10/10/2010

Petite fable

images-2.jpegJohn grandit normalement, mais il ne parle pas, au grand désespoir de ses parents.

Vers l'âge de seize ans, il dit enfin à l'heure du thè : « J'aimerais bien un peu de sucre. »

Sa mère, émerveillée : « Mais, John, pourquoi n'as-tu rien dit jusqu'ici ?

— Jusqu'ici, dit John, tout était parfait. »

Si tout est parfait, le langage est inutile. C'est vrai pour les bêtes. Si les bêtes ne parlent pas, c'est que tout est parfait pour elles. Si un jour elles se mettaient à parler, c'est que le monde aura perdu une certaine perfection.

Jean Baudrillard (1929-2007), Cool memories, Galilée, 1987.

12:35 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : baudrillard, langage | | |  Facebook

Commentaires

Très joli. Et très discutable! ;-)

Si la perfection était telle qu'il ne reste qu'à disparaître? Et si parler c'était disparaître en laissant des part de soi lancées au vent?

Écrit par : hommelibre | 10/10/2010

Jolie histoire, mais en voici une autre.
Un savant en vacances fait une ballade en bateau avec un jeune marin.
- Sais-tu écrire ? demande le savant
- Non
- Alors tu as perdu le quart de ta vie. Mais peut-être que tu sais lire.
- Non
- Sais-tu que sans savoir ni lire ni écrire tu perds la moitié de ta vie ?
- Je ne sais pas.
A ce moment survient une énorme vague et le jeune marin demande au savant :
- Sais-tu nager ?
- Non
- Alors tu as perdu ta vie.

Si cette histoire est drôle, elle permet de prendre conscience que dans tout être humain se trouvent des valeurs qu'il nous importe de découvrir, de comprendre et de respecter ... qu'il parle ou non !

Écrit par : Lambert | 11/10/2010

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