15/12/2014

Les livres de l'année (4) : Reynald Freudiger et Albertine

images-1.jpegC'est un livre épatant et drôle, illustré par les dessins d'Albertine, que nous donne Reynald Freudiger (né en 1979). On se souvient de son précédent recueil de nouvelles, Angeles**, qui a reçu, en 2011, le Prix du Roman des Romands.

C'est un autre roman, plus prosaïque, que proposent Unknown.jpegFreudiger et Albertine : celui d'une enseignante au gymnase du Léman qui tente, comme beaucoup de ses pair(e)s d'inculquer la bonne parole littéraire à des classes sinon incultes, du moins très résistantes à la littérature…

On suit cette courageuse enseignante, qui s'appelle Madame Pomme (hommage, en passant, au Monsieur Songe de Robert Pinget), à travers ses mésaventures quotidiennes, entre corrections et préparations de cours, formation continue sur la poésie romande (Philippe Jaccottet, bien sûr, what else ?) et prépartion d'un voyage d'étude. On admire son enthousiasme. On compatit à ses déboires. On bavarde avec elle devant la machine à café (élément essentiel de toute salle des maîtres). C'est fort bien observé et bien écrit, avec juste ce qu'il faut d'humour, qui n'est jamais complètement dérisoire.

images.jpegL'intérêt, dans ce livre, c'est que les aventures très prosaïques de Madame Pomme dérapent presque continuellement dans la poésie. Grâce, en particulier, aux dessins magnifiques d'Albertine, qui poétise le quotidien, donne un visage et un corps aux personnages de Freudiger : la prose, parfois banale, porte en elle une dimension poétique qui l'exalte et la dépasse. C'est la grande réussite de ce livre drôle et émouvant, qui se lit à haute voix comme un livre d'images.

* Reynald Freudiger, Angeles, éditions de l'Aire, 2009.

** Le Roman de Madame Pomme, avec des illustrations d'Albertine, éditions de l'Aire, 2014.


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Commentaires

En rêvant, pourquoi pas ne pas se demander si on dérape de la prose dans la poésie ou si de la poésie, à la longue, les vivants n'auraient pas dérapé dans la prose dont la *dimension poétique" serait vestige d'un très, très ancien passé?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/03/2014

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