18/03/2013

Le temps des Pères est révolu

images-2.jpegL’Italie vit des jours difficiles : le Saint Père est parti en vacances et son premier Ministre, le trop sérieux Mario Monti, a perdu les élections. Plus personne à la barre ! Est-ce un signe que les Pères, en Italie comme ailleurs, ont perdu la partie ? Qu’ils ne sont plus à même de diriger un pays — fût-il le plus petit du monde ? Ou est-ce un simple accident de l’Histoire ?

 Dans le cas du Saint Siège, hélas, rien ne risque de changer. Les rouages millénaires de l’élection d’un nouveau Pape sont bien rodés. Délibérations à huis clos. Vote à bulletins secrets. Le système est verrouillé de l’intérieur. Comme l’organisation ancestrale de l’Église, patriarcale et dogmatique, qui exclut des conclaves la moitié féminine de l’humanité et sait tuer dans l’œuf toutes les réformes, et étouffer tous les scandales. On se croirait au Moyen Âge. À l’heure où le sida ravage une partie de l’Afrique, on disserte doctement pour savoir si l’on a droit, ou non, d’utiliser des préservatifs. On institue des tribunaux pour savoir si les femmes ont une âme, ou non…

Quant au monde politique, il a pris une claque comme peu de politiciens en ont reçue. Mario Monti, ancien premier ministre de la rigueur, a récolté moins de 10% des voix. Autant dire qu’il peut retourner à ses comptes d’épicier. L’Italie ne veut plus de lui. images-4.jpegL’ancien bellâtre Silvio Berlusconi — surnommé Papi par ses jeunes conquêtes féminines — revient sur le devant de la scène. Il incarne la politique spectacle qui plaît tant aux habitants de la Péninsule : la trilogie football-télévision-velline en négligés transparents. Mais, là encore, il ne fait plus l’unanimité. Les Italiens sont fatigués de ce vieux système politique reposant, pour l’essentiel, sur les alliances d’intérêt, la corruption, les affaires louches entre banques et coopératives, etc.

 Aujourd’hui, l’Italie est orpheline. Elle se cherche un nouveau Père. Est-ce la fin d’un monde ou une simple péripétie ?

images-1.jpegUn nouveau Père se profile à l’horizon. Il s’appelle Beppe Grillo. Il a les cheveux blancs et crépus. Un grand sens de la dérision et le verbe haut (même si le mot vaffanculo revient souvent dans son vocabulaire !). Son parti, sur lequel personne n’aurait misé un centime d’euro, est aujourd’hui majoritaire. Il pourrait même être le nouveau chef du gouvernement, si les statuts de son parti ne le lui interdisaient (Grillo a été condamné naguère à la suite d’un accident de voiture, ce qui l’empêche de briguer ce poste). Son programme est éloquent : loi anticorruption, revenu minimum, référendum sur l’Euro, élection directe des candidats à la chambre des députés, loi sur les conflits d’intérêt, accès gratuit à l’Internet, etc.

Une vraie révolution !

Le temps des Pères est-il révolu ? Peut-être pas.

Mais je rêve qu’un matin de printemps, une fumée blanche s’échappe des cheminées du Vatican et qu’un antique cardinal annonce d’une voix docte et joyeuse : Habemus Mamam !

12:00 Publié dans all that jazz, chroniques nouvelliste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monti, italie, saint père, françois, beppe grillo | | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.