23/12/2016

Donald Trump est une aubaine !

images-2.jpegOn ne va pas refaire l'histoire: avant l'élection américaine, pas un journal, pas une radio, pas une télévision ne misait un kopek sur Donald Trump. Au contraire : soutenue par une campagne médiatique d'une rare unanimité, son adversaire Hillary Clinton avait déjà partie gagnée. On connaît la suite (et la fin) : victimes de leur aveuglement, vivant dans le déni de la réalité, les médias se sont trompés sur toute la ligne.

Les artistes américains, en particulier, ont soutenu en masse la candidate démocrate. De Beyoncé à Robert de Niro, de Matt Damon à Barbra Streisand, de Meryl Streep à George Clooney, en passant par Steven Spielberg et Bryan Cranston, tout le gratin d'Hollywood a mouillé sa chemise pour Hillary en l'aidant à réunir les millions  nécessaires à sa campagne par des dîners de charité ou des concerts bénévoles. On ne peut pas imaginer soutien plus important !

images-3.jpegEn face, rien, ou presque.

Clint Eastwood, républicain de sang, a soutenu du bout des lèvres Mr Trump, qu'on a vu entouré de catcheurs (à la retraite), de rappeurs (Kanye West) et de vieilles gloires de la chanson country-western. C'est dire l'avenir culturel que nous prépare le plus démagogue des présidents américains, élevé au biberon de la télé-réalité, du catch et des jeux video !

images-6.jpegAvec Trump, côté culture, c'est la régression assurée.

Zéro pointé.

Et si cet écroulement culturel (voire même mental) était une aubaine pour les artistes américains ? 

Face à un homme dont la seule culture est l'argent, l'arrogance du self-made man, l'inexpérience politique, les artistes n'ont pas le choix : ils doivent entrer en résistance. Travailler comme jamais au réveil des consciences. Dénoncer les injustices. Clamer leurs désaccords. images-7.jpegSortir de leur cocon (on parle aujourd'hui de zone de confort) pour faire trembler le monde, comme Bob Dylan, le plus fameux Prix Nobel de Littérature, l'a si bien fait depuis 50 ans. 

Un Président pareil, qui ne s'exprime que par tweets de 140 signes (souvent bourrés de fautes), est incapable de faire la différence entre un Rothko et un Monet, n'écoute que de la musique country, n'a jamais lu un livre de sa vie, un président pareil est une chance pour les artistes de son pays.

Et quelle source d'inspiration ! Inépuisable…

Alors, bardes états-uniens, mes frères d'arme, réveillez-vous ! Chantez ! Peignez ! Hurlez votre révolte, votre colère, vos indignations ! Imaginez des cités utopiques ! Des nouveaux rythmes ! Des mélodies inoubliables ! Montrez qu'un autre monde est possible ! 

Donald Trump n'est qu'un accident de l'histoire.

09:55 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : trump, usa, artistes, george clooney, clint eastwood, bob dylan | | |  Facebook

Commentaires

Donald Trump est un vrai personnage de roman, en effet... On va s'amuser. D'ailleurs, ça a déjà commencé en Suisse, par exemple avec "La vérité sur Donald Trump" d'un certain Dick Joekers - bien vu, même si c'est un livre un peu court, relatant un moment précis de la campagne.

Écrit par : DF | 23/12/2016

Je ne suis pas dérangé par le fait que Trump ne soit pas un homme de culture. Au contraire même. Je n'attends pas que le politique s'occupe de culture. Surtout pas! Il doit faire de la politique, c'est à cela qu'il est voué.

Trump laissera ce domaine à qui veut le prendre et c'est très bien. Un politique trop marqué culturellement ne gère plus, il influence dans une direction un domaine qui n'appartient à personne. Ce n'est pas ce que j'attends de lui. Je ne veux pas avoir à être dans les bons papiers d'un politicien qui a ses préférences.

Et puis, pour moi, le temps d'Obama n'a pas vraiment marqué la culture, du moins pas plus ni moins que d'autres. À part d'avoir favorisé certaines sous-culture voire micro-cultures, comme le genre "fluide" ou le transgenre, qui aujourd'hui imprègne trop de domaines et est surreprésenté. C'est même devenu un passage obligé pour nombre d'acteurs culturels ou politico-culturels. Je n'ai plus envie de voir une first lady ou un président s'accoler trop amicalement à des artistes qui sont du "bon côté" de la morale, je préfère des artistes les plus indépendants possible.

La culture pop américaine s'est de plus en plus définie par la provocation sexuelle ou par l'adhésion aux orientations politiques de l'époque. Pas besoin d'avoir un Médicis pour cela. Pas même besoin d'avoir de culture dans ce cas, un flyer suffit.

Je ne crains rien pour les artistes qui ont quelque chose à dire. Bob Dylan a fait des choses que j'aime beaucoup, mais est-il encore de ceux-là? J'ai vu son dernier spectacle et je ne vois plus vraiment ce qu'il apporte, à part qu'il a une notoriété et donc qu'il est automatiquement écouté. Son prix Nobel me fait penser à une cotterie de gens de même génération qui se congratulent parmi avant de mourir. Le show biz favorise quelques-uns, vit sur les quelques qui rapportent beaucoup et ne soutient que peu la création nouvelle. Le nouveau passera par des canaux qui existaient déjà avant: internet, et autres circuits hors des majors.

Je ne crois pas à un autre monde par la culture, je pense qu'on change l'habillage sur des thèmes toujours recommencés. Les grands changements, comme partager des cultures, c'est déjà fait, c'est là. Mais il faut redire les choses autrement pour en explorer tous les contours. De plus tout s'use si vite qu'il faudrait changer de représentations intellectuelles tous les 10 ans, dans une sorte de surenchère.

En fait tout va trop vite pour imprégner durablement, et toute création pourrait bien désormais n'être destinée qu'à rapporter de l'argent dans un temps minimum. Il y a 50 ou 80 ans encore, quand un écrivain ouvrait une voie, comme André Breton, beaucoup d'autres la suivaient et en exploraient d'autres aspects pendant des décennies. je ne vois pas quelque chose exister ainsi aujourd'hui.

Le Cirque du Soleil a profondément renouvelé un genre et a fait des petits. Mais pour continuer il doit impérativement refaire du "lui-même" car c'est devenu un produit commercial qui ne peut vivre qu'en donnant ce que les gens attendent déjà, au travers de plusieurs troupes interchangeables. Combien de chanteurs ou d'écrivains seront encore populaires dans 100 ans? Ou de cinéastes? Qui les étudiera à part quelques étudiants en histoire de l'art? Qui chantera encore Brel ou Dylan, ou Coldplay, dans 100 ans? Je prends le pari: pas grand monde. La nouveauté est devenue une sorte de rituel qui sert avant tout le commerce à court terme.

La solution pour un artiste aujourd'hui? Accepter l'exclusion, la non-rentabilité de ses oeuvres, en se disant que cela fera peut-être un chemin, ou se vendre rapidement et accepter qu'il ne se survivra pas une fois sa médiatisation abandonnée.


Je ne vois pas de risque d'écroulement culturel dans la mesure où celui-ci est déjà en cours depuis un moment! Entre redites convenues ou provoc à la Jeff Koons ou Madonna, l'argent est le dénominateur commun. Il y a peut-être de nouveaux chemins à trouver pour sortir du monde convenu où nous sommes à nouveau rendus, mais sur cela ni Obama ni Trump ne peuvent rien. Et heureusement, car plus convenu qu'Obama c'est difficile. Trump au contraire, comme tu dis, est un bon coup de fouet parce qui renverse le convenu. Sa non-culture est en effet une chance, pas par contraste avec lui, mais parce que ça donne de l'air.

Sortir du monde convenu, de l'étouffement, reste un trait de la création en Europe, c'est cela qui va peut-être perdurer. Et de ce côté le règne moral et convenu d'Obama a tellement aplati le monde dans une correction convenue que c'est lui qui va faire que des nouveautés libératrices puissent surgir.

Écrit par : hommelibre | 23/12/2016

Que de haine, les gigots a l'ail on l'air d'avoir un peu de peine avec la démocratie.

Écrit par : Donald T. | 23/12/2016

Et puisqu'on parle de création, le deuxième extrait de mon prochain album:

https://www.youtube.com/watch?v=Ha5RvFO7Rpk

Écrit par : hommelibre | 23/12/2016

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