17/06/2015

Une indigente Histoire littéraire en Suisse romande

images-2.jpegOn attendait beaucoup — peut-être trop — de cette nouvelle Histoire de la littérature en Suisse romande, promue dans les médias avec des roulements de tambour. L'ancienne mouture, parue entre 1996 et 1999, aux Éditions Payot (qui n'existent plus), sous la férule de Roger Francillon, autrefois professeur à l'Université de Zurich, était pleine de lacunes et d'un dilletantisme assez burlesque. La nouvelle édition, revue et abrégée, qui compte 1726 pages, paraît aujourd'hui aux Éditions Zoé.*

Je ne dirai rien de la partie purement historique (critiquable, bien sûr, par ses partis-pris, mais intéressante), ni des chapitres sur la science-fiction, la BD ou le polar en Suisse romande (qui ne sont pas ma tasse de thé, je le regrette). images-1.jpegEn revanche, j'ai lu d'assez près la dernière partie de cette Histoire, consacrée aux écrivains contemporains. Le propos est général ; l'analyse, amorcée, ébauchée, mais rarement approfondie : on en reste à un travail d'arpenteur.

Chaque écrivain, dans une manière de dictionnaire, a droit à son articulet. On est frappé. d'abord, par les absents : rien sur David Collin, Sergio Belluz, Serge Bimpage… Trois fois rien sur cet immense lecteur (et grand écrivain) qu'est Jean-Louis Kuffer… Est-ce bien sérieux ?

Et les présents, alors ? La plupart sont réduits à quinze lignes paresseuses, affligeantes de pauvreté. Quant à ma propre notice, si j'ose ici mentionner mon modeste travail, elle est pompée sur Wikipédia, mais moins complète et mal écrite. On y trouve le résumé de de mes livres (j'en ai publié 25) et oublie le dernier en date, qui raconte la vie du plus grand éditeur de Suisse romande…

Je pourrais multiplier les exemples, les oublis, les lacunes. Ils sont légion. Le tout témoigne d'un amateurisme un peu triste, qu'on trouvait déjà dans les volumes parus en 1999. Certes, la Suisse romande est un petit pays, les bonnes plumes y sont rares, les critiques compétents encore plus. Et les Facultés de Lettres, en matière de littérature contemporaine, brillent par leur absence. Mais, quand même, pourquoi tant de médiocrité ? Pourquoi un tel manque de travail dans un pays réputé pour son sérieux ?

Les écrivains romands méritent mieux que cela.

* Histoire de la littérature en Suisse romande, Zoé, 2015.

 

 

Commentaires

Bon, ils peuvent se mettre au travail dès maintenant pour préparer la prochaine mouture...
:-)

Écrit par : hommelibre | 17/06/2015

J'ai feuilleté la première version de ce catalogue cataleptique des éteignoirs, dont il suffit de voir les tristes mines des auteurs: de Roger Francillon l'abbé navré, Daniel Maggetti le diacre pincé , Doris Jakubec la chaisière coincée, Isabelle Rüf la préposée à tout effacement par kleenex littérairement correct , suivis de la cohorte des facultards blêmes et des caquets médiatiques, pour comprendre qu'on a régressé depuis les vieux birbes à la Alexandre Vinet ou Virgile Rossel, qui étaient du moins des esprits éclairés et généreux. Actuellement, entre facultés de lettres exsangues et médias écervelés, on s'enfonce dans le déni de toute littérature vivante. Mais les auteurs vous emmerdent, bonnets de nuit !

Écrit par : JLK | 17/06/2015

J'ai aussi constaté quelques absences étonnantes, rien qu'en feuilletant les pages d'index des auteurs cités dans cette somme à l'allure impressionnante...

Il faudrait créer un club des "non-mentionnés"! ;-)

Écrit par : DF | 18/06/2015

@ JLK Comme on sait, la religion (concernant les gens "intelligents") n'est plus tendance mais sérieusement vous n'avez pas étudié Vinet!

Sans oublier que Vinet, précurseur en la matière, s'est impliqué à fond concernant en son temps l'accès des filles à la culture.

Que diriez-vous, JLK, si l'on vous renvoyait votre compliment à Vinet que vous traitez, entre autres, de "vieux birbe"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20/06/2015

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