11/05/2011

Cantat mort ou vif

bertrand-cantat-1-by-Taniou.jpgNoir Désir. Quel programme ! Eros et Thanatos. Aimer à en mourir. Aimer jusqu'à tuer.

On peut dire que Bertrand Cantat a rempli sa devise. Sa première femme s'est suicidée et sa maîtresse, battue à mort, a dû agoniser toute une nuit avant qu'il lui porte secours. Pourtant, nous avons aimé Noir Désir. Passionnément. Et nous aimons toujours Bertrand Cantat. Comme on aime les voleurs et les assassins, les pédophiles et les criminels en col blanc. Repentis. Au nom de la miséricorde, tout le monde est prêt à lui donner une seconde chance.

Mais personne n'est dupe. Qui ira-t-on admirer sur la scène de la Comédie ? La trilogie de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad, ou Bertrand Cantat, le chanteur devenu assassin ? Pourquoi a-t-il besoin des hourras de la foule ? Veut-il être admiré, applaudi, lapidé ? Exécuté en public ?

Le théâtre, parfois, ressemble à la tragédie grecque. Il faut du sang et des larmes pour produire cette terreur sacrée qui trouvait son issue, chez Sophocle ou Euripide, dans la catharsis finale.

20:05 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (83) | Tags : bertrand cantat, noir désir, comédie, genève | | |  Facebook

Commentaires

Avez-vous conscience que votre titre , est une contre-pétrie qui renvoie à l'histoire du théâtre de chez nous?

Écrit par : briand | 11/05/2011

J'aime Bertrand Cantat au même titre que j'aime Hubert-Félix Thiéfaine.

Dans une société formatée et dirigée par des bénis oui-oui et autres canailles de très basse extraction on a besoin de leurs cracher à la face en leur disant
"VAFFANCULO"

Écrit par : Hypolithe | 12/05/2011

J'ai passionnément aimé Noir Désir. J'aime toujours. J'aime toujours Bertrand Cantat. Non pas comme vous le dites pour son acte, mais parce que je ne peux pas le réduire à cela. Grace à tout ce qui a précédé.

Sa vie ressemble à une tragédie grecque.

Je ne connais pas la ou les raisons qui le motivent à sa participation à ce spectacle.

Je sais juste ce qui me motive à y aller : Parce que sa voix et sa musique me manquent. Parce que ce n'est pas à moi qu'il a fait du tort. Parce que je ne m'intéresse pas au passé judiciaire des chanteurs, acteurs, auteurs ou metteurs en scène lorsque j'assiste à leurs créations. Parce que j'ai toujours loupé les spectacles de Mouawad. Parce que je partage les motivations exprimées par Mouawad sur la participation de son ami. Parce que pour toutes les raisons qui précèdent je suis prête entendre du Sophocle pendant des heures et espère en être envahie.

On peut même donc supposer, que grace à Cantat, des personnes n'ayant jamais été séduit par le théâtre, Sophocle, ou Mouawad, vont peut-être oser essayer...

Écrit par : lola | 12/05/2011

Le journaliste Pascal Décaillet clame c'est "tuer la création" que d'oser s'élever contre un artiste, une oeuvre "car la logique des programmations artistiques n'a pas à se calquer sur celle du convenable, de la morale,

Alors que Cantat écrive ses mémoires et qu'il interprète son rôle sur scène!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 12/05/2011

Je tiens à préciser ceci : vous dites, comme on le lit partout, que Cantat a "laissé agoniser M.T. toute une nuit sans lui porter secours". Selon le rapport des experts : "le coma où était plongée M.T. s'apparente au sommeil et rien ne permet au profane de faire la différence". D'autre part (CR du procès) : quelques années avant le drame, après une violente dispute avec son mari, Marie T. prend le volant en état d'ébriété très avancé. Accident. Opération chirurgicale, on est obligé notamment de lui refaire entièrement le nez. Ce qui, d'après les experts unanimes, peut expliquer, en raison de la fragilité du visage après cette opération, la gravité des lésions ayant entraîné la mort après les 4 gifles (et non 17 coups) de Cantat. Explication immédiatement et violemment rejetée par la famille T., comme "salissant la mémoire de Marie". Or, dire la simple vérité n'est certainement pas salir sa mémoire. S'il n'est pas question d'excuser les 4 gifles de Cantat, reste que ça n'a tout de même rien à voir avec les "17 (parfois 19) coups mortels" dont nous a parlé notamment Cluzet.
Ceci dit, j'approuve totalement les propos d'Hypolithe et de Lola. Et j'attends impatiemment le retour de Bertrand Cantat, comme des dizaines de milliers d'autres.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Le mouvement d'empathie qu'ont certaines femmes envers Cantat me sidèrent. Elles ne peuvent pas ignorer que Cantat a giflé violemment Marie Trintignant. Ces coups ont dû être d'une violence inouïe. Le visage tuméfié de l'actrice en était la preuve.
Quant à l'excuse de Cantat croyant sa compagne endormie prouve la lâcheté d'un homme. Il la laisse sans s'inquiéter de l'état de son sort.
Comment Cantat a pu imaginer qu'une femme battue à mort puisse s'endormir ainsi?

Écrit par : Noëlle Ribordy | 12/05/2011

Moi c'est la haine qu'ont certaines femmes qui me sidère, et pourtant j'en suis une ! vous faites de Cantat une sorte de bouc-émissaire, archétype du batteur de femmes, alors qu'il n'avait pas le moindre antécédent ; d'autre part, vous évoquez la "violence inouïe" des gifles, "le visage tuméfié de l'actrice en étant la preuve", vous ne pouvez pourtant plus ignorer ce que je viens d'écrire dans mon commentaire précédent concernant l'explication des experts eux-mêmes évoquant l'accident puis l'opération chirurgicale de M.T. ; vous procédez de même en reparlant de la "lâcheté" de cet homme, "il la laisse sans s'inquiéter de l'état de son sort", c'est ahurissant de mauvaise foi, excusez-moi de vous le dire. Relisez ce que j'ai écrit ci-dessus, je n'invente rien, c'est l'avis unanime des experts : "rien ne permet au profane de faire la distinction entre le coma de M.T. et le sommeil". Après 4 gifles, comment pouvait-il imaginer une chose pareille ? Avis unanime des experts, que je renote pour être bien sûre que vous le lisiez : "Accident. Opération chirurgicale, on est obligé notamment de lui refaire entièrement le nez. Ce qui, d'après les experts unanimes, peut expliquer, en raison de la fragilité du visage après cette opération, la gravité des lésions ayant entraîné la mort après les 4 gifles (et non 17 coups) de Cantat." Et faut-il vous rappeler qu'après le drame il a appelé le frère même de Marie T., qui l'a vue, et a cru lui aussi au sommeil ? Oui vraiment la haine de certaines femmes me sidère, elles semblent prêtes à tout, y compris à nier les faits - dont l'extrême violence de Marie elle-même, attestée par plusieurs témoins, ce qui n'excuse rien on est bien d'accord, mais pourquoi la nier ? - pour laisser libre cours à leur haine. Et c'est ainsi qu'un homme qui a purgé sa peine que vous le vouliez ou non, et qui n'a certainement aucun compte à vous rendre, à vous, qui refaites éternellement son procès en vous érigant en juges après le procès et le poursuivez de votre haine, c'est ainsi qu'un homme se voit petit à petit acculé au suicide, seul recours que vous semblez bien vouloir lui accorder. Et c'est ainsi aussi que naît l'empathie dont vous parlez, pour un homme que je plains sincèrement d'avoir partout, où qu'il aille, quoi qu'il fasse, et la haine et l'acharnement et la mauvaise foi à combattre. Et c'est une raison amplement suffisante pour voir grandir de jour en jour mon soutien à cet homme. Si vous avez des comptes à régler avec les hommes en général, ce dont bien sûr je ne sais rien mais hypothèse qu'on en arrive à supposer, ne projetez pas sur Cantat votre haine, car au final personne ne vous demande rien, personne ne vous demande d'aller l'applaudir, restez tranquillement chez vous et laissez aux autres, dont je suis, la liberté de décider par eux-mêmes de se rendre à ses spectacles, le leur interdire est une atteinte à la liberté inadmissible. Et surtout, cessez enfin cet acharnement, ce déversement continuel de haine, cessez de traîner dans la boue cet homme qui ne vous demande rien, cessez de l'empêcher de reprendre enfin son métier - ignorez-vous qu'il a deux enfants ? qu'il doit payer des dommages et intérêts énormes réclamés (et obtenus) notamment par M. Cluzet ? comment croyez-vous qu'il puisse vivre si on l'empêche de travailler ? Croyez-vous que l'argent gagné avec son groupe Noir Désir, qui jusque là lui a permis de faire face et de rembourser bien que ne gagnant plus sa vie depuis près de neuf ans, croyez-vous que cet argent lui permette de vivre éternellement sans reprendre son métier ? quelle autre solution lui trouvez-vous pour gagner de l'argent ? doit-il se faire livreur de pizzas pour vous satisfaire ? et expliquez-moi dans ce cas comment son maigre salaire lui permettrait de payer les énormes dommages/intérêts restant à régler ? croyez-vous sérieusement qu'on les reverrait à la baisse ? - et respectez enfin la volonté de ceux - des dizaines de milliers de personnes dont je suis - qui souhaitent impatiemment son retour.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Cantat a été jugé, pendant combien d'années va-t'on encore refaire son procès ?

Tout ex-détenu qui a purgé sa peine a le droit de se réinsérer à sa sortie et de travailler, c'est même ce que la société attend de lui.
Visiblement, il serait plus facile pour un ouvrier ou un boulanger de se réinsérer que pour un artiste !
Que devrait faire Cantat ? Chercher un job anonyme dans une usine ? S'enfermer jusqu'à la fin de ses jours pour ruminer sa culpabilité ? Une double peine ? Une peine de "mort-vivant", vivant, mais mort pour la société ?

Je comprends l'indignation de la famille et des proches de Marie Trintignant. Tous les autres sont libres d'assister ou non à ses spectacles, de soutenir ou non son travail, mais n'ont aucune légitimité à le juger.

Écrit par : Anne | 12/05/2011

Quand on a courbé l'échine pendant presque 9 ans ; quand on assiste, impuissant, à un tel acharnement, de pays en pays, contre un homme qui ne doit apparaître que perdu parmi d'autres dans un choeur ; quand on pense que cet homme, qui a purgé sa peine qu'on le veuille ou non, se voit publiquement insulté, traîné dans la boue, traité de la manière la plus ignoble ; quand on pense que cet homme a deux enfants, stigmatisés sous le terme infâmant et infâme d'"enfants d'assassin", comme les a appelés Nadine Trintignant ; quand on pense qu'on l'empêche d'exercer son métier, alors que par ailleurs il doit rembourser des sommes énormes ; quand on pense qu'il a tenté de se suicider ; que sa mère est morte durant sa détention ; qu'on a incendié sa maison, envoyé à sa femme et à sa famille des menaces de mort ; que sa femme s'est suicidée, à bout de nerfs ; que son fils de douze ans l'a retrouvée pendue ; et que la haine poursuit son oeuvre.... alors on est révolté, et on ne sait plus quoi faire... pour empêcher cet homme de se suicider.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Ces commentaires prennent une tournure embarrassante et inquiétante.
Je lis ces mots..."pour empêcher cet homme de se suicider"...qu'on voit cet homme acculé au suicide...écrits par Laurence, et ils m'interpellent.
Je m'abstiendrai donc de polémiquer plus longtemps.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 12/05/2011

Laurence, votre commentaire dit tout ce qu'il y a à dire. Je partage. Personne ne tente de minimiser le crime de Cantat. Mais il faut à un moment admettre qu'il y payé. Le problème est que cette affaire a été instrumentalisée dès le début, faisant de M.T. une icône des femmes battues. Tant de choses fausses ont été dites, d'autres cachées (comme l'opération dont vous parlez) qu'il reste une imprégnation de haine terrible. On ne peut vouloir faire la part des choses sans être suspecté de connivence avec un criminel!

L'instrumentalisation a malheureusement biaisé le procès à l'époque. J'aurais voulu entendre comment on en arrive là, pour justement avoir un témoignage de l'intérieur, qui puisse faire pédagogie en ce qui concerne la violence dans certains couples. On a passé à côté de cette part des choses, on a aussi angélisé M.T. et diabolisé B.C. Je comprends la douleur des parents, mais quand même...

Voilà, pas plus à dire, je crois que vous avez écrit ce qu'il fallait.

Quelle tristesse que tout cela.

Écrit par : hommelibre | 12/05/2011

Et j'ajoute : quand on pense que par ailleurs une pétition a été lancée à l'échelle internationale, signée par tous les "illustres" du monde du cinéma, pour combattre "l'acharnement" dont aurait été victime Polanski, coupable de viol aggravé sur mineure, crime resté totalement impuni, pas de jugement puisqu'il a quitté le pays avant, AUCUNE peine purgée ; que le contenu de cette pétition (voir sur internet) est : "Polanski étant un grand artiste, on ne saurait le réduire au silence", pour ce qu'on appelle chastement "une affaire de moeurs vieille de trente ans". Polanski certes ne s'est pas rendu coupable d'un "homicide involontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner", Polanski n'a pas donné quatre gifles, non (au fait, qu'en sait-on ?)sur un visage fragilisé par une opération chirurgicale. Il a juste drogué, saoûlé une gamine de treize ans avant de la violer, notamment par sodomie. Mais on ne saurait embêter le grand artiste pour des broutilles pareilles n'est-ce-pas... La justice tente pourtant de le rattraper. Levée de boucliers générale, internationale comme je l'ai dit. Pétition donc. Débouchant naturellement sur une victoire, standing ovation : Polanski continue tranquillement d'exercer son métier, sous les ovations et les honneurs.
On a écrit que la victime avait "pardonné". C'est risible. Je voudrais vous y voir, triste anonyme, face à une telle levée de boucliers d'illustres personnages ! pardonné ? bien obligée !
Je me moque que Polanski soit ou non condamné. Après tout, qu'il coule des jours paisibles, ça m'est égal.
Mais ce qui ne m'est pas égal, c'est quand je vois dans la liste des signataires de cette pétition contre l"acharnement" : Nadine Trintignant.

J'ai lu un commentaire à un article sur Cantat :

"Mon pauvre Cantat, t'es pas dans les bons réseaux... au lieu de rester comme un plouc à Bordeaux pour faire tes textes et ta musique, t'aurais mieux de fréquenter un peu plus les soirées mondaines à Paris, t'aurais mieux fait de caresser dans le sens du poil les gens influents qui t'auraient tiré vite fait de là, on aurait lancé une autre pétition et toi aussi t'aurais continué ton boulot sous les ovations de toute la profession, scandalisée par l'acharnement qui toi te poursuit pour de bon...".

Inutile de préciser que je partage entièrement cette vision des choses.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Pour (presque)finir, j'aimerais vous soumettre un autre commentaire, trouvé aussi à un article sur Cantat. Il exprime la même attente que la mienne, et les mêmes craintes du pire, fondées sur un fait très simple, à savoir qu'il y a des limites à ce qu'un homme peut supporter :

"Bertrand, remonte un groupe, fais des concerts, c'est là que sera ton public. Rends-toi compte : on t'attend depuis plus de 8 ans... C'est quoi, un public, par rapport à tout ce qui te pourrit la vie ? Ces drames, cette saloperie de haine, ces juges, un public c'est quoi à côté de ça ? des gens que tu connais même pas, qui peuvent rien pour toi, juste te montrer qu'ils sont heureux de te revoir, comme à Bègles, on t'a fait une ovation, on t'a applaudi à tout casser pour te montrer qu'on t'aime, que t'es un grand, un immense artiste et qu'il faut que tu continues, reste avec nous, Bertrand, ne lâche pas, tu dois être fatigué de te battre contre des moulins, fatigué de vivre, mais il y a tes enfants, mais il y a ton travail ton écriture ta musique, il y a nous aussi, beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde qui a continué à croire en toi,qui sait que tu n'es pas un salaud, mais un mec bien, lâche pas Bertrand, on t'attend, courage !"
Signé : un ami.

Enfin, j'ai trouvé sur youtube un commentaire au titre de Noir Désir : "A ton étoile". Il existe plusieurs versions, j'ai un faible pour celle avec Yann Tiersen.
http://www.youtube.com/watch?v=Wm8Yvac5Wr8

mais aussi pour celle en live :

http://www.youtube.com/watch?v=S1kxZPOyCeg

Voici ce commentaire, je le trouve magnifique, et je me permets de le retranscrire ici (tel quel), je pense que l'auteur ne m'en voudra pas - au contraire sans doute.... :

"L`histoire personnelle de Cantat est un fait, le patrimoine que nous laisse son groupe en est un autre. Payer, meme si cela ne rend pas la souffrance de la famille plus attenuee, il l`a fait et continue de le faire chaque jour de son existence. Cet homme a sauve des centaines de jeunes gens, aujourd`hui c`est a ceux qu`il a aide au travers de son ecriture de lui temoigner leur soutien.
Cantat restera toujours un immense artiste, et Noir desir, un groupe de musique mythique et exceptionnel...".

Pour conclure : la haine doit être combattue.
C'est urgent.
Indispensable.
Si nous ne voulons pas nous-mêmes nous rendre coupables d'un crime, et prémédité cette fois, en notre âme et conscience, et en toute bonne conscience. Merci.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Ultime P.S. Le commentaire cité se trouve sur cette version d'"A ton étoile" :

http://www.youtube.com/watch?v=K3AaoqgmoA0

Où l'on voit que la haine est partout.
Mais son contraire aussi.

Dans cette affaire Cantat, il s'agit bel et bien d'un combat.
A mes yeux : d'un noble combat.
Au nom de l'humanité la plus élémentaire.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Dernière chose (promis !), mais vraiment je ne peux pas laisser passer ça.
Noémie, vous avez posé la question : "comment Cantat a-t-il pu imaginer qu'une femme battue à mort avait pu s'endormir ainsi ?"
En dehors de ce coma s'apparentant au sommeil, dont j'ai parlé, on peut effectivement se poser la question.
On donne quatre gifles et la personne s'endort, et on ne s'en étonne pas ?

Eh bien, il est temps que certaines choses soient dites.
Une fois de plus je n'invente rien - il suffit de lire le CR du procès, les témoignages - souvent occultés, voire disparus, j'ai trouvé des choses étonnantes il y a quelques semaines, voire quelques mois, qu'on ne trouve plus maintenant ! faites-moi la grâce de croire que je ne mens pas, c'est tout ce que je peux dire...

De notoriété publique, Marie se droguait, depuis toujours pourrait-on dire...
Ce qui n'était pas le cas de Bertrand Cantat (témoignages unanimes, pareil pour l'alcool), qui ne s'y est mis que quand il l'a rencontrée, à quelles doses, mystère, sa tentative de suicide a empêché d'effectuer les analyses qui auraient permis de détecter la présence de drogues ou d'alcool.
Ce qui n'est pas le cas pour Marie. Très fortes doses de cannabis et d'alcool avérées. Interdiction d'en parler bien sûr, mais comment peut-on considérer qu'en disant la simple vérité, c'est la salir ? Viendrait-il à l'esprit de qui que ce soit de l'accuser elle ? certainement pas à moi en tout cas, je ne suis pas minable, du moins je l'espère, non il s'agit de dire les faits tels qu'ils sont, la simple vérité.

Si j'évoque ce simple fait, c'est parce que ça explique que Cantat ait pu croire qu'elle dormait : mélange d'alcool et de drogue, ça suffit à expliquer qu'il y ait cru. On imagine bien - pour ma part je ne peux que l'imaginer - qu'avec un tel mélange, à hautes doses, on finisse par s'endormir tout simplement.

Tout ceci a été occulté, n'est jamais dit sous peine de se voir traité de monstre salissant la mémoire de Marie.

Un minimum d'honnêteté aidera à comprendre je l'espère que seule l'indignité pourrait se charger de salir la mémoire de Marie. Et là aussi, j'ose me ranger dans la catégorie de ceux que l'indignité écoeure.

Et voilà bien pourquoi je défends et soutiens Cantat.

Ce commentaire n'appelle pas de réponse.
J'ai dit ce que j'avais à dire, vous de même je crois Noémie, croyez bien que mon but n'est pas de polémiquer, mais bel et bien d'essayer de sauver un homme.
Qui a chèrement payé ses quatre gifles, c'est le moins qu'on puisse dire...

et n'aura jamais jamais fini de le faire.

Sa conscience je n'en doute pas, s'en charge et s'en chargera à perpétuité.
Que les hommes considèrent donc qu'il est inutile d'en rajouter.
Sous peine d'être indignes.

Écrit par : Laurence | 12/05/2011

Votre contribution au débat, Laurence, a sans doute dû en faire réfléchir plus d'un.

Sans avoir eu connaissance d'autant de points que ceux évoqués dans vos divers commentaires, j'ai réagi et écrit sur ce site et ailleurs.

Mais si ce n'est déjà fait, je vous invite à lire les diverses contributions publiées dans la "Tribune de Genève" de ce jour et dans "Le Temps".

Bien à vous.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 12/05/2011

Il a été condamné et il a payé sa dette. La vendetta de la famille Trintignant qui avait juré la perte de Cantat après sa sortie de prison dure et se prolonge au-delà des frontières. Les théâtres, les festivals lui ferment les portes comme une deuxième punition. C'est une vrai curie. Cet acte de vengeance du milieu artistique qui se prétend au-dessus de tout soupçon est tout aussi moche que l'acte criminel de Cantat. Ceci dit, un certain alpinisme suisse récemment décédé qui avait secoue son enfant le tuant, n'a pas reçu autant d'animosité notamment dans le milieu de l'alpinisme pour un acte grave.

Écrit par : La pieuvre | 13/05/2011

Hélène, je vais lire ce dont vous me parlez, merci.

Je repensais à ce triste épisode d'Avignon.

Les faits :
Les journaux annoncent que la pièce se jouera au Festival d'Avignon cet été, avec Bertrand Cantat, parmi d'autres, dans le choeur - redisons qu'il ne s'agissait absolument pas d'un rôle principal.
Immédiatement, on apprend dans les journaux que Trintignant, programmé également, a convoqué la presse pour annoncer qu'il annule sa prestation en raison de la présence de Cantat à ce même festival.
En fait, il a convoqué la presse spécialement pour cela, et dans l'interview dit exactement ceci :

"Cantat s'est comporté comme une merde (textuellement) et n'a pas assumé ses responsabilités".

En lisant cela, évidemment on est horrifié par l'incroyable culot de Cantat, qui a osé se produire en Avignon en même temps que Trintignant.

Or, qu'en est-il dans la réalité ?

Par une incroyable bévue (ou s'agit-il d'autre chose ?), le Festival d'Avignon a programmé les deux, sans en informer ni l'un ni l'autre.

Cantat l'a appris en apprenant dans la presse que Trintignant le traitait de "merde".
Immédiatement, il a fait passer un communiqué (contrairement aux Trintignant et autres, il ne s'exprime JAMAIS, lui, et ce depuis presque neuf ans) indiquant qu'il se retire bien évidemment, et surtout "qu'il ignorait la présence de M. Trintignant en Avignon, le sachant il n'aurait jamais accepté de se produire dans cette pièce."
Le fait est alors confirmé par la Direction même du Festival d'Avignon, qui reconnaît qu'elle n'avait pas informé Cantat, et s'excuse auprès de qui ? de M. Trintignant, pas un mot d'excuse à Bertrand Cantat.

Quoi qu'il en soit, le mal est fait. Les internautes se déchaînent, traitent Cantat de tous les noms, lapidation d'une incroyable violence, rappelons en passant que cet incident se situe en pleine campagne de haine au Québec, où Cantat a droit au même moment à la même lapidation en règle.

Et c'est le moment que choisit François Cluzet, ex-mari de Marie T., pour lui aussi déverser sa haine dans la presse, disant "Cantat a fait mon malheur", "un assassin reste un assassin". A noter le terme d'"assassin", faux au regard de la loi, puisque assassin désigne un homme coupable de meurtre AVEC préméditation, Cantat est un meurtrier (homicide involontaire sans intention de donner la mort), ce que ne peut ignorer M. Cluzet, curieux qu'il reprenne le même mot que celui employé jusqu'à saturation par Nadine T. dans les medias, sur tous les plateaux de télé où elle se répandait copieusement pour déverser sa haine, Cantat étant lui par la loi condamné au silence sur tout ce qui de près ou de loin touchait à l'affaire.
Mais il est vrai que le terme d'"assassin" est infiniment plus porteur que le terme jugé sans doute trop doux de "meurtrier".

Enfin, Cluzet, a jugé utile d'enfoncer le clou en répétant partout :
"moi j'ai mon fiston à la maison ; tous les jours il me demande où est sa maman."
Quand on lit ça, les larmes montent aux yeux, on voit devant soi un enfant, comment ne pas compatir ?
Or, j'ai lu que ce "fiston" qui demande tous les jours où est sa maman doit maintenant avoir 22 ou 23 ans. Donc, à cet âge, on "demande tous les jours à son papa où est sa maman" ?
Il n'est pas question bien sûr de minimiser le chagrin de ce garçon.
Mais avouons que le but de la manoeuvre, qui saute aux yeux en lisant les mots employés, donne aussi à réfléchir.

Toujours est-il que si on met bout à bout ces épisodes - Québec, Avignon, haine et insultes publiquement déversées, Trintignant et Cluzet unis dans un même combat, puis Barcelone, puis peut-être maintenant la Suisse, franchement quel homme faut-il être pour ne pas songer sérieusement au suicide ?

Et revenons un instant sur cette déclaration de Jean-Louis Trintignant :

"Cantat s'est comporté comme une merde, il n'a pas assumé ses responsabilités".

C'est totalement faux.
Il a été au contraire d'une discrétion exemplaire.
Ne s'est plus jamais exprimé depuis le drame.
A prolongé de lui-même l'interdiction de s'exprimer, bien au-delà de la peine qui lui avait été infligée dans ce domaine.
N'apparaît nulle part, ni dans la presse, ni à la télévision.

Je voudrais bien savoir, M. Trintignant, ce qui alors vous autorise à convoquer la presse pour le traiter de "merde". Ce qui vous autorise à dire "qu'il n'a pas assumé ses responsabilités" ?
Qu'aurait-il dû faire ?
Se suicider en public, de préférence au journal de 20 h, en gardant toujours le silence ?
Oui, dites-moi, qu'appelez-vous "assumer ses responsabilités" ?

Je pense pour ma part que la douleur n'excuse pas tout.

Précisons enfin que Cantat et Trintignant étaient certes programmés tous deux en Avignon, mais absolument pas aux mêmes dates, ni aux mêmes endroits, ce que savait M. Trintignant, ils n'avaient absolument aucune raison de se croiser :
M. Trintignant était programmé début juillet en Avignon même. Cantat fin juillet, dans un lieu de spectacles à une trentaine de kilomètres d'Avignon.

Oui tout cela donne à réfléchir.
Et encore plus quand on sait que le ministre de la Culture lui-même, M. Frédéric Mitterrand, en pleine tempête dans cette d'Avignon, a déclaré publiquement qu'il "comprenait la peine de M. Trintignant et lui apportait tout son soutien".

Pour cette fois vraiment conclure, il n'y a que deux mots pour qualifier tout cela :

Acharnement. Et "ignominieux".

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Laurence, il faut aller dans le détail comme vous le faites pour prendre la mesure de cet acharnement.

C'est la deuxième affaire Cantat.

Écrit par : hommelibre | 13/05/2011

Laurence,
La désinformation sévit partout.Aucun milieu n'y échappe. La culture ne transforme pas les êtres. Elle en reflète les dimensions. Ce qui doit encourager à poursuivre le combat que vous menez avec passion.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/05/2011

Intéressant débat! Je vous conseille l'interview de Marc Bonnant sur la question : http://www.24heures.ch/actu/culture/bertrand-cantat-inspire-totale-abjection-2011-05-12
La justice humaine est à géométrie variable : très indulgente avec Cantat et très sévère avec le chanvrier Rappaz, qui n'a tué personne, lui. Et elle n'a pas vocation d'effacer ou d'oublier la faute, même après la condamnation du coupable.

Écrit par : jmo | 13/05/2011

Oui, Jean-Michel, cet interview vaut d'être lue pour y réagir, le cas échéant. Car outre le fait qu'on y apprend les effets incompressibles de ce que Me Bonnant appelle "la justice sociale", l'ensemble est d'une sévérité remarquable. Au sens fort et premier du terme.
Quand on lit le témoignage de ce professeur d'éthique interrogé par la Tribune de Genève d'hier, Denis Muller, on réalise à quel point droit et éthique peuvent ne plus se rencontrer, parfois pour le meilleur!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/05/2011

C'est incroyable comme cette triste affaire prend toujours une tournure passionnelle. Enncore que les commentaires restent ici courtois, cela fait du bien.

Je voulais juste compléter ou rebondir sur certains propos tenus.

- Je pense que cet homme a paradoxalement évité un procès encore pire en étant jugé à l'étranger car dans l'atmosphere hystérique en France en 2003 2004, avec un juré populaire, il aurait pris le double.

-Le contexte du procès était quand même particulier : Dépendant de traducteurs, en pleine modification de leur droit pénal, avec des qualificatifs différents du droit français (rien entre l'homicide par imprudence et le meurtre avec ou sans préméditation). Ils avaient donc gardé le qualificatif éventuel de meurtre "indéterminé" (le qualificatif français gardé étant "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner).

- Quelques "légèretés" notables dans le procès : Les précédentes compagnes de BC en particulier Ninou et Emmanuelle, ayant vécu avec lui plusieurs années (disant dans l'enquête en france la même chose que l'épouse, c'est à dire pas de violence subie) n'ont pas été invitées à témoigner, ni le père du 3ème enfant (en conflit avec son ex et l'ex-belle famille), manque d'analyse toxico pour lui, pas d'expertise psy, pas d'insistance autour des flous (l'heure d'appel des secours, l'attitude du frère)ou propos divergeants ou passés peu assumés (kryzstina parlant de "bousculades réciproques" de BC vis à vis elle, Cluzet ne parlant pas du contexte de violence et d'alcool de sa propre séparation avec MT...)

Le verdict est en lien avec ce contexte : il a pris la peine moyenne de 8 ans (en france comme en lituanie) pour les qualificatifs d'origine où il risquait 15 ans (en france comme en lituanie), les lituaniens disant "absence de volonté de tuer" mais qu'il "ne pouvait ignorer" les conséquences éventuellement fatales. De ces approximations (et de l'ignorance des citoyens vis à vis de la loi))nait la polémique de départ et les mots qui vont avec (meurtrier ou pas, assassin ou accident et j'en passe).

A partir de là, cela est resté délirant sur tous les sujets le concernant. Que n'a-t-on entendu sur ses conditions de détention, l'argent ou les aménagements de peine...quelques exemples :

- conditions de détention "de luxe" pour certains dont la famille de la victime : cellule de 6m2, éclairé jour et nuit avec glace sans teint, à l'isolement pendant 14 mois, pas de suivi psy car la psycho parlait très peu l'anglais. Deux parloirs avec ses enfants pendant cette durée. Ceux qui veulent peuvent consulter l'ordonnance du juge d'application des peines de toulouse d'octobre 2007 sur le net. Très bien motivée d'ailleurs comme ordonnance (bien mieux que celles que je reçois régulièrement dans mon boulot)

-"privilégié par l'argent et la célébrité" par rapport au transferrement en France, ou sur l'aménagement de sa peine : Il a été transferré en France parce qu'il y a simplement une convention entre les deux pays après la fin de la procédure. Il n'a pas fait appel. Il a pu le demander. Transferré sur un centre de détention sur Toulouse (à "proximité" de sa famille selon certains) : à 500 km aller et retour pour ses enfants toutes les semaines, la proximité est relative. Quant au type de structure, il pouvait difficilement relever d'une Centrale (entre le fait qu'il était primo-déliquant, l'absence de dangeurosité et le reste d'années à faire).

Sur la mise en place de sa conditionnelle, c'est resté dans le domaine hystérique : Mr tout le monde dit "il n' a fait que 4 ans" (car inévitablement confond la durée de la peine et la durée de l'incarcération). Il avait tous les élements requis pour sortir, et par calcul légal pouvait même demander sa conditionnelle un an plus tôt : primo-déliquant, soutien familial et amical, dommages et intérêts payés, contrat de travail en cours, enfants de moins de 10 ans à charge, dossier pénitentionnaire impeccable, respect des rêgles des permissions accordées (pour noël et pour l'enterrement de sa mère), acceptation de toutes les conditions à la probation (injonction de soins pendant trois ans, et injonction de ne pas parler publiquement (interviews et créations) de ses actes ou du procès..

Sur les dommages et intérêts, on l'a d'abord accusé de s'être mis insolvable, donnant ses deux maisons à ses deux enfants -âgés à l'époque de 3 et 8 ans-et gardant l'usufruit avec sa femme. On oublie le contexte (l'incendie de la maison secondaire quelques mois plus tôt, un soir ou sa femme et ses gosses descendaient y dormir). Pas surprenant que sa femme et lui aient souhaité les protéger. D'ailleurs les menaces reçues (lui et les autres membres de groupe) impliquaient aussi leurs familles (parents, frangins, et enfants).

Le chanteur se défendant en disant que des travaux sortant dans la foulée (le CD poême prévu pour septembre 2003 avait été reoussé par le groupe à après le procès, le CDlive et DVD live repoussés à 2005), il pouvait payer les parties civiles. Mais le mal était fait. On a accusé le groupe de "se faire de la pub", ce qui quand on connait l'histoire de Noir Désir est risible.

2 pères ont demandé de l'argent (les pères des deux ainés), le 3ème (celui en conflit avec la famille trintignant) a demandé 1 euro de dommages et intérêts . le 4ème père n'a pas voulu recevoir d'argent "de ce type". Sauf que les deux enfants n'ayant rien reçu peuvent encore le lui demander à leur majorité et pendant 10 ans. Cluzet est passé par négociation directe avec BC (pour toucher plus ou pour toucher plus vite que via la justice). Et celui qui a touché le plus, c'est la producteur du film d'ailleurs de Mme Trintignant, pour les "trois jours de tournage de perdus". Si, Si. Donc, il a payé les parties civiles, mais peut avoir à devoir continuer de payer d'ici à une quinzaine d'années. Je ne sais pas s'il a fini de payer son avocat (Metzner, c'est du 800 euros de l'heure) et Barclay (car ayant signé pour trois albums, le groupe "salarié" doit rembourser les avances perçues.

Depuis sa sortie certains l'accusent de " se montrer" et se "pavaner sur scène": euh en l'occurence, 3 chansons début octobre, et 9 autres mi octobre 2010, c'est tout pour la scène. Participation a trois autres chansons audio en duo avec d'autres artistes. Et 2 chansons gratuites sur le net. Depuis trois ans et demi. Il a été "vu" à l'enterrement de Bashung, et l'enterrement de sa femme (dont on lui colle le suicide sur le dos).

Par contre Laurence, je ne m'avancerais pas à émettre des propos trop cools, ni sur ses consommations supposées ou pas, ou sur les actes eux-mêmes. Ne le prenons pas comme un perdreau de l'année (en matière d'alcool et de dope) quand même. Quant à ses actes, Cluzet tient volontairement des propos inexacts pour nuire, quand il parle de "17 coups mortels", alors que les coups incluent les fractures, les hématomes, les griffures etc...Mais il est quand même possible qu'il ait minimisé ses actes, lorsque la "conscience" de ses actes l'a laissé dans l'impossibilité de pouvoir comprendre comment il avait pu faire cela. Ce n'est que mon avis, mais BC ayant fait de la compétition d'escrime et faisant toujours beaucoup de sport, pesant 40 kg de plus qu'elle, j'imagine dans une action de rage la rapidité et la puissance d'un lancement ou d'un retour de bras. D'après les experts c'était avant tout le fait de l'avoir violemment secoué en lui tenant les bras (comme un père excédé qui secoue son gamin en lui hurlant de se taire...) qui a provoqué les lésions cérébrales.


Pardonnez-moi ces longueurs juridiques un peu hors sujet, mais c'était pour quitter le registre de la passion. Je n'ai jamais cru aux "crimes passionnels", car ils renvoient toujours à bien d'autres choses, en lien avec l'état narcissique des personnes, et leurs failles propres. Mais je comprends comment ce fait divers sordide a autant passionné en france. Même si on niveau des invectives et argumentaires, on était très loin d'Antigone ou d'Electre.

Finalement je reste sur les propos de Wajdi Mouawad, sur la place qu'à cet homme dans sa création et le choix à faire entre justice et symbole.

Écrit par : lola | 13/05/2011

J'ai lu l'interview de Marc Bonnant.

On aura compris que s'y trouve résumé très précisément ce que je combats.
Très précisément ce qui me révolte, et même m'indigne.
Comme m'auraient révoltée et indignée les Grands Inquisiteurs au temps de l'Inquisition.

Commenter cette interview me demanderait de réels efforts pour contrôler, c'est-à-dire modérer, les mots qu'elle m'inspire.
Je préfère donc m'abstenir, convaincue que la virulence de ma réaction ne servirait pas la cause que je défends.

Beaucoup de personnes sans doute voient les choses comme ce monsieur.
M'attaquer à lui serait donc directement m'attaquer à elles, les offenser sans doute, et pour quel résultat ? Attiser encore la haine, contribuer à provoquer ou perpétuer la polémique, vraiment je n'y vois rien qui puisse servir mon combat - combat bien dérisoire je le sais, si vain sans doute, et pourtant je crois que faire entendre d'autres voix que celle de la haine, de la condamnation à vie, d'autres voix que celle de ce monsieur, chercher à les diffuser, les répandre comme je le fais ici, peut - en étant vraiment optimiste - faire pencher la balance dans le sens exactement opposé au discours de Me Bonnant.

Je pourrais répondre point par point à Me Bonnant.
Deux mondes, ou plus précisément deux visions du monde s'affronteraient, je me suis déjà longuement exprimée sur la mienne, je ne pense pas qu'en m'étendant davantage j'apporterais de nouveaux éléments.

A chacun je pense de se faire son opinion, comme je l'ai écrit précédemment : en son âme et conscience.

Une chose est sûre pour moi : le monde dont Me Bonnant se fait le porte-parole ne m'inspire que du mépris - excusez ce seul mot que je me permettrai - et, au-delà du mépris : une réelle et profonde tristesse.
Pour la simple raison que l'humanité et avec elle la liberté - en l'occurrence celle d'aller voir Bertrand Cantat sur scène - s'y trouvent réduites à néant.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Lola, merci pour ces précisions juridiques, dont j'avais connaissance mais qu'il est utile je pense d'apporter.

Pour vous répondre en un mot : je ne fais pas de Bertrand Cantat "un perdreau de l'année" en matière de dope et d'alcool. Ne le connaissant évidemment pas, je n'ai pu que me fier aux témoignages de son entourage trouvés sur internet - les trouve-t-on encore ? je n'ai pas vérifié, mais comme je l'ai dit il est vrai que certains documents curieusement ne sont plus accessibles.

Par exemple j'avais trouvé sur internet un témoignage de la femme actuelle
de l'un des ex-maris de Marie T., celui en conflit avec la famille Trintignant et qui n'a demandé qu'un euro de dommages-intérêts, témoignage qui a disparu mystérieusement, du moins je n'ai pu le retrouver par la suite, envolé, gommé ! plus de traces, et pourtant il existait, je l'ai lu !
Dans ce témoignage, cette femme parlait des "crises d'hystérie" de Marie, à noter que ce même mot d'"hystérie" a été utilisé par Bertrand Cantat au procès pour évoquer le soir du drame. Il disait ne l'avoir jamais vue comme ça, "complètement hystérique", se ruant sur lui avec une violence telle qu'il est tombé - la famille T. s'est violemment élevée contre ce mot, le mettant au nombre de ceux censés salir sa mémoire.
Encore une fois, "hystérique" ou pas, cela n'excuse en rien le geste de Cantat, on est bien d'accord.
Je ne parle de ce témoignage que pour souligner une nouvelle fois tout ce qui dans cette affaire a été occulté, à dessein bien entendu.

Pour en revenir au "perdreau de l'année" : son entourage témoignait qu'il n'avait jamais touché ni à la dope ni à l'alcool (entendons de manière exagérée, pathologique) avant sa rencontre avec Marie T.

Pour ses actes, même chose : j'ai lu sur internet une interview d'un des médecins qui avait pratiqué l'autopsie ; Cantat a toujours parlé de quatre gifles ; ce médecin le confirmait très exactement : quatre gifles.
Pas excusable bien sûr, mais...

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Je vais essayer de dire quelques mots sur l'interview de Me Bonnant.

A vrai dire cet interview est si extrême à mon sens pour un homme de loi que j'ai envie de mettre en cause la personne autant que les idées. Parler par exemple de son narcissisme, de sa manière de surfer sur l'avis des autres pour dire la même chose sans trop le dire.

Mais ce n'est ni objectif ni correct d'attaquer ad hominem. Je me contenterai donc de parler du comportement objectif. Comportement que je trouve lâche (c'est un jugement de valeur, et un jugement de valeur n'est guère objectif; je me permets cependant ce paradoxe). En effet Me Bonnant fait constamment appel à la justice sociale, au jugement de valeur, l'abjection que Cantat inspire à beaucoup ("Et je pense que Cantat inspire à beaucoup une totale abjection pour le crime qu’il a commis"). mais il parle au nom des autres.

On remarque en effet que cet habile maître en réthorique ne parle pas de lui. Il peut mentionner l'abjection suscitée par Cantat sans s'y impliquer, sans vraiment la reprendre à son compte, en laissant les autres, la société, le monde, porter la responsabilité de la violence du mot - on ne sait jamais, au cas où il y aurait un retournement d'opinion, il pourrait toujours dire: "Je ne faisais que citer la populace avide de vengeance, bête et méchante".

Donc son réquisitoire ne l'engage presque pas. Et pourtant il demande une deuxième condamnation, ou tout au moins la justifie-t-il, ou plus subtilement encore, reconnaît-il que cette peine sociale prolonge la peine pénalec ,omme un simple constat.

Me Bonnant se voudrait dans un constat neutre tout en tirant à la kalachnikov avec l'arme des autres. Pratique: il n'y laisse pas ses empreintes digitales. Il ne se salit pas les mains...

C'est c que signifie cette phrase qui est l'une des plus infâmes de son réquisitoire, où l'on remarque qu'à aucun moment il ne dit "Je":

"Celui qui a été par hypothèse un criminel reste aux yeux de tous un criminel, peine exécutée ou non. Il y a donc une peine sociale qui vient prolonger la peine pénale."



Une des rares choses qu'il prend à son compte, c'est la "normalité" des interdictions de se produire:

"... comme des interdictions de se produire.

- Mais cela me paraît parfaitement normal."

A ce sujet il est encore plus malhonnête: il fait de Cantat un fauteur de trouble parce que d'autres lui dénient le droit d'exister à nouveau publiquement. A lire Me Bonnant, je me prends à penser que le Capitaine Dreyfus devait forcément être condamné ou au moins réduit au silence, à cause du dérangement à l'ordre public qu'il causait quand la meute réclamait sa mort dans les rues (la meute téléguidée).

Avec Me Bonnant, le Capitaine Dreyfus n'aurait même pas eu de procès.


Donc à longueur de déclaration, je constate surtout l'attitude lâche adoptée par Me Bonnant. Peut-être lui est-il plus facile de contrer le lobby féministe (qui joua un rôle majeur dans la politisation de l'affaire Cantat et ses conséquences actuelles) dans un texte d'humour potache que de s'opposer frontalement et risquer de ne plus être aimé - ou de ne plus séduire. Narcissisme oblige. Et puis c'est moins grave de passer pour paternaliste que de démonter la stratégie de l'adversaire.


Par contre je constate sa philosophie, sa vision du monde, et je me demande comment cet homme-là a pu être avocat avec sa mentalité.

(Laurence, comme je comprends votre envie d'invectiver. Je m'en retiens).

Pour cela je reprends cette phrase:

"Celui qui a été par hypothèse un criminel reste aux yeux de tous un criminel, peine exécutée ou non."


Là, le bât blesse très sérieusement. Par cette déclaration, et par son absence d'indignation ou de refus de cette idée, Me Bonnant cautionne l'idée et le fait d'être "condamné à vie". On reste coupable à vie et cela ne semble pas l'émouvoir. Alors, fatalisme d'un homme dont les victoires sont judiciaires sont autant de défaites humaines? Ou cynisme d'un prédateur pour qui le coupable n'est un bon coupable que quand il rapporte?

On peut bien sûr constater que le monde se souvient, et l'esprit à tendance à fixer la mémoire plus qu'à la faire évoluer. Admettons cette inertie de l'esprit humain, ou cette incapacité au pardon. Après tout nul n'est parfait et l'humanité encore moins!

Mais l'humain ne peut se réduire à cela. Oui, BC a tué une femme, dans des conditions particulières bien décrites plus haut par Laurence. Non, il ne peut effacer cet acte. Mais deux choses doivent être prises en compte, que Me Bonnant ignore superbement:

- d'une part il ne peut être réduit à ce statut de meurtrier; il est un humain, avec sa quête; il a aimé, il a peut-être mal aimé, je n'en sais rien. Mais le réduire au silence comme le voudrait Me Bonnant c'est le réduire à ce seul statut. Un peu court.

- d'autre part il peut évoluer, prendre en compte son passé dans sa vie future, peut-être un jour porter un message par rapport à ce moment de violence. Laissons-lui cette possibilité.


Par ailleurs, Me Bonnant devrait se faire engager comme conseiller du roi Ubu. Car décider qu'un homme libre de ses mouvements, ayant rempli toutes les conditions de sa libération, ne peut plus aller partout où bon lui semble, est manifestement un abus. Même un abus de position dominante, le dominant bien propre et qui sent bon face au criminel sale.


Que BC décide d'aller où il veut cela le regarde. C'est lui qui en subit les conséquences, pas besoin d'en rajouter.


Par contre il y a un point à soulever, que Lola pose avec beaucoup d'intelligence de l'humain:

"Mais il est quand même possible qu'il ait minimisé ses actes, lorsque la "conscience" de ses actes l'a laissé dans l'impossibilité de pouvoir comprendre comment il avait pu faire cela."

Merci pour cela, Lola, vous souligner probablement le coeur de la polémique. Ce qui a manqué, ce qui manque, c'est la parole intérieure de BC, sa parole douloureuse d'avoir ôté une vie, sans intention, la vie d'une femme qu'il aimait. Il manque ce discours sur l'intérieur de l'homme Cantat.

C'est peut-être cela qui manque au fond pour faire cesser le lynchage permanent, pour faire taire la meute qui veut la peau de cet objet sacrificiel qu'est devenu Cantat. Le bouc émissaire cher à René Girard.

Ce discours-là, il n'a peut-être pas pu le tenir initialement pour la raison que dit Lola. Ensuite il n'a peut-être pas pu le tenir par obligation légale de silence. Ou parce que la parole des Trintignant à occupé tout l'espace médiatique, de la manière que l'on sait. Et de toutes façons, une "merde" n'a qu'à la fermer...

Il aurait dû dire pourquoi il s'est emporté ainsi, et qu'au-delà se sa blessure narcissique il y a eu une violence morale reçue de plein fouet. Un homme ne se met pas dans un tel état si l'on ne l'y pousse pas un peu.

Dire cela, c'est mettre en cause MT. Pourtant, c'est surtout tenter d'entendre de l'intérieur ce qui se met en place et comment cela se passe avant d'en arriver à la violence. Comme je l'ai écrit plus haut cela a manqué, cela manque encore. Mais c'est trop tard: s'il en parlait ce serait encore pire, la meute le lacérerait.

Enfin, il est possible qu'il n'ait pas l'envergure de parler vraiment de l'intérieur autrement qu'en mettant en cause le monde et non lui-même.

J'ai fait un billet critique sur lui quand il est remonté la première fois sur scène. Je ne suis pas fan de Cantat, mais pas contre sa musique non plus. Toutefois je l'ai trouvé sur scène, ce soir-là, assez stéréotypé, adolescent, ne semblant pas avoir mûri au travers de cette expérience terrible.

Soit il est resté bloqué sur il y a 8 ans, parce que c'est insupportable à vivre en face donc il a neutralisé quelque chose en lui, soit il n'est pas capable de ce regard.

Il manque quelque chose de l'ordre de la confession, c'est peut-être pour cela que beaucoup ne peuvent lui pardonner.

Mais vouloir une confession, est-ce légitime? De quel droit pourrions-nous la réclamer? Parce qu'il est une personne publique? Non, c'est parce que derrière la vindicte contre Cantat, il y a le désir de s'ériger en juge. Mais il ne nous doit rien. Et nous devons apprendre à vivre avec cela, à accepter que la peine pénale est une sanction réelle, et que probablement nous n'aurons rien d'autre.


Me Bonnant a tort de faire écho à la meute. L'air de rien il l'encourage. Il est aussi de la meute. Et on le sait: la meute est lâche, bête et méchante.

Mais qui donc téléguide cette meute? A qui profite la deuxième affaire Cantat?

Écrit par : hommelibre | 13/05/2011

La question que je me pose. Pourquoi éprouver autant de compréhension pour ceux qui se sont rendus coupables d'actes répréhensibles, d'abus de tout genre. C'est dans l'air du temps de se préoccuper ainsi des assassins.
Pourquoi porte-on ce regard de commisération sur les coupables et un regard soupçonneux sur la ou les victimes.
Ne dit-on pas:
- Ah, celle-là a été violée, elle l'a bien cherché. C'est une aguicheuse.
- Si elle a reçu des gifles, c'est qu'elle l'a bien mérité, elle n'avait pas à s'énerver ainsi.
La liste est longue des désagréments que la victime aurait infligé à son bourreau avant que celui-ci ne passe à l'acte.
Je ne dérogerai pas à la règle, ma compassion va d'abord à la victime.
Le dominant s'en sort toujours, la preuve, c'est qu'il est vivant.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 13/05/2011

Noëlle, ce qui est débattu ici, n'est pas lié au geste meurtrier de Bertrand Cantat mais à la manière avec laquelle il a été rendu public. Comme dans toute affaire, il convient de distinguer l'action, de la relation qui en est faite.
Cette distinction mérite d'être rappelée car personne, ici, ne prend parti pour qui que ce soit. Il est juste mentionné que la justice a travaillé et que le reste relève d'opinions personnelles énoncées avec plus ou moins de bonne ou de mauvaise foi.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/05/2011

hommelibre, votre intervention est d'une richesse infinie... je vous en remercie sincèrement. Je partage en tous points votre analyse de cette interview.

Je me cantonnerai à deux points :

Concernant sa "confession" :

je pense que vous résumez tout par ces mots :

"de toutes façons, une "merde" n'a qu'à la fermer."

Soyons encore plus précis :

"Par définition, vous n'êtes plus qu'une merde, en conséquence quoi que vous fassiez ou disiez, vous êtes et resterez à jamais une merde. Qui n'a qu'à la fermer. Si vous décidiez malgré tout de l'ouvrir - notamment parce que beaucoup l'exigent, s'indignent de votre silence, réclament à cor et à cris que vous vous exprimiez, c'est-à-dire que vous vous accusiez publiquement de merde, de quoi pourrait-il s'agir d'autre ? -, si donc vous décidiez de l'ouvrir, vous resteriez tout de même, ça va de soi, pour toujours et à jamais une merde - qui de surcroît à osé l'ouvrir."

En somme, de quoi rendre fou n'importe qui.

Il est donc tout à fait impossible à cet homme de s'exprimer.

S'il le fait, comme je l'ai dit, la seule chose admissible venant de lui sera donc de confesser enfin publiquement qu'il n'est rien d'autre qu'une merde.
Personne ne lui en sera reconnaissant.
Bien au contraire : les furies n'attendent que ça pour le lapider - encore et toujours -, les pierres sont déjà là, à portée de main, elles ont pour noms "hypocrisie", "exhibitionnisme", "manque de pudeur", on l'accuserait sans doute de chercher à faire pleurer dans les chaumières, de quêter l'absolution, le pardon, quelle indignité, vraiment ! n'a-t-il donc pas honte ? Mais comment ose-t-il se mettre ainsi en avant ? et ainsi de suite....

Dans le meilleur des cas, après quelques inévitables crachats au visage, peut-être daignerait-on exiger de plus qu'il se flagelle physiquement cette fois, et pas seulement avec des mots, ah non, ce serait trop facile ! penserait-il par hasard s'en tirer à si bon compte ? etc, etc...
Puis, flagellation effectuée ou non, de toutes façons on en reviendrait au point de départ, à savoir :

"Et maintenant rentre sous terre et disparais pour toujours, qu'on ne te voie plus, misérable merde que tu es !", autrement dit : "une merde n'a qu'à la fermer".

S'il continue de se taire, inutile de développer davantage, le résultat est exactement le même.

Merde tu es, et merde tu resteras - jusqu'à la fin de temps, pour les siècles des siècles.

Je considère pour ma part que vouloir une confession non n'est pas légitime.
Comme vous le dites : de quel droit pourrions-nous la réclamer ?
Personne, absolument personne à mon sens n'a le droit de vouloir, et encore moins d'exiger, une chose pareille.
L'idée seule me choque profondément.
Comme vous le dites encore : il ne nous doit rien. Strictement rien. Et par là tout est dit.

Concernant ceci :

"Il aurait dû dire pourquoi il s'est emporté ainsi, et qu'au-delà se sa blessure narcissique il y a eu une violence morale reçue de plein fouet. Un homme ne se met pas dans un tel état si l'on ne l'y pousse pas un peu."

Je me souviens avoir lu un compte rendu du procès, dans Le Nouvel Obs je crois.

A l'énoncé du verdict, nous dit la journaliste, la mère de Bertrand a paraît-il murmuré : "Ah, s'il pouvait parler...".
Que signifient ces mots ? Nous ne le saurons jamais.
Mais peut-être en disent-ils long, une chose me semble sûre : Bertrand Cantat ne parlera pas, et c'est sans doute tant mieux, dans la mesure où il faut respecter son point de vue : d'après son entourage (toujours lu sur internet), il ne supporte pas qu'on salisse Marie, préférant s'accuser de tout, et donc ne rien se pardonner.


Concernant son mini-retour sur scène d'octobre, en tant qu'invité d'un groupe ami. Vous dites l'avoir trouvé "stéréotypé, adolescent, ne semblant pas avoir mûri au travers de cette expérience terrible."
Je pense qu'il était surtout extrêmement mal à l'aise.
Tout simplement.
Je crois qu'on peut le comprendre.
On n'a pas manqué de trouver choquant qu'il ait l'air "heureux comme un gamin" sur scène. Choquant, indécent, honteux, lamentable, etc..., la routine quoi.
Un article traitait de la chose, extrêmement intéressant, où il était question de la difficulté - extrême - pour Cantat de reprendre sa place sur une scène, même en tant que simple guest star.

Comment devait-il se comporter ?

Exhiber son mal-être, qui ne fait aucun doute ? (rappelons que depuis le drame, lui brillant auteur de textes depuis presque trente ans, n'a plus été capable d'écrire un mot, ce qui d'ailleurs a fini par excéder Serge Teyssot-Gay, le groupe Noir Désir ayant parait-il après tant d'années réussi à composer la musique de nombreux morceaux, mais qu'en faire ? puisque Cantat, auteur de tous les textes de Noir Désir, n'arrivait plus à écrire ?)
Il était l'invité, chanteur, d'un groupe de rock.
Il devait donc se comporter comme un chanteur de rock.
Et un chanteur de rock a forcément quelque chose d'adolescent.
Sous peine de saboter le spectacle de ce groupe de rock, de ce groupe d'amis, sous peine aussi de tirer la couverture à lui, il devait se fondre dans l'ambiance générée par ce groupe et donc par le rock.

Je pense qu'il n'avait pas d'autre choix - et sans doute ne voulait-il pas d'autre choix.
Je pense que s'il a accepté l'invitation, c'était justement pour se couler dans cette ambiance rock qui est la sienne, qu'il en avait besoin, qu'il aime ça viscéralement, que c'est son monde.

Et puis, surtout : il ne s'agissait ni de sa musique, ni de ses textes.
Ce n'était pas un show Cantat, il n'a rien fait pour que ça le soit, il n'était pas le Bertrand Cantat superstar capable de bien autre chose que ce à quoi nous avons assisté ce jour-là, non il s'est coulé, comme effacé pourrait-on dire, dans l'ambiance voulue et créée par ses hôtes.
Et en cela je l'ai trouvé remarquable.
Très présent pourtant, il était à la fois comme en retrait.
C'est du moins ainsi que je l'ai perçu.
J'y ai vu une grande humilité, une grande simplicité, qui m'ont confirmé si besoin en était, l'opinion que j'ai de lui.

Il s'est lâché par moments, étant Bertrand Cantat, donc un homme de scène exceptionnel, mais à aucun moment il n'a cherché à voler la vedette à ses amis.

Mais là aussi, à chacun bien sûr son ressenti, je ne cherche à convaincre personne.

Enfin, vous demandez :

"Mais qui donc téléguide cette meute? A qui profite la deuxième affaire Cantat?"


Poser la question, c'est donner la réponse.

Là encore, question de ressenti.

J'ajouterai que les féministes de tous poils ont également une responsabilité énorme. Cantat est devenu leur bouc-émissaire, l'archétype comme je l'ai écrit du batteur de femmes.
Et ça c'est gravissime.

Tout ce que j'ai écrit ici, je ne pense pas qu'un homme puisse l'écrire. Sous peine d'être lynché à son tour.
Je pense qu'on en est là. Et c'est terrible.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Laurence,

En effet pour ce premier retour sur scène c'est affaire de ressenti.

Pour ce qui est de parler, tuer la personne que l'on aime sans le vouloir doit ouvrir un abime en soi. Je peux comprendre qu'il ne puisse en parler.

Pour ce qui est de ce féminisme-là, qu'une femme marque son désaccord est évidemment plus pertinent, surtout sur ce sujet. Mais un jour, la justice et la raison devraient triompher. Enfin, j'espère.


@ Noëlle: je comprends votre position, pourtant je m'accorde à ce que dit Hélène. Je n'ai de plus pas goût à soutenir les délinquants ou criminels. Et j'ai moi-même grand peine à pardonner. J'en suis loin. Je sais combien cela est difficile. Mais j'avance vers une perception plus concrète de la justice, et je travaille à faire mieux la part des choses entre la loi et le ressenti.

Écrit par : hommelibre | 13/05/2011

Encore une chose, Laurence:

"Je pense qu'on en est là. Et c'est terrible."

Je partage entièrement ce que ces deux courtes phrases contiennent, en conclusion de votre commentaire. Oui, il y a problème. Gros problème.

Écrit par : hommelibre | 13/05/2011

"Car personne ici ne prend parti pour qui que ce soit" dit Hélène Richard-Favre. Nous ne devons pas lire les mêmes textes, alors!
Je voulais relever les commentaires écrits par Laurence sur Marie Trintignant, mais j'ai laissé tomber. J'avais l'impression de lire VOICI ou quelque presse peopele.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 13/05/2011

hommelibre, vous dites "Mais un jour, la justice et la raison devraient triompher".

Je ne cherche pas à donner dans le pathos, croyez-moi.

Mais je crains sincèrement que ce jour - s'il arrive jamais - n'arrive trop tard.

Question de ressenti.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Quel débat, les amis! Qui, après l'éthique et le juridique, dérape lentement vers la psychanalyse…
Au fond, nous avons tous besoin d'amour (même Me Bonnant qui s'est construit une carapace de mots)! Les victimes, qu'il ne faut jamais oublier, parce qu'elles ne sont plus là pour se défendre et PRENDRE LA PAROLE. Mais aussi les meurtriers, en quête d'une impossible absolution, car désormais ils portent la mort de l'autre en eux. A jamais.

Écrit par : jmo | 13/05/2011

@ Noëlle:

Pour ma part que je ne veux pas minimiser la responsabilité de BC. Mais la cause a été tellement déformée pendant des années que tenter de la détordre - car c'est bien de cela aussi qu'il s'agit - passe pour un soutien à BC. En 2003 déjà j'écrivais sur ce drame, je m'opposais au déferlement de violence qui en rajoutait trop visiblement. C'était instrumentalisé. Un jour, j'espère que l'on reconnaîtra ouvertement combien cette affaire a été et est encore instrumentalisée.

DJe n'ai pas le sentiment que l'affaire est traitée avec justesse, et qu'elle est biaisée. Parler du comportement de MT n'exonère pas BC. On tente d'une part de comprendre, d'autre part de dire que la personne qui a effectué sa peine doit avoir la possibilité de revenir au monde. La prison et la condamnation ne sont pas là pour stigmatiser à vie. Sinon il fallait le tuer.

Cela vaut aussi pour la femme de Dutroux et autres.

La réinsertion des anciens condamnés est un serpent de mer récurrent. On travaille à les déstigmatiser. Et là, paf! on fait marche arrière à toute vitesse.

Devant cet acharnement, y compris celui de Me Bonnant, cela donnerait presque envie de prendre le contrepied. Juste histoire de retrouver un point d'équilibre. Ce point n'enlève rien à la désapprobation, à l'émotion, à la tristesse, à la colère. Il leur donne un autre champ d'expression que celui de la meute et de la double peine.

Écrit par : hommelibre | 13/05/2011

Noëlle, nous lisons les mêmes textes mais le prisme de la lecture est peut-être déformé.
Laurence ni personne de ce blog n'a soutenu Bertrand Cantat contre Marie Trintignant. Laurence a livré des informations qui étaient restées tues et qui s'avèrent donner un autre éclairage à la scène que tout le monde a découverte dans les medias qui ont rendu compte du meurtre de sa compagne par le chanteur.
Ensuite, un autre débat s'est développé en écho à l'interview donné par Me Bonnant.
Cela n'a rien à voir avec le fait de prendre parti pour l'un ou l'autre des protagonistes de cette triste affaire. Et si je tiens à le souligner, c'est précisément pour éviter ici encore un nouveau dérapage.
Si Laurence, hommelibre ou surtout, ne l'oublions pas, l'auteur du blog, Jean-Michel Olivier s'estiment d'un autre avis que celui que j'émets ici, ils l'exposeront, je n'en doute pas et le souhaite même.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/05/2011

Eh bien voilà, Jean-Michel, le débat proposé par certains s'est bien amorcé sur votre blog.Merci de l'accueil que vous lui avez réservé.
L'intérêt,ici, est que le sujet a pu être abordé de manière spontanée et qu'il a cela de positif qu'il ne se réclame d'aucune autorité autre que celle de personnes ordinaires en quête d'échanges de points de vue.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/05/2011

Noëlle, je regrette sincèrement que vous le preniez ainsi...

Oui je prends parti, mais uniquement contre l'acharnement dont est victime Bertrand Cantat, j'avais pourtant l'impression d'être claire sur ce point, du moins j'ai essayé de l'être du mieux que j'ai pu.

Ce que j'ai pu dire de Marie Trintignant n'est que la stricte vérité, je n'ai rien inventé, je ne l'ai nullement salie, je ne vois pas ce qui vous permettrait de le dire, j'aurais honte croyez-moi de le faire.

Si vous ne supportez pas cette vérité, qu'y puis-je ?

A aucun moment je n'ai cherché à minimiser la culpabilité de Bertrand Cantat, j'ai cherché par contre, à l'aide de documents irréfutables que je n'ai pas inventés, j'ose espérer que vous me croirez, j'ai cherché à rétablir la vérité, la simple vérité.

Ce dont vous ne semblez pas vous rendre compte, c'est qu'en disant qu'à me lire vous aviez l'impression de lire Voici ou quelque presse people, donc en vous montrant ouvertement... on va dire : agressive, pour ne pas dire insultante, vous illustrez à merveille ce que j'ai pu dire de certaines femmes, pas forcément féministes.

J'ai pris toutes les précautions oratoires nécessaires, ça ne m'a pas été difficile, je n'étais que sincère.

Je n'ai attaqué personne il me semble, sali personne, et certainement pas Marie Trintignant, relisez ce que j'ai dit.
Je n'ai dit que la vérité.
Et malgré cela, vous employez un ton qui, je le répète, se veut ouvertement insultant.
Malgré cela, votre colère et votre rage éclatent.

Que peut-on dire ? Que peut-on faire ?

Sinon relever avec tristesse et amertume que votre discours est l'exact reflet de l'irréductible acharnement qui poursuit Bertrand Cantat.
Vous ne voulez rien entendre, rien comprendre, rien admettre.
Vous ne voulez qu'une chose : la culpabilité de Bertrand Cantat et l'effacement pur et simple de tout ce qui entoure cette culpabilité, indéniable je le répète une nouvelle fois.

Vous ne supportez décidément pas la simple vérité, rien n'y fait, il vous faut d'un côté une icône, et de l'autre un monstre. Vous n'en démordrez pas. Vous prouve-t-on, documents à l'appui, que rien dans la vie n'est jamais aussi simple, aussitôt vous sortez les griffes et vous montrez insultante.

Je pourrais entrer dans votre jeu et vous demander, offusquée moi aussi, ce qui vous autorise à me parler ainsi ? de quel droit vous vous le permettez ? mais je n'en ai pas la moindre envie.

Si vous ne comprenez pas qu'il s'agit maintenant de sauver la vie d'un homme ;
si vous ne voulez pas le comprendre, c'est que vous considérez qu'il ne reste à cet homme qu'à se suicider, et que ce sera simple et honorable justice.

Et dans ce cas, je ne peux que vous laisser seule face à votre conscience, persuadée qu'elle ne vous troublera pas.

Quand après tout ce que j'ai tenté d'expliquer, je le répète : documents à l'appui, sans un instant salir la mémoire de Marie T., mais en relatant les simples faits, quand après cela votre seule réaction est de m'insulter en quelque sorte, j'avoue que la discussion tout simplement ne m'intéresse plus.

Je peux, je dois et je veux respecter l'avis d'autrui.

Vous pourriez de votre côté avoir la "décence" - j'utilise ce mot à dessein, puisqu'on en use et en abuse en parlant de Cantat - de respecter le mien sans vous croire obligée de m'insulter.

Ce serait bien la moindre des choses.

A vous seule, vous représentez ce que j'ai écrit et qu'a cité "hommelibre" :

"Je pense qu'on en est là. Et c'est terrible."

Oui c'est terrible.
Et plus que cela.
Je m'abstiendrai d'en dire plus.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Noëlle, je regrette sincèrement que vous le preniez ainsi...

Oui je prends parti, mais uniquement contre l'acharnement dont est victime Bertrand Cantat, j'avais pourtant l'impression d'être claire sur ce point, du moins j'ai essayé de l'être du mieux que j'ai pu.

Ce que j'ai pu dire de Marie Trintignant n'est que la stricte vérité, je n'ai rien inventé, je ne l'ai nullement salie, je ne vois pas ce qui vous permettrait de le dire, j'aurais honte croyez-moi de le faire.

Si vous ne supportez pas cette vérité, qu'y puis-je ?

A aucun moment je n'ai cherché à minimiser la culpabilité de Bertrand Cantat, j'ai cherché par contre, à l'aide de documents irréfutables que je n'ai pas inventés, j'ose espérer que vous me croirez, j'ai cherché à rétablir la vérité, la simple vérité.

Ce dont vous ne semblez pas vous rendre compte, c'est qu'en disant qu'à me lire vous aviez l'impression de lire Voici ou quelque presse people, donc en vous montrant ouvertement... on va dire : agressive, pour ne pas dire insultante, vous illustrez à merveille ce que j'ai pu dire de certaines femmes, pas forcément féministes.

J'ai pris toutes les précautions oratoires nécessaires, ça ne m'a pas été difficile, je n'étais que sincère.

Je n'ai attaqué personne il me semble, sali personne, et certainement pas Marie Trintignant, relisez ce que j'ai dit.
Je n'ai dit que la vérité.
Et malgré cela, vous employez un ton qui, je le répète, se veut ouvertement insultant.
Malgré cela, votre colère et votre rage éclatent.

Que peut-on dire ? Que peut-on faire ?

Sinon relever avec tristesse et amertume que votre discours est l'exact reflet de l'irréductible acharnement qui poursuit Bertrand Cantat.
Vous ne voulez rien entendre, rien comprendre, rien admettre.
Vous ne voulez qu'une chose : la culpabilité de Bertrand Cantat et l'effacement pur et simple de tout ce qui entoure cette culpabilité, indéniable je le répète une nouvelle fois.

Vous ne supportez décidément pas la simple vérité, rien n'y fait, il vous faut d'un côté une icône, et de l'autre un monstre. Vous n'en démordrez pas. Vous prouve-t-on, documents à l'appui, que rien dans la vie n'est jamais aussi simple, aussitôt vous sortez les griffes et vous montrez insultante.

Je pourrais entrer dans votre jeu et vous demander, offusquée moi aussi, ce qui vous autorise à me parler ainsi ? de quel droit vous vous le permettez ? mais je n'en ai pas la moindre envie.

Si vous ne comprenez pas qu'il s'agit maintenant de sauver la vie d'un homme ;
si vous ne voulez pas le comprendre, c'est que vous considérez qu'il ne reste à cet homme qu'à se suicider, et que ce sera simple et honorable justice.

Et dans ce cas, je ne peux que vous laisser seule face à votre conscience, persuadée qu'elle ne vous troublera pas.

Quand après tout ce que j'ai tenté d'expliquer, je le répète : documents à l'appui, sans un instant salir la mémoire de Marie T., mais en relatant les simples faits, quand après cela votre seule réaction est de m'insulter en quelque sorte, j'avoue que la discussion tout simplement ne m'intéresse plus.

Je peux, je dois et je veux respecter l'avis d'autrui.

Vous pourriez de votre côté avoir la "décence" - j'utilise ce mot à dessein, puisqu'on en use et en abuse en parlant de Cantat - de respecter le mien sans vous croire obligée de m'insulter.

Ce serait bien la moindre des choses.

A vous seule, vous représentez ce que j'ai écrit et qu'a cité "hommelibre" :

"Je pense qu'on en est là. Et c'est terrible."

Oui c'est terrible.
Et plus que cela.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Noëlle, je regrette sincèrement que vous le preniez ainsi...

Oui je prends parti, mais uniquement contre l'acharnement dont est victime Bertrand Cantat, j'avais pourtant l'impression d'être claire sur ce point, du moins j'ai essayé de l'être du mieux que j'ai pu.

Ce que j'ai pu dire de Marie Trintignant n'est que la stricte vérité, je n'ai rien inventé, je ne l'ai nullement salie, je ne vois pas ce qui vous permettrait de le dire, j'aurais honte croyez-moi de le faire.

Si vous ne supportez pas cette vérité, qu'y puis-je ?

A aucun moment je n'ai cherché à minimiser la culpabilité de Bertrand Cantat, j'ai cherché par contre, à l'aide de documents irréfutables que je n'ai pas inventés, j'ose espérer que vous me croirez, j'ai cherché à rétablir la vérité, la simple vérité.

Ce dont vous ne semblez pas vous rendre compte, c'est qu'en disant qu'à me lire vous aviez l'impression de lire Voici ou quelque presse people, donc en vous montrant ouvertement... on va dire : agressive, pour ne pas dire insultante, vous illustrez à merveille ce que j'ai pu dire de certaines femmes, pas forcément féministes.

J'ai pris toutes les précautions oratoires nécessaires, ça ne m'a pas été difficile, je n'étais que sincère.

Je n'ai attaqué personne il me semble, sali personne, et certainement pas Marie Trintignant, relisez ce que j'ai dit.
Je n'ai dit que la vérité.
Et malgré cela, vous employez un ton qui, je le répète, se veut ouvertement insultant.
Malgré cela, votre colère et votre rage éclatent.

Que peut-on dire ? Que peut-on faire ?

Sinon relever avec tristesse et amertume que votre discours est l'exact reflet de l'irréductible acharnement qui poursuit Bertrand Cantat.
Vous ne voulez rien entendre, rien comprendre, rien admettre.
Vous ne voulez qu'une chose : la culpabilité de Bertrand Cantat et l'effacement pur et simple de tout ce qui entoure cette culpabilité, indéniable je le répète une nouvelle fois.

Vous ne supportez décidément pas la simple vérité, rien n'y fait, il vous faut d'un côté une icône, et de l'autre un monstre. Vous n'en démordrez pas. Vous prouve-t-on, documents à l'appui, que rien dans la vie n'est jamais aussi simple, aussitôt vous sortez les griffes et vous montrez insultante.

Je pourrais entrer dans votre jeu et vous demander, offusquée moi aussi, ce qui vous autorise à me parler ainsi ? de quel droit vous vous le permettez ? mais je n'en ai pas la moindre envie.

Si vous ne comprenez pas qu'il s'agit maintenant de sauver la vie d'un homme ;
si vous ne voulez pas le comprendre, c'est que vous considérez qu'il ne reste à cet homme qu'à se suicider, et que ce sera simple et honorable justice.

Et dans ce cas, je ne peux que vous laisser seule face à votre conscience, persuadée qu'elle ne vous troublera pas.

Quand après tout ce que j'ai tenté d'expliquer, je le répète : documents à l'appui, sans un instant salir la mémoire de Marie T., mais en relatant les simples faits, quand après cela votre seule réaction est de m'insulter en quelque sorte, j'avoue que la discussion tout simplement ne m'intéresse plus.

Je peux, je dois et je veux respecter l'avis d'autrui.

Vous pourriez de votre côté avoir la "décence" - j'utilise ce mot à dessein, puisqu'on en use et en abuse en parlant de Cantat - de respecter le mien sans vous croire obligée de m'insulter.

Ce serait bien la moindre des choses.

A vous seule, vous représentez ce que j'ai écrit et qu'a cité "hommelibre" :

"Je pense qu'on en est là. Et c'est terrible."

Oui c'est terrible.
Et plus que cela.

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

ouh la la ! désolée, j'ai eu des problèmes pour poster mon commentaire, du coup je m'y suis reprise à trois fois, et le voilà qui apparaît en triple édition ! j'espère qu'on pourra y remédier....

Écrit par : Laurence | 13/05/2011

Sachez que je souffrirais si vous preniez ombrage de mes propos. Mais c'est bien peu de chose en comparaison du drame Cantat-Trintignant.
Oû se situe la vérité? Personne ne peut le dire.
Par contre c'est un aveu de faiblesse de votre part de brandir le mot "suicide" pour mieux culpabiliser votre interlocutrice.
Et comme j'aime les histoires qui se terminent bien, proposez à Cantat d'écrire des chansons pour les autres, comme Goldmann. Ce chanteur-compositeur après être monté sur scène, préfère composer pour d'autres amis chanteurs et avec quel succès!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 13/05/2011

Noëlle, merci de m'avoir répondu comme vous le faites, je suis heureuse que vous n'ayez pas mal pris ce que j'ai écrit...

Bien sûr personne ne sait où est la vérité, mais certains faits néanmoins sont là, bien véridiques eux, et dont il faut tenir compte, après bien sûr à chacun sa "vérité", c'est-à-dire sa manière de voir les choses...
Je me suis contentée de les noter, puis de faire part de mon ressenti (décidément, ce mot revient sans cesse, il définit si bien le coeur des choses...)

Vous savez, je n'ai rien contre les "aveux de faiblesse", j'ai peut-être même un faible pour eux (!).

Par contre, ne dites pas que je "brandis le mot "suicide" pour mieux vous culpabiliser". Tout simplement parce que ce n'est pas vrai.
Je ne brandis rien du tout, et je ne cherche pas à vous culpabiliser.

Ce genre de "manoeuvre" m'est étrangère, ça fait partie de ce que je trouverais indigne, et sincèrement j'attache énormément d'importance à ne pas tomber moi-même dans l'indignité, puisque c'est elle précisément que je combats. Il faut tout de même un minimum de cohérence dans la vie.
Et puis j'ai un sens de l'éthique qui tout simplement me l'interdirait, oui aussi simple que cela.

Non, quand je parle du suicide de Cantat, c'est parce que je crains vraiment qu'on ne l'y accule.

Et c'est bien la raison pour laquelle je suis ici, à vous répondre ; bien la raison pour laquelle j'ai écrit tout ce que j'ai écrit.
Pour essayer d'apporter ma minuscule contribution, pour tenter de sauver un homme de l'acharnement qui le poursuit, pour ne pas rester tout à fait inactive face à des événements qui pour moi relèvent d'une profonde injustice, et je le répète : s'apparentent à une mise à mort.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

@ Laurence Vos recherches et mises au point vous honorent.

En effet, le clan Trintignant a usé et abusé des médias parisiens afin de camoufler des faits que vous relatez et qui bien entendu furent effacés à la demande des intéressés.

En ce qui concerne Maître Bonnant je le considère comme un pète-gras toujours à la recherche de faire disparaître des pièces ayant servi lors d’un procès. Actuellement il se défend d’avoir demandé la suppression de la main courante dans l’affaire Stern. On peut douter de sa sincérité.

Grâce à quelques affaires il devenu l’avocat suisse d’une certaine caste parisienne. Coqueluche des médias il commence sérieusement à énerver le monde par ses tournures de phrase à la Balladur.

Écrit par : Hypolithe | 14/05/2011

Hypolithe, merci de votre gentillesse...

Pour Cantat, je me fais très peu d'illusions quant à son devenir...
On ne le lâchera pas.

Ce qui me réchauffe le coeur, c'est que de plus en plus de voix s'élèvent contre cet acharnement, dans la presse mais aussi chez les internautes...

De mon côté je poursuis avec mes faibles moyens l'espèce de combat que j'ai entrepris, désabusée, écoeurée même...

Simple anonyme, n'ayant aucun pouvoir, pas le moindre, à quoi peut bien servir ce drôle de combat, à rien sans doute, et ça m'attriste infiniment.

Mais peut-être les gens soucieux de justice se mobiliseront-ils, peut-être peut-être... arrivera-t-on malgré tout à constituer une sorte de contre-pouvoir, si seulement...


Etant Française, je n'avais jamais entendu parler de Me Bonnant et ne connais rien de ce que vous relatez.

J'espère de tout coeur que Cantat ne sera pas refoulé chez vous comme il l'a été ailleurs.
Puis viendra notre tour, ici en France, puisque la pièce est programmée aussi chez nous, nul doute que tout recommencera...

Rien que d'y penser....

Je vous remercie tous des échanges que nous avons pu avoir.
Une petite pierre, plus une petite pierre, et encore une autre petite pierre, qui sait, peut-être peut-on arriver de cette manière à finalement changer le cours des rivières, selon l'expression de Renaud, chanteur que j'apprécie beaucoup.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

Laurence, le spectacle auquel participe Bertrand Cantat est programmé à La Comédie de Genève. C'est bien la raison de la polémique qui a été déclenchée ici.
Non, votre combat n'est pas inutile. Le blog que j'ai ouvert:
http://http://billets.blog.tdg.ch/archive/2011/05/12/1.html est lu et commenté.

C’est l’être humain et ses droits qu’il faut défendre et ne pas se laisser abattre par la justice que Me Bonnant qualifie de "sociale" et qui condamne à perpétuité.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

Hypolite, puisque vous citez à nouveau Me Bonnant, je me permets de repalcer sa phrase déjà mentionnée plus haut et d'y ajouter les questions qui me semblent nécessaires afin de connaître vraiment sa position en tant qu'homme de loi, au-delà du constat ambigu qu'il fait sans s'y impliquer:

"Celui qui a été par hypothèse un criminel reste aux yeux de tous un criminel, peine exécutée ou non. Il y a donc une peine sociale qui vient prolonger la peine pénale."

Questions:

- est-ce que pour lui un criminel reste un criminel, peine éxécutée ou non? Est-il d'accord avec cela? Encourage-t-il à ce que ce soit la règle dans la société? Ou s'il n'est pas d'accord lutte-t-il contre cela et comment?

- est-il d'accord avec la peine sociale qui prolonge la peine pénale? Soutient-il cet état des choses? Milite-t-il pour? Ou s'il n'est pas d'accord avec la justice post-pénale que fait-il pour la combattre?

- considère-t-il que la justice ne suffirait pas à pénaliser un crime? Trouve-t-il normal qu'un condamné qui a payé selon la justice, soit encore lynché par l'opinion après la fin de sa peine? Trouve-t-il normal qu'après avoir payé à la justice un condamné soit empêché de reprendre sa vie et son métier?

- Trouve-t-il normal que la population s'érige en juge en complément de la justice pénale? Est-il favorable à cela? S'il n'y est pas favorable, que propose-t-il pour changer les choses, pour que l'opinion et la population ne se substitue pas aux juges pénaux après l'accomplissement d'une peine, afin qu'il n'y ait pas "d'abus de justice populaire"?

- en ce qui concerne le trouble à l'ordre public, on constate que ce n'est pas Cantat qui le fait, ce sont ceux qui s'opposent à lui, s'acharnent sur lui et l'interdisent de se produire. Trouve-t-il normal que ceux qui sont les réel fauteurs de troubles n'encourent aucune conséquence? Que celui qui est l'objet d'une haine collective soit pénalisé, et pas ceux qui véhiculent ou génèrent cette haine?


Il est possible que cette affaire ne trouve pas d'apaisement avant très longtemps, probablement des décennies. Les historiens la reprendront à froid dans 20 ou 30, ou 50 ans, la replaceront dans le contexte d'un hyperféminisme radical, mettront les comportements des uns et des autres en lumière pour comprendre mieux comment on en est arrivé à des réactions d'après procès que très peu de condamnés ont subies après avoir accompli leur peine. Il réanalyseront toute l'affaire et le procès, et comme tout cela sera assez loin on pourra enfin en débattre sans passion.

Dommage d'attendre 50 ans. Ce serait mieux que ce soit maintenant. Donc Laurence je vous soutiens dans votre combat, dont Cantat est la partie visible, car aujourd'hui c'est sur lui que cela tombe, mais qui au fond va plus loin que sa seule personne. C'est le principe du droit, le mélange de ce droit et de la pression de la meute, la fabrication du bouc émissaire et sa perpétuation qui sont en jeu, le nécessaire pardon et la nécessaire compréhension. MT ne reviendra pas, elle ne pourra plus prendre la parole, en effet, et c'est infiniment triste. Mais un mort suffit. La peine de mort sociale proposée par Me Bonnant est bien une deuxième peine, la peine de l'opinion. On veut deux morts.

La loi du talion. Dans le droit actuel je ne comprends pas qu'un avocat puisse implicitement faire caisse de résonance à cela.

Écrit par : hommelibre | 14/05/2011

Me Bonnant est protestant — version janséniste! Pour lui (comme pour tous les protestants, au fond) un crime reste un crime. Surtout quand il est odieux, comme celui de Cantat. On peut le condamner à deux, dix, cinquante ans de prison. Cela satisfait la justice des hommes. Tant mieux. Mais cela ne répare rien. Pour ces Messieurs de Port-Royal (dont s'inspire ici Me Bonnant) seule la Grâce peut sauver le pêcheur. Et comment obtenir cette Grâce? Par le silence, le retrait, la solitude. L'effacement. L'oubli de soi. Cantat pourrait s'en inspirer, plutôt que de chercher les hourras (ou les crachats) de la foule.

Écrit par : jmo | 14/05/2011

Non, Jean-Michel,les généralisations ne sont pas de mise ici.

Les propos de Marc Bonnant le concernent. Les attribuer comme vous le faites à "tous les protestants" est déplacé.

Encore une fois, je vous invite à lire l'interview que le professeur d'éthique Denis Muller a accordée à "La Tribune de Genève" le 12 mai dernier. Ce professeur est protestant, théologien et son point de vue mérite d'être lu et relevé.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

J'ai lu cette interview, qui m'a paru simpliste et très naïve. Réduire la justice au Droit (humain) arrange tout le monde. Les juges comme les éthiciens. Denis Muller n'a pas mené très loin sa réflexion. C'est bien dommage.
D'autre part, je ne dis pas que tous les protestants pensent comme Me Bonnant. Ce serait faire injure aux protestants — comme à Me Bonnant, qui tient à être toujours unique!

Écrit par : jmo | 14/05/2011

"Me Bonnant est protestant — version janséniste! Pour lui (comme pour tous les protestants, au fond) un crime reste un crime." avez-vous écrit, Jean-Michel.
Ai-je mal lu?

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

Hélène, la pièce était programmée aussi au Québec, polémique, haine, et plus de pièce, plus de Cantat.
Déprogrammée aussi à Barcelone.
C'est bien pourquoi je crains qu'elle ne le soit chez vous aussi.

Je n'arrive pas à accéder à votre blog, la page refuse de s'afficher.
Ca m'aurait pourtant intéressée.

Et bien sûr je suis d'accord avec ce que vous et hommelibre dites, à savoir qu'au-delà du cas de Cantat, il s'agit bien évidemment de défendre l'humain et ses droits. C'est bien ainsi que je vois les choses, bien pourquoi je dis que cette affaire est gravissime.
Hommelibre, vous avez parfaitement résumé l'enjeu.

Pour Cantat, j'ai envoyé un mail au Directeur du Théâtre de Namur, où la pièce devrait se jouer avec Cantat. Un mail pour le remercier de l'accueillir, malgré les pressions.
A ma grande surprise, il m'a répondu, très chaleureusement, me disant que ce genre de mail tranchait avec les horreurs qu'il recevait habituellement, insultes, menaces de désabonnement voire pires, depuis l'annonce de la présence de Cantat. Il m'a dit qu'il transmettrait mon message de soutien à la troupe dont fait partie Cantat. Que ce n'était pas inutile, mais au contraire très utile, ils ont bien besoin de soutien, m'a-t-il laissé entendre.
Voilà peut-être des moyens concrets à employer pour essayer de donner un sens à ce "combat".

jmo, je suis protestante moi-même, je crois que vous avez bien résumé la mentalité des protestants version jansénistes comme vous dites. Ah terribles jansénistes qui semblent n'avoir de place dans leurs coeurs que pour la damnation éternelle, l'éternelle auto-flagellation et l'inextinguible pêché. Seule voie admise (ou plutôt imposée) la recherche de la grâce.
"Silence, retrait, solitude. Eeffacement. Ooubli de soi. Cantat pourrait s'en inspirer, plutôt que de chercher les hourras (ou les crachats) de la foule."
Et voilà bien le fond du problème : ces messieurs ne disent pas "pourrait" mais "doit". Enfreindre cette loi est un nouveau péché, bien évidemment. Et voilà bien ce que je n'admets pas et n'admettrai jamais.

Je vais lire l'interview dont vous parlez, Hélène, ça m'intéresse.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

Laurence,
Le directeur de Namur a bien fait de vous répondre et vous de lui écrire.C'est ainsi qu'il faut croire en votre action. Elle est loin d'être inutile.
Ici, on peut faire de même.

Je viens encore de publier un blog. Il devrait apparaître sur le site de la Tribune de Genève, parmi les blogs du jour. Peut-être que la page s'affichera cette fois et vous aurez les références aux autres.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

Laurence, avez-vous envoyé le lien de ce blog au directeur du théâtre à Namur? Je pense que nous reflétons bien plusieurs positions, avec respect mutuel et recherche des deux vérités: celle des faits du drame, celle du ressenti; celle du droit et de la justice, et celle de la blessure que nous partageons dans ce drame. Celle de la légitime colère malheureusement instrumentalisée à l'époque du drame et celle du difficile pardon. Cela leur permettrait d'avoir un éventail d'avis plus large et nuancé que ce qu'ils doivent recevoir habituellement.

Écrit par : hommelibre | 14/05/2011

Je viens de lire l'interview de Denis Muller. jmo, personnellement je ne la trouve ni simpliste ni naïve.
J'ajoute même qu'au fond il n'y a pas à pousser la réflexion plus loin.
Tout y est dit. Et ce "tout" est effectivement simple, il n'y a rien, il ne devrait rien y avoir à ajouter.
Ce "tout" se suffit à lui-même.

J'approuve bien évidemment totalement.

Je me considère comme agnostique.
Mais s'il faut mêler à ce débat la religion, voilà un point de vue de théologien qui me semble honorable, je ne conçois pas qu'un croyant puisse voir les choses d'une autre manière.
Mais cela n'engage que moi.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

Hélène, je vais faire de même sur mon blog, dans le même esprit: ne pas s'acharner sur un homme qui a pyé, et qui continue à payer beaucoup plus que d'autres dans les mêmes circonstances.

On peut repenser au philosophe Althusser qui a étranglé sa femme - dans un moment de démence, semble-t-il. Il a par la suite continué à écrire et à enseigner. Les circonstances n'étaient pas les mêmes, certes. C'est d'ailleurs intéressant de voir que l'on a tenu compte pour lui des circonstances.

Écrit par : hommelibre | 14/05/2011

A propos de l'interview de Denis Muller, je pense aussi qu'il dit l'essentiel. Il pose le principe. C'est à nous de rebondir et de développer.

Il pose une question forte:

"La question peut se poser plutôt à lui à titre personnel: dans quels projets artistiques choisit-il de s’investir et comment cela résonne-t-il en lui? Ce n’est pas à la société ou à la famille de sa victime d’en décider à sa place."

Écrit par : hommelibre | 14/05/2011

Hommlibre,oui, c'est bien, conjuguons les blogs allant dans ce sens.
Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à lire les deux que j'ai écrits sur ce site: "Bertrand, Hervé, Anne et les autres" et "Du débat".
Une cause à défendre exigeante mais juste, je pense.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

Contente que Laurence et hommelibre apprécient cet interview dont je ne cesse de recommander la lecture.
Denis Muller est non seulement professeur d'éthique mais théologien et protestant. De quoi remettre en perspective certaines visions éculées du protestantisme.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

Déprogrammée à Barcelone, annulée au Québec, la pièce avec Bertrand Cantat sera-t-elle jouée sur la scène de la Comédie de Geneve?
Même financée à 70% par la ville de Genève et 30% par l'Etat, la Comédie possède la plus totale liberté dans ces programmations artistiques. Donc rien ne s'oppose à la venue de Cantat et à sa présence sur les planches.
Cette venue divise et crée la polémique.
Et il n'est pas interdit de trouver indécent qu'un acteur condamné pour avoir battu à mort sa compagne joue en public, tout comme

un prêtre pédophile qui recommence à prêcher
ou
comme la compagne de Marc Dutroux qui va être libérée.

Cette dernière pense se réfugier dans un couvent près de Besançon. Voici la réponse (très diplomatique) de la Directrice"nous avons entendu à la TV que la femme de Marc Dutroux pourrait intégrer notre maison. J'ai immédiatement dit à mes consoeurs que le Ministère de la justice ne l'accepterait jamais..."

Voyez-vous, même les meilleures d'entre nous, ont quelques réticences non pas à pardonner, mais à oublier ces crimes atroces.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 14/05/2011

Noëlle, ces exemples confirment ce que nous défendons pour Bertrand Cantat, à savoir le droit à la réinsertion.
Il a été dit de la compagne de Marc Dutroux qu'elle avait montré un comportement exemplaire en prison. Que la Directrice du couvent près de Besançon ait refusé de l'admettre est son droit mais pas un exemple à suivre forcément.
Meilleurs ou pas, il ne s'agit pas de "pardon" mais de droit légitime à voir appliqué.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/05/2011

@ Hommelibre : Althusser a étranglé sa femme. Ses avocats ont plaidé le non-lieu. Il a donc fini ses jours dans une clinique parisienne et, bien sûr, n'a jamais plus enseigné. Mais il a continué d'écrire. Contre l'avis de ses proches (je le sais très bien puisque j'en faisais partie) il a voulu publier son autobiographie. Où il donnais sa version de son histoire. Ce qui fut fait. Au lieu de provoquer un scandale, ce livre, publié juste avant sa mort, fut très bien accueilli. Mais Althusser ne se montra jamais plus sur la scène publique.
Personne n'est contre la réinsertion de BC! Seulement, la décence voudrait qu'il ne recherche pas les hourras de la foule. C'est le moins que l'on pourrait attendre de quelqu'un qui a tué sa compagne, et dont la femme s'est pendue…

Écrit par : jmo | 14/05/2011

hommelibre, non je n'ai pas envoyé le lien de ce blog au directeur du Théâtre de Namur.
Sa position est parfaitement claire d'après ce que j'ai lu dans la presse :
il se battra pour que la pièce soit maintenue. Mais, me dit-il dans sa réponse "que c'est donc difficile de faire triompher effectivement et simplement le droit".

Je pense qu'il est tout à fait conscient des courants qui s'affrontent, les prenant lui-même de plein fouet. Parfaitement au courant de ce qui se dit, des arguments et des positions pro- et anti-Cantat.

Ce que je pense utile, c'est de lui envoyer des mails de soutien, voire de remerciements comme je l'ai fait.
Il m'a dit avoir transmis le mien à l'équipe, donc je suppose aussi à Bertrand Cantat.
Si je savais comment contacter Cantat lui-même, il y a bien longtemps que je lui aurais envoyé à lui directement un mot pour lui témoigner tout mon soutien.
N'en ayant pas la possibilité, j'ai donc été vraiment heureuse que le directeur du théâtre de Namur lui transmette mon mail, à son équipe ou à lui-même.

Sur la page d'accueil du Théâtre de Namur, dans la rubrique "Pratique", on trouve "Contacts généraux", en cliquant dessus on trouve les coordonnées mail notamment du Directeur, Patrick Colpé.
J'avais envoyé le même mail à toutes les adresses mail trouvées sur ce site.
Ma manière à moi de faire campagne.

Je comptais envoyer aussi un mail de remerciement et de soutien à la Comédie de Genève, mais d'après ce que j'ai lu, la Directrice actuelle Anne Bisang s'oppose avec force à la présence de Cantat, et celui-ci ne devrait pouvoir se produire à Genève que grâce à l'arrivée en juillet d'un nouveau Directeur, lui fermement décidé à le recevoir.
J'attendrai donc le mois de juillet pour témoigner mon soutien et remercier ce monsieur.

Noëlle : vous dites : "il n'est pas interdit de trouver indécent qu'un acteur condamné pour avoir battu à mort sa compagne joue en public".

Certes.

Mais il n'est pas interdit non plus de trouver indécent qu'on empêche ceux qui pensent différemment d'aller voir sur scène ce condamné, désormais homme libre.
Double atteinte, particulièrement indécente, à la liberté : la sienne, et la nôtre.

Personnellement, je vois bien plus d'indécence dans l'interdiction arbitraire des censeurs que dans l'usage on ne peut plus légitime du droit de chacun à la liberté de choisir d'aller ou non à un spectacle.

Il suffit aux censeurs de rester chez eux.

On nous oblige, nous, à renoncer à un spectacle, un retour sur scène, qui nous tient extrêmement à coeur.

Dites-moi de quel côté se trouve la morale ? la fameuse "décence" ?

D'un côté il suffit de s'abstenir.
De l'autre on est réduit au silence, méprisé, compté pour rien. Humilié, frustré. Piétiné. Condamné. Et avec nous la loi et le droit, la rédemption, la réinsertion et d'une manière générale l'humanisme : purement et simplement violés.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

Il y a encore quelque chose qui me turlupine. Bertrand Cantat donne 4 gifles à Marie Trintignant. Celle-ci s'écroule devant lui.
Donc la théorie de l'alcool mélangé avec de la drogue que cette dernière aurait avalés ne tient pas la route. Elle ne s'est point endormie, mais elle s'est évanouie près de Cantat.
Ensuite, celui-ci la dépose sur le lit. Comment n'arrive-t-il pas à faire la différence,entre une personne endomie et une personne évanouie, surtout lorsqu'on la transporte? Des questions, toujours des questions?

Écrit par : Noëlle Ribordy | 14/05/2011

@ jmo: merci pour votre rectificatif concernant Althusser. J'ai écrit un peu vite en effet.

Pour BC: il vit, il doit continuer à vivre. Je ne sais pas comment il vit avec sa mémoire. Que peuvent signifier les hourras aujourd'hui? Et que peuvent vivre ceux qui lui feront ces hourras? Quelle part d'oubli, quelle part auto-sacrificielle prennent-ils à leur compte?

Je comprends qu'en étant à nouveau un homme public il rappelle sans cesse le drame, et que ce drame n'est pas digéré. Et il n'est pas prêt de l'être, vu que BC reste publiquement une "merde" et une icône du tueur de femmes - je mets femme au pluriel puisque le suicide de son ancienne compagne semble aussi être portée à sa charge, sans que j’en comprenne la raison.

Quoi que nous disions nous refaisons le procès, avec le même arrière-fond de manipulation et de «politisation».

La gêne est de deux ordres. D’une part la manipulation du dossier dès le début, l’enjeu qui a été ajouté à l’affaire rendent suspectes les stigmatisations contre Cantat. D’autre part il est gênant que BC retourne dans la lumière. On accepte qu'un ancien condamné se réinsère discrètement, dans l’ombre, en courbant l’échine. Il doit continuer à payer. Peut-être qu’en se soumettant il nous donne la bonne conscience du dominant. Alors que dans la lumière il fait de nous des dominés.

On admet - mal - que la compagne de Dutroux puisse aller s’enfermer dans un couvent. Une deuxième peine, en quelque sorte. Mais elle a le droit aussi de reconstruire une vie. C’est notre droit, notre conception de la justice. Pourtant ce qu’elle a fait est au combien plus grave que Cantat, puisqu’elle savait, qu’elle se taisait, qu’elle aurait pu libérer les fillettes quand Dutroux était trois mois en prison.

Cantat est libre de reprendre son métier. Je doute que la lumière des projecteurs et les bravos puissent lui faire oublier le meurtre qu’il a commis. Je doute que l’ombre où nous voudrions le voir se reclure soit plus guérissante pour lui - et pour nous.

Écrit par : hommelibre | 14/05/2011

Cette polémique montre qu'un assassin comme Cantat qui a purgé sa peine reste surmédiatisé car la victime venait d'une famille d'artistes connus ( et dont on ignorait à peu près rien de sa vie privée avant le drame)et qu'il a lui-même été happé par le suicide de son ex femme.(que certains lui reprochent aussi). N'importe quel autre ex détenu anonyme pourrait reprendre une vie "normale", lui, non. Certains pensent que c'est trop tôt ou indécent. On lui suggère de rester discret, de composer des musiques pour les autres car monter sur scène semble être une provocation, soit! Mais pour combien de temps ? Est-ce que dans 5 ans après une vie de reclus, pourra-t'il espérer vivre comme les autres ? Est-ce que cet acharnement du monde artistique et médiatique prendra t'il fin un jour ? Peut-être qu'une histoire encore plus sordide sauvera le soldat Cantat?

Écrit par : Sirène | 14/05/2011

Noëlle : je n'ai tout simplement plus le courage de reprendre point par point ce que j'ai déjà écrit en détail plus haut.
J'ai noté des vérités que je n'ai pas inventées, elles sont les réponses directes à vos questions.

Quand je dis "plus le courage", en fait je veux dire : plus - mais alors plus du tout - l'envie.

Je refuse absolument, comme je l'ai dit clairement aussi - des mises au point ? toujours des mises au point ? - de contribuer d'une quelconque manière à refaire éternellement le procès de cet homme.
Ne vous attendez donc plus à des réponses de ma part sur ce sujet.

Une fois pour toutes - pour moi ce sera vraiment l'ultime mise au point - :

Cet homme a été jugé.
Le procès a eu lieu.
La peine a été ce qu'elle a été, qu'elle soit jugée trop légère ou non, elle doit être respectée.
Il a purgé sa peine.
A bénéficié comme absolument n'importe qui - ni plus ni moins - d'une remise de peine on ne peut plus légale.
N'a bénéficié d'aucun traitement de faveur.
Il est maintenant un homme libre.
Absolument et totalement libre.
Libre de décider LUI ET LUI SEUL de ce qu'il compte maintenant faire de sa vie.

Personne, absolument personne, n'a le droit de décider à sa place de ce que doit être cette vie.

Personne n'a le droit de s'ériger en juge après le passage de la justice.

Personne, absolument personne, n'a le droit, ni légalement ni moralement, de lui dicter sa conduite, de lui assigner une place à l'ombre au nom d'une soi-disant "décence" qui, par ce genre d'exigence, se discrédite elle-même et ne s'honore pas.

Personne, absolument personne, n'a le droit d'interdire au public de Cantat, extrêmement nombreux, extrêmement fidèle, de le revoir sur scène.
Ce public se compose de dizaines de milliers de personnes, et je ne parle que de la France et des pays francophones.

Je le redis une nouvelle fois :

Les droits de Bertrand Cantat, homme libre et n'ayant aucun compte à rendre à qui que ce soit, sinon à sa conscience et ceci ne regardant que lui et lui seul, ses droits et les nôtres, immense public de Cantat, doivent être respectés.
Au-delà de l'affaire Cantat, il s'agit de valeurs essentielles de l'humanité, de la république et du droit.

Je serais allée peut-être au Québec - uniquement pour le soutenir.
Question de principe, je suis extrêmement attachée aux principes vitaux d'humanisme.
On me l'a refusé. Interdit.

Je pensais alors me rendre à Barcelone, pour les mêmes raisons.
Refusé. Interdit.

Et si je suis ici, sur ce site, c'est parce que je crains que la même chose, inadmissible, se reproduise chez vous. Puis à Namur. Puis en France. Jusqu'où ira-t-on ? De quel droit se permet-on de tels procédés, de quel droit ?

Croyez-vous que je sois seule à m'indigner ? Oh non : je vous le répète : des dizaines de milliers de personnes attendent Bertrand Cantat depuis maintenant presque neuf ans.
Et à quoi ont-elles droit, de pays en pays ? Au mépris le plus total, le plus révoltant.
Exactement comme Bertrand Cantat.

De quoi sommes-nous coupables, nous, pour qu'on nous inflige cette condamnation ?

Coupables d'être restés fidèles ? Coupables de ne pas voir dans cet homme le monstre infâme qu'on s'échine à nous dépeindre ? Qui aurait le droit de condamner notre opinion ? Qui ? Absolument personne. Et pourtant ce droit, on se l'arroge, de pays en pays, sans fin.
Voilà où se situe l'indécence la plus criante, la plus insupportable, la moins admissible.
Et voilà pourquoi le combat commence - enfin - à prendre forme, voilà pourquoi les gens - enfin - se mobilisent :

contre cette intolérable indécence qui qualifie de son propre nom le droit légitime, inaliénable, de Bertrand Cantat à reprendre son métier je le répète : là où bon LUI semble.
Et là où des dizaines de milliers de personnes l'attendent.

Cet endroit n'est pas une cave, avec un boulet éternellement attaché au pied, avec de préférence une cagoule sur la tête.

Cet endroit n'est pas non plus au fond d'un puits ou d'une sombre forêt.

Cet endroit n'est pas non plus un studio d'enregistrement où on voudrait bien, magnanime, le tolérer oeuvrant à l'enregistrement d'oeuvres d'autres artistes.

Cet endroit n'est pas non plus un trou où on tolèrerait qu'il écrive ses textes et compose sa musique pour d'autres, étant bien entendu que ceux qui les accepteraient seraient eux-mêmes coupables d"indécence".

Non.
Cantat est un homme de scène.
C'est là qu'est sa place.
Et c'est là que nous l'attendons.
Le droit est de son côté et du nôtre.

Rien ne vous autorise à décréter que la décence ou la morale n'y sont pas.

Il ne vous appartient pas d'en décider.

Il est temps, et plus que temps, que la loi, les droits de Cantat et les nôtres, soient respectés.

J'espère avoir été cette fois suffisamment claire.

Écrit par : Laurence | 14/05/2011

Il serait intéressant que l'émission "Faites entrer l'accusé" retrace un jour cette affaire criminelle Cantat-Trintignant. Certainement, l'enquête dévoilera avec plus d'acuité de nouveaux éléments.
Des enquêteurs, magistrats, journalistes, témoins, psychiatres donnent leur avis et permettent ainsi d'approcher d'un peu plus près de la vérité.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 15/05/2011

Noëlle, entièrement d'accord avec vous.

Écrit par : hommelibre | 15/05/2011

Le match Cantat-Trintignant se poursuit ce jourd'hui dans Le Matin Dimanche.
Score intermédiaire : 1 (Gallaz) à 3 (Bonnant, Anne Bisang, Warluzel)!

Écrit par : fédor | 15/05/2011

Je viens de lire l'article d'Anne Bisang dans Le Matin.

J'y ai laissé un commentaire.

Où on verra que cet article m'a profondément révoltée.

Le pot de terre contre le pot de fer, certes.

Mais l'opinion publique fait et défait un homme. Alors....

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Laurence,

Je l'ai lu ce matin, ainsi que l'interview de Me Warluzel et le billet de Me Bonnant. Je pense faire un complément de réflexion en réaction à ces propos, surtout ceux de Madame Bisang, qui sont caricaturaux.

Pour ce soir ou demain je publierai donc un billet complémentaire à celui que j'ai publié hier soir.

Écrit par : hommelibre | 15/05/2011

hommelibre, j'ai lu votre billet d'hier, ça réchauffe le coeur, comme dirait Bashung....

Je lirai votre prochain texte.

J'ai trouvé ceci aussi :

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2011/05/15/amours-delices-et-orgues-de-staline.html

Ca bouge, ça bouge....

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Laurence,
j'ai lu l'interview d'Anne Bisang et votre commentaire sur le site du Matin. J'y ai moi aussi posté le mien et répondu à Me Bonnant sur mon blog:
http://http://billets.blog.tdg.ch/

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 15/05/2011

Merci Hélène, j'ai lu votre commentaire et votre blog...

J'ai lu dans les commentaires à l'interview de Me Dominique Warluzel que celui-ci serait un grand ami des Trintignant...

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Je viens de lire les derniers commentaires à l'article "Bertrand Cantat ou le sacrifice perpétuel", et je vois qu'un certain "Leclercq" a repris certaines informations que j'avais notées ici.
Ce qui signifie que les commentaires et informations sont lus, font réagir, circulent...

Donc vraiment pas inutile d'oeuvrer dans ce sens...

A voir concrètement ce que ça donne.

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Merci Laurence.
Je reste convaincue que la courtoisie et le respect mutuel sont préférables, c'est pourquoi je tente de maintenir une ligne de propos qui aille dans ce sens mais je goûte peu certains propos tenus ici et là et le fais sentir aussi
Pour le reste, libre à chacun de défendre ses amis. Mais le droit aussi.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 15/05/2011

Vous avez sans doute raison pour ce qui est de la courtoisie et du respect mutuel...

Je pense néanmoins que de temps à autre le ton de l'indignation pure peut aussi être utile, voire nécessaire.

Je ne connais pas Madame Bussang - je rappelle que je suis française -, mais vraiment sa tranquille arrogance m'a horripilée.

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Laurence,j'ai été immédiatement sensible à votre participation et à vos contributions. J'y ai donné suite à ma manière qui tente de tenir compte de divers éléments importants et contradictoires car ils sont présents dans le débat et qu'il est difficile de les écarter.
Cela dit je trouve justement passionnant, enrichissant et constructif que chacun défende une cause selon sa personnalité et espère beaucoup de ces échanges avec vous et tous ceux qui y participent.

Pour ce qui est d'Anne Bisang, je ne la connais pas non plus sinon de réputation. Mais il est vrai que ses mots appellent à réagir. Comme d'autres d'ailleurs. On y a répondu.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 15/05/2011

Hélène : et je vous en remercie sincèrement.

Petite parenthèse : je suis une passionnée de Jean-Jacques Rousseau.
J'ai passé plusieurs années en sa compagnie exclusive, ne lisant que lui et sur lui.
J'ai fait des "pélerinages" Rousseau à l'Ile Saint-Pierre, Môtiers (pour ne parler que de la Suisse), eu le privilège (moi simple autodidacte !) d'obtenir un rendez-vous à la bibliothèque de Neuchâtel pour visiter tranquillement la salle où sont disposés ses manuscrits et en discuter avec la responsable des lieux, quand on connaît l'histoire de Jean-Jacques avec Genève, quand on sait comment il a été pourchassé, traqué, diffamé, obligé de s'exiler, quand on pense à la haine qui partout l'a poursuivi sans relâche, oui quand je pense à cela je me dis que si j'avais été sa contemporaine je n'aurais même pas eu la possibilité d'exprimer ma colère et mon indignation, autres temps autres moeurs...

Ceci dit sans vouloir bien sûr établir de comparaisons entre ce qui n'est pas comparable..

Mais tout de même, quelque part ça m'émeut... Si on m'avait dit que je me retrouverais sur un blog à Genève pour défendre un Bertrand Cantat ! La vie est vraiment curieuse, on se retrouve à faire des choses qu'on n'aurait pas imaginé faire un jour...

J'ai pensé à tout cela en me souvenant qu'en 2012 Genève fêterait le tricentenaire de la naissance de Rousseau (je suis abonnée aux "Annales Jean-Jacques Rousseau").

Désolée pour la digression, mais Genève a une résonnance particulière pour moi.

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Alors quand nous y verrons-vous, à Genève, Laurence? Pour ma part, ce serait un plaisir de vous y rencontrer. Mais je ne voudrais pas mobiliser ce blog pour dialoguer avec vous...
Donc si jamais, on peut poursuivre ailleurs.
Merci encore à Jean-Michel Olivier de l'accueil réservé à ces échanges, sachant les points de vue divers mais tous intéressants, défendables et opposables. Dans les règles de l'art, ce qui est bien agréable.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 15/05/2011

Hélène, ce serait pour moi aussi un grand plaisir de vous rencontrer à Genève.

Je pense m'y rendre justement en 2012 pour l'année "Rousseau pour tous".

Moi non plus je ne voudrais pas abuser en poursuivant cette conversation sur ce blog. Comment peut-on procéder pour poursuivre notre dialogue ?

Je remercie moi aussi Jean-Michel Olivier de son accueil.

Écrit par : Laurence | 15/05/2011

Il y a mes blogs sur lesquels je pourrai vous répondre si vous postez un commentaire. Je serai plus à l'aise mais cela n'empêche en rien la poursuite des échanges avec tous, évidemment et bien au contraire. Mais c'est par égard envers jmo...il l'aura compris, je pense.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 15/05/2011

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