27/02/2017

L'ange rouge (Jean-Marie Rouart)

Unknown-1.jpegDepuis 1991, Jean-Marie Rouart mène un combat judiciaire pour faire reconnaître l'innocence d'Omar Raddad (photo), le jardinier marocain condamné pour le meurtre de sa patronne, Ghislaine Marchal. Ce combat a débouché sur un livre (Omar, la construction d'un coupable, de Fallois), puis sur un film (Omar m'a tuer, de Roschdy Zem, 2011, avec l'excellent Denis Podalydès). Mais c'est surtout pour ses romans, d'amour et de pouvoir, que Jean-Marie Rouart est aujourd'hui le plus connu.

Son dernier livre, Une jeunesse perdue*, est le récit d'une noyade amoureuse, mais d'une noyade heureuse, et délibérée. Le héros du roman dirige à Paris une revue d'art. Il est marié à une femme qu'il retrouve quelques jours par mois et qui occupe, en province, des responsabilités politiques. L'un et l'autre paraissent s'accommoder fort bien de ce arrangement, sentimental autant que financier. 

C'est alors qu'une femme inconnue déboule dans la vie bien rangée du narrateur. D'abord, elle lui envoie un article pour sa revue (qu'il juge indigne de publier), puis elle s'arrange pour le rencontrer. images.jpegLa foudre, alors, tombe sur lui. Cette jeune femme aux cheveux roux, d'origine russe, s'appelle Valentina Orloff. Elle va chambouler, de fond en comble, la vie de notre directeur de revue, qui va passer par tous les stades de l'extase et de l'humiliation, vivant un véritable chemin de croix avec cette femme imprévisible, fuyante, irrésistible — et probablement bi-polaire.

Le narrateur va tout donner — c'est-à-dire tout perdre — pour obtenir Valentina, l'ange rouge du roman. Il va être acculé au divorce, devoir vendre son apparemment et les tableaux les plus précieux de sa collection, abandonner sa vie tranquille pour les intermittences du cttœur. Pourtant, ce long naufrage est aussi une manière d'embellie dans la vie d'un homme qui souffre de vieillir et de ne plus séduire les femmes qui l'attirent. Comme si, perdre sa vie (c'est-à-dire tout donner par amour) était aussi une manière de rédemption.

Un roman intense et lumineux, écrit dans une langue musicale et élégante.

* Jean-Marie Rouart, Une jeunesse perdue, roman, Gallimard, 2017.

Commentaires

Est-ce que Jean-Marie Rouart explique dans son livre (sur Omar Raddad) comment on fait pour bloquer une porte d'une pièce sans issue depuis l'extérieur ?! Comme je me doute qu'il ne l'a pas fait, son livre et son combat sont juste les habituels moyens des incompétents pour se faire mousser, tout en passant pour des bien-pensants (on a vu avec l'affaire Mehdi Meklat que certains sont toujours innocents quoi qu'ils fassent...).

Écrit par : Sonia | 28/02/2017

@Sonia. Lisez le livre de Rouart au lieu de spéculer bêtement. Il est suffisamment convaincant. Par ailleurs, il n'y a aucun lien entre l'affaire Haddad et l'affaire Mehdi.

Écrit par : jmo | 28/02/2017

Je ne spécule pas, je pose une question précise, une question à laquelle personne n'a pu répondre. Vous non plus. C'est d'ailleurs l'une des raisons (il y en a d'autres) pour lesquelles le jury a reconnu M. Raddad comme coupable et ses différents recours refusés (il a été grâcié sur demande du roi du Maroc mais pas par la justice française).
Son défenseur, Me Vergès, fut très mauvais pendant le procès. Alors, comme toujours quand on n'a pas d'argument, il a sorti une insulte au jury en disant : «Il y a cent ans, on condamnait un officier qui avait le tort d'être juif, aujourd'hui on condamne un jardinier parce qu'il a le tort d'être maghrébin », maghrébin, tout comme Mehdi Meklat à qui la bobosphère pardonnait tout ce qu'elle n'aurait jamais pardonné à un Français « de souche ».

Écrit par : Sonia | 28/02/2017

@ Sonia : merci de ces précisions.

Écrit par : jmo | 01/03/2017

"La Justice m`a tuer"

Écrit par : jean jarogh | 02/03/2017

@Sonia. Il se trouve que la fameuse phrase de Jacques Vergès ne provient pas d'un néant argumentatif mais vient couronner toute une procédure discriminatoire, jalonnée d'aberrations judiciaires. La non-convocation d'un interprète - pourtant exigée pas la loi - lors du premier interrogatoire d'Omar Raddad, le tutoiement du juge - qui nomme Omar par son prénom lors du procès, les références à des clichés sur sa confession musulmane n'ayant strictement rien à voir avec l'affaire... Quant à la question de la fameuse porte fermée de l'extérieur, si elle est effectivement complexe à résoudre, la possibilité que la victime, atteinte de 27 coups de couteau et agonisant ait pu elle-même bloquer cette porte en y apposant un lit pliable pesant plusieurs dizaines de kilos apparaît totalement effarante.
Omar Raddad n'a effectivement bénéficié que d'une grâce partielle de la part de Jaques Chirac; il se bat toujours pour faire établir son innocence. La découverte récente d'un ADN masculin - n'appartenant pas à Omar Raddad - sur la scène de crime devrait, je l'espère, dissiper les derniers doutes quant à son implication dans ce crime.
En conclusion, cher Sonia, lorsque l'on touche à une affaire si sensible et complexe, il convient de se renseigner en profondeur et pour savoir de quoi l'on parle.

Écrit par : Sarah | 02/03/2017

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