06/06/2018

Banaliser le Mal

Unknown-1.jpegDans notre société libérale et numérique, il y a des sujets tabou : le conflit israélo-palestinien, par exemple, ou, ces jours-ci, la question du « deal de rue ». Très vite, le débat est politique, c'est-à-dire saturé de lieux communs et donc sans issue. Il aura suffi qu'un citoyen et père de famille lausannois, Fernand Melgar (par ailleurs, cinéaste défenseur des migrants) pousse un cri de détresse contre les dealers qui écument les rues proches des écoles pour que toute la Suisse romande bien-pensante lui tombe dessus…

Les reproches adressés à ceux qui dénoncent les dealers sont toujours les mêmes : stigmatisation, racisme, relents de xénophobie, etc. Je n'y reviendrai pas, tant ils me paraissent ridicules et de mauvaise foi : ce sont les symptômes du déni.

images-1.jpegUne chose, seulement, me frappe: cette manière sournoise, sous prétexte de défendre ces pauvres-dealers-qui-n'ont-pas-le-choix, de banaliser la drogue et ses ravages. Tout se passe comme si on l'oubliait toutes les vraies victimes des marchands de la mort (je connais aussi des familles décimées par la mort d'un adolescent ou sa lente descente aux enfers).

Cela ne compte pas, me direz-vous. Ou si peu. Le réel n'a rien à faire dans les débats idéologiques…

Le Mal existe, quoi qu'en disent les bien-pensants. Il prend aujourd'hui toutes sortes de formes différentes. Il peut aussi concerner le monde de la drogue et des dealers. Il ne s'agit pas, ici, de stigmatiser qui que ce soit, mais de reconnaître simplement l'existence du Mal. Et non de le banaliser. Hannah Arendt a écrit des choses capitales sur cette question. Il est utile d'y revenir.

Impossible de débattre sereinement de ces questions: ils sont aujourd'hui gangrénées par l'idéologie. Mais une question demeure : faut-il banaliser le Mal ?

11:25 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (6) | | |  Facebook

Commentaires

Hannah Arendt était l'une de ces rares vraies féministes - lecture recommandée aux verts acide de nos politiciennes-élues en mal de parité autant qu'en flagrante méconnaissance du droit (cf Lizza Mazzone pour qui "la charia n'est pas un ordre juridique" international, alors qu'elle était rapporteuse pour la langue française, de l'initiative parlementaire "la charia est incompatible avec l'ordre public Suisse").

Plus d'une décade que ça empire. Deal de rue autorisé à Genève jusque devant écoles aux déboutés, aux clandestins et aux délinquants condamnés. Tous ces vendeurs (pas que cannabis) sont tous trafiquants, délinquants et libres de continuer de l'être en toute impunité. Les seuls condamnés sont les résidents.

De quoi supposer que la décision de ne pas assurer l'ordre et la sécurité publiques par la police, leur est imposée "d'en haut".

De quoi se demander si nos politiciens ont fait le choix, pour ne pas aller au job, de laisser les trafiquants libres de poursuivre leur "business", au prix d'une tolérance d'accès à cette "source complémentaire de revenus" aux allocations disponibles (que les contribuables financent via l'Hospice et associations).

Écrit par : divergente | 06/06/2018

Vous devriez lire le billet de Sophie sur le blog de Mireille Valette. Elle, elle sait qui est Fernand Melgar...

Écrit par : Géo | 06/06/2018

Banalisation cause du Mal
ou Mal cause de la banalisation

Mal consistant à vivre en fonction de l'autre: "ce qu'il a je le veux immédiatement"

livre de Paul Diel PSYCHOLOGIE DE LA MOTIVATION


Comment parler des produits addictifs et de leur marchandisation sans dénoncer notre société toute de déshumanisation croissante au service de l'argent!?

Écrit par : MB | 06/06/2018

Les sectes contestent l'existence du Mal pour pouvoir imposer leur propre vision de ce qui n'est pas bien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 07/06/2018

Le Mal est-il une fatalité?

On admettra que Dieu nous a été plus ou moins fourré dans la tête mais que la conscience, elle, sait se faire entendre de nous.

D'elle le Dalaï Lama assure qu'elle ne naît ni ne meurt...

avec de notre part la concernant le danger de faire la sourde oreille!

Indispensable effort ou désir d'évolution dépendant de notre environnement, de notre éducation, conditions de vie ou concours de circonstances plus ou moins favorables...

Le Mal existe à nous... à la longue... à force de...le rayer de la carte.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/06/2018

Le diable, dit-on, se cache dans les détails... ne pas publier certains commentaires en précisant: Commentaire (O)?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 08/06/2018

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