, Pholoé, roman, éditions de l'Aire, 2012.

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09/11/2009

Vingt ans après

Que faisiez-vous il y a vingt ans exactement ? Vous étiez tous — et moi aussi — devant votre poste de télévision à n'en pas croire vos yeux, comme vos oreilles. Le Mur était enfin tombé ! Larmes et cris de joie. Un vent de liberté sans précédent soufflait sur l'Europe et le monde. On espérait des lendemains qui chantent…

Oubliant, pour une fois, sa mission d'abrutissement, la télévision était aux premières loges. Et nous avec. En plein cœur de l'événement. C'est-à-dire de l'Histoire en train de se faire. La magie du direct…

 

Vingt ans plus tard, l'Europe s'est agrandie. La Suisse n'en fait toujours pas partie. Elle s'est donnée une monnaie forte qui rivalise avec le dollar. Les frontières se sont ouvertes. Non les frontières de l'esprit ou de la culture. Mais celles des travailleurs, qui viennent alimenter un marché de plus en plus gourmand et aveugle. Tous les hommes sont égaux en Europe, car ils ont tous le droit — que dis-je : le devoir — de consommer.

Il vaut la peine de goûter ces images de joie et de liberté, de larmes, de pure jubilation. Elles portent en elles des rêves, peut-être, qui vont bientôt s'évanouir…

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