04/05/2011

Souvenirs du Salon (2)

IMG_0445.JPGLes Salons du Livre, croyez-moi, c'est la barbe. Bruxelles, Paris, Genève : le topo est toujours le même. A moitié dissimulés derrière une pile de livres, les auteurs font l'article, comme les dames dans les vitrines, mais avec sans doute moins de succès. Chacun essaie de vendre ses charmes. Sourires. Paroles amènes. Regards accrocheurs. Parfois, ça marche. Le plus souvent, on en est quitte pour un long soliloque, au terme duquel le chaland (et bien plus souvent la chalande) repose le livre qu'il tient dans les mains (le vôtre, donc) et s'en va avec une moue dédaigneuse. Pendant ce temps, votre voisin de table, qui, lui, a signé quelques livres, vous regarde du coin de l'oeil en ricanant...

Mais faut-il rencontrer, à tout prix, les écrivains dont on aime les livres ? À part quelques fétichistes (dont je suis) toujours avides d'exemplaires dédicacés, qui peut bien s'intéresser aux auteurs ? La lecture n'est-elle pas ce plaisir solitaire, parfois même clandestin, qui exige du lecteur à la fois le silence, le secret et la solitude ?

Heureusement, il y a les rencontres. C'est la seule et la meilleure raison de fréquenter les Salons du livre. Les rencontres obligées, qu'on appelle pompeusement « signatures » ou « dédicaces ». Et les rencontres imprévues. Comme, par exemple, celle de Stéphanie Pahud (photo 1), maître-assistante à l'UNIL et auteure/autrice d'un épatant Petit traité de désobéissance féministe* (voir un article du Temps, ici), qui signe, en toute quiétude, de sa plus belle plume, un exemplaire de son livre. Dans la seconde partie de son Petit traité, Stéphanie Pahud interroge une trentaine de personnalités romandes sur leur vision du féminisme. Réponses passionnantes, qui n'échappent pas à la doxa dominante (tout le monde ici, ou presque — même Michel Zendali ! —, est féministe!). Mais qui trace un portrait assez juste et nuancé de l'époque. Dans la première partie, Stéphanie Pahud analyse avec finesse et (im)pertinence les clichés qui entourent le féminisme aujourd'hui. Images à l'appui. Un livre à lire et à faire lire.

Autre rencontre, au Salon africain, celle de Gorgui Wade NDOYE, journaliste et animateur du site continentpremier.com. IMG_0447.JPGJe me réjouissais et appréhendais au peu les débats prévus autour de L'Amour nègre. Vous imaginez pourquoi. Mais quand on aime la provocation (et le titre du livre est provocateur), il faut assumer, n'est-ce pas ? J'attendais ce moment depuis longtemps : parler du roman avec les premiers intéressés, lecteurs du continent premier, précisément : les Africains. La rencontre — et les débats (plus de deux heures !) — ont été passionnants, drôles, émouvants. En un mot : très enrichissants. Les questions ont fusé. J'ai essayé d'y répondre le mieux possible. Les débats étaient animés par Gorgui Wade Ndoye, blogueur émérite de la TdG et de 24Heures (voici son blog), journaliste et animateur du site Continent Premier. Un grand moment de partage et de dialogue. Merci Gorgui !

* Stéphanie Pahud, Petit traité de désobéissance féministe, éditions Arttesia, 2011.

Commentaires

Je comprends votre propos mais je pense qu'il ne faut pas non plus cracher sur la soupe.Comme vous, je goûte peu les salons du livre et suis de votre avis lorsque vous écrivez que "La lecture n'est-elle pas ce plaisir solitaire, parfois même clandestin, qui exige du lecteur à la fois le silence, le secret et la solitude?"

Cependant, est-on vraiment obligé de signer? Je ne le crois pas donc si cela nous gêne, pourquoi ne pas en faire part à l'éditeur?

Cela dit, je pense que des tables rondes telles que celle que vous évoquez sont très riches et certainement chargées d'émotions.

Cordialement,
HRF

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 04/05/2011

Les Salons du Livre me font toujours peur, Hélène. C'est pourquoi j'y vais à reculons. Mais, une fois vaincue cette appréhension, je ne regrette jamais d'y être allé. Au-delà de l'aspect commercial (les « signatures », le côté « faire l'article »), c'est une occasion exceptionnelle de rencontres et de débats. Donc il faut y aller! Bien à vous. JMO

Écrit par : jmo | 04/05/2011

Merci de votre réponse, Jean-Michel!

Le rapport du lecteur avec l'écrivain serait un beau sujet de débat, je trouve. Car si, comme vous, je pense incontournables silence et intimité qui les lient, d'autres dimensions, subtiles, se manifestent lors de rencontres et de partages que j'affectionne et prise, comme vous.

A bientôt donc, peut-être, pour un échange de points de vue et d'impressions!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 04/05/2011

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Écrit par : Kurt Penberg | 09/05/2011

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