29/08/2012

Dolce Vita (Après l'Orgie J-7)

images-2.jpeg Une des raisons pour lesquelles j'ai écrit Après l'Orgie, c'est que je voulais retourner en Italie, et y rêver le plus longtemps possible. L'Italie de mon enfance, celle de la Dolce Vita, des plages bariolées, des longues balades en voiture quand la nuit tombe. Ming passe la frontière à Vintimille, puis découvre Turin, la plus belle ville italienne, puis Milan, Rome, etc. Elle qui veut échapper à son image devient l'égérie d'un photographe, puis d'un couturier extravagant. Avant d'être embauchée par le Président du Conseil italien…

Dolce Vita (1959-1979), c'est aussi le titre d'un roman de Simonetta Greggio qui dépeint avec éclat les deux visages de l'Italie moderne. Son livre était en concurrence avec L'Amour nègre pour le prix Interallié. images-1.jpegJe ne l'avais pas lu, faute de temps. Je viens de réparer cette lacune. Dolce Vita croise deux récits : la confession d'un vieil aristocrate sur le point de mourir (celui-là même qui a inspiré à Fellini son film culte) et l'histoire sanglante de l'Italie de l'après-gurerre (ses intrigues, les liens entre le pouvoir politique et les mafias, la mort tragique de Pasolini, les Brigades Rouges, etc.). À lire Simonetta Greggio, on s'aperçoit que la violence, en Italie, n'est pas jamais secondaire ou périphérique, mais constitutive de l'histoire de ces cinquante dernières années. Et qu'elle a encore de beaux jours devant elle.

images.jpegLe livre de Simonetta Greggio se lit d'une traite. On y découvre, outre les liens souterrains entre la démocratie chrétienne, la Mafia et le Vatican (avec, dans le rôle de Joker, un certain Licio Gelli, haut dignitaire de la loge P2 emprisonnbé quelque temps à Genève), on y découvre, donc, les mille et un secrets du film de Fellini qui donne son titre au roman. Sa gestation. Son tournage homérique. L'accueil pour le moins mitigé qu'il reçut en Italie. Tout cela nous est révélé par la longue et passionnante confession de Malo, prince noir sur le point de mourir. A lire absolument.

* Simonetta Greggio, Dolce vita (1959-1979), Le Livre de Poche, 2012.

Commentaires

Est-ce que le livre "La Dolce Vita" est également une publicité constante pour la musique pop?
À lire "L'amour Nègre", j'ai eu l'impression de parcourir le catalogue d'une des Majors, pour le reste...
Si c'est lire pour lire, autant lire les paroles des chansons de Boby Lapointe... c'est plus littéraire.

Et l'interallié, S'il continue sur cette voie, va devenir un concurrent sérieux des Grammy Awards.

Écrit par : Baptiste Kapp | 29/08/2012

Un auteur n'est jamais responsable (des erreurs) de ses lecteurs ! « Dolce Vita » est un livre magnifique de Simonetta Greggio — et pas de moi. L'Amour nègre comportait une bande-son importante parce que la musique était l'univers (abrutissant) d'Adam, le personnage principal. Après l'Orgie, mon nouveau livre, n'évolue pas du tout dans ces eaux-là. C'est l'histoire d'une femme qui se confie à son psy. Et devient, en Italie, Ministre de la Communication, avant l'orgie…
Quant à Boby Lapointe, c'est un de mes chanteurs préférés. Mais son talent s'exprime surtout dans les canulars. Pour ma modeste part, j'essaie d'écrire des contes (un peu) philosophiques, et sans doute peu moraux.

Écrit par : jmo | 29/08/2012

Monsieur Olivier,

Un lecteur n'est jamais responsable (des erreurs) de l'auteur ayant écrit le livre lu.
Je n'ai jamais imaginé un instant que la "Dolce Vita", contrairement à "L'Amour Nègre", faisait partie de vos oeuvres!
Par contre, vous parlez de l'un et de l'autre. Vous indiquez qu'ils étaient en concurrence pour l'Interallié.
Cette mention de concurrence laisse planer un doute. Laisse planer l'idée que les deux livres sont de qualité identique. Mais j'espère que ce n'est point le cas. Que, bien qu'ayant raté le prix, "Dolce Vita" soit meilleur.

Parmi les "tubes" que vous mentionnez dans "L'Amour Nègre" il en est un qui, à mon avis, "colle" bien au but recherché par la parution du livre. Le "tube" est des Pink Floyd!

Écrit par : Baptiste Kapp | 30/08/2012

Cher Baptiste Kapp, les grands esprits se rencontrent, mais ne se comprennent pas toujours! Mille excuses pour mon erreur. Dolce Vita est un excellent roman, qui revisite toute l'histoire de l'Italie de l'après-guerre. Mais il n'avait pas assez de partisans dans le jury Interallié (ce qui ne l'a pas empêché d'être un grand succès de librairie).
En ce qui concerne Pink Floyd, « Money » convient parfaitement au livre, avec ses bruits de tiroirs-caisses et de monnaie sonnante et trébuchante. Bonne journée !

Écrit par : jmo | 31/08/2012

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