12/04/2013

Sonnet nègre

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Sur la scène apprêtant le corps nu du ballet

Elle passe, éventail, d’un mouvement allègre

Parmi les arlequins & les danseuses nègres

Voguant de bras en bras. Les hommes en gilet

 

Ne l’effleurent que pour l’embrasser de violet

& pour saisir enfin sur ses lèvres intègres

Un instant, sans frémir, en éternels valets,

Le secret dangereux d’un accouplement aigre


Sans trêve, la douceur obscure du stylet

Traverse alors la bouche en vrille & réintègre

En son fil incertain la nuée de corps maigres,

 

Orphelins amoureux laissés sans bracelet,

Près du doute acrobate aspirant sous l’ourlet

La goutte de rosée à l’odeur de vinaigre.


* poème écrit il y a fort longtemps, dans les années septante, et repris récemment dans le recueil de sonnets 4433, paru au Miel de l'Ours, sous la direction de Patrice Duret.


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