20/02/2015

Barroso à UNIGE : une honte pour Genève ?

images-10.jpegOn connaît la crise que traversent les Universités européennes — et l'Université de Genève n'échappe pas à cette crise : il est de plus en plus difficile de trouver des professeurs de renom ou ayant les compétences d'assurer un enseignement de haute tenue. Est-ce la raison pour laquelle l'Université de Genève (UNIGE) est allée repêcher José-Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, parti sans gloire de Bruxelles, pour le nommer professeur au Global Studies Institute (GSI), ainsi qu'à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) ?

N'y avait-il aucun autre candidat ? Et pas d'autre choix que cet ancien premier ministre devenu l'ennemi de toutes les forces démocratiques européennes ? 

On se souvient que Monsieur Barroso fut le plus fier et le plus prompt allié de George Bush (père) lorsque les Etats-Unis décidèrent d'attaquer l'Irak. Mais ce n'est pas son seul titre de gloire.

« La vérité sur ce personnage mérite quelques précisions. L’ambassadeur des États-Unis au Portugal à l’époque, Franck Carlucci, dépêché par Washington pour ramener le Portugal dans le droit chemin, n’est pas étranger à la reconversion de Barroso. Agent de top niveau de la CIA, Carlucci manipulait et finançait le MRPP (le Parti du Prolétariat). Il découvrait dans le jeune José-Manuel un talent d’avenir. Sur les conseils de son nouveau protecteur, Barroso adhérait au Parti social-démocrate (PSD) et gravissait tous les échelons de la hiérarchie. Jusqu’au poste de Premier ministre. L’Union européenne peut donc se satisfaire d’avoir eu à sa tête un candidat choisi, formaté et propulsé par la CIA. » (voir article complet ici)

On se rappelle aussi, plus récemment, en tant que président de la Commission européenne, son rôle dans la mise en œuvre d'une politique d'austérité qui a mis le Portugal à genoux, et la Grèce à l'agonie. Sans parler des propos guerriers (et méprisants) qu'il a tenus sur la Suisse, après la votation du 9 février 2014.

Mais Genève n'est pas rancunière. Ou peut-être aime-t-elle à se faire flageller ? 

Elle avait déjà fêté José-Manuel Barroso en 2010, topelement.jpgen même temps qu'Élie Wiesel (mais comment comparer ces deux hommes ?). Elle récidive aujourd'hui en accueillant le Portugais au sein de son alma mater.

Est-ce une gloire ou une honte pour Genève ?

10:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : barroso, unige, genève, cia, commission européenne, suisse | | |  Facebook

Commentaires

A ce rythme, vous finirez par me rendre Barroso presque sympathique. Si effectivement l'Université a commis une erreur, c'est parce que Barroso n'a pas le niveau et qu'en plus, on frise l'indécence avec sa protection, qui ne date pas d'hier, par un éminent ex-professeur de l'alma mater genevoise. Pour le reste, Barroso ou pas, la Suisse a eu (et aura encore) ce qu'elle mérite au lendemain du 9 février. Et puis, à force de voir la CIA partout, on finit par se rendre intéressant pour quelques-uns et légèrement ridicule pour les autres.

Écrit par : Jürg Bissegger | 20/02/2015

J'ai toujours pensé - et je continue - que les qualités académiques devaient primer lors du choix. Quelles sont les expériences d'enseignant de M.B., a-t-il notamment publié quelques articles de renom dans des journaux ou revues de qualité ? On a plutôt l'impression désagréable que l'on se sert de sa 'notoriété' pour accroître l visibilité de l'institution- Or c'est l'inverse qui devrait être de mise : la renommée de l'institution qui attire, naturellement, les grosses pointures. On en est loin et ni l'université, ni M.B. n'en sortent grandis.

Écrit par : uranus2011 | 20/02/2015

" un éminent ex-professeur de l'alma mater genevoise. "

Un nom, s'il-vous-plaît?


"Est-ce une gloire ou une honte pour Genève ?"

Poser la question, c'est y répondre.

Écrit par : Johann | 20/02/2015

@Johann Mieux qu'un nom:
http://www.rts.ch/play/tv/pardonnez-moi/video/jose-manuel-barroso--dusan-sidjanski?id=6270785

Écrit par : Jürg Bissegger | 20/02/2015

Oui.

Écrit par : Mère-Grand | 22/02/2015

Heureusement que la CIA a les épaules larges : chaque fois qu'il y a un problème dans le monde, la responsabilité en revient à l'agence américaine.
Barroso, l'Ukraine, la Syrie, Israël, la Palestine et out ce que vous voudrez bien y ajouter.
Pour un peu, c'est à se demander si l'élection de François Longchamp à la tête du gouvernement genevois n'a pas été téléguidée par Washington...

Barroso, une honte pour Genève ? Un instant de honte est si vite passé.
Et puis, les Américains ont bien eu Bush fils.

Écrit par : Michel Sommer | 22/02/2015

Professeur ou non (et je penche plutôt pour le non), Bush est au moins resté chez lui.

Écrit par : Mère-Grand | 23/02/2015

"@Johann Mieux qu'un nom:
http://www.rts.ch/play/tv/pardonnez-moi/video/jose-manuel-barroso--dusan-sidjanski?id=6270785"

Merci! Incapables, ou si peu, d'une autocritique. L'union européenne (et non "l'europe"!) promettait le paradis à ses membres. On a vu le résultat. Et toujours moins de démocratie. Des décisions prises sans consulter les peuples ou en contournant celles qu'ils peuvent prendre si rarement. Une ue politique pour créer un empire. Pour éloigner toujours plus les peuples des lieux de pouvoir. Détruire les protections sociales, détruire les Etats, enrichir les riches, appauvrir les pauvres, toujours plus intervenir à l'extérieur pour mieux piller les ressources comme en Afrique et autres pays dirigés par des corrompus.

Écrit par : Johann | 24/02/2015

GROSSE ARNAQUE UE refourguée à la CH: La société civile CH veut savoir qui a décidé dans son dos, d'une telle attribution à ce poste d'un tel nul portugais utilisé des lustres par l'UE, maintenant refourgué par l'Europe à la Suisse, dont les contribuables ch NON MEMBRES DE L'UE se voient obligés d'assurer son confort salarial

Écrit par : genevois déshérité | 24/02/2015

Avec l'aide de calmy-rey à eux deux ils vont vous formater une belle brochette de futurs politiciens estampillés CH-fondue-dans l'UE!

Cela ce voit comme le nez au milieu de la figure, faut être genevois pour ne rien voir; regardez vos votes!

Écrit par : Corélande | 25/02/2015

Il ne faut pas être genevois pour ne rien voir...

Il faut juste avoir assez de foi dans les institutions ou parti politique pour ne rien à voir.

Partout, partout...on ne voit rien.

De toute manière je trouve très drole d'entendre des libéraux crier contre la gauche et soutenir un ancien maoiste! On est dans le deni de l'inaction! Il faut être mouton pour ne rien voir et ceci s'excuse encore par l'instinct grégaire malheureusement présent chez l'Homme!

Écrit par : plumenoire | 25/02/2015

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