27/10/2014

L'aveu consternant de Fleur Pellerin

Or donc, la délicieuse ministre française de la Culture (socialiste), Fleur Pellerin, interrogée par notre compatriote Maïtena Biraben, s'est montrée incapable de citer un seul titre de livre de Patrick Modiano, prix Nobel 2014 de littérature...

Croyant se justifier, elle a même avoué n'avoir lu aucun livre depuis deux ans !

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/ministre-culture-inc...

Comment est-ce possible ? Imagine-t-on André Malraux, voire Jack Lang ou même Frédéric Mitterrand, tous ministres de la Culture, faire un aveu si pitoyable?

Faut-il incriminer la paresse d'esprit, l'inculture crasse, ou seulement la candeur d'une jeune femme ignorante ?

" C'est normal, disent certains. Cette jeune femme est socialiste et les socialistes ont fait table rase de l'Histoire, des idées, comme de la littérature. Ils ne savent plus rien (et ils en sont fiers".

D'autres (j'en fais partie) déplorent l'inculture abyssale des hommes (et femmes) politiques. Qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs. Et en particulier des responsables de la Culture.

Si on leur posait une question similaire, je suis sûr que les Ministres vaudois, valaisan ou genevois auraient mille peines à citer un seul titre d'un écrivain romand vivant.

Est-ce l'époque qui veut ça ? Ou le désintérêt croissant (et déprimant) du monde politique pour la littérature, la musique, la peinture, et toutes autres formes d'art ?

 

Commentaires

Ils ne s'intéressent qu'aux sous.

Écrit par : Rémi Mogenet | 27/10/2014

On se souvient d'un responsable politique genevois en charge de la culture - non, pas de C majuscule...- faisant allusion aux "rupestres" en parlant des Vaudois...

Écrit par : Géo | 27/10/2014

ENTRE ICI Jean------ Michel.!

Écrit par : briand | 28/10/2014

C'est l'époque d'internet qui veut ça.
Fleur Pellerin est incollable sur certains sujets en-ligne.

Écrit par : Keren Dispa | 28/10/2014

Je suis bien d'accord avec vous sur le désintérêt mais, en ce qui concerne les ministres de la culture, il ne leur est guère possible de gérer quelque chose qui n'existe pas.
Quelle est la valeur d'un Nobel de nos jours par rapport à 50/60 ans en arrière?
Quelle est la valeur de nos jours d'une inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, de la légion d'honneur, vestiges d'un passé qui fut glorieux

Écrit par : Brun | 28/10/2014

on se fout du monde des journalistes franco-français irradiant la Suisse de son monde de comm, pub et du biz médias en Suisse Romande;
marre de payer pour le salaire de ces soit-disant artistes français via ces séries françaises refourguées à la TSR que doivent se farcir tous telespectateurs des chaînes romandes

histoire de subventionner et faire vivre ces fils et filles de comédiens français

comme cette soit-disant "compatriote" Maïtena Biraben
venue pour se faire payer 1 max en Suisse
du sérail des comédiens au pôle-emploi des intermittents français - exception française que l'UE leur a accordé: travailler 2 semaines l'an, histoire de toucher leurs minimas "au social" le reste du temps et suffisant pour cotiser à la retraite ...

faut-il dire à ces français salariés de la TSR programmateurs: merci car à côté des daubes que vous nous imposez, on constate votre aide, payée par nos contributions, en soutien à cette demoiselle d'Afrique du nord via la France ou pas, Mlle Biraben - car aucune suissesse ne pouvait faire le job à sa place, n'est-il pas?

Écrit par : pierre à feu | 28/10/2014

Je ne vois absolument rien de consternant au fait que la ministre en question n'ait jamais lu Modiano, un écrivain de toute façon surévalué, qui ne mérite en rien son Nobel (comme Le Clézio ou Simon d'ailleurs; les seuls francophones le méritant étant àmha Sartre, Camus et Gide, les autres, à la poubelle direct!). Je trouve en revanche honnête et courageux de sa part de le reconnaître et de commenter qu'elle a autre chose à faire (son travail), et c'est tant mieux (elle s'est en revanche mal préparée)! C'est aussi minable lorsque les bien-pensants des médias se moquent de ce politique qui avait simplement commis un lapsus avec Zadig &/de Voltaire... Faut arrêter!...
Je ne connais aucun de vos livres, jamais entendu votre nom, et pourtant je ne ne me qualifie pas d'inculte-qui-consterne. Je lis depuis une 30e d'années 30-50 livres par an, ce qui est beaucoup quand on pense que j'abats également 60 h de travail par semaine. Ce serait intéressant de comparer nos listes et de voir ce qui rendrait vos choix ou vos manques consternants.
Je ne défends jamais les politiques puisque je les pratique (aussi) depuis 30 ans et que je sais qu'ils sont la catégorie humaine la plus critiquable et la plus irresponsable.

Écrit par : Georges Sequin, Lausanne | 29/10/2014

Quoi, Georges, vous n'avez lu aucun de mes livres ? Vous devez bien être le seul…
Cela dit, je partage votre avis sur Modiano et Le Clézio, qui sont des écrivains pour classes terminales, comme disait l'autre. Cette année, j'aurais préféré que le Nobel récompensât des auteurs plus importants à mes yeux comme Philip Roth, Milan Kundera ou surtout l'immense Joyce Carol Oates. Mais le Prix est allé, l'année dernière, à une écrivaine anglophone, donc impossible…
Je trouve les propos de Fleur Pellerin non seulement consternants, mais honteux. C'est un pur produit des grandes écoles (elle a enchaîné les diplômes sans jamais avoir à gagner sa vie), elle est ministre de la Culture et parfaitement inculte (on ne parle ici que de littérature : il faut l'entendre sur le cinéma, la peinture ou la danse : c'est plus que consternant!). Bref, cette pauvre femme n'est pas à sa place (qui n'est pas nécessairement aux fourneaux, comme disait Landru). Elle fait honte à la culture et à la France, qui nous a donnés, tout de même, des personnalités d'un tout autre calibre. Elle ferait une excellent ministre de la Mode et du Design, par exemple. Ou on devrait lui confier le porte-feuille de la Cosmétique.

Écrit par : jmo | 29/10/2014

Ne pas confondre technocrates et culture !

Écrit par : Corto | 30/10/2014

Vous êtes dur avec Fleur Pellerin. Elle a fait un bon travail lorsqu'elle s'est occupée de l'Internet etc, elle a essayé d'y comprendre quelque chose et y est assez bien arrivée. Je ne pense pas qu'elle se soit battue pour la culture. Elle est plutôt victime de la hauteur de vue de la petite baudruche qui joue au stratège de salon à l'Elysee.

Écrit par : ThierryJeanneret | 01/11/2014

Franchement, je vous croyais au-dessus de ce minable bavardage. En vous faisant le porte-parole de cette émission, vous défendez la médiocrité de la télévision dont le seul but est de jeter en pâture les politiciens. Peut-être que si Mme Pellerin ne devait pas sacrifier à ce genre de "com" que réclame le public, elle trouverait enfin le temps de lire!

Écrit par : Zaninetti Marc | 03/11/2014

Pour des hommes et des femmes politiques suisses, il en serait tout autrement.
Les nôtres sont pour la grande majorité des avocats.
Certains même en activité.
Ou bien encore des militaires.
Blocher est colonel, le plus haut grade d'officier suisse.

Ôhhh misère, la grandeur de la France, en prend un sacré coup.

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu | 04/11/2014

Cher confrère (puisqu'il m'arrive d'écrire des livres, aussi), vous n'avez je crois malheureusement pas compris grand chose à la situation. A la différence de Fleur Pellerin, j'ai du lire au moins deux livres ces deux dernières années. Par contre entre 10 et 30 ans (soit jusqu'au milieu des années 80) j'en lisais en moyenne un par jour. De tous genres. Et aujourd'hui, je lis encore plusieurs heures par jour. Des tas et des tas de choses incroyablement diverses et intéressantes. Ou parfois passablement crétines, si vous voyez ce que je veux dire. Mais pas des livres.
Aujourd'hui, le livre n'est plus la source principale de l'information, pas même de la réflexion. Fleur Pellerin est de cette génération là, et c'est quelqu'un d'extrêmement cultivée, une tête bien faite et bien pleine, qui s'échine à faire passer à la France le seuil du numérique. Du coup, par ricochet, à la francophonie toute entière.
Quant à la dictature de la pensée qui voudrait que parce qu'un auteur est couronné, il faudrait le lire toute affaire cessante, permettez-moi de me tapoter le menton, perplexe...

Écrit par : Philippe Souaille | 04/11/2014

@ Philippe Souaille. Mon cher confrère, à l'instar de l'impayable Fleur Pellerin, vous êtes le digne représentant de cette nouvelle génération qui ne lit plus de livres, et qui s'en flatte. A la place, comme elle, vous lisez des notes, des circulaires, des mémos, des statistiques, et autres choses décidément passionnantes. C'est votre droit. Comme c'est le droit de Fleur Pellerin de faire passer à la France « le seuil du numérique ». J'y vois plutôt le seuil de l'ignorance, assumée et revendiquée. Des esprits formatés, ignares, incurieux, comme Fleur Pellerin en somme, puisque la culture — qui est le contraire de l'information — passe par les livres. C'est comme ça. C'est en lisant Flaubert ou Modiano qu'on apprend ce qu'il faut savoir sur l'amour ou l'occupation allemande, Philip Roth sur les choses du désir, Ramuz sur la grandeur de la nature, etc. Si, comme Fleur Pellerin, vous préférez vos notes et vos mémos, libre à vous, bien sûr. Vous resterez toujours au seuil des expériences importantes.

Écrit par : jmo | 05/11/2014

Philip Roth, vous rêvez. Combien de Français ou de francophones "cultivés" connaissent quoi que ce soit de la littérature américaine? Si certains ont pu en entendre un faible écho dans le bouquin de Dicker, c'est déjà pas mal … Ce qui n'est pas un commentaire négatif sur Dicker!

Écrit par : Mère-Grand | 05/11/2014

Le problème est moins le fait qu'elle ne connaisse rien du lauréat du Nobel de littérature que son attitude ! En effet c'est un manque de rigueur et de professionnalisme patent car elle aurait dû se faire "instruire" par son équipe, recevoir un court mémo, s'en inspirer pour répondre en professionnel (imagine-t-on pareille situation dans une grande industrie privée ?). Ceci lui aurait permis de parler du lauréat, tout en reconnaissant qu'elle ne l'a pas lu. Pour son absence de lecture pendant plusieurs années, cela montre une fois de plus le mépris de certains politiques pour la culture et on peut être inquiet de sa vision globale d'un ministère qu'elle est sensée diriger. Mais peut-être a-t-elle de son rôle de ministre la même approche que la lecture des ouvrages, des pièces et de la poésie. Tout simplement triste. symbolique également de cette mentalité 'moderne' qui consiste à croire que tout le monde peut occuper - c'est un droit - n'importe quelle fonction.

Écrit par : uranus2011 | 05/11/2014

La future nouvelle directrice du Musée de l'Elysée à Lausanne a t-elle d'autres qualités que d'être une femme? On finira par croire que John Goetelen a raison...
Elle travaille à Genève, vous en avez entendu parler ?

Écrit par : Géo | 05/11/2014

J'aime mieux la franchise de Mme. Pellerin que l'hypocrisie de certains, en tant que ministre de la "culture" les commentaires semblent dirent il faut qu'elle connaisse sur le bout des doigts la liste des écrivains qui ont les honneurs des salons parisiens qui décernent des prix soi-disant prestigieux et qui font le bonheur des éditeurs (à tour de rôle, il ne faut surtout pas arrêter le tiroir caisse) qui sont souvent chiants au possible et dont personne n'ose dire franchement ce qu'il en pense car n'ayant que le résumé il se contente de saluer un chef d'œuvre qui sera oublié l'année suivante au profit du nouvel ouvrage qui doit révolutionner la littérature française. Sur 20 ans de prix littéraires divers combien sont entrés dans les annales. La franchise est aussi une arme mal utilisée.

Écrit par : grindesel | 05/11/2014

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