06/08/2013

Les livres de l'été (27) : Bernadette Richard

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Loin des sentiers battus, depuis près de trente ans, Bernadette Richard poursuit une œuvre exigeante et solitaire qui mélange le roman, la nouvelle, le théâtre et les préfaces consacrées aux peintres qu'elle aime (Minala, Luc Marelli, Francine Mury). Après ses Nouvelles égyptiennes (1999) et un roman initiatique fort bien construit, Et si l'ailleurs était nulle part, cette écrivaine nomade, « qui vit un peu en France, un peu en Suisse, le reste ailleurs », nous donne un beau roman sur l'amitié féminine et la quête éperdue de liberté, Femmes de sable*.

C'est un livre étrange et passionnant, qui se présente comme un triptyque, et dont chaque chapitre porte le nom d'une femme : Maha et Julie, Shagara, Samar. Mais davantage qu'une galerie de portraits (où Bernadette Richard excelle, d'ailleurs, par sa plume acérée), ce roman est l'histoire de plusieurs amitiés. Julie est photographe, Maha traductrice, Shagara potière et Samar écrit de la poésie. Toutes issues d'horizons disparates (sauf Julie, la Parisienne, dont on sait peu de choses), elles se sont battues contre les lois patriarcales de leur famille, ont quitté mari, père et parfois enfant pour aller jusqu'au bout de leur liberté.

C'est au Caire, ville depuis longtemps décrite et fantasmée par Bernadette Richard, que le roman se joue, entre les quartiers populaires de la mégapole, les charmes d'Alexandrie toute proche et la fascination (ancienne, profonde, absolue) du désert. Julie retrouve Maha, puis Shagara, puis enfin Samar qui vient — encore une fois — de prendre la fuite. Au fil des rencontres, Bernadette Richard dessine avec beaucoup de justesse la complicité qui lie les quatre étrangères, unies comme les doigts de la main dans leur révolte, leur désir d'absolu et leur totale franchise.

L'amitié est le lieu à la fois de la confidence et du combat (et la vie d'une femme égyptienne est un combat de chaque jour). Soudées par leur complicité, les quatre femmes trouvent ici la force d'assumer leur destin singulier. Car chacune est en rupture de ban, pourrait-on dire, fâchée avec les hommes, la société, l'ordre des choses, la tradition ou la morale bourgeoise. Même si leur destin est fragile (n'oublions pas qu'elles sont toutes des Femmes de sable), Bernadette Richard dessine le lieu d'une amitié rêvée qui permet de concilier (ou de réconcilier) le bonheur et la lutte, l'exigence personnelle et l'amour de l'autre, la douleur des séparations et la joie des retrouvailles. Un très beau texte.

 

* Femmes de sable par Bernadette Richard, L'Âge d'Homme, 2002.

 

04:06 Publié dans livres en fête | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bernadette richard, roman | | |  Facebook

Commentaires

Voilà une occasion de rappeler l'existence d'un magnifique film japonais: "Femme des sables " de Hiroshi Teshigahara (1964).

Écrit par : Mère-Grand | 01/05/2012

Grégoire Barbey avec sa théorie sur la spiritualité, Jean-Michel Olivier avec son éloge sur "féminista" de John Goetelen, Mère-Grand avec son invitation de film "Femme des sables", je ne sais plus où donner de la tête avec toutes ces propositions, moi qui planche sur le manuel du "Robomow RM 510"!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 01/05/2012

Du point de vue Zen, tondre son gazon n'est pas du tout une occupation inférieure, bien au contraire, même si un bruit de moteur peut rendre la concentration quelque peu difficile.

Écrit par : Mère-Grand | 01/05/2012

the comdey of fools i use dto be blind too! satan destroys....our illegal elite politicians,brasil has passed amazon law ! a week ago to deforest more forest illegally.....the beast needs kulling killing....,as the illumanti say they could not care less about climate change ! its about profit ! they have shiftef these things to developing countries like hina ind dirty coal revolution....

Écrit par : marr | 01/05/2012

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