31/08/2016

Une grande perte pour Genève

images-4.jpegLa nouvelle, bien sûr, n'a pas fait la une des journaux — ni même un entrefilet, pourtant elle est d'importance : François Jacob, l'éminent directeur de l'Institut et du Musée Voltaire, aux Délices, vient de démissionner de son poste, lassé par les bâtons qu'on a mis dans ses roues depuis quatre ans (tracasseries administratives, réduction de budget, intrigues diverses).  

Fondé par Theodore Besterman, l'Institut Voltaire a été dirigé longtemps par Charles-Ferdinand Wirz de 1973 à 2002, puis par François Jacob qui lui a redonné éclat et dynamisme, en mettant en valeur son extraordinaire bibliothèque (25'000 volumes !) et en consacrant à Voltaireimages-5.jpeg
plusieurs ouvrages essentiels, dont une savoureuse (et savante) biographie, parue cette année chez Gallimard (voir ici) dans la collection Folio.

Le grand Voltaire doit se retourner dans sa tombe !

Et pour Genève, c'est indéniablement une grande perte. images-6.jpeg
D'abord parce que François Jacob (à gauche sur la photo) — par ses compétences, son esprit, son dynamisme  —  était la personne idéale pour diriger l'impressionnante voilure de l'Institut Voltaire. Ensuite parce que l'on ne remplace pas facilement un homme d'une telle envergure. Et que laisser partir un tel oiseau rare relève de la bêtise ou de l'incompétence (mais nous sommes à Genève !)…

François Jacob retourne en Franche-Comté, où il enseignera à l'Université de Besançon. Nous lui souhaitons le meilleur pour sa nouvelle vie.

Commentaires

Votre remarque est intéressante car je n'en étais pas informée et votre article utile. François Jacob,ultra compétent, ne ménageait pas sa peine. Souvenir de conférences formidables (année Rousseau etc..)Il part selon vous " lassé par les bâtons qu'on a mis dans ses roues depuis quatre ans (tracasseries administratives, réduction de budget, intrigues diverses)."
Intrigues d'un microcosme localement local?? En tous cas: DOMMAGE. SN

Écrit par : sylvie neidinger | 31/08/2016

Une grande perte oui. Un homme de culture et de principes. Trop brillant peut-être?

Écrit par : Jean-Jacques | 31/08/2016

J'ai eu vent de certaines rumeurs concernant de basses manoeuvres, malheureusement, c'est souvent ainsi que esprits éclairés sont traités dans cette ville ayant cultivée le secret des vilains de ce monde !

A force de ne rien dire de ceux que l'on protège pour des raisons vénales, on finit par s'en prendre à tous ceux qui pourraient soulever le voile obscure qui aveugle cette capitale pour dictateurs sanguinaires et leurs fantômes onusiens !

J'avais été choqué par l'accueil fait au jeune écrivain Dicker après qu'il ait reçu les honneurs du Goncourt dans ce chef lieu de la médiocrité littéraire (même Lausanne avait fait danser la luxuriante république capitonnée par Calvin en personne), des insultes mêmes, des attaques, pas un critique patenté pour féliciter cette comète et j'en passe !

Je me rappel d'une de ces diatribe verte obliqué par l'un des phoenix de la tribune de ces blogs, un seul mot : pédant et méchant et de deux !

En plus, Pascal avait fait reluire sa plume, certainement une Mont-Blanc, comme pour tous ces prétentieux alors que Caran-d'ache jouit de moins de "prestige", mais dépasse précisément le tocard importé. Pascal voulait se faire croire à lui-même qu'il pouvait se comparer à un génie de la page blanche, il était visiblement vexer dans son ascension auprès des vielles retraitées charmées par tant de clins d'oeil et abonnées aux anticoagulants. De souvenir d'homme, en lisant ces rognures, je n'avais jamais plongé aussi bas dans cet abîme d'inculture gardée par des barbouzes d'un OAS planétaire.

Besançon est une ville charmante et certainement plus méritante que la ville citée par Voltaire.

Écrit par : Corto | 01/09/2016

Oui un homme brillant, une grande perte pour Geneve et ses bibliothèques!
Dommage de voir que le magistrat en charge de la culture ne réalise pas le départ de ce haut fonctionnaire fidel serviteur de l'Etat.

Jean-Louis Fazio
Député socialiste au Grand Conseil

Écrit par : Jean-Louis Fazio | 02/09/2016

Désolée de voir partir Monsieur Jacob, avec lequel nous (la Compagnie Joy Of Music, dirigée par Mme Rachel Szekely) avions collaboré il y a quelques années pour créer, et présenter à diverses reprises, à Genève et Ferney (-Voltaire!) un spectacle musical mêlant le Candide de Voltaire à celui de Leonard Bernstein. Souvenir marquant pour les interprètes et les spectateurs, largement dû au soutien dynamique et érudit de François Jacob. Je me souviendrai personellement toujours de sa gentillesse, de sa disponibilité, et de son plaisir à partager ses connaissances lors d'une visite guidée de l'institut Voltaire à l'occasion de l'intéressante exposition "Voltaire et la Chine".

Écrit par : Sylvie Pique | 05/09/2016

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