29/06/2010

La belle ténébreuse

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On ne présente plus Jerome Charyn, né à New York en 1937 et auteur d'une vingtaine de romans, d'essais et de bandes dessinées (en collaboration avec Boucq et Loustal) : c'est sans doute l'un des écrivains les plus marquants que les Etats-Unis nous aient donnés (inoubliable Poisson-chat ou encore Frog).

Lui aussi, et de quelle manière, se penche sur son enfance, dans La Belle ténébreuse de Biélorussie** qui est une traversée magique du Bronx des années quarante, et un portrait époustouflant de femme (sa mère) constamment exilée d'elle-même. Originaire de Moguilev, en Russie blanche, réfugiée aux Etats-Unis pendant la guerre, Faigele (en yiddish : oiseau), doit survivre et faire vivre sa famille. Mais qu'elle soit croupière pour le compte d'un gros bonnet du Bronx, « chameau » pour son ami Chick, véritable Robin des Bois du marché noir ou, de retour à l'usine, trempeuse de cerises dans du chocolat, Faigele traverse la vie en somnambule, toujours sur « une ligne brisée », et suscite la fascination (et quelquefois la peur) partout où elle passe.

C'est son fils Jerome (dit la Teigne) qui raconte l'histoire, trace le portrait d'une mère aux manières insolentes qui n'a pas froid aux yeux, comme on dit, et brave les dangers les plus extrêmes. Mais c'est plus qu'un portrait, une photographie aux contours plus ou moins nets : il s'agit d'une légende (toute mère, pour son fils, n'est-elle pas une légende vivante ?) et aussi d'une interrogation sur l'origine de l'écriture. Comment devient-on écrivain, et pourquoi ? Chez Charyn, exilé russe parmi les exilés, puis chassé de l'école, écrire est une opération de survie : « il fallait que nous fixions chaque mot, que nous le fassions résonner sur notre langue, avant qu'il ne consente à nous livrer son secret. Les mots flottaient, accrochés à un filin, tels des navires sur une mer moutonneuse, et il fallait leur accorder toute l'attention d'un capitaine au long cours si l'on voulait jamais apprendre à lire. »

*Jerome Charyn, La belle ténébreuse de Biélorussie, Folio.

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28/06/2010

À quoi sert le théâtre ?

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On connaissait Sylviane Dupuis pour ses recueils de poésie (D'un lieu l'autre, publié en 1985 par Empreintes, et surtout Creuser la nuit, paru la même année), un essai sur l'errance (Travaux de voyage, Zoé, 1992) et ses pièces de théâtre, comme La Seconde chute, par exemple, jouée au Théâtre de Poche. Les Editions Zoé ont eu la bonne idée de rassembler les textes que Sylviane Dupuis a donnés, de mars 1994 à aout 1995, à la revue du Théâtre du Grütli et qui forment un intéressant petit volume, à la fois provoquant et éclairant*, volume lui-même doté d'une postface d'Eric Eigenmann.

Passionnée de théâtre, Sylviane Dupuis l'est depuis toujours et sans doute est-elle bien placée, en tant que spectatrice et auteur elle-même de plusieurs pièces, pour en parler. Son livre est une promenade érudite et plaisante à travers le(s) théâtre(s) d'aujourd'hui. Chaque chapitre prend comme point de départ une représentation : cela va de L'Homme qui…, dans la fameuse mise en scène de Peter Brook, au Faust médusant de Strehler, en passant par tous ceux qui inventent aujourd'hui le théâtre : Stéphane Braunschweig, Valère Novarina ou Koltès.

La réflexion est fine, non seulement documentée (Sylviane Dupuis, qui est aussi enseignante, connaît très bien l'histoire du théâtre), mais aussi engagée, au sens existentiel du terme. Et l'on tire un grand profit à la lecture de ces pages à la fois modestes et pénétrantes, qui sont le fruit d'une expérience véritable du théâtre.

* Sylviane Dupuis, À quoi sert le théâtre ? MiniZoé, 1998.

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24/06/2010

L'Amour fantôme

Publicité bien ordonnée commence par soi-même !

C_OLIVIER_Amour_MYW.jpg« Un petit roi, un papa vite effacé, une mère lascive. Œdipe hante toujours la littérature. Constamment remise au goût du jour, sa figure a subi des liftings. Dans L'Amour fantôme, Jean-Michel Olivier réussit où tant d'autres ont échoué. Sans paraphraser le mythe. Avec de jolis coups de scalpel. L'auteur a la plume incisive. Surtout quand il s'agit de démonter les absurdités des prêcheurs d'Apocalypse. Il promène un regard ironique sur les aventures du pauvre Colin. Il décrit parfois avec froideur ses personnages. Mais il sait aussi, dans des scènes intimes, retrouver la langue, fraîche et maladroite, de l'amour. Quant aux clins d'œil à la tragédie antique, ils restent subtils (la mère se prénomme Reine et Colin est malvoyant). Sophocle peut dormir tranquille. La relève est assurée. »
Emmanuel Cuénod, La Tribune de Genève

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17/06/2010

Vallée de la Mort

1013771711.2.jpgIci l'hiver ressemble au paradis. Il se décline en jaune. Brun délavé. Avec des couches d'un bleu cobalt intense. La lumière tombe à la verticale. Le vent souffle en bourrasques tièdes. La mer est oubliée. On roule dans le désert depuis deux heures. La Vallée de la Mort. Au début je croyais que c'est là que les Blancs enterraient leurs ancêtres. Chez nous on les enferme dans des grottes. Ou on les brûle. On conserve leur crâne dans le sel et le salpêtre. Mais Matt m'a expliqué que la Vallée n'est pas un cimetière. Il n'y a pas de nécropole ou de charnier.
Juste quelques tombes disséminées le long des routes. Au bord des lacs gelés.
« Ce sont des champs de sel, corrige Matt.
— On dirait de la glace.
— Non, Ad. C'est du sel. »
La voiture roule à vive allure. Il n'y a personne sur la toute poudreuse. Matt a mis la sono à fond. Donald Fagan. New Frontier. De temps à autre, il actionne les essuie-glaces. Pas pour la pluie. Car il ne pleut jamais dans le désert. Mais pour balayer le tumbleweed. Une sorte de végétation sèche que le vent fait tourner. Et qui disperse ses graines aux quatre vents.
« Comme la mauvaise herbe, dit Matt.
— Tout est de la mauvaise herbe, je dis.
— Ouais, dit Matt, étonné. On est tous de la mauvaise herbe.
— C'est le secret du monde. »
Midi.
C'est la fournaise. Les portes de l'enfer.
On roule au milieu des rochers sur une terre friable d'un brun décoloré. Pleine de rides. De craquelures.
« On va où, papa ?
— Nulle part, fiston. On roule.
— Mais on va toujours quelque part, j'insiste.
— On traverse la Vallée de la Mort. »
Matt aime frimer. Il joue au dur. Mais il connaît le chemin par cœur. On traverse Pomona. Bloomington. Fontana. On prend la route 15 jusqu'à Victorville. La même route qu'il emprunte quand il va jouer à Vegas. Au craps. Au pocker. Il tombe sur des filles à la dégaine incroyable. Cheveux bouclés et teints en rose. Débardeur en jersey à bretelles spaghetti. Pour montrer qu'elles n'ont pas de soutien-gorge. Minijupe en cuir vert fluo. Talons strassés d'au moins vingt centimètres. Il les invite à boire un verre. D'autres filles rappliquent au bar. Cheveux peroxydés. Yeux maquillés comme des hiboux. Top moulant Calvin Klein. Ici tout le monde le connaît. Surtout les femmes. Pas besoin de présentations. C'est tout de suite de Oh ! Des Ah ! Des Cool !
L'extase à portée de regard.
Il rit. Toujours un peu embarrassé.
« Le plus bizarre, Adam, c'est tous ces gens qui te connaissent. Et que toi tu ne connais pas.
— Pourquoi ?
— Ils savent tout de ta vie. Les petits drames et le bonheurs. Les angoisses. Les déceptions. Même les rêves…
— Les rêves ?
— Oui. Ils ont même pénétré dans tes rêves… Ils les habitent. Ils se les sont appropriés…
— Comment ça ?
— En lisant les journaux people…
— C'est terrible !
— Oui. D'autant que ces rêves, en général, ne sont pas les tiens. C'est de la pacotille…
— Pourquoi ?
— Une image fabriquée par les studios. »
Matt allume une cigarette. Une chanson de Yes passe à la radio. Owner Of a Lonely Heart. Il augmente le volume. Il ferme les yeux. Il bat le rythme sur le volant de la voiture. Il aspire une longue bouffée de cigarette.
« Le plus troublant, enchaîne Matt, c'est que tu n'es jamais toi-même…
— Tu veux dire que les filles…
— Ouais. Elles ne tombent pas amoureuses de toi. Mais d'un rôle. D'une image…
— Ça ne t'empêche pas de les sauter !
— Langage, Adam !
— Je veux dire d'entretenir avec elles des relations rapprochées.
— J'avais compris, fiston.
— Qu'est-ce qui t'embête alors ?
— Le problème, c'est qu'à la fin, tu ne t'y retrouves plus toi-même…
— Comment ça ?
— C'est le miroir aux alouettes. À force de jouer tous les rôles, on n'est plus rien. Plus personne. »
Il fait des volutes de fumée. De sa voix haut perchée Dewey Bunnell chante A Horse With No Name. Guitare acoustique. Basse. Bongos. Le paradis sur terre.
« C'est pour ça que tu viens dans le désert ?
— Bien vu, Adam. »
Il bâille. Des larmes noient ses yeux. Il prend une bouteille sous son siège. Il boit une rasade au goulot. Ce bon vieux Jack Daniels. Il récite quelque chose. Je ne comprends pas tout. La musique est trop forte. Ramiro Musotto et son Orchestra Sudaka. Avec Omar Sosa au piano. Delicado. On plane les deux au bord du vide.

C'est ainsi que je veux te garder,
loin au fond du miroir,
comme toi-même tu t'y es mise,
loin de tous.
Pourquoi viens-tu autrement ?
Pourquoi te renies-tu ?



La musique s'est arrêtée. Matt boit une gorgée de bourbon.
« Qu'est-ce que c'est ? je dis.
Les Élégies de Duino. Un poème de Rilke. Il a trouvé les mots pour dire ce que je ressens. »
Sa voix s'éteint. Il reste un moment sans parler. On est au cœur de la fournaise. Dehors il fait 50°. La clim tourne à plein régime. Pas un souffle de vent. Rien que le désert à perte de vue. La terre brune et durcie. Ridée comme une peau d'éléphant.
« C'est l'hiver, dit Matt d'une voix mystérieuse. La Vallée de la Mort. »
On roule encore un peu. Sheryl Crow chante Leaving Las Vegas. Matt arrête la voiture près d'une cabane abandonnée. Il sort. Il ouvre le coffre. Il prend la carabine enroulée dans un peau de chamois. Il me dit de venir avec lui. Le ciel est transparent. D'un bleu liquide. Comme les yeux de Matt. Je commence à avoir les jetons. Matt a mis sa casquette des Lakers. Il a des plaques rouges sur le visage. Il crie. Les doigts crispés sur la gâchette. Des trucs que je ne comprends pas. Il met la carabine en joue. Il la pointe sur moi. Mon cœur s'arrête. Non. J'ai envie de hurler. Ne me tue pas. Je ferai tout ce que tu veux. Je serai un bon fils. J'ai tellement peur que je mouille mon pantalon. Au dernier moment, Matt vise le ciel. Il tire. Il recharge son arme. Il vise les rochers. Nouvelle détonation. Avec l'écho les coups de feu font un boucan d'enfer. Matt vide son chargeur. J'ai les oreilles en marmelade.
Mon père frissonne. Il est pâle comme un mort. Je cours vers la voiture. Matt me rejoint sans un mot. Visage bouffi. Regard perdu dans le vide. Il s'assied au volant. Il boit une rasade de bourbon. Il tourne la clé. Moteur au ralenti. Il allume la radio. On roule un bon moment sur la route grise. À un carrefour Matt tourne à gauche. On rejoint la 395 jusqu'à Ridgecrest. Janis Joplin chante I Got Dem Ol' Kozmic Blues Again Mama.

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14/06/2010

Hervé Loichemol à la Comédie : une bonne nouvelle pour Genève ?

images.jpegJe viens de croiser dans la rue un ami comédien qui sortait de la conférence de presse annonçant le nom du nouveau directeur de la Comédie. Il me regarde avec un sourire mi-figue, mi-raisin. « J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer, me dit-il. La bonne ? Anne Bisang quitte la Comédie l'année prochaine. Et la mauvaise ? C'est Hervé Loichemol qui vient d'être nommé pour la remplacer… »

On connaît les intrigues qui ont présidé, comme chaque fois, à la nomination du nouveau directeur de la Comédie. La Fondation d'Art Dramatique qu'on accuse de tous les maux (en particulier d'avoir écarté des dossiers intéressants venant de l'étranger). Un processus de nomination opaque et faisant la part belle aux pressions extérieures. On parlera encore une fois de la république des copains. Etc. Le même psychodrame s'était produit lors de la nomination de l'immense Benno Besson (qu'on n'a jamais, hélas, remplacé), puis celle Claude Stratz (brillant metteur en scène), puis d'Anne Bisang.

Normal : c'est la Comédie de Genève!

Hervé Loichemol, donc. En le choisissant, la FAD a privilégié un projet local. Pour ne pas dire régional. L'heureux élu ayant longtemps dirigé, à Ferney, la Ferme du Châtelard (un théâtre qui a connu, on s'en souvient, quelques embrouilles avec la justice). Ce choix s'est fait, sans doute, au détriment de candidats plus prestigieux (on parlait d'Eric Lacascade et de Philippe Sireuil). Au détriment, aussi, de metteurs en scène de grande qualité (je pense à Omar Porras). On pouvait rêver, pour la nouvelle Comédie déplacée aux Eaux-Vives, d'un metteur en scène d'envergure disons « internationale ». Ce qui aurait été la moindre des choses pour diriger un théatre flambant neuf qui suscite beaucoup d'attentes et d'espérances. Parmi le public. Mais aussi parmi les comédiennes et comédiens romands. Le choix s'est porté un candidat dont la carte de visite, à cet égard, est plutôt mince. Il reste à lui souhaiter bonne chance. Il lui en faudra pour relever un défi particulièrement exigeant.

 

19:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : comédie, theâtre, geneve, hervé loichemol | | |  Facebook

11/06/2010

Roman des Romands : une sélection moins provinciale

images.jpegVoici, en primeur, la deuxième sélection du Roman des Romands, dont le Prix (doté de 15'000 Frs) sera remis en janvier prochain. Rappelons que cette initiative — faire lire et rencontrer aux lycéens, gymnasiens, collégiens romands la fine fleur des écrivains dans ce pays — est due à Fabienne Althaus, enseignante au Collège de Saussure, qui n'a ménagé ni son temps ni son énergie pour mettre sur pied ce Prix, soutenu par tous les cantons romands.

Les auteurs sélectionnés cette année sont au nombre de onze (6 hommes et 5 femmes). Après une première sélection 2009 très « provinciale », et à vrai dire assez médiocre (on ne comptait, à mon sens, que trois véritables écrivains : Pascale Kramer, Yasmine Char et Alain Bagnoud), la sélection de cette année semble plus équilibrée. Les grands éditeurs n'ont pas été oubliés (mis à part l'Âge d'Homme, le plus important éditeur de Suisse romande !). Tous ces ouvrages ont déjà été ou feront l'objet d'une note de lecture dès que je les aurai lus…

BURRI, Julien. Poupée. Campiche.

CHATELAIN, Sylviane. Dans un instant. Campiche.

FONTANET, Mathilde. L’Etang. Metropolis.

GAULIS, Marie. Lauriers amers. Zoé.

GLIKINE Alexandre. Alypios. Ed La Différence

LOVEY, Catherine. Un roman russe et drôle. Zoé.

MEIZOZ, Jérôme. Fantômes. Ed D’en Bas

REVAZ, Noëlle. Efina. Gallimard.

SANDOZ, Thomas. Même en en Terre. Ed D’autre part.

SONNAY, Jean-François. Le pont. Campiche.

TESTA, Philippe. Sonny. Navarino.

Un seul regret : les trois meilleurs livres parus en Suisse romande cette année ne font pas partie de cette liste ! Les voici :

1) Cancer du Capricorne, de Jean-Jacques Busino (Rivages, 2009).

2) Saga Le Corbusier, de Nicolas Verdan (Campiche, 2009).

3) La Chute de l'Homme, d'Antonio Albanese (l'Âge d'Homme, 2009). Prix des Auditeurs de la RSR 2010.

13:45 Publié dans livres en fête | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : roman des romands, sélection, littérature suisse | | |  Facebook

07/06/2010

Still crazy after all these years

Le premier « tube » de Sheryl Crow, il y a bientôt vingt ans. All I Wanna Do.

Impossible d'échapper au swing de la chanteuse texane. Qui nous console des malheurs politiques…

 

18:45 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sheryl crow, all i wanna do, musique, amérique | | |  Facebook

06/06/2010

Le scoop d'Israël

images.jpegTous les médias du monde l'ont présenté comme un scoop. L'armée israélienne a arraisonné samedi un bateau irlandais qui faisait route vers Gaza avec des vivres et du matériel humanitaire. Cela n'étonnera personne. Puisque l'État hébreux dicte sa loi sur toute cette partie de la Méditerranée. Ce qui est étonnant, c'est que l'intervention s'est faite sans violence. C'est le scoop. Aucun coup. Pas une goutte de sang. Il faut dire que le Rachel Corrie, à bord duquel voyageaient 15 personnes de nationalité irlandaise et malaisienne ne transportait aucun terroriste-barbu-islamiste-enragé admirateur de Ben Laden. Mais, au contraire, du beau monde. Un prix Nobel de la paix irlandais et un ancien responsable de l'ONU. Ceci explique sans doute cela.

Après le bain de sang de la première flotille attaquée par Tsahal (voir ici l'interview d'un chercheur zurichois présent sur le bateau), on ne peut que s'en réjouir.

 ce propos, on mentionnera tout de même le résultat de l'autopsie des victimes de l'attaque israélienne. Presque toutes ont été abattues de plusieurs balles tirées à bout portant. Dans le front. Dans la nuque. Dans la poitrine. Dans le dos. Ce qui ressemble assez peu à un acte de légitime défense. Mais davantage à une exécution, programmée ou non.

Espérons qu'une enquête internationale, indépendante des deux parties, fera toute la lumière sur ce sinistre épisode d'une guerre, hélas, sans fin.

17:56 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : flotille, gaza, israël | | |  Facebook

03/06/2010

Boutique d'amour

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C’est la nuit du bambou. Avec l’arrivée des touristes, la fièvre a gagné le village. Il y a du plaisir et des sous à glaner. Des ombres filent comme des panthères d’une case à l’autre. On entend des soupirs, des feulements, des cris de chauve-souris.

Vers minuit, quelqu’un frappe à la case voisine.

« Qui est là ? dit une voix d’homme.

C’est l’amour. »

On entend l’homme glousser, puis la porte de bois s’ouvre en grinçant.

« Je fais boutique du cul, dit une voix de jeune fille. Trou pipi. Trou caca. Trou miam-miam! »


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01/06/2010

La folie d'Israël

101294_47392.jpgQuelle folie a donc frappé Israël pour envoyer au tire-pipe une poignée de soldats inconscients sur une frégate occupée par plusieurs centaines de sympathisants palestiniens (parmi lesquels, sans doute, il devait se trouver quelques bonnes âmes humanitaires) ? Comment expliquer une telle bêtise ? Comment justifier un tel massacre ?

La réponse est simple. Israël ne reçoit de leçons de personne. Depuis toujours. Et à jamais. Israël ne respecte ni les résolutions de l'ONU, ni les eaux internationales. Israël n'accepte aucune critique, aucun conseil, même s'il vient de ses amis. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'Israël est au-dessus des lois. Humaines, en particulier. Son État ne s'estime pas tenu d'obéir aux règles du Droit qui régissent la presque totalité des habitants de la terre.

Constat effarant. Effrayant. Qui isole chaque jour davantage Israël du reste du monde.

N'y avait-il vraiment aucun autre moyen d'arraisonner ces bateaux humanitaires ? Personne ne pouvait-il prévoir le déroulement et le dénouement de ce raid meurtrier ? N'y a-t-il plus un seul Sage en Palestine ?

Nous avons déjà parlé ici du sort misérable réservé aux habitants de la bande de Gaza (où nous avons plusieurs amis). Manque de nourriture. Electricité coupée par l'occupant. Terreur entretenue par les milices militaires. Si quelqu'un mérite notre empathie et notre solidarité, ce sont bien les habitants de ces territoires martyrs.

La manière propre à Israël de résoudre les conflits (dans le sang) — les crimes, la bêtise, l'humiliation — renforcera chaque jour davantage la détermination d'un peuple qui se bat. Non seulement pour conserver une terre qu'on ne lui a jamais accordée. Mais d'abord et avant tout pour sa survie.

14:25 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : israël, raid meurtrier, palestine, bande de gaza, turquie | | |  Facebook