28/08/2012

Après l'Orgie (J-8)

john-galliano.jpg« - Comment s’appelle-t-il ?
- Jim Terby. Ses yeux sont peints au khôl. Comme ses sourcils. Sa moustache est si fine qu’elle semble artificielle. Comme boucles d’oreilles, il porte un embrouillaminis de fils de fer barbelé. À son cou un svastika en or. Il le suçote nerveusement quand il travaille. C’est un nabot. Malingre. Insignifiant. Ses colères sont terribles. Quand il se met en rogne, ça fait du bruit. Il se roule par terre. Il s’arrache les cheveux. Il lacère les habits des mannequins avec ses ciseaux. Il mord ceux qui s’approchent. Ou il leur crache dessus. C’est selon son humeur. Il traite tout le monde de sale juif.
- Il est antisémite ?
- Ça fait partie du show. On vit dans un monde de freaks. L’extravagance est la normalité. Tout est hors de mesure. L’argent qui coule à flots. La poudre. Les antidépresseurs. Les créateurs divinisés. Les mannequins qui sont des monstres. Sans parler de la faune étrange qui tourne autour des défilés. People en mal de gloire. Vrais ou faux VIP. Journalistes mondains qui peuvent faire ou défaire une réputation. »

* extrait d'Après l'Orgie.

08:31 Publié dans après l'orgie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : après l'orgie, john galliano, roman, littérature suisse | | |  Facebook

Commentaires

L'homme et ses débordements pour les hommes et femmes d'un monde artificiel, mais quand le génie apparaît dans un moment de lucidité, quelle merveille pour les yeux...

Écrit par : Gio Bonzon | 28/08/2012

Bonjour Gio ! Oui, vous avez raison, le génie est peut-être la contrepartie de l'extravagance, le salaire de la folie.

Écrit par : jmo | 28/08/2012

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