25/03/2010

L'amour des cendres*

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Ce soir, Iris a mis son blazer Ungaro, sa jupe trench et ses sandales en daim. Elle a rangé son rouge à lèvres, son mascara et son portable dans sa minaudière en satin assortie aux sandales. Et moi j’ai mis mon costume en lin flambant neuf Lucas Delli et les baskets Versace qu’Iris vient de m’offrir. Elle est suspendue à mon bras. Liberté éblouie. On se balade dans la grande rue de Maputa au milieu des motos pétaradantes, des vendeuses de coquillages et de batik, de quincaillerie bidon. On croise des types en catogan habillés à l’européenne qui tirent sur leur kretek et lorgnent les femmes blanches à la retraite. Des filles astiquées comme des vases en vermeil sucent des glaces au jasmin. Dans une boutique, la voix d’Avril Lavigne fait trembler la sono. Together. On suit un groupe d’hommes et de femmes qui se dirigent à pas lents vers la plage. Ils sont en habits de cérémonie. Les femmes portent sur la tête des grands plateaux chargés d’offrandes de fruits, de fleurs, de galettes de riz. Les hommes fument des cigarettes en rigolant, puis vont rejoindre l’orchestre de gamelan qui se prépare à jouer.

« Allons voir de plus près, dit Iris, intriguée. J’ai toujours rêvé d’assister à une crémation. »

C’est bizarre, mais j’accompagne Iris dans la foule bourdonnante. Autrefois, dans mon village, on enterrait debout, dans un trou creusé par les jeunes gens, un volontaire vivant auquel on plantait un clou dans le crâne et au-dessus duquel on élevait une terrasse qu’on entourait d’arbres. Sur cette terrasse étaient ensuite sacrifiés périodiquement des animaux, et l’abondance régnait pour toujours au village. Mais c’était il y a longtemps. Avant la construction du grand barrage.

« Ici, me dit Iris, les familles conservent parfois des mois ou des années le corps du défunt avant de le brûler, car ils n’ont pas les moyens de payer la cérémonie. Le jour venu, on débarrasse le squelette de toute souillure (car le feu ne peut purifier que les os). On confectionne des effigies du mort, composées de deux visages. L’un est taillé dans une feuille de palmier, l’autre dessiné sur un petit morceau de bois de santal. Ces effigies sont déposées au milieu des ossements qu’on emballe dans des draps blancs… »

On entend battre le tambour sur la plage. Des hommes soulèvent le cadavre et, par un escalier de bambou très raide, le hissent jusqu’en haut d’une tour à plusieurs étages. Puis on se rend en procession jusqu’au cimetière. Des hommes aspergent le chemin avec de l’eau lustrale. Des enfants suivent en chantant et en agitant des tessons de miroir. On traverse un ruisseau. Tout le monde éclabousse son voisin en riant. Les démons qui ont horreur de l’eau s’enfuient dans la forêt. À chaque carrefour, un homme tire un feu d’artifice, on fait trois décrire cercles à la tour bringuebalante. Les gourdes de vin de palme passent de bouche en bouche. Une odeur de sueur et de vin se mêle à l’odeur de l’encens qui brûle autour du corps. On fait encore trois fois le tour du cimetière. On libère des pigeons de leur cage (ils montreront le chemin du ciel à l’âme du mort). On va chercher le corps du mort. On le dépose dans un sarcophage qui a la forme d’un taureau ou d’un lion ailé ou d’un éléphant pourvu d’une queue de poisson.

Au milieu du cimetière, surmonté d’un immense baldaquin, il y a un échafaudage en bambou. Un prêtre et sa sœur, juchés sur l’échafaudage, dirigent la cérémonie.

« Regarde ! dit Iris, ils vont allumer le bûcher… »

Je commence à trembler. Le ciel est noir et vide. Autour de nous, les hommes poussent des cris éraillés.

Quelqu’un asperge encore une fois le corps avec de l’eau sacrée et le prêtre met le feu au bûcher. Iris se penche vers moi en frissonnant. Elle cache son visage contre ma poitrine. On dit que l’âme du mort se pose d’abord sur les feuilles d’un waringin, puis qu’elle émigre vers une fleur de lotus.

C’est l’heure des derniers adieux. Tout le monde s’accroupit, les mains jointes posées sur le front. L’orchestre se déchaîne sur ses gongs et ses tambours. Les enfants hurlent comme des loups et moi je tremble comme un enfant. Une fumée grise monte vers le ciel qui se déchire. Les femmes agitent des branches de palmier ou des feuilles de lontar. Devant nous, un homme est pris de convulsions et se roule dans la poussière. Je suis tétanisé de peur.

On entend un bruit mat : c’est le crâne du mort qui explose.

Puis on retire des cendres les ossements calcinés. On les enferme dans une jeune noix de coco. Tout le monde se rend en procession jusqu’à la mer et l’on confie aux vagues ce qui reste du mort, au milieu des prières et des pleurs.

« Avec un peu de chance, me glisse Iris, les ossements vogueront jusqu’au Gange… »

On s’assied dans le sable, on regarde les vagues déferler doucement, on s’embrasse et on a moins peur.

Avec des cris de joie, tous ceux qui ont participé à la cérémonie se jettent à l’eau. Chacun éclabousse son voisin. Chacun se rafraîchit et purifie son corps. La mer est noire comme le ciel. Les enfants crient autour de nous. Un prêtre charge les effigies du mort sur une pirogue à balancier, tandis qu’on brûle sur la plage la haute tour en bambou.

Je prends Iris par la main et je l’entraîne vers la mer. Elle balance ses sandales, sa minaudière, son blazer Ungaro. On se caresse. On s’embrasse. On entre dans l’eau tiède et peu profonde. Iris se colle à moi en frémissant. Elle me glisse à l’oreille des choses que je ne comprends pas. On a de l’eau jusqu’à la taille, puis jusqu’à la poitrine. Elle m’attire vers elle. Elle colle mon visage entre ses seins et tout son corps frissonne. J’essaie d’entrer en elle. Doucement. Iris ne s’ouvre pas : elle parle, elle saigne, elle est blessée.

* extrait d'un roman en chantier.

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18/03/2010

Deux Prix Rod pour 2010 !

images.jpegAprès Alexandre Voisard en 2008, le Prix Rod distingue cette année deux très bons écrivains romands : Olivier Beetschen, poète et animateur de la Revue de Belles-Lettres (photo de gauche) pour son recueil Après la comète* (voir ici) et Jil Silberstein (photo de droite), journaliste et écrivain au long cours, pour son récit Une Vie sans toi** (voir ici).images-1.jpeg

Fondé en 1996 par Mousse Boulanger et Jacques Chessex, ce (double) Prix Rod 2010 sera remis samedi 20 mars à 11 heures à l'Estrée, à Ropraz, un charmant village vaudois entre Lausanne et Moudon.

Venez fêter les lauréats avec nous !

Il y aura de la musique (la guitare de Gabor Kristof), un apéritif offert par la commune et la littérature sera à l'honneur toute la journée !


16/03/2010

Ferrat immortel

Que serais-je sans toi ? Et nous, que serions-nous sans les chansons de Jean Ferrat ?



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15/03/2010

La France Moixie

DownloadedFile.jpegLa France est un grand pays. Elle l'a toujours été. Patrie des Droits de l'Homme, berceau de la Révolution, elle a donné naissance aux plus grands artistes et écrivains, tant en peinture, qu'en musique ou en littérature. Elle a fait rayonner universellement une langue qui est devenue, assez vite, la langue de la diplomatie. C'est la France lumineuse, celle de Voltaire, Beaumarchais, Flaubert, Claudel, Camus, etc. Celle de la Résistance et de la Raison. Mais il y a aussi une autre France, profonde, ténébreuse, qui aime à se vautrer dans la boue des idées reçues, du racisme et de l'insulte. C'est la France de Yann Moix, médiocre cinéaste et écrivain raté. La France des pamphlets antisémites, des rafles et de la collaboration (un sport national). Une France à peine moins éternelle que l'autre, hélas, la France des Lumières.

A propos la Suisse, Yann Moix déclarait récemment au Matin (CH) : « Oui, c'est vrai, je déteste la Suisse. C'est un pays qui me dégoûte depuis longtemps. Je ne l'ai jamais aimé. C'est Gestapoland, j'ai toujours l'impression que quelqu'un va m'arrêter, là-bas. Ce qui m'énerve par-dessus tout, c'est cette espèce de neutralité sous laquelle on se déguise pour ne jamais avoir à s'engager. Au final, on est plus salaud que les salauds. » Et plus loin : « Il y en a ras le bol de la Suisse! Chaque fois qu'on en entend parler, c'est pour des histoires du même genre. S'il y a un pays inutile, c'est bien celui-là! C'est une dictature soft, nulle, qui ne génère rien, ne propose rien, ne fait qu'entériner les décisions des autres. La Suisse, c'est le néant. » Etc.

Inutile de commenter les propos de Yann Moix, tant ils respirent à la fois la haine, la stupidité et l'ignorance crasse de la réalité helvétique.

Autre manifestation de cette France moisie, dont Yann Moix est le triste représentant et qui gagne chaque jour du terrain : la rumeur qui, la semaine dernière, a enflammé le Web : Carla S. aurait trompé son petit Nicolas de mari ! De simple rumeur (en fait, une plaisanterie privée entre journalistes sur Twitter) cette « nouvelle » a fait le tour du monde et est devenue, en quelques heures, l'« information » la plus importante du moment. Quelle époque formidable ! Cette hystérie collective est un symptôme particulièrement inquiétant, selon moi, de cette France profonde, éternelle elle aussi, médiocre, infâme, qui cultive le ragot — ce qu'on pourrait appeler « le French cancan » —, à la manière de Yann Moix, pour éviter ou ignorer les vraies questions. Celles qui fâchent (le chômage, la dette extérieure, l'« identité nationale », les questions environnementales, etc.)

La France moisie, c'est aussi ça : préférer le cancan au vrai débat, et l'insulte à la confrontation libre des idées.

 

08:40 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : yann moix, suisse, france, pamphlet, polanski | | |  Facebook

08/03/2010

Ah ces belles carrosseries !

DownloadedFile-1.jpegChaque année, la ritournelle revient : est-ce que je vais au Salon ? Non pas au salon de massage, vous m'avez compris mais  au Salon de l'auto. Il faut savoir qu'à Genève, le Salon de l'auto est une institution. L'un des sept pilliers de la prospérité genevoise. Un must, quoi.

Le Salon, il y a longtemps que je n'y suis plus allé. Pourtant, pendant des années, je m'y suis rendu avec mon père, autant pour nous tenir au courant des derniers modèles de l'industrie automobile que pour admirer les belles carrosseries. Car le Salon, c'est aussi ça : depuis qu'un publiciste de génie a eu l'idée d'associer une voiture et une femme, les deux sont inséparables. Pour le meilleur et pour le pire. Qui rêve d'une belle femme doit acquérir une grosse cylindrée…

D'une année à l'autre, toutefois, les voitures sont de plus en plus laides, et les filles de plus en plus jolies.

Cette année, le must, c'est la voiture électrique. Merveille technologique. Pas de gaz polluants. Silencieuse. Confortable. Bref, parfaite pour nous faire croire, encore un peu, que la voiture a un grand avenir devant elle…

Pourtant, le problème, il me semble, ce n'est pas l'essence (qui viendra tôt ou tard à manquer), ni l'électricité (« énergie propre », comme ils disent). Non, le problème, c'est bien la voiture. La caisse, la bagnole, la tire, quoi…

Si l'on fait l'hypothèse (qu'essaient de nous vendre les grandes marques automobiles) que la voiture électrique va remplacer la voiture à essence, eh bien, mes amis, qu'est-ce qui va vraiment changer ? DownloadedFile-2.jpegY aura-t-il moins de bouchons ? Non. Circuler en ville ou ailleurs sera-t-il moins dangereux ? Non encore. Les problèmes de parking seront-ils résolus pour autant ? Non toujours. Avec la voiture électrique, ce sera encore pire. Il y aura davantage de véhicules, donc de danger. Et pour alimenter toutes ces petites merveilles électriques, il faudra construire, selon les spécialistes, deux, voire trois nouvelles centrales nucléaires (car nos centrales hydrauliques n'y suffiront pas). On voit dans quelle impasse essaient de nous mener les fans des voitures électriques…

Alors, pour nous consoler, profitons du Salon pour admirer, comme autrefois l'enfant avec son père, toutes ces belles carrosseries ! Et gardons le rêve intact…

 

10:29 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salon de l'auto, geneve, voiture électrique | | |  Facebook

05/03/2010

Le lobby des banksters

images-4.jpegRegardez-les en rang d'oignons ! Ils sont tous là, sur des pages entières de journaux, qui se donnent la main, comme les complices d'un hold up annoncé. Il y a là la libérale Martine Brunschwig-Graf, qui a ruiné l'école genevoise, le radical Fulvio Pelli, le non-candidat au Conseil Fédéral, le démocrate-chrétien Christophe Darbellay, le grand polichinelle déplumé, et l'UDC Yvan Perrin, l'homme au taser qui tire plus vite que son ombre : les Grandes Têtes Molles du carnaval politique au complet.

Hier, ils défendaient les banksters, le sauvetage de l'UBS par la Confédération, les bonus indécents des patrons. Aujourd'hui, sans état d'âme, ils défendent les assureurs qui veulent réduire les taux de conversion des rentes du deuxième pilier. Mais aujourd'hui comme hier, ils n'ont rien compris. Alors que les assurances, comme les banques, renouent avec les bénéfices et cherchent à attirer les actionnaires en leur promettant des rendements de rêve. Un seul exemple : Zürich Financial s’est ainsi fixé pour objectif un rendement de 16% sur le capital propre. Mais il ne serait plus possible d’obtenir ne serait-ce qu’un rendement moyen de 4% sur le capital de vieillesse des assuré-e-s ! N'y a-t-il pas là comme un problème ?

Face au lobby du mensonge, généreusement soutenu par les assurances, soyons réalistes : réclamons simplement ce qui nous est dû.

Il suffit de dire NON à la votation du 7 mars sur la réduction du taux de conversion.


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01/03/2010

Scène d'urgence ordinaire

images.jpegJeudi matin, ma mère se plaint d'une douleur dans le bras gauche, puis dans la poitrine. Elle a 84 ans. Elle vient de se faire opérer de l'appendicite une semaine plus tôt (!). Et, faute de lits disponibles, elle a été mise à la porte de l'hôpital la veille. Or donc, elle téléphone à son médecin. Lequel est en vacances, comme le repète son répondeur automatique. Elle appelle le remplaçant de son médecin, qui ne peut lui répondre. Alors la secrétaire de celui-ci, en désespoir de cause, conseille d'appeler le 144. Cinq minutes plus tard, brane-bas de combat. Trois malabars débarquent, toute sirène hurlante, dans l'appartement de ma mère avec leur matériel hightech. Electrocardiogramme, prise de sang (ratée trois fois), tension, etc. Rien à dire sur la rapidité, ni l'efficacité des secours. Pour être malabars, ils n'en sont pas moins sympathiques et très humains. Mais personne ne veut se risquer à faire un diagnostic. Il faut faire une radio. Autrement dit, aller à l'hôpital. Re-sirène hurlante. Ma mère, dont la douleur à la poitrine a disparu comme par miracle, est emmenée sur un brancard, devant ses voisins affolés.

Alors commence le vrai calvaire. Ma mère arrive aux urgences du HUG à 12h30. Elle est immédiatement prise en charge par deux infirmières qui essaient de la rassurer. Une heure se passe. Puis une autre. Une infirmière installe un appareil sophistiqué qui mesure le pouls, la pression et sans doute mille autres choses. Trois heures plus tard, une autre infirmière vient lui dire qu'un médecin va passer. Malgré ma présence, ma mère est dans un état de stress indescriptible. Dans les cellules voisines, on entend un dealer insulter les infirmières, puis se battre avec elles. L'une d'elles aura besoin d'une poche de glace sur le front pour soulager sa douleur d'avoir été frappée à coups de poing. Il est bientôt 17 heures : le médecin passe, jette un œil rapide (je ne dis pas distrait) sur les feuilles d'examens. À ma mère qui lui demande ce qu'elle a, il répond qu'il ne peut rien lui dire. Il faut faire une radio. Allez hop, on emmène la patiente à l'autre bout de l'hôpital. Elle en revient deux heures plus tard. Une nouvelle infirmière lui promet qu'un médecin va passer très bientôt. Il va être 19 heures. La même infirmière me fait rermarquer que la cafétéria ferme dans une demi-heure, et qu'il faut que je me dépêche si je veux grignoter quelque chose. Quant à ma mère, elle n'a rien mangé depuis ce matin, et n'a rien le droit d'avaler. Véto du médecin. Enfin, vers 21 heures, un médecin passe la voir, un autre encore, pour lui dire que les résultats de la radio ne sont pas clairs et qu'il faut faire un scanner. Très bien, dit ma mèrer. Et ce sera pour quand ? Pas avant 3 heures du matin, dit l'homme en blanc sans rigoler. Nous sommes surchargés. Une autre attente commence donc. Interdiction de boire ou de manger, et d'aller aux toilettes. Finalement, ma mère part vers la scanner à 4 heures du matin. Sans avoir fermé l'œil de la nuit. En me faisant comprendre que l'au-revoir que je lui lance risque d'être un adieu définitif…

L'histoire se termine bien : vers 9 heures le lendemain, une infirmière m'appelle pour me dire que ma mère m'attend. Elle est prête à partir. Elle n'a pas dormi depuis presque 24 heures. À 84 ans, ces choses-là ne comptent pas, n'est-ce pas ! Heureusement (?), l'examen au scanner n'a rien donné. Pas d'embolie, ni de méchant caillot de sang, aucune tache suspecte, rien de rien.

« Sors-moi d'ici ! » me dit-elle d'une voix suppliante, presque éteinte. « Je veux rentrer chez moi »

 

 

 

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Adam (14)

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Dans les livres, je retrouve le rythme de l’eau qui dort et les trois pluies de mon enfance :

la pluie jaune des grandes moussons d’hiver,

la pluie noire des mouches faméliques qui foncent en essaim sur les visages humides et stupéfaits,

la pluie verte des grillons qui s’abattent brusquement dans votre assiette ou se prennent dans vos cheveux.

Le ciel est bleu et vide, dégagé par le vent. Puis les nuages viennent de la mer. Ils annoncent la tempête. Tout le monde se rue dans les cases. On entend un grand fracas de branches et de cris d’animaux. C’est à chaque fois la fin du monde. Comme si les dieux se rappelaient à notre souvenir. J’aime les tempêtes et la saison des pluies. Sous l’hibiscus, au milieu du fracas, je ne lève pas le nez de mon livre.

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