25/04/2012

Venez tester votre orthographe !

Chaque jour, des personnalités vous mettent au défi!
Venez tester vos connaissances de la langue de Molière et évitez-en les pièges... Une occasion de parfaire votre orthographe et votre grammaire dans une ambiance sypathique. (Inscriptions sur le stand).
Pour les adultes, les maîtres d'écoles seront :


13963.jpgJean-Michel Olivier

Mercredi 25 avril
13h30


Son dernier ouvrage: L'amour nègre, Prix Interallié 2010 (éd. De Fallois / L'âge d'Homme)



13967.jpgMe Marc Bonnant

Jeudi 26 avril
13h30


Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'honneur.

 

13965.jpgJoël Dicker

Vendredi 27 avril
13h30


Son roman: Les derniers jours de nos pères, Editions de Fallois et l'Age d'Homme Paris et Lausanne, 2011

 

13961.jpgJean-Charles Simon

Samedi 28 avril
13h30


Animateur de la Radio suisse romande et de la Télévision suisse romande.

 

13959.jpgRené de Obaldia

Samedi 29 avril
13h30


En 2008, lauréat du Grand Prix de Poésie Pierrette Micheloud pour l'ensemble de son œuvre.

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20/04/2012

Genève-Lausanne : l'éternelle rivalité

images.jpegPersonne ne connaissait René Gonzalez, en 1990, quand il est devenu le codirecteur du théâtre de Vidy, oÙ Matthias Langhoff l'avait appelé. Quand il succéda à ce dernier, l'année suivante, un doute planait sur ses capacités à diriger un théâtre local. Or, tout le monde se plaît à le reconnaître aujourd'hui, Gonzalez a fait de Vidy non une scène locale, mais un théâtre à l'ambition européenne. Chapeau, René ! En quelques années, il a fait venir à Lausanne les plus grands metteurs en scène (Besson, Bondy, Lassalle, Desarthe, Régy, Porras, Brook et cent autres) et les plus grands comédiens.

Pourquoi n'est-on pas parvenu à faire la même chose à Genève?

Benno Besson, de 1982 à 1989, a transformé la Comédie en théâtre européen. Il aurait voulu continuer. images-1.jpegOn ne lui en donna pas les moyens. Pour le remplacer, on ne trouva personne. Il fallu l'entregent du regretté Bernard Schautz pour s'en aller convaincre Claude Stratz, qui était l'assistant de Patrice Chéreau à Paris, de reprendre la barre du navire. La Comédie, peu à peu, perdit son lustre. Et de nombreux abonnés. Ce n'est pas la faute de Stratz, sans doute, qui passait plus de temps à Paris qu'à Genève. Mais plutôt de sa programmation. Trop inégale. Monocolore. images-2.jpegAnne Bisang, qui reprit le théâtre après Stratz, régna pendant douze ans (!). Le déclin ne fit que s'accentuer. Théâtre militant. Limité, donc. Certains soirs, les acteurs, sur la scène, étaient plus nombreux que les spectateurs dans la salle. Pendant ce temps, à Vidy, on était obligés d'organiser des représentations supplémentaires pour satisfaire la demande du public…

Pourquoi Lausanne, me direz-vous, et pas Genève?

La réponse est simple: Lausanne s'est doté, depuis longtemps, d'une politique culturelle précise et ambitieuse. Elle a un Musée de la photographie (L'Elysée) qui fait pâlir de jalousie Londres ou Paris. Elle a une troupe de danse de renommée européenne, voire mondiale (le Béjart Ballet). Et elle a donné au théâtre de Vidy, grâce à René Gonzalez, les moyens de devenir une scène elle aussi européenne. En d'autres termes, derrière chaque réussite culturelle, il y a un projet politique clair et fort. Ce qui n'existe pas à Genève. René Emmenegger, qui traitait Benno Besson de « diva », a laissé partir cette perle rare presque avec soulagement. Alain Vaissade, qui a remplacé Emmenegger comme ministre de la Culture, s'est contenté de gérer les affaires coursantes. Sans vision d'avenir, ni ambition particulière. Quant à Patrice Mugny, il aurait bien voulu redonner à la Comédie un peu de son lustre d'antan. Mais ses adversaires étaient puissants…

Quand Genève se décidera-t-elle à redonner au théâtre la place qu'il mérite ? En faisant de la Comédie, par exemple, un grand théâtre européen. Comme Lausanne avec Vidy. Genève y gagnerait un rayonnement exceptionnel. Et le théâtre redeviendrait ce qu'il fut à une certaine époque : une fête.

09:35 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : théâtre, vidy, comédie, gonzalez, besson | | |  Facebook

30/03/2012

À qui profite le stupre ?

images.jpegÀ qui profite le crime ? Au criminel qui a volé, tué ou violé ? À la victime qui a fait la preuve de son innocence ? À la Justice qui tranche entre le Bien et le Mal ?

Ces réponses, d'ordre moral ou juridique, n'ont plus cours aujourd'hui. Elles appartiennent, déjà, à une histoire ancienne. Une époque révolue où la vérité, patiemment mise à jour, se jouait au prétoire. Dans le théâtre de la Justice. Avec avocats en robes noire et juges en perruques poudrées et col d'hermine.

Aujourd'hui, tout est différent. Personne n'attend plus la sanction des juges (d'ailleurs parfaitement inutile). Les avocats se livrent à des gesticulations bruyantes, via Twitter, Facebook ou les micros que quelques journalistes complaisants veulent bien leur tendre. Tout cela fait partie du spectacle. Le show va toujours de pair avec le business.

Mais dans l'affaire DSK, par exemple, à qui profite le stupre ?

C'est vite vu. Les seuls à profiter de cette sordide affaire sont les médias. Tous les médias. Sans exception (il n'y a aucune différence, ici, entre Le Monde et Le Matin ou le Blick). Qui en remettent, chaque jour, une nouvelle couche. images-1.jpegEn publiant des documents volés, des extraits d'interrogatoire couverts par le secret de l'instruction, des confidences et des ragots insensés. Jamais la presse n'est tombée aussi bas. Voyeurisme. Populisme. Jamais elle n'a fait preuve d'un tel acharnement. Pourquoi ? Pour défendre les pauvres escorts malmenées par DSK ? Si seulement ! Par nostalgie puritaine ? Non plus. Pour écarter définitivement un homme politique du pouvoir ? Peut-être bien. Mais alors pourquoi ? Pour une raison toute simple : à l'époque où la presse tire la langue, où les journaux voient leur audience diminuer chaque jour, l'affaire DSK est du pain béni. Une aubaine ! Elle fait grimper les ventes, aussi sûrement que le Viagra aide à redresser certaines situations défaillantes. Le seul intérêt des articles minables qui retracent cette affaire, c'est d'augmenter le tirage des journaux, de prendre les lecteurs non par les sentiments, mais par les couilles (ou ailleurs, si l'on veut). Et une fois qu'on les tient, on ne les lâche plus…

Merci DSK !

À défaut d'avoir sauvé la Grèce, l'ex-patron du FMI sauve la presse du monde entier. C'est une noble mission. À la hauteur de ses indéniables talents. J'espère qu'un jour, reconnaissants, les journalistes érigeront une statue en son honneur. Bien droite. Et éternelle. Comme la vérité.

 

09:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : dsk, médias, sexe, nafissatou diallo, politique, france | | |  Facebook

19/01/2012

Coup de sac !

images.jpegGenève va mal. Depuis longtemps. Ça n'est pas la faute de la population (qui ne vote pas). Ni des magistrats qu'elle élit. Ils sont parfaits. Mais parfaitement incompétents dans leur dicastère. C'est le problème. Il suffirait d'un coup de sac, comme au lotto, pour redonner un peu de vie et d'espoir à la République.

Gardons Charles Beer et Pierre-François Hunger. Dans leur département, ils ne font pas grand-chose, certes. Mais au moins ils ne sont pas nuisibles. Pas trop. David Hiler est excellent. Regardez-le sur la photo : il se porte très bien. À mesure que le déficit du canton augmente, il prend du poids. Depuis son élection, il a déjà gagné plusieurs tailles de pantalon. Quant à François Longchamp, personne n'a encore pu savoir qui c'était. Il est sur la photo. Mais où ? A-t-il une fonction dans le groupe ?

Restent les autres. Les pires. Je propose qu'Isabel Rochat, qui ne dirige rien, reprenne le département de Michelle Künzler. Elle serait parfaite en moulin à vent. Pour diriger la circulation à la place Bel-Air. Ou présider aux nouveaux désastres des TPG. Michelle Künzler devrait reprendre le Département des Constructions. Vu son incompétence, ou son impuissance, ou les deux à la fois, elle ne ferait pas mieux que ses prédécesseurs. Qui n'ont rien fait. Le mal serait minime. Et Genève resterait cette réserve de Sioux qu'elle ambitionne d'être.

Quant au dernier, Mark Muller, le preux chevalier qui vole au secours des dames outragées, je propose qu'il reprenne le Département de la Police. Car il sait parler aux femmes (dans les toilettes). Mais aux hommes aussi (sur le trottoir, de manière virile). Et il ne peut être plus mauvais qu'Isabel Rochat qui, dans son genre, a placé la barre très haut.

09:25 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : muller, rochat, kunzler, geneve, conseil d'état | | |  Facebook

07/12/2011

Comme on méprise un grand artiste

J'ai reçu, l'autre jour, une lettre de mon amie Janine Massard, qui attire mon attention sur un scandale culturel typiquement vaudois. Je me permets de la reproduire telle quelle. Ou comment un théâtre de la place traite l'œuvre d'un artiste de renom...

images.jpegUn article paru le 22 novembre dans 24 Heures relate un fait divers représentatif d’une petite combine locale mais qui, en bout de course, reflète le mépris dans lequel on tient l’œuvre d’un artiste peintre : la fresque commandée en 1981 à Jean Lecoultre, pour l’inauguration du théâtre de l’Octogone à Pully, a été recouverte de plastique blanc 31 ans plus tard. Sur proposition de la directrice du théâtre, le syndic actuel, M. Gil Reichen, en charge des affaires culturelles, s’arroge le droit de faire recouvrir l’œuvre d’un plastique, sans doute pour être plus en phase avec les préoccupations actuelles ! Et tout cela s’est passé sans avertir l’artiste, qui habite à deux pas du théâtre, et sans en parler davantage aux pouvoirs politiques. Voilà qui rappelle les temps anciens où des « fous de Dieu » enduisaient de chaux les peintures dans les églises, au mépris des messages que les siècles précédents leur avaient transmis.
Et la démocratie dans tout cela ? Que penser de cette façon d’agir qui s’accorde plus avec un petit esprit iconoclaste qu’avec les droits démocratiques et ceux des personnes ? Et quel mépris vis-à-vis d’un artiste dont l’œuvre a été exposée à la Biennale de Venise et à la Fondation Gianadda ! C’est nier l’action de ceux qui l’ont commandée et payée, comme si elle ne faisait pas partie d’un patrimoine culturel. Ce n’est pas un tag pourtant et Pully possède un musée !    
Les signataires de cette lettre ont tous présidé l’Association Films Plans-Fixes qui produit des portraits filmés de personnalités de Suisse romande. Un film consacré à Jean Lecoultre figure parmi les quelques 300 titres de la collection : www.plansfixes.ch/films/jeanlecoultre . C’est à ce titre que nous intervenons et nous demandons que l’on veille au respect des droits de Jean Lecoultre en tant que créateur de l’œuvre.
Janine Massard, Olivier Pavillon, Catherine Seylaz-Dubuis, Jean Mayerat – ancien-n-es président-e-s de Plans-Fixes

09:45 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jean lecoultre, pully, octogone, peinture | | |  Facebook

30/11/2011

Jacques-Étienne Bovard, prix 2011 de l'Association vaudoise des Écrivains

Unknown.jpegDimanche dernier, près de la place de la Riponne, l'Association vaudoise des Écrivains (AVE) a remis à Jacques-Étienne Bovard, écrivain et enseignant, son Prix de Littérature. La fête fut belle et chaleureuse. À cette occasion, en tant que président du jury (composé de Simone Collet et de Rafik ben Salah), je fus chargé de faire l'éloge du lauréat.

Au début des années 90, Jacques Chessex avait pris l’habitude, au grand désespoir de ma femme, de m’appeler tous les dimanches vers six heures du matin. Il aimait faire causette — à l’heure où les oiseaux se mettent à chanter et où certains sortent à peine d’une nuit blanche. Un jour, il me dit qu’il y avait deux écrivains en Suisse romande avec qui il fallait compter : Bovard et moi. J’étais surpris qu’il y en eût un autre ! Mais comme je suis curieux de nature, je suis allé lire les œuvres de ce fameux Bovard.

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25/11/2011

Faut-il brûler les livres ?

Venez nombreux au banquet Rousseau,

Bibliothèque de Genève (BGE), Promenade des Bastions,

mardi 29 novembre à 18 heures.

 

Unknown.jpeg

 

Outre votre serviteur, il y aura du beau monde, puisque Pierre Assouline, Michel Butor, Dominique Berlie, Charles Méla, François Jacob et Gabriel de Montmollin participeront à ce débat.

Il faut s'inscrire et réserver à l'adresse suivante : delhoume@bluewin.ch

09:15 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rousseau, assouline, olivier, méla | | |  Facebook

29/09/2011

Polanski et Kafka deux ans plus tard

Affaire-Polanski.jpgOn dit souvent que la fiction dépasse la réalité. Et que les écrivains inventent des histoires tirées de leur propre folie. Kafka en est un exemple évident. Il faut être fou, n'est-ce pas, pour écrire Le Procès, Le Château ou La métamorphose. Pourtant, son œuvre, issue d'un cerveau névrosé comme on sait, a tout de même produit dans notre langue un adjectif qui colle très bien à notre époque.

Quoi de plus kafkaien, en effet, que l'affaire Polanski et ses suites, qui alimentent toutes les gazettes ? Voilà quelqu'un qui a été condamné, il y a 33 ans, pour une affaire peu glorieuse, par un juge avant tout soucieux de son image. Quelqu'un qui a purgé la peine de prison à laquelle on l'a condamné. Quelqu'un qui a été arrêté, dans un guet-apens tendu par la policer zurichoise le 26 septembre 2009, incarcéré pendant trois mois, puis assigné à résidence on ne sait jusqu'à quand. Et la victime ? me direz-vous. Pour la dixième fois, elle a supplié le juge américain d'abandonner les poursuites contre le cinéaste polonais. Son mari l'a quittée. Ses enfants souffrent chaque jour des révélations de la presse à scandale, alors qu'ils aspirent simplement à la tranquilité et à l'anonymat.

DownloadedFile.jpegVous avez dit kafkaien ?

"Honte à cette cour d'appel qui vient, une fois de plus, de déshonorer la justice californienne", s'est exclamé Bernard-Henri Lévy sur son site La Règle du Jeu. "Honte à ces juges, ivres d'eux-mêmes et de spectacle, qui n'avaient manifestement en tête qu'une idée: voir Roman Polanski humilié devant le tribunal de l'opinion. Honte, aux Etats-Unis et ailleurs, à tous ceux que ne révolte pas cet acharnement d'un autre âge, cette cruauté qui tourne à la rage, cette obsession pédophile de toute une société. "

Les écrivains, hélas, ont souvent raison. Ils imaginent le monde — c'est-à-dire la prison — qui nous attend. Ils dessinent les contours d'une justice inhumaine et inique, qui est celle d'aujourd'hui.

« Puisse la justice helvétique qui aura à juger des suites à donner, ou non, à la demande d'extradition, ne pas céder à l'intimidation » écrit encore BHL. On ne peut qu'abonder dans son sens. Ce serait l'occasion pour la Suisse, de racheter l'excès de zèle des fonctionnaires zurichois. Et l'occasion. aussi, de montrer son indépendance et son souci de raison face à une justice kafkaienne, c'est-à-dire devenue folle.

09:05 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : polanski, procès, bernard-henri lévy, justice, suisse | | |  Facebook

28/09/2011

La politique des têtes carrées

images.jpegTous les quatre ans, ils se rappellent à notre bon souvenir. Ils ont l'air si gentil. Bien habillés et souriants. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. La plupart des têtes sont connues. Mais elles n'ont pas vieilli. Miracle du maquillage ou de la chirurgie esthétique. Le grand blond, sur les affiches, a perdu ses lunettes. Et la dame, qui louche un peu et sourit tout le temps, a gardé les siennes. Est-ce pour voir plus loin ? D'autres têtes sont nouvelles. Mais bientôt, si elles sont élues, elles ressembleront aux autres. Car le moule est le même.

Qu'ont-ils fait ? Qui sont-ils ? Pourquoi, tous les quatre ans, déploient-ils cette énergie infatigable pour attirer nos suffrages ? Sont-ils à ce point narcissiques ? Ou en manque d'amour ?

Comme le beaujolais nouveau ou la musique espagnole, la politique semble un mal nécessaire. Et, comme dit mon voisin socialiste, il faut bien que quelqu'un s'y colle. It's a dirty job. But somebody's got to do it.

Alors courage aux électeurs, qui choisiront, comme sur un site de rencontres, la tête de celles et ceux qui les « représenteront » !

Et bonne chance aux candidats, bien souvent désignés d'office, qui devront descendre dans l'arêne où rugissent les fauves !





12:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élections fédérales, politique, suisse | | |  Facebook

12/09/2011

Le film le plus bête de l'année

images-1.jpegC'est un film un peu lent qui cherche son genre, son rythme, son sens. On y traverse l'Histoire en TGV ou en hélicoptère : tout commence à Paris dans les sixties (charmante évocation du look de ces années-là), puis on file à Prague, puis retour à Paris, avant de partir pour le Canada. Est-ce une comédie romantique ? Un drame ? Une comédie musicale ? Le réalisateur, Christophe Honoré, semble hésiter entre Jacques Demy (Les parapluies de Cherbourg) et Milan Kundera (L'Insoutenable légéreté de l'être) sans jamais prendre lui-même parti. On retrouve, dans ce chassé-croisé amoureux, la blonde Ludivine Sagnier en délicieuse nunuche, l'imposante et glaçante Catherine Deneuve. sa fille Chiara Mastroianni, Louis Garrel, etc. images.jpegLes meilleures moments du film mettent en scène la confrontation, très psy, entre la mère et la fille, avec un mélange d'incompréhension et d'émotion à fleur de peau. Il faut dire que la fille se cherche, comme le film, entre les amants de passage. Jusqu'à s'éprendre d'un batteur gay et séropositif, dont elle veut à tout prix un enfant (!). On le voit : Christophe Honoré n'a pas peur de pousser le bouchon trop loin. Et la scène d'amour finale, au lieu d'être bouleversante, est simplement grotesque.

Deux bonnes surprises, pourtant : la présence du réalisateur tchèque Milos Forman, qui joue dans le film le (premier) mari de Madame Deneuve-Chanel. Il est épatant ! Et, en guest star, le chanteur Michel Delpech, qui ne chante pas, mais interprète le second mari de la dame oxygénée. A ce propos, le film est agrémenté de chansons qui rappellent Serge Gainsbourg, tant par la musique que par le texte. Hélas, ces chansons sont interprétées par les comédiens eux-mêmes, qui chantent faux et semblent chercher un sens aux paroles qu'ils ânonnent. N'est pas Nicole Kidman ou Catherine Zeta-Jones (ou Marilyn) qui veut !

11:04 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : les bien-aimés, catherine deneuve, chiara mastroiani, louis garrel | | |  Facebook

23/06/2011

Genève, ville idyllique

images.jpegGenève, c'est sûr, est un havre de paix et de sérénité, de luxe et de beauté. Seuls quelques esprits chagrins vous diront le contraire. Des gens infréquentables. Suivez mon regard! C'est là-bas, au fond, à droite…

Je mangeais l'autre avec trois excellents collègues. Le repas était quelconque. Mais la conversation, comme toujours,  intéressante.

L'un d'eux, André W.*, grand violoncelliste devant l'éternel, était encore tout remué : son fils, étudiant à l'Uni, s'était fait attaquer et faucher son PC, alors qu'il travaillait paisiblement dans un parc public. Son agresseur était menaçant et armé. Le jeune étudiant avait eu peur pour sa peau…

Histoire banale,  au fond, qui ne vient pas faire de l'ombre au tableau de la Genève idyllique que certains, au fond, à gauche, essaient de nous vendre.

Cette anecdote en a appelé une autre. Claude D.*, en Suisse depuis trente ans, rentrant chez lui comme chaque soir, était tombé nez à nez avec deux lascars qui avaient mis l'appartement à sac, méticuleusement, emportant les ordinateurs de madame et monsieur, les bijoux de madame, ainsi que de nombreux objets chers à leurs enfants. Claude D.* en était encore tout retourné.

Banal, aussi, cet « accident » qui demeure, au fond, peu représentatif de la réalité genevoise.

François B*, un autre collègue enseignant, a dû subir une grosse frayeur: les cambrioleurs lui ont rendu visite, de nuit, alors que toute la famille dormait tranquillement. Ramdam d'enfer. Stupeur et tremblements. Les voleurs détalent. Et mon ami François B* en est quitte pour expliquer la chose aux policiers, dont c'est l'ordinaire. Il leur raconta que c'était déjà la troisième fois que la chose se produisait…

« Et toi ? me demandèrent en chœur mes trois amis.

— Oh, moi, rien de spécial. Je me suis fait cambrioler deux fois ma voiture (les voleurs n'ont pas voulu des épreuvres de matu qui étaient dans ma serviette sur le siège arrière!). Ma fille s'est fait dérober trois vélos. Ma femme, un seul, mais de marque italienne. Et notre cave, qui a longtemps abrité des squatters heureux, a été vidée deux fois de tout son contenu… »

Nous avons compté d'une seule voix : à nous quatre, nous comptabilisions 18 (dix-huit) vols ou cambriolages ! Belle moyenne…

Rien que de très banal, sans doute, dans notre belle ville, mais cela fait du bien de le dire!

* Noms connus de la rédaction !

 

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27/05/2011

Une occasion manquée

images-3.jpegOn l'attendait, avec un peu d'angoisse et beaucoup d'impatience, ce volume consacré à la Suisse dans la prestigieuse collection Découvertes-Gallimard. Et il est arrivé. Pas tout de suite, d'ailleurs, puisqu'il est seulement le 573e de la collection ! Il est signé François Walter, un professeur d'histoire moderne et contemporaine à l'Université de Genève depuis 1986.

Ne boudons pas notre plaisir : l'iconographie, comme d'habitude, y est très soignée ; la mise en page, magnifique ; le texte parfaitement mis en valeur. En bon disciple de la « nouvelle histoire suisse », François Walter déconstruit habilement tous les mythes fondateurs : le pacte de 1291, antidaté, ne serait qu'un document rédigé après coup pour édifier le mythe de la Confédération. Guillaume Tell, bien sûr, n'a jamais existé. Quant aux exploits guerriers des premiers Suisses, ils ne sont qu'« une construction idéologique » visant à donner une base identitaire à la future Confédération. Cela dit, même si l'auteur raffole des clichés de la « nouvelle histoire », il ne passe pas pour autant sous silence les innombrables conflits, traumatismes, voire antagonismes religieux (la guerre du Sonderbund) auxquels la Suisse a dû faire face, et  qu'elle a réglés à sa manière, c'est-à-dire plutôt bien. Comme il n'oublie pas de mentionner, plus loin, certains épisodes peu glorieux de l'histoire contemporaine, tel le fameux tampon J apposé sur les passeports des ressortissants juifs, que l'auteur qualifie de « capitulation morale ». Comme il n'oublie pas de dénoncer « les compromissions avec l'économie de guerre nazie », « les fréquentations douteuses des régimes corrompus » ou encore la complaisance à accueillir des fonds soustraits au fisc, etc.

On le voit : l'auteur adhère à cette image peu reluisante de « pays crapule », si largement diffusée à l'étranger qu'elle en est devenue un stéréotype!

Plus intéressante est la partie du livre consacrée à l'importance du paysage, autre élément constitutif de l'« identité suisse » (qui, comme chacun sait, est un mirage !). Ici François Walter fait montre d'une connaissance certaine de l'imagerie helvétique : lacs, montagnes, forêts, glaciers. images.jpegDont tout le monde vante l'inexprimable beauté. Signe, sans doute, d'une Nature encore intacte, proche de sa pureté originelle. Vantées par les premiers touristes anglais au XIXe siècle, ces « beautés naturelles » attireront, plus tard, le tourisme de masse vers les stations de sports d'hiver, transformant la Suisse en pays de cartes postales.

images-4.jpegTout n'est pas à jeter, sans doute, dans ce petit livre où l'on retrouve toutes les finesses, mais aussi toutes les naïvetés de la « nouvelle histoire suisse. » Un bémol, cependant : l'absence, quasi totale, mais effarante, de la culture (au sens large) qui s'est développée dans ce pays. Quelques noms d'écrivains, jetés ici ou là (Rousseau 1712-1778), à la sauvette, mais jamais développés, ni interrogés. Aucune mention de Georges Haldas, de Nicolas Bouvier, de Corinna Bille ! Idem pour Albert Cohen ou Denis de Rougemont, grand penseur de l'Europe (cité tout de même en annexe). Les mêmes lacunes s'appliquent à la peinture, à la musique ou encore à l'architecture, complètement oubliées dans ce panorama de cartes postales. De telles lacunes étonnent, surtout chez un professeur d'Université.

Quand on se rappelle les chroniques savoureuses de Louis Gaulis (La Suisse insolite, Mondo) ou de Nicolas Bouvier (L'Art populaire en Suisse, Zoé), on regrette que ce livre n'ait pas été confié à un écrivain. Par exemple à un Jean-Louis Kuffer, grand bourlingueur devant l'Eternel, qui excelle dans l'art du portrait, de l'analyse fine, du regard amoureux. Cela aurait donné un livre non seulement de savoir, mais aussi — et surtout — de saveur. Mais l'occasion est manquée…

* François Walter, La Suisse au-delà du paysage, Découvertes-Gallimard, 2011.

 

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21/05/2011

Un peu de beauté dans ce monde de brutes

Qu'est-ce que la danse sinon l'art de la possession (et de la dépossession) ? Le danseur est hanté par le corps, les sentiments, l'âme d'un autre. C'est pourquoi chaque spectacle est une manière d'exorcisme. Dans cette cérémonie, l'immense Pina Bausch était une sorte de prêtresse, muette et solennelle. Elle seule pouvait exorciser ces corps en transe, habités par le rêve ou l'amour, la solitude ou la musique. Ce n'est pas le moindre mérite de Pina Bausch d'avoir rendu le danse au théâtre, et le théâtre à la cérémonie antique.

Wim Wenders, son ami de toujours, lui rend hommage dans un film magnifique, enjoué, nostalgique, drôle, émouvant. Il met son grand talent de visionnaire au service de la danse, c'est-à-dire du silence et du mouvement. C'est un plaisir, également, de retrouver toute la troupe de Pina — sa famille d'élection — qui nous accueille dans son cercle enchanté.

Un film éblouissant sur un génie de la danse contemporaine. Dépêchez-vous d'aller le voir…

 

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18/05/2011

L'acte manqué (réussi) de DSK

images.jpegL'affaire est simple : vous avez un homme riche, brillant, marié à l'une des femmes les plus célèbres de France. Un homme de scène et de pouvoir. Directeur du FMI et grand stratège de la finance mondiale. En outre, le favori des sondages pour l'élection présidentielle française de 2012. Un homme à qui tout réussit…

Et que fait ce Surhomme ?

Il se laisse prendre dans une affaire sordide avec la femme de chambre d'un grand hôtel new yorkais ! Noire, pauvre, musulmane pratiquante et sans doute au-dessus de tout soupçon…

Y a-t-il une raison logique à ce comportement ?

Certains parlent d'addiction sexuelle, de désir tyrannique, d'« instinct du violeur ». DSK serait un monstre déguisé en représentant de la gauche caviar. Un malade. Un psychopathe. Cela arrange beaucoup de monde, à gauche comme à droite. Même les plus navrants, comme Holenweg ou Brunier. Rien n'est plus faux, bien sûr.

D'autres parlent de complot, orchestré par on ne sait quel rival satanique. Sarkozy (qui se frotte les mains) ? Ségolène Royal (qui a beaucoup de mal à cacher la joie que lui donnent les images de DSK menotté) ? Marine le Pen (qui savait tout avant tout le monde) ? La CIA ? Feu Ben Laden (paix à ses cendres) ? On le voit : la théorie du complt ne tient pas une seconde…

A moins que…

Et s'il ne s'agissait pas d'un complot extérieur ? Si l'ennemi ne venait pas du dehors, mais du dedans ? Autrement dit : et si DSK l'avait fait exprès ? Sans le vouloir, bien sûr. Si quelqu'un, en lui, avait décidé de mettre un terme à cette mascarade? La mascarade du premier de classe, du mari exemplaire, du dirigeant inspiré. Du futur Président. Voilà pourquoi, inconsciemment, il a si bien réussi son acte manqué. « Mon royaume pour une pipe ! » suppliait l'homme qui voulait échapper à la comédie politique. Poser le masque de l'imposteur. Et qui a tout perdu. C'est la moindre des choses.

Au grand bonheur de son inconscient.

09:05 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : dsk, new york, socialisme, france | | |  Facebook

11/05/2011

Cantat mort ou vif

bertrand-cantat-1-by-Taniou.jpgNoir Désir. Quel programme ! Eros et Thanatos. Aimer à en mourir. Aimer jusqu'à tuer.

On peut dire que Bertrand Cantat a rempli sa devise. Sa première femme s'est suicidée et sa maîtresse, battue à mort, a dû agoniser toute une nuit avant qu'il lui porte secours. Pourtant, nous avons aimé Noir Désir. Passionnément. Et nous aimons toujours Bertrand Cantat. Comme on aime les voleurs et les assassins, les pédophiles et les criminels en col blanc. Repentis. Au nom de la miséricorde, tout le monde est prêt à lui donner une seconde chance.

Mais personne n'est dupe. Qui ira-t-on admirer sur la scène de la Comédie ? La trilogie de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad, ou Bertrand Cantat, le chanteur devenu assassin ? Pourquoi a-t-il besoin des hourras de la foule ? Veut-il être admiré, applaudi, lapidé ? Exécuté en public ?

Le théâtre, parfois, ressemble à la tragédie grecque. Il faut du sang et des larmes pour produire cette terreur sacrée qui trouvait son issue, chez Sophocle ou Euripide, dans la catharsis finale.

20:05 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (83) | Tags : bertrand cantat, noir désir, comédie, genève | | |  Facebook

04/05/2011

Souvenirs du Salon (2)

IMG_0445.JPGLes Salons du Livre, croyez-moi, c'est la barbe. Bruxelles, Paris, Genève : le topo est toujours le même. A moitié dissimulés derrière une pile de livres, les auteurs font l'article, comme les dames dans les vitrines, mais avec sans doute moins de succès. Chacun essaie de vendre ses charmes. Sourires. Paroles amènes. Regards accrocheurs. Parfois, ça marche. Le plus souvent, on en est quitte pour un long soliloque, au terme duquel le chaland (et bien plus souvent la chalande) repose le livre qu'il tient dans les mains (le vôtre, donc) et s'en va avec une moue dédaigneuse. Pendant ce temps, votre voisin de table, qui, lui, a signé quelques livres, vous regarde du coin de l'oeil en ricanant...

Mais faut-il rencontrer, à tout prix, les écrivains dont on aime les livres ? À part quelques fétichistes (dont je suis) toujours avides d'exemplaires dédicacés, qui peut bien s'intéresser aux auteurs ? La lecture n'est-elle pas ce plaisir solitaire, parfois même clandestin, qui exige du lecteur à la fois le silence, le secret et la solitude ?

Heureusement, il y a les rencontres. C'est la seule et la meilleure raison de fréquenter les Salons du livre. Les rencontres obligées, qu'on appelle pompeusement « signatures » ou « dédicaces ». Et les rencontres imprévues. Comme, par exemple, celle de Stéphanie Pahud (photo 1), maître-assistante à l'UNIL et auteure/autrice d'un épatant Petit traité de désobéissance féministe* (voir un article du Temps, ici), qui signe, en toute quiétude, de sa plus belle plume, un exemplaire de son livre. Dans la seconde partie de son Petit traité, Stéphanie Pahud interroge une trentaine de personnalités romandes sur leur vision du féminisme. Réponses passionnantes, qui n'échappent pas à la doxa dominante (tout le monde ici, ou presque — même Michel Zendali ! —, est féministe!). Mais qui trace un portrait assez juste et nuancé de l'époque. Dans la première partie, Stéphanie Pahud analyse avec finesse et (im)pertinence les clichés qui entourent le féminisme aujourd'hui. Images à l'appui. Un livre à lire et à faire lire.

Autre rencontre, au Salon africain, celle de Gorgui Wade NDOYE, journaliste et animateur du site continentpremier.com. IMG_0447.JPGJe me réjouissais et appréhendais au peu les débats prévus autour de L'Amour nègre. Vous imaginez pourquoi. Mais quand on aime la provocation (et le titre du livre est provocateur), il faut assumer, n'est-ce pas ? J'attendais ce moment depuis longtemps : parler du roman avec les premiers intéressés, lecteurs du continent premier, précisément : les Africains. La rencontre — et les débats (plus de deux heures !) — ont été passionnants, drôles, émouvants. En un mot : très enrichissants. Les questions ont fusé. J'ai essayé d'y répondre le mieux possible. Les débats étaient animés par Gorgui Wade Ndoye, blogueur émérite de la TdG et de 24Heures (voici son blog), journaliste et animateur du site Continent Premier. Un grand moment de partage et de dialogue. Merci Gorgui !

* Stéphanie Pahud, Petit traité de désobéissance féministe, éditions Arttesia, 2011.

03/05/2011

Requiem pour Ben Laden

images-2.jpegAinsi donc il repose, par mille mètres de fond, dans la Mer d'Oman, dévoré par les congres et les murènes.

Comme les passagers des avions qu'il a fait exploser, un peu partout, dans le monde, depuis vingt ans, sans leur réserver d'autre sépulture que la mer immense.

Honnêtement, qui s'en soucie ? Qu'un homme soit exécuté, assassiné, voire même torturé, puis livré en pâture aux requins, quand cet homme a lui-même organisé la mort de milliers d'innocents ? À part quelques nostalgiques de la guerre terroriste, une poignée de pusillanimes de gauche et de droite, effarouchés qu'on viole ainsi le sacro-saint « droit international », personne ne regrettera Ben Laden, triste pitre barbu, idéologue à la petite semaine, philosophe pour classes élémentaires. Quel autre message que celui de la violence — parfaitement aveugle – a-t-il porté au jour ? Quelle vision messianique ? Quel projet d'avenir ?

Il repose, par mille mètres de fond, mangé par les requins, et bientôt on l'aura oublié. Seul restera le souvenir, indélébile, du sang qu'il aura fait verser.

Dessin de Patrick Chappatte, paru dans Le Temps du mardi 3 mai 2011.


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30/04/2011

Dans la jungle des livres

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Il n’y a pas si longtemps, dans l’autre siècle, c’est là que j’allais jouer au football et marauder des pommes !

Aujourd’hui, la campagne Sarasin abrite les halles immenses de Palexpo. C’est là qu’ouvre ses portes le 25e Salon du Livre. Un quart de siècle, c’est un bail, pour une manifestation qui a grandi et grossi avec les années. Et qui accueille, bon an mal, depuis sa première édition en 1986, plus de 100'000 visiteurs.

Certes, le Salon du Livre de Genève n’est pas le premier, ni le plus important. Devant lui, il y a la Foire de Francfort, réservée aux « professionnels », celle de Bruxelles, exclusivement dédiée à l’édition, et le Salon du Livre de Paris, aujourd’hui Porte de Versailles, qui donne le vertige avec ses innombrables « animations », « débats » et autres « rencontres » avec près de 2000 auteurs en dédicace !

Mais le Salon de Genève, s’il n’est pas le plus grand, a son charme particulier. D’abord, c’est aussi le Salon de la Presse. Et l’occasion, pour les journaux comme pour leurs lecteurs, de faire plus ample connaissance. Dans un monde de plus en plus virtuel, où l’information passe d’un écran à l’autre à la vitesse de la lumière, où l’homme n’est bientôt plus qu’un avatar, il n’est pas inutile de rencontrer réellement ses lecteurs. Ni, inversement, tel ou tel journaliste, ne serait-ce que pour le féliciter, ou bien lui frotter les oreilles…

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19:10 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : salon du livre, genève, 2011 | | |  Facebook

21/04/2011

Je n'ai rien oublié

images.jpegQue serait le cinéma sans la littérature ? Rien, sans doute. Puisque les plus grands cinéastes ont adapté, transformé, pillé les grandes œuvres littéraires. Parfois le résultat est pitoyable (Tous les soleils, roman de Philippe Claudel adapté et réalisé au cinéma par l'auteur) ; parfois, au contraire, remarquable, comme si le cinéma donnait un second souffle au livre qui l'a inspiré.

Dernier exemple en date : Je n'ai rien oublié*. C'était déjà un très bon roman de Martin Suter, notre storyteller suisse à succès. C'est désormais un très bon film, tout en clair-obscur, en recoins secrets, en regards croisés. Un film à mots couverts. Très bien réalisé d'abord, par Bruno Chiche, sans effet inutile, sans image de synthèse (c'est reposant), sans tape-à-l'œil, dans le respect éclairant et éclairé du roman de Suter (qui a participié au scénario). Magnifiquement interprété, ensuite, par un quatuor d'acteurs au mieux de leur forme. Françoise Fabian, en douairière hautaine, manipulatrice, mystérieuse, trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Niels Arestrup, un cran en-dessous de son rôle de caïd corse dans Un prophète, est parfait aussi en alcoolique fuyant la réalité de ses souvenirs. La longiligne Alexandra Maria Lara, actrice d'origine roumaine, qu'on a déjà découverte dans La Chute d'Oliver Hirschbiegel et dans Eden à l'Ouest de Costa-Gavras, est époustouflante de vérité et d'émotion. images-1.jpegQuant à Gérard Depardieu, qui a trouvé désormais sa carrure naturelle, qui est celle d'un colosse aux pieds d'argile, il est tout simplement prodigieux, léger (mais oui!), fragile, malicieux, candide. Depuis la mort de son fils Guillaume, le géant français enchaîne les films comme on se jette à l'eau, comme s'il jouait à chaque fois sa vie en revêtant la peau d'un autre. Il y a là un mystère (ou peut-être aucun mystère) dont seul le cinéma peut nous donner la clé…

Oui, c'est un bel hommage à la littérature — c'est-à-dire à la mémoire, à la ruse, aux manigances du langage — que nous propose Bruno Chiche, dans Je n'ai rien oublié, qui nous montre, en passant, qu'il n'y a pas de bon film sans bon scénario (c'est-à-dire sans bonne littérature) !

*Dans les salles de Suisse romande actuellement.

 

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15/04/2011

Misère de l'Université

baudelaire_par_courbet.1302456231.jpgGeorges Blin, précurseur de la « Nouvelle critique », a enseigné à Bâle, puis à la Sorbonne, puis au Collège de France. C'est dire son aura, et sa carrière remarquable. Il a écrit plusieurs livres essentiels, dont un Baudelaire, qui fait autorité, mais qui était devenu introuvable. Grâce aux bons soins de Robert Kopp, un autre Bâlois, ce monument de la critique baudelairienne reparaît, enrichi des résumés de ses cours en Sorbonne.

Autre temps, autres ambitions !

Pour le plaisir, je cite ici les propos de Robert Kopp, qui mesure l'écart intellectuel entre l'époque où Blin était un des fleurons de l'Université de Bâle, et aujourd'hui, où les études littéraires ont été bannies de cette même Université…

« Blin est resté à Bâle jusqu’en 1959, année de son entrée à la Sorbonne. Les études romantiques ont continué à illustrer la chaire de Bâle jusqu’à sa suppression. La republication du Baudelaire est aussi un hommage rendu à l’histoire de cette institution, saccagée désormais par des gestionnaires ignorants qui veulent tout noyer dans d’insipides « Cultural Studies » et oublient qu’une Faculté des Lettres vit d’abord grâce à des personnalités de premier plan et non pas grâce à des prétendus centres d’excellence ou des laboratoires. On confond tout en transposant dans le domaine des sciences humaines les schémas valables en sciences exactes. Georges Blin n’est pas un grand scientifique, mais un grand penseur et un grand écrivain. »

Georges Blin, Baudelaire, suivi de Résumés de cours au Collège de France 1965-1977, Gallimard, coll. « Cahiers de la NRF », 258 pages, 26 €

17:55 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lettres, université, georges blin, baudelaire | | |  Facebook