18/03/2009

Un pape criminel

images.jpeg C'est entendu : la religion, dans nos contrées, n'intéresse plus personne. Il y a belle lurette que nous avons évacué croyances, superstitions, magie blanche et magie noire. Pour nous, s'Il existait encore, Dieu est mort à Auschwitz et à Hiroshima. En outre, depuis que l'Homme a vaincu la Nature, exploré l'espace et marché sur la lune, inventé chaque jour de nouvelles techniques, de nouveaux remèdes, de nouvelles formes d'art, la question religieuse semble définitivement réglée. Un livre de Claude Frochaux, L'Homme religieux*, montre combien toute forme de religion est condamnée par les progrès techniques, économiques et sociaux, à disparaître tôt ou tard de nos sociétés.

Sur la terre, un seul homme, aujourd'hui, semble encore y croire (mais y croit-il vraiment?) Vous l'avez reconnu : c'est l'homme sur le balcon, qui dispense à tous les miséreux et les naïfs du monde sa bonne parole : Benoit 16 en personne, Père spirituel et souverain Poncif. Preuve, s'il en fallait encore une, de la déliquescence de l'église (catholique en l'occurrence), notre grand Pape a levé l'excommunication qui pesait sur les prêtres d'Écône. Ce qui a permis au plus brillant d'entre eux, Mgr Williamson, d'exprimer enfin urbi et orbi ce qu'il pensait de l'Holocauste. Qu'on lui apporte des preuves des chambres à gaz, et il est prêt à y croire! Que ceux qui ont péri dans les fours crématoires viennent lui raconter leur calvaire, et il prendra en considération la Shoah…

Mais notre Père à tous ne se contente pas de réhabiliter les criminels de guerre. Il va aussi faire du tourisme en Afrique, dans sa papamobile, pour mobiliser et moraliser les foules de malades et d'indigents qui boivent ses paroles. Ainsi, des milliers de Camerounais enthousiastes — familles au grand complet, enfants des écoles en uniforme, religieuses, orchestres de percussions  — ont fait, l'autre jour, une haie au cortège officiel le long de la route menant de l'aéroport à la nonciature apostolique où Benoît 16 est logé.

Ce n'est pas tout : dans l'avion qui le menait dans la capitale camerounaise depuis Rome, le pape a estimé que l'« on ne pouvait pas régler le problème du sida », pandémie dévastatrice en Afrique, « avec la distribution de préservatifs. Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème » a-t-il affirmé. On savait le Vatican opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence, mais réprouver ainsi l'usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies), constitue un pas de plus dans la dérive criminelle d'une église de plus en plus déphasée et coupée de toute réalité. À quelle époque vit donc Benoît 16? Le Moyen Âge? Le Préhistoire?

L'Afrique est le continent le plus pauvre du monde. C'est le seul continent, aussi, où le nombre de fidèles augmente chaque année (3% de plus en 2007). De là à penser qu'il est dans l'intérêt de l'église de maintenir l'Afrique le plus longtemps possible dans l'état de pauvreté, de maladie et de détresse qu'elle connaît actuellement, afin de grossir les rangs d'une Eglise qui ne cesse de oerdre du terrain, il n'y a qu'un pas. Que notre benoît pape — même s'il ne l'avouera jamais — se montre prêt à franchir chaque jour.

* Claude Frochaux, L'Homme religieux, L'Âge d'Homme, 2008.

09:40 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : benoit xvi, afrique, religions | | |  Facebook