10/10/2010

Petite fable

images-2.jpegJohn grandit normalement, mais il ne parle pas, au grand désespoir de ses parents.

Vers l'âge de seize ans, il dit enfin à l'heure du thè : « J'aimerais bien un peu de sucre. »

Sa mère, émerveillée : « Mais, John, pourquoi n'as-tu rien dit jusqu'ici ?

— Jusqu'ici, dit John, tout était parfait. »

Si tout est parfait, le langage est inutile. C'est vrai pour les bêtes. Si les bêtes ne parlent pas, c'est que tout est parfait pour elles. Si un jour elles se mettaient à parler, c'est que le monde aura perdu une certaine perfection.

Jean Baudrillard (1929-2007), Cool memories, Galilée, 1987.

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28/09/2010

L'Amour nègre à Paris


Mercredi 29 septembre 2010 (18h-21h) à la librairie L’Âge d’Homme

(5 rue Férou – 75006 Paris)

nous fêterons la sortie du roman de Jean-Michel Olivier, L’Amour nègre (de Fallois/L’Âge d’Homme)

OlivierCouv.jpg
images-2.jpegÀ cette occasion, le comédien Carlo Brandt lira des extraits de L’Amour nègre.
Présentation du roman. Débat. Dédicaces.
Pour tout renseignement, consulter le blog : http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/
Librairie L’Âge d’Homme
5 rue Férou - 75006 Paris
(entre la rue de Vaugirard et la place Saint-Sulpice)
M° St-Sulpice
01 55 42 79 79
courriel : lagedhomme@orange.fr

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24/09/2010

Manuel Tornare frappe deux fois

images.jpegChose promise, chose due. Au printemps dernier, Manuel Tornare promettait que la totalité de la demande en places de crèche serait couverte d’ici à l’horizon 2014-2016. Il dévoile aujourd'hui cinq projets de construction ou d’extension de crèches qui « devraient, entre l’an prochain et 2014, offrir 327 nouvelles places de garde pour les enfants âgés de quelques mois à 4 ans », selon la TdG. Il est rare qu'en politique — le règne de la mémoire courte — les promesses soient tenues. Regardez Mark Muller et son ambition de construire 2'500 logements par année… Regardez Michèle Kunzler qui prône des transports en commun efficaces et bon marché et qui laisse les TPG augmenter le prix des billets de près de 16%…

Tornare, lui, promet peu, mais réalise ses promesses. Dans un canton où les crèches ont longtemps été négligées, où on encourage la natalité, mais on décourage les parents qui travaillent, ces nouvelles places de garde seront bienvenues.

images-2.jpegLe même jour, on apprend que Manuel Tornare a reçu au Palais Eynard l'équipe du Servette. Quelle drôle d'idée ! Cette équipe de millionnaires… Eh bien oui, l'idée est excellente. Surtout à deux jours du derby Servette-Lausanne qui réveillera de vieilles rivalités et d'anciens enthousiasmes. Servette est une équipe essentiellement composée de jeunes joueurs, la plupart formés à Genève. Elle est en pleine reconstruction. Elle aligne les résultats positifs (meilleure équipe de Challenge League du 2ème tour l'an dernier!). Sous l'impulsion de la famille Pishyar, elle renaît de ses cendres et caresse l'ambition de revenir en Super League. Une League qu'elle n'aurait d'ailleurs jamais dû quitter (si Christian Luscher n'avait pas bradé le club à Marc Roger, avec les conséquences que l'on sait).

Bref, aujourd'hui, Manuel Tornare marque deux points. Souhaitons que Servette en marque trois, samedi, lors du légendaire derby qui aura lieu au stade de la Praille.

 

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22/09/2010

Happy Birthday, Leonard !

Leonard Cohen a fêté hier, à Marseille, son 76 ème anniversaire. Œil malicieux, voix de velours. Longue vie au troubadour de Montreal !

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21/09/2010

Le jour de gloire est arrivé !

DownloadedFile.jpegLe jour de gloire, enfin, est arrivé ! Après l'attente interminable de la « campagne électorale », les simagrées, les gesticulations diverses, les bafouillages, les valse-hésitations, etc. Les questions inutiles : un homme et une femme ? Deux femmes ? Deux hommes ? Une Bernoise et un Zurichois ? Une hétéro et un homo ? Deux trans ? Une chasseur et une végétarienne ? Bien sûr, tout le monde se fout du résultat.

Pour deux raisons.

La première : les braves pékins que nous sommes n'ont rien à dire dans cette élection, vérouillée par le Parlement fédéral (qui a toujours eu peur du verdict populaire). Nous ne pouvons qu'assister, impuissants et pensifs, à une mascarade qui désormais se répète presque chaque année, alors que cette élection devrait avoir lieu tous les quatre ans.

La seconde : quel que soit le choix des parlementaires — une femme-un homme, deux femmes, deux hommes, etc. — le Conseil fédéral restera, contre vents et marées, ce bateau qui dérive dans la tempête sans capitaine. Qu'ils s'appellent Sommaruga ou Fehr, Keller-Sutter ou Schenider-Ammann — cela ne Rime à rien. On l'a compris : le système est bétonné de telle manière que rien ne bouge, rien ne change, rien ne frissonne. Les éléments du puzzle sont parfaitement interchangeables. On vous rend un Leuenberger  (un peu défraîchi) et on prend une Sommaruga (toute pimpante). On débarque le lutin Merz (le seul de la bande qui sait rire) et on met à sa place la glaciale Karin Keller-Sutter. L'essentiel, c'est que rien ne change. Circulez, il n'y a rien à voir ! Vous pouvez assister à l'élection des Princes, braves gens ! Applaudir même les nouveaux élus. Mais vous n'avez rien à dire.

C'est à ce prix que la Suisse, pendant longtemps encore, demeurera cette réserve d'Indiens qu'elle a toujours été.

10:11 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections fédérales, suisse | | |  Facebook

14/09/2010

Joseph Deiss ou la Suisse dans le monde

images-1.jpegÀ quoi sert donc l'ONU, ce « Grand Machin » dont se gaussait de Gaulle ? Et à quoi sert Joseph Deiss, cet ancien conseiller fédéral dont personne n'a jamais pu savoir s'il était de gauche ou de droite, pour ou contre, bien au contraire ? Qui se souvient d'une seule de ses déclarations ? D'une seule de ses décisions, si tant est qu'il en a prises ?

Ne répondez pas tous en même temps…

Eh bien, aujourd'hui, après des mois d'intrigues et de négociations, Joseph Deiss se retrouve au perchoir de l'ONU. N'y avait-il donc aucun autre candidat ? Oui. Mais ils étaient trop marqués, à gauche, à droite. Trop colorés sans doute. Trop vivants. Ils avaient trop de caractère ou de personnalité. Leur tête dépassait de la foule. Et l'ONU, comme la Suisse, pratique la guillotine : il faut couper ce qui dépasse.

Si Joseph Deiss a été choisi pour diriger les débats du « Grand Machin », c'est pour ses qualités naturelles. Il est neutre, gris, terne. Qualités suisses, croit-on encore à l'étranger. C'est sans doute vrai pour Joseph Deiss, qui n'a jamais brillé par son aura ou ses discours prophétiques. Ça ne l'est plus si l'on songe aux personnalités qui marquent ou ont marqué le paysage suisse de ces dernières années. Des entrepreneurs comme Nicolas Hayek. Des sportifs comme Roger Federer. Des cinéastes comme Jean-Stéphane Bron ou Frédéric Mermoud. Etc. Eux seuls donnent de la Suisse une image véridique : inventive, pugnace, dynamique, critique. Avec eux, la Suisse ne dort jamais, ne se berce pas de belles paroles, ne se repose pas sur des lauriers ou des clichés.

Rassurons-nous : avec Joseph Deiss, l'ONU a fait le bon choix. Il ne va pas ruer dans les brancards, ni secouer les vieilles habitudes. Ceux qui somnolaient pourront continuer de dormir. Et le monde de tourner rond. Et l'ONU de rester, en fin de compte, ce qu'elle a toujours été : un moulin à parole.

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08/09/2010

Le règne des seconds couteaux

images-1.jpegAinsi donc les partis de gauche genevois ont choisi leurs candidats pour l'élection au Conseil administratif. Il s'agit de Sami Kanaan pour le PS et de Boris Drahusak pour les Verts. Qui les connaît ? Personne. C'est faux. Il y a au moins une personne qui connaît les deux candidats. Manuel Tornare connaît très bien Samy Kanaan, puisque ce dernier est son subordonné, et qu'il travaille pour lui depuis des années. Idem pour Boris Drahusak, que Patrice Mugny connaît bien, puisqu'il dirige un département culturel et qu'il est sous ses ordres…

Comme on sait, la politique, en Suisse, intéresse peu les personnalités en vue. Elle est souvent dévolue aux seconds couteaux. Le choix du PS et des Verts en est l'illustration. C'est la méthode Xerox. On duplique. On remplace un rose foncé par un rose clair (ou l'inverse). On s'entend entre soi. On alimente  les moulins à vent. Le but étant, à la fin, que rien ne change. Que la machine politique tourne toute seule.

Faut-il s'en réjouir ou s'en plaindre ?

Les « bêtes » politiques, à Genève comme ailleurs, sont rares. On peut citer quelques noms : André Chavanne, Guy-Olivier Second, dans les temps anciens, et, sans doute, plus près de nous, Pierre Maudet et Manuel Tornare. Chacun d'entre eux incarne (ou incarnait) une idée politique non partisane avec un certain panache. Cette époque semble révolue. Nous entrons dans l'âge des seconds couteaux. C'est dommage pour Genève.

 

09:55 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, geneve, écologie | | |  Facebook

28/08/2010

Courage, rentrons !

Un peu de beauté et beaucoup de swing à l'heure de la rentrée…

 

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01/07/2010

La vérité sur le massacre de la flottile de la paix

Voici un article rédigé par Gilles Halais, de France-Info, sur l'attaque, par l'armée israélienne, de la flottile de la paix pour Gaza, le 31 mai dernier. Édifiant…

DownloadedFile.jpeg« Des corps criblés de balles, des victimes abattues pour certaines à bout portant : c’est ce que révèle l’enquête menée par des médecins légistes turcs, quelques jours après l’assaut lancé par les commandos de marine israéliens contre la flottille de la paix, au large de Gaza. La plupart des victimes – des militants pro-palestiniens de nationalité turque – ont été abattues de près, avec des pistolets, si l’on en croit le porte-parole des médecins légistes turcs, Yalcin Buyuk.

L’un des corps avait deux balles au bras, une dans le dos et une dans le genou, affirme-t-il. Un autre avait une seule balle, logée au centre du front. Une véritable exécution à bout portant. Deux des neufs hommes abattus ont reçu cinq balles chacun. Un autre portait la trace de six impacts. Cinq d’entre eux ont été touchés à la tête. A une exception près, les projectiles examinés par les experts sont des balles de calibre 9 mm, généralement utilisées dans des armes à canon scié. Au total, les neuf victimes ont essuyé 30 balles. Outre les neuf morts, on dénombre 24 blessés toujours hospitalisés à Ankara, la capitale turque. D’après les médecins, sept d’entre eux sont dans un état jugé critique.

Le navire sur lequel les commandos de marine israélien ont été héliportés faisait partie de la flottille de six bâtiments transportant de l’aide humanitaire et du matériel destinés à Gaza. Au cours de l’assaut, les soldats d’élite ont ouvert le feu sur les passagers. L’armée israélienne affirme avoir agi en état de légitime défense. Cependant, aucune arme ne semble avoir été découverte sur le navire. Et les organisateurs de la flottille affirment de leur côté que les commandos israéliens ont tiré aveuglément sur les passagers, qui se sont défendus avec des barres de fer. »

Gilles Halais, avec agences

11:30 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : israel, flottile de la paix, gaza, massacre | | |  Facebook

14/06/2010

Hervé Loichemol à la Comédie : une bonne nouvelle pour Genève ?

images.jpegJe viens de croiser dans la rue un ami comédien qui sortait de la conférence de presse annonçant le nom du nouveau directeur de la Comédie. Il me regarde avec un sourire mi-figue, mi-raisin. « J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer, me dit-il. La bonne ? Anne Bisang quitte la Comédie l'année prochaine. Et la mauvaise ? C'est Hervé Loichemol qui vient d'être nommé pour la remplacer… »

On connaît les intrigues qui ont présidé, comme chaque fois, à la nomination du nouveau directeur de la Comédie. La Fondation d'Art Dramatique qu'on accuse de tous les maux (en particulier d'avoir écarté des dossiers intéressants venant de l'étranger). Un processus de nomination opaque et faisant la part belle aux pressions extérieures. On parlera encore une fois de la république des copains. Etc. Le même psychodrame s'était produit lors de la nomination de l'immense Benno Besson (qu'on n'a jamais, hélas, remplacé), puis celle Claude Stratz (brillant metteur en scène), puis d'Anne Bisang.

Normal : c'est la Comédie de Genève!

Hervé Loichemol, donc. En le choisissant, la FAD a privilégié un projet local. Pour ne pas dire régional. L'heureux élu ayant longtemps dirigé, à Ferney, la Ferme du Châtelard (un théâtre qui a connu, on s'en souvient, quelques embrouilles avec la justice). Ce choix s'est fait, sans doute, au détriment de candidats plus prestigieux (on parlait d'Eric Lacascade et de Philippe Sireuil). Au détriment, aussi, de metteurs en scène de grande qualité (je pense à Omar Porras). On pouvait rêver, pour la nouvelle Comédie déplacée aux Eaux-Vives, d'un metteur en scène d'envergure disons « internationale ». Ce qui aurait été la moindre des choses pour diriger un théatre flambant neuf qui suscite beaucoup d'attentes et d'espérances. Parmi le public. Mais aussi parmi les comédiennes et comédiens romands. Le choix s'est porté un candidat dont la carte de visite, à cet égard, est plutôt mince. Il reste à lui souhaiter bonne chance. Il lui en faudra pour relever un défi particulièrement exigeant.

 

19:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : comédie, theâtre, geneve, hervé loichemol | | |  Facebook

07/06/2010

Still crazy after all these years

Le premier « tube » de Sheryl Crow, il y a bientôt vingt ans. All I Wanna Do.

Impossible d'échapper au swing de la chanteuse texane. Qui nous console des malheurs politiques…

 

18:45 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sheryl crow, all i wanna do, musique, amérique | | |  Facebook

06/06/2010

Le scoop d'Israël

images.jpegTous les médias du monde l'ont présenté comme un scoop. L'armée israélienne a arraisonné samedi un bateau irlandais qui faisait route vers Gaza avec des vivres et du matériel humanitaire. Cela n'étonnera personne. Puisque l'État hébreux dicte sa loi sur toute cette partie de la Méditerranée. Ce qui est étonnant, c'est que l'intervention s'est faite sans violence. C'est le scoop. Aucun coup. Pas une goutte de sang. Il faut dire que le Rachel Corrie, à bord duquel voyageaient 15 personnes de nationalité irlandaise et malaisienne ne transportait aucun terroriste-barbu-islamiste-enragé admirateur de Ben Laden. Mais, au contraire, du beau monde. Un prix Nobel de la paix irlandais et un ancien responsable de l'ONU. Ceci explique sans doute cela.

Après le bain de sang de la première flotille attaquée par Tsahal (voir ici l'interview d'un chercheur zurichois présent sur le bateau), on ne peut que s'en réjouir.

 ce propos, on mentionnera tout de même le résultat de l'autopsie des victimes de l'attaque israélienne. Presque toutes ont été abattues de plusieurs balles tirées à bout portant. Dans le front. Dans la nuque. Dans la poitrine. Dans le dos. Ce qui ressemble assez peu à un acte de légitime défense. Mais davantage à une exécution, programmée ou non.

Espérons qu'une enquête internationale, indépendante des deux parties, fera toute la lumière sur ce sinistre épisode d'une guerre, hélas, sans fin.

17:56 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : flotille, gaza, israël | | |  Facebook

01/06/2010

La folie d'Israël

101294_47392.jpgQuelle folie a donc frappé Israël pour envoyer au tire-pipe une poignée de soldats inconscients sur une frégate occupée par plusieurs centaines de sympathisants palestiniens (parmi lesquels, sans doute, il devait se trouver quelques bonnes âmes humanitaires) ? Comment expliquer une telle bêtise ? Comment justifier un tel massacre ?

La réponse est simple. Israël ne reçoit de leçons de personne. Depuis toujours. Et à jamais. Israël ne respecte ni les résolutions de l'ONU, ni les eaux internationales. Israël n'accepte aucune critique, aucun conseil, même s'il vient de ses amis. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'Israël est au-dessus des lois. Humaines, en particulier. Son État ne s'estime pas tenu d'obéir aux règles du Droit qui régissent la presque totalité des habitants de la terre.

Constat effarant. Effrayant. Qui isole chaque jour davantage Israël du reste du monde.

N'y avait-il vraiment aucun autre moyen d'arraisonner ces bateaux humanitaires ? Personne ne pouvait-il prévoir le déroulement et le dénouement de ce raid meurtrier ? N'y a-t-il plus un seul Sage en Palestine ?

Nous avons déjà parlé ici du sort misérable réservé aux habitants de la bande de Gaza (où nous avons plusieurs amis). Manque de nourriture. Electricité coupée par l'occupant. Terreur entretenue par les milices militaires. Si quelqu'un mérite notre empathie et notre solidarité, ce sont bien les habitants de ces territoires martyrs.

La manière propre à Israël de résoudre les conflits (dans le sang) — les crimes, la bêtise, l'humiliation — renforcera chaque jour davantage la détermination d'un peuple qui se bat. Non seulement pour conserver une terre qu'on ne lui a jamais accordée. Mais d'abord et avant tout pour sa survie.

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31/05/2010

J'ai fait un rêve

J'ai fait un rêve étrange et inquiétant : j'ai rêvé qu'un matin tous les enfants de flics ou de banquiers, de traders ou de politiciens, de notables, de notaires, pour une raison inattendue, tournaient mal. Ils laissaient pousser leurs cheveux. Ils méprisaient l'argent, et ce qu'il permet de s'acheter. Ils refusaient de suivre le chemin balisé que leurs parents avaient tracé pour eux. Le matin, ils ne lisaient plus Le Matin. Ne regardaient plus la télévision. N'écoutaient plus les chansons nulles du Top 50. Ils se moquaient des Grandes Têtes Molles de leur époque. Simplement et sans violence, ils décidaient de déserter…

C'est l'une des plus belles chansons de Georges Brassens. Une mélodie sublime brodée sur un poème de Jean Richepin, intitulé Les Philistins.

Elle m'a toujours fait beaucoup rêver…

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30/05/2010

Champion du monde !

images.jpegIl n'a pas été invité au grand raout de L'Hebdo la semaine dernière. Pourtant, à tout lui seul, Frédéric Hainard compte plus que les cent Têtes Molles que l'Hebdo a essayé de draguer. Il est jeune et dynamique. C'est un décideur. Il a su se faire élire au Conseil d'Ètat neuchâtelois en camouflant ses erreurs et en dupant les électeurs. Il a les méthodes vigoureuses d'un shérif à qui on ne la fait pas. Et, depuis sa confession filmée de vendredi, il sait toucher au cœur tous les hommes amoureux de plusieurs femmes (ou le contraire). À n'en pas douter, Hainard est un fleuron du libéralisme nouveau : égoïste, rustre, aveuglé par son propre pouvoir, sentimental.

On se réjouit de lire la suite de ses aventures dans les journaux du matin. Car ce champion du monde nous réserve encore bien des surprises.

24/05/2010

Cent Têtes Molles pour un pays mou

crop1.jpgMichel Zendali le dit fort bien : c'est une malédiction qui revient chaque année, comme le Beaujolais nouveau ! Je veux parler du Forum des Cent organisé par l'Hebdo, et qui regroupe, l'espace d'un week-end, tout ce que la Suisse romande compte de « décideurs », de « VIP » ou de vulgaires « people ». D'année en année, la sélection devient plus difficile, étant donné l'étroitesse de notre petit pays, et le fait que les mêmes Têles Molles ne peuvent revenir deux ans de suite. L'hebdomadaire Vigousse, sous la plume acide de Laurent Flutsch, en fait le constat atterrant (voir ici). On ne peut qu'être d'accord avec lui…

Je ne m'arrêterai que sur un point. Dans la fameuse liste des 100 Têtes Molles de notre grande région ne figure aucun intellectuel (ou, si le mot vous effraie, aucun penseur, philosophe ou artiste important)! Hé oui, personne ne pense, n'écrit, ne crée, ne réfléchit sur le monde ou la société ou l'homme ou la femme, en Suisse romande. Cela s'explique bien sûr par le peu de vision des gens de L'Hebdo, obnubilés qu'ils sont par les nouveaux « people » (c'est-à-dire annonceurs) à draguer. Cela indique aussi, à mon sens, la peur de la pensée qu'affiche de plus en plus certains médias. Peur du doute et de la contestation. Peur de la réflexion critique. Peur de ce qui n'entre pas dans les normes médiatiques. Peur de ce qu'ils ne peuvent pas comprendre.

En même temps que L'Hebdo célébre le désert de la pensée romande, le Nouvel Observateur consacre son dernier numéro au « Pouvoir intellectuel » Bien sûr, on ne sort pas de France. Mais quelle différence avec nos chères Têtes Molles romandes ! L'Obs interroge Elisabeth Badinter, Pascal Bruckner, Régis Debray, Pierre Nora et l'incontournable Michel Onfray. Et beaucoup d'autres. On se rend compte alors que la France aime la pensée et les penseurs. Cela tient à sa tradition littéraire. Mais aussi à son goût du débat, de la critique et de la controverse. En France, la pensée est vivante et toujours discutable. C'est-à-dire ouverte aux autres. À la confrontation des idées, des morales et des idéologies.

Ce qui semble de plus en plus absent en  Suisse romande. Non faute de combattants (les penseurs existent, bien sûr, ici aussi, et ils ne sont pas plus nuls qu'ailleurs). Mais faute de véritables passeurs médiatiques.

18:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : hebdo, nouvel observateur, vigousse, suisse romande, forum des cent | | |  Facebook

02/05/2010

Le monde va mal, mais je vais bien !

images.jpegAinsi donc le Salon international du Livre et de la Presse a fermé ses portes à Genève. Comme chaque année, les chiffres de fréquentation vont être excellents (autour de 100'000 entrées) et tout le monde, la mine réjouie, se donnera rendez-vous l'an prochain pour de nouvelles aventures culturelles…

Les éditeurs en général, et les éditeurs romands en particulier, pratiquent la méthode Coué. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Pourtant, il suffit d'une visite au Salon pour se persuader du contraire. Les allées sont plus larges et les stands moins nombreux. Plusieurs éditeurs ont renoncé à venir à Genève (Flammarion, le Seuil, l'Âge d'Homme, Xénia, etc.). Certes, les badauds sont de plus en plus nombreux, comme les ONG et les stands de kébab. Mais qui achète encore des livres ? Et, parmi cette offre pléthorique, des livres de littérature, romande en particulier ? Combien tel auteur reconnu a-t-il signé d'exemplaires de son dernier ouvrage ? Combien Gallimard, L'Aire, Grasset ou Zoé ont-ils vendu de nouveautés ? Les chiffres — et pour cause ! — ne seront jamais divulgués…

Et la presse, précisément ?

Elle va aussi mal que les éditeurs littéraires. Tous les journaux tirent la langue, se battent pour s'arracher quelques pages de pub et se regardent en chiens de faïence. Le Temps, journal réputé culturel, n'était pas au Salon. Trop cher. D'autres journaux, qui autrefois pavoisaient, ont dû se contenter de stands modestes. Car les temps sont durs. La crise n'est pas un vain mot. Les lecteurs, de plus en plus, se rabattent sur le Net ou s'informent par d'autres moyens que les média traditionnels.

Là aussi, c'est la méthode Coué. Chacun attend que l'autre dépose en premier son bilan…

Cette situation est comparable à celle de la Grèce. Laquelle vit à crédit, comme certains journaux et certains éditeurs, depuis plusieurs années. Un jour, pourtant, la réalité nous rappelle à son bon souvenir. Et le réveil, alors, est douloureux…

 

17:45 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : salon du livre, genève, éditeurs, journaux, le temps | | |  Facebook

22/04/2010

Littérature morte, littérature vivante

L'écrivain Georges Bataille disait qu'il y a deux sortes de livres : ceux qui sont mauvais, et qui se vendent beaucoup ; et les autres, qu'il faut aller chercher et mériter, et qui se vendent mal. Sans être aussi moral, je dirais, pour ma part, qu'il y a deux sortes de littérature : la littérature morte et la littérature vivante.

Deux Prix littéraires, attribués récemment en Suisse romande à Jean-Marc Lovay et à Antonio Albanese, en sont l'illustration.

images-1.jpegLe Prix Lipp, tout d'abord, créé il y a vingt ans par l'extraordinaire Anton Jaeger, directeur de la Brasserie Lipp de Genève, personnage chaleureux et haut en couleur, hélas décédé. Cette année, après moultes tergiversations, le Prix a été attribué à l'écrivain valaisan Jean-Marc Lovay (né en 1948) pour son dixième roman, Tout là-bas avec Capolino*. Je ne dirai jamais que Lovay écrit de mauvais livres. Je suis incapable d'en juger, n'étant jamais parvenu à en terminer un seul. En revanche, il me semble que ses livres relèvent d'une littérature morte. Autrement dit, d'un mode ancien, désuet, suranné, d'écrire, reposant sur le délire et l'hallucination (dans la proximité d'Henri Michaux, le génie en moins), l'absence d'intrigue, de personnages, de relation au monde réel et à l'histoire, etc. Ceux qui lisent régulièrement des livres auront reconnu les années 70 dans toute leur splendeur. L'âge de glace du Nouveau roman et des théories littéraires. La sublimation du Rien.

antonio-albanese-copyright-hugues-siegenthaler.jpgFace à Lovay, Antonio Albanese, un jeune auteur lausannois (né en 1970) qui vient de recevoir le prestigieux Prix des Auditeurs de la Première, fait figure de nobody. Pourtant, son premier roman, La Chute de l'Homme**, est un coup de maître. Il raconte les mésaventures d'un personnage, critique d'art et père d'une petite fille de sept ans, fait de chair et de sang qui mène une enquête autour d'un tableau mystérieux, lequel va servir bientôt de miroir à sa propre vie. Le style est vif et dynamique, profond, élégant. L'intrigue est bien menée. L'humour brille à chaque page. Difficile, en tout cas, de lâcher le roman avant d'en avoir découvert la chute, précisèment, qui surprend le lecteur. Bref, un petit miracle de roman, comme tombé du ciel, qui laisse augurer d'une brillante suite.

* Jean-Marc Lovay, Tout là-bas avec Capolino, Zoé, 2009.

** Antonio Albanese, La Chute de l'Homme, l'Âge d'Homme, 2009.

 

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19/04/2010

Dans la jungle du Salon

images.jpegOn le savait depuis longtemps : le monde du livre est une vraie jungle. L'édition, en général. Et les Salons du Livre en particulier. Fondé en 1986 par Pierre-Marcel Favre (photo), Vladimir Dimitrijevic et quelques autres, le Salon du Livre de Genève a longtemps été le rendez-vous obligé des éditeurs, comme des auteurs et des lecteurs. À ses débuts, il faisait la part belle aux éditeurs romands, qui pouvaient ainsi mettre en vitrine leurs livres, et mieux les faire connaître. À cette époque, le livre est ses acteurs fidèles étaient encore au cœur des débats…

Mais, au fil des années, le Salon du Livre de Genève a changé de visage. Les éditeurs, suisses et étrangers, ont été lentement (mais sûrement) chassés du centre du Salon pour se voir repoussés dans ses marges. Au point d'occuper, aujourd'hui, à peine un strapontin — soit l'extrémité des boulevards et des allées. Les diffuseurs (au grand pouvoir financier) se sont alors taillé la part du lion et ont transformé l'ancien Salon du Livre en immense souk où régne la dure loi de la jungle. Les marchands de kebab ont remplacé les imprimeurs. Les journaux rivalisent d'animations bruyantes pour apâter le chaland. Il y a même des attractions foraines au village alternatif…

Ce n'est pas tout. Comme les temps sont difficiles, et certains exposants de plus en plus réticents à venir à Genève, on leur propose des tarifs particuliers. Ainsi, pour une même surface, il n'y a pas deux exposants qui payent le même prix. On va même jusqu'à consentir des rabais de 50% à ceux qui voulaient s'abstenir de participer au Salon 2010 ! Car tout est bon pour remplir l'espace, chaque année plus restreint, de la grande halle de Palexpo !

Ne voulant pas participer à cette mascarade, certains éditeurs, et non des moindres (l'Âge d'Homme, Flammarion, Xenia, etc.), ont décidé d'aller tenir salon ailleurs. Dans certaines librairies genevoises, par exemple, comme le Rameau d'Or ou le Parnasse, où des rencontres-signatures sont organisées avec des auteurs. Il faut saluer leur courage.

 

 

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15/03/2010

La France Moixie

DownloadedFile.jpegLa France est un grand pays. Elle l'a toujours été. Patrie des Droits de l'Homme, berceau de la Révolution, elle a donné naissance aux plus grands artistes et écrivains, tant en peinture, qu'en musique ou en littérature. Elle a fait rayonner universellement une langue qui est devenue, assez vite, la langue de la diplomatie. C'est la France lumineuse, celle de Voltaire, Beaumarchais, Flaubert, Claudel, Camus, etc. Celle de la Résistance et de la Raison. Mais il y a aussi une autre France, profonde, ténébreuse, qui aime à se vautrer dans la boue des idées reçues, du racisme et de l'insulte. C'est la France de Yann Moix, médiocre cinéaste et écrivain raté. La France des pamphlets antisémites, des rafles et de la collaboration (un sport national). Une France à peine moins éternelle que l'autre, hélas, la France des Lumières.

A propos la Suisse, Yann Moix déclarait récemment au Matin (CH) : « Oui, c'est vrai, je déteste la Suisse. C'est un pays qui me dégoûte depuis longtemps. Je ne l'ai jamais aimé. C'est Gestapoland, j'ai toujours l'impression que quelqu'un va m'arrêter, là-bas. Ce qui m'énerve par-dessus tout, c'est cette espèce de neutralité sous laquelle on se déguise pour ne jamais avoir à s'engager. Au final, on est plus salaud que les salauds. » Et plus loin : « Il y en a ras le bol de la Suisse! Chaque fois qu'on en entend parler, c'est pour des histoires du même genre. S'il y a un pays inutile, c'est bien celui-là! C'est une dictature soft, nulle, qui ne génère rien, ne propose rien, ne fait qu'entériner les décisions des autres. La Suisse, c'est le néant. » Etc.

Inutile de commenter les propos de Yann Moix, tant ils respirent à la fois la haine, la stupidité et l'ignorance crasse de la réalité helvétique.

Autre manifestation de cette France moisie, dont Yann Moix est le triste représentant et qui gagne chaque jour du terrain : la rumeur qui, la semaine dernière, a enflammé le Web : Carla S. aurait trompé son petit Nicolas de mari ! De simple rumeur (en fait, une plaisanterie privée entre journalistes sur Twitter) cette « nouvelle » a fait le tour du monde et est devenue, en quelques heures, l'« information » la plus importante du moment. Quelle époque formidable ! Cette hystérie collective est un symptôme particulièrement inquiétant, selon moi, de cette France profonde, éternelle elle aussi, médiocre, infâme, qui cultive le ragot — ce qu'on pourrait appeler « le French cancan » —, à la manière de Yann Moix, pour éviter ou ignorer les vraies questions. Celles qui fâchent (le chômage, la dette extérieure, l'« identité nationale », les questions environnementales, etc.)

La France moisie, c'est aussi ça : préférer le cancan au vrai débat, et l'insulte à la confrontation libre des idées.

 

08:40 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : yann moix, suisse, france, pamphlet, polanski | | |  Facebook