13/10/2015

Beigbeder à la table des écrivains

images-5.jpegIl y a à boire et à manger, comme d’habitude, dans le dernier ouvrage de Frédéric Beigbeder, Conversations d’un enfant du siècle*. Pour une fois, l’auteur mondain n’occupe pas le devant de la scène. Il laisse le premier rôle aux écrivains qu’il rencontre et avec qui il s’entretient. Ce sont tous des écrivains qu’il admire — ce qui est un gage de qualité. Et cela donne une trentaine de rencontres, certaines un peu rapides (Philippe Sollers, Françoise Sagan, rendez-vous manqué) et d’autres qui prennent le temps d’entrer dans le vif du sujet. Certaines rencontres, à première vue improbables, se révèlent passionnantes et toujours instructives.

De quoi s’agit-il ? D’une enquête sur les écrivains marquants d’aujourd’hui, leur méthode de travail, leurs secrets de fabrication, leurs petites manies, leurs vices inavouables. Beigbeder interroge, écoute, prend des notes, comme un modeste journaliste. images-6.jpegParfois, bien sûr, il intervient pour remettre son interlocuteur sur les rails (il ne s’agit pas de cocaïne ici !), creuser un sujet, ouvrir une brèche. Quand l’autre se prête au jeu — comme Alain Finkielkraut ou Jean d’Ormesson —, se laisse aller aux confidences ou aux aveux, le résultat est assez stupéfiant.

images-7.jpegBeigbeder a ses têtes. Et on ne lui en voudra pas. Jean-Jacques Schuhl, Michel Houellebecq, Jay McInervey sont interviewés plusieurs fois. Ce qui donne de la profondeur au propos. On sent qu’avec eux Frédéric Beigbeder est en confiance. Ce sont des amis, des complices, des frères d’écriture. D’autres fois, le contact est plus difficile et chacun reste figé dans une posture commode. Mais peu importe. L’essentiel est ce qui se dit en passant, au détour d’une phrase, dans un silence lourd de sens.

images-8.jpegL’entretien avec Simon Liberati, par exemple, nous permet de mieux entrer dans ses livres, de comprendre comment le peintre qu’il était (obsédé par le corps) est devenu écrivain (pour expliquer, d’abord, ce qu’il peignait). Idem pour Michel Houellebecq qui voulait devenir cinéaste avant de bifurquer vers l’écriture. Ou encore Alain Finkelkraut qui raconte son amitié gémellaire avec Pascal Bruckner.

À boire et à manger, oui, mais à la table des écrivains.

* Frédéric Beigbeder, Confessions d’un enfant du siècle, Grasset, 20105.

02:33 Publié dans all that jazz, livres en fête | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : beigbeder, d'ormesson, liberati, grasset, sollers | | |  Facebook

Commentaires

Avec Beigbeder, le résultat ne peut qu'être "stupéfiant" !

Écrit par : Jean | 13/10/2015

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