07/10/2010

Anne-Lise Grobéty nous a quittés

images.jpegIl y a des jours, comme ça, où l'on est réveillé par une mauvaise nouvelle : Anne-Lise Grobéty est décédée d'une maladie tenace et souvent incurable. Pour l'avoir lue et invitée dans mes classes, je l'avais rencontrée plusieurs fois. Elle était douce et volontaire, généreuse et drôle (ce qui n'est pas le propre des écrivains romands). Elle était née à La Chaux-de-Fonds le 29 décembre 1949, première de deux filles d'une famille ouvrière. Après le collège, elle entre à la Faculté des lettres de l'Université de Neuchâtel où elle ne trouve cependant pas son compte. C'est alors qu'elle publie Pour mourir en février aux Editions des "Cahiers de la Renaissance vaudoise" (1970) que dirige Bertil Galland. Le roman obtient le Prix Georges Nicole et connaît un succès immédiat. Il sera réédité par les Editions Bertil Galland (Vevey, 1975) puis par les Editions 24 Heures (Lausanne, 1984), avec une édition "Poche Suisse" aux Editions l'Age d'homme (Lausanne, 1988). En 1969, elle s'engage comme stagiaire-journaliste à "La Feuille d'Avis de Neuchâtel" (devenue "L'Express"). Elle se consacrera ensuite à l'écriture.

Partagée entre l'écriture, la vie de famille et la politique (elle sera députée socialiste au Grand Conseil neuchâtelois), Anne-Lise Grobéty publie peu de livres, mais des livres importants, chez Bernard Campiche, son dernier éditeur. Citons seulement quelques titres comme La Fiancée d'hiver, Contes-Gouttes (1994), Infiniment plus (1989, Belle dame qui mord (1992), Amour mode majeur (2004), La corde de mi (2006), Jusqu'à pareil éclat (2007) et enfin L'abat-jour (Editions d'Autre part, 2008).

images-1.jpegSon œuvre est marquée par une approche poétique de la vie, par une ironie tendre, ainsi que par un souci tout à fait remarqquable de la condition des femmes (en particulier des femmes écrivains). Cela se lit dans les romans d'Anne-Lise Grobéty, mais aussi dans ses textes plus militants, comme Écriture féminine ou féministe ? (Éditions Zoé, 1983) ou encore ses articles sur Monique Saint-Hélier ou Alice Rivaz (« Ce nom qui est devenu le sien », in Écriture, 48, 1996).

Anne-Lise Grobéty va beaucoup manquer à la littérature romande — et d'ailleurs.

 

 

14:20 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : anne-lise grobéty, littérature romande, féminisme | | |  Facebook

Commentaires

Triste nouvelle, Jean-Michel, mais bel hommage,

Écrit par : Jean Romain | 07/10/2010

Triste nouvelle c'est vrai. Et quelle perte pour la litterature suisse et francophone.
J'aimais parler à Anne-Lise, au détour de salon du livre,et chaque nouveau livre était un véritable plaisir.
Voilà que "la belle dame qui mord" l'a happée cette souriante fiancée d'hiver !Sa voix nous reste et..ses livres !

Écrit par : jean | 07/10/2010

Avec son roman La Corde de mi, Anne-Lise Grobéty avait été élue coup de coeur Lettres frontière par les lecteurs de la médiathque de la Cotonne, annexe de la médiathèque de Saint-Etienne en Rhône-Alpes.
Le 6 mai 2008, elle était venue rencontrer les lecteurs. Ce fut une rencontre riche, avec une femme simple et chaleureuse, qui ne se targuait pas de son statut d'écrivain. Une femme qui savait parler de sa passion pour l'écriture et la faire partager. Un moment inoubliable pour toutes celles et tous ceux qui étaient présents.
Elle va beaucoup nous manquer.

Écrit par : Christine VICTOIRE | 08/10/2010

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