06/09/2012

La rentrée littéraire se passe à Morges

 DownloadedFile.jpegHeureux pays, décidément, que la Suisse romande ! Je ne parle pas ici de ses vins, qui chaque année s’améliorent, au point de rivaliser avec les grands crus français ou italiens. Non. Je parle ici de la cuvée littéraire 2012. Abondante. Diverse. Profonde. Gouleyante…

Il n’y a pas que la France, désormais, pour connaître une rentrée littéraire. Ses coups de cœur et de sang. Ses découvertes. Ses controverses passionnées. La Suisse romande aussi, et c’est une nouveauté, vibre au rythme des nouvelles parutions. Comme si, enfin, dans ce pays, la littérature devenait un objet de passion, d’échanges et de débats. Après des années de somnolence.

Que s’est-il donc passé ?

On sait qu’en France la rentrée littéraire est un enjeu non seulement éditorial, mais aussi médiatique et économique. Chaque éditeur se doit de présenter un ou plusieurs ouvrages susceptibles d’entrer dans la grande course aux Prix. C’est une grande empoignade. On dispute, on se bat, on joue des coudes. À ce jeu-là, bien sûr, ce sont souvent les plus puissants (Gallimard, Grasset, Le Seuil, Albin Michel) qui gagnent. Mais, parfois, un éditeur indépendant, à force de ténacité, arrive à décrocher la timbale. Ce fut le cas de mon éditeur, Bernard de Fallois, ami de Simenon et de Marcel Pagnol, lorsque mon roman Amour nègre, déjouant tous les pronostics, reçut en 2010 le Prix Interallié.

En Suisse, donc, pas de Prix, pas de rentrée littéraire, pas d’empoignade ? Et bien, non, même en Suisse, les choses changent…

Depuis deux ans, une manifestation marque véritablement le début des festivités littéraires. Cela s’appelle Le Livre sur les Quais. On doit cette initiative à  Frédéric et Sylvie Rossi, Vera Michalski, Pascal Vandenberghe et Sylviane Friederich qui n’ont pas ménagé leur énergie pour mettre sur pied une sorte de salon littéraire qui n’est ni un salon, ni une foire. Mais un lieu de rencontre et d’échange entre auteurs et lecteurs.

Cette année, Le Livre sur les quais se tiendra du vendredi 7 au dimanche 9 septembre. Sous une immense tente. À deux pas du lac éblouissant. À cette occasion, plus de 200 écrivains, jeunes et moins jeunes, connus ou inconnus, signeront leurs nouveaux livres. Parmi les écrivains français : Jean-François Kahn, Marc Lévy, Philippe Besson et images.jpegDavid Foenkinos (avec qui j’aurai le plaisir de dialoguer samedi 8 à 15 heures dans la grande salle du Casino). Et parmi les auteurs indigènes, il faut relever l’impressionnante cohorte des jeunes loups talentueux, tels qu’Antonio Albanese, Joël Dicker (dont l'épatant dernier roman* fait partie de la première liste du Goncourt), Sabine Dormond, Anne-Sylvie Sprenger ou encore Quentin Mouron. Quelle fougue ! Il y a bien longtemps que la littérature romande n’avait été aussi vivace et prometteuse !

images-1.jpegCette année, l’invité d’honneur est la Wallonie-Bruxelles, qui enverra quelques-uns de ses meilleurs écrivains (dont Patrick Roegiers). Et la présidente d’honneur sera Nancy Huston, Canadienne installée à Paris, dont le dernier livre, Reflets dans un œil d’homme*, fait verser beaucoup d’encre et grincer bien des dents chez les féministes nostalgiques.

 

Ne manquez pas ce rendez-vous !

* Joël Dicker, La Vérité sur l'affaire Harry Québert, de Fallois/l'Âge d'Homme, 2012.

** Nancy Huston, Reflets dans un œil d’homme, Actes Sud, 2012.

 

 

 

 

 

 

 

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06:45 Publié dans chroniques nouvelliste | Lien permanent | Commentaires (3) | | |  Facebook

Commentaires

Tiens, Sabine Dormond, je la connais.

J'ai lu l'interview de P. Roegiers dans la Tribune du week-end dernier, il a bien parlé de la libre imagination des Belges, et de leur position entre le classicisme de la langue française et le monde germanique, la tradition belge est belle, et bien plus imaginative que la tradition française, sans les Belges, la culture française serait complètement pétrifiée; là, elle ne l'est qu'en partie. Mais sans les Genevois et leur capacité à prendre de la distance vis à vis de Paris, ce serait pareil, bien sûr!

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/09/2012

Cela promet beaucoup en effet. J'aime beaucoup Albanese. J'ai aimé aussi le premier roman de Quentin Mouron. Mais le second est moins bon, plein de clichés romands. Sans le souffle du premier. Dommage.

Écrit par : anna | 06/09/2012

D'accord avec anna. Ce livre est plat, triste, comme les romands de chez nous! Une déception…

Écrit par : henri | 06/09/2012

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