16/09/2014

Le serpent de mer de la rade

images-3.jpegSelon la Tribune de ce jour, près de 53% des Genevois accepteraient le projet de tunnel sous la rade proposé par l'UDC et le MCG et soutenu par le TCS. On entend déjà les hourras des vainqueurs. Mais on entend aussi les jérémiades des (mauvais) perdants qui vont tout tenter pour faire obstacle à la volonté populaire, si le oui l'emporte.

Pourtant, le problème n'est pas neuf, puisqu'il date de près d'un siècle. Et les Genevois ont d'ailleurs accepté le principe d'une traversée de la rade dans les années 80…

En l'occurrence, il me semble que les partis politiques qui s'opposent au tunnel, en ordre dispersé, ont commis deux erreurs, peut-être fatales.

La première, c'est de jouer la montre et par conséquent de ne rien faire (une spécialité genevoise).  Autrement dit, de nier les problèmes de circulation qui empoisonnent la vie des Genevois (cyclistes, piétons et automobilistes : même combat !). Cette politique du déni (comme dirait Michel Onfray) ne mène à rien. Et le Conseil d'État portera une lourde responsabilité si le projet UDC-MCG est accepté par le peuple le 28 septembre.

La seconde erreur, c'est de ne pas proposer de contre-projet. On ne peut pas répéter à longueur d'année que le projet de tunnel est mal fait, inutile, néfaste pour l'environnement, etc. et ne pas proposer, en guise d'alternative, une solution qui pourrait séduire les Genevois. Cette solution existe. C'est la traversée non de la rade, mais du lac. Le problème, c'est que ce projet n'est pas prêt, qu'il coûte les yeux de la tête (près de quatre fois plus cher que le tunnel UDC-MCG) et que la Confédération, Doris Leuthard l'a répété hier, ne versera pas un centime pour le financer…

Alors, aux Genevois de choisir — ou de ne pas choisir, comme d'habitude — et de se plaindre que personne ne les comprend jamais !

10:35 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : genève, tunnel sous la rade, genferei, udc, mcg | | |  Facebook

Commentaires

sauf que le projet se base sur un tunnel traversant une nappe phréatique
-Premier interdit, fédéral entre autres-

nappe phréatique qui fournit l'approvisionnement en eaux des genevois et dont dépendent les français voisins.

que les électeurs genevois en arrivent à ce stade - votation sur un projet inique et des millions gaspillés à financer des cumuls d'incompétences criardes,

en dit long sur la situation de gestion de notre canton.

Écrit par : pierre à feu | 16/09/2014

L'approvisionnement en eau potable des genevois dépend à 80% du lac. La nappe phréatique n'est que peu sollicitée. De plus l'arrivée du tunnel se ferait en toute fin nord de la nappe, qui sur sa plus grande longueur est au sud.

Le CEVA touche aussi la nappe, et son tracé a reçu une dérogation fédérale. La traversée de la nappe par le CEVA est environ trois fois plus longue que pour le prolongement souterrain du tunnel.

Écrit par : hommelibre | 16/09/2014

@hommelibre, on est donc d'accord: ce tunnel impacte la nappe phréatique.

à vous lire sur ce blog de Jean-Michel Olivier comme chez Bertrand Buchs, vous semblez avoir les plans de ce projet de tunnel et du CEVA en mains, vous répondez ici en connaisseur: seriez-vous archi, ingé ou investisseur du CEVA?

vous savez qu'il faudrait faire passer le tunnel à au moins -20mètres hors (sous) nappe... pour un projet de si courte distance...
et ne pouvez nier les conséquences liées à l'obligation de creuser en profondeurs sous-lacustres pour ce tunnel, qui n'ont rien de comparable aux contraintes souterraines marécageuses du CEVA

je vous accuse d'entretenir par là une désinformation semant la confusion chez les votants indécis

entre le bon-vouloir d'une traversée et
le vote en faveur de ce projet ne répondant pas aux besoins mais pharamineux en coûts, travaux
et conséquences désastreuses pour les riverains, l'écologie et l'économie.

Écrit par : pierre à feu | 16/09/2014

Le CEVA touche la nappe phréatique: c'est le site même du CEVA qui le reconnaît:

http://www.ceva.ch/geneve/_inc/upf/m_files/fiche-info-9-3.pdf

"Certains ouvrages entrent en contact avec des nappes superficielles ou avec la nappe plus profonde du Genevois. Des essais en grandeur réelle (photo ci-contre) ont été réalisés fin 2005 dans une gravière du canton de Genève présentant les mêmes caractéristiques que le sol concerné par le projet, afin de s’assurer de la fiabilité des méthodes constructives prévues. Les résultats permettent d’écarter toute atteinte aux eaux souterraines et confirment les mesures techniques envisagées."

"entrent en contact": jolie expression... La dernière phrase est certes rassurante. Mais un sol n'est pas un autre malgré des caractéristiques identiques. Et les autorités fédérales ont bien octroyé une dérogation au CEVA.

L'observatoire du CEVA précise:

" Question: Est-il vrai que le tracé du CEVA pénètre dans la nappe phréatique du Genevois?

Réponse: Oui. Ceci a fait objet d’une demande de dérogation par les CFF et l’Etat de Genève (procédure d’approbation des plans 2006 ; Rapport d’impact sur l’environnement). Les risques de pollution de la nappe durant la phase d’exécution et d’exploitation du CEVA sont donc bien présents. "

Écrit par : hommelibre | 16/09/2014

Voici un éclairage complémentaire à ce qui a été écrit plus tôt par Hommelibre. Pour celà, il faut prendre le temps de lire le rapport officiel du groupe de travail présidé en 2004 par Robert Cramer. Très complet(près de 250 pages) et fruit d'un large consensus polique (les représentants de tous bords dans ce groupe de travail on signé le projet à l'unanimité), il n'a strictement rien perdu de son actualité.

Page 175:
Un soin particulier sera apportée aux travaux afin d’assurer la protection de la nappe (ndlr: phréatique). Plusieurs techniques sont envisageables. Afin de ne pas perturber le régime hydraulique de la nappe, il est envisagé d’effectuer la majeure partie des travaux dans l’eau sans rabattement et d’utiliser les techniques courantes de travaux maritimes semblables à celles utilisées pour le tunnel sous-lacustre comme l’immersion d’éléments préfabriqués. Une fois sorti de l’emprise de la nappe phréatique, le tronçon sera rendu étanche permettant ainsi une libre circulation vers le front d’attaque du tunnel. »

Donc en résumé: en 2004, l’administration cantonale, le groupe de travail ad hoc et le conseiller d'Etat Vert Robert Cramer ont validé cette approche technique de traversée de la nappe phréatique. La nature de l'eau aurait-elle changé depuis ?...

Dicton de campagne: "Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse".

Écrit par : Henri-Pierre Galletti | 16/09/2014

Prétendre que l'immersion à -20m d'éléments pré-fabriqués n'ait aucun impact sur l'ensemble des paramètres:
- non seulement j'y crois pas, mais cela éveille ma méfiance à 200%.

Ne rien proposer d'autre que des études partielles datant de 2004,
- ne me convainc pas.

Où sont les analyses d'impact environnemental actuel d'ouvrages exécutés au XXe en sous-lacustre et aux abords du lac,
- telles les conséquences du parking du Mt Blanc qui s'enfonce?

Écrit par : pierre à feu | 17/09/2014

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