18/11/2009

Le PS fait son autocritique

images.jpeg Tout arrive à Genève : même le Parti socialiste se pose des questions ! Après le naufrage (annoncé) du week-end dernier, où seul le camarade Beer a passé la rampe du Conseil d'État, les socialistes font leur autocritique. C'est l'occasion, pour chacun, de vider son cœur et ses rancœurs sur la place publique, d'accuser tout à la fois le MCG et les dissidents du parti, le brave soldat Longet (qui n'a rien vu venir) et l'extrême-gauche qui a trahi les siens…

 


A vrai dire, c'est avant les élections qu'il aurait fallu se poser des questions. En particulier les questions qui taraudent les Genevois (ce qui n'est pas sans importance, puisqu'à Genève ce sont les Genevois qui élisent les Conseillers d'État!). Je veux dire : l'insécurité, les transports, le rôle et la place de la police, la politique du logement, etc. Mais les socialistes, qui vivent toujours dans un monde idéal, se préoccupent peu de ces questions trop terre-à-terre. Et sans doute pas assez idéologiques. En quoi ils ont tort, et certainement une longueur de retard sur les autres partis.

De même qu'ils n'ont pas su voir les réelles inquiétudes de la population genevoise, ils n'ont pas su reconnaître les incommensurables bêtises du magistrat sortant, Laurent Moutinot, tant dans l'affaire Kadhafi que sur la question des nouvelles zones de non-droit (Pâquis) où la population est obligée de faire elle-même la police. La grande erreur de Véronique Pürro aura été de ne pas prendre assez de distance avec le socialiste sortant, qui l'a entraînée dans sa chute. Mais pourquoi l'a-t-on envoyée ainsi au casse-pipes ? Est-ce par méconnaissance de la situation ou par volonté sournoise de couler une candidate féministe ?

Comme on dit dans le canton de Vaud, il faudrait un sacré coup de sac pour relancer les actions d'un parti qui, un peu partout en Europe, perd des plumes et ne sait surtout plus sur quel pied danser (un peu, beaucoup, pas du tout de libéralisme ?). Mais faisons confiance aux socialistes genevois, cette légion d'anges bienveillants, pour rendre la situation encore plus confuse…

 

16:30 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (3) | | |  Facebook

Commentaires

Bonjour JMO !
J'abonde dans votre sens et ajouterai que si le PS avait le bon sens - le simple BON SENS ! - d'écouter des gens comme Pascal Holenweg au lieu de ses habituels apparatchiks bien installés, il n'en serait pas là...

;o)

Écrit par : Blondesen | 18/11/2009

" Mais pourquoi l'a-t-on envoyée ainsi au casse-pipes ? Est-ce par méconnaissance de la situation ou par volonté sournoise de couler une candidate féministe ? "

Mais, je rêve ?...

Personne n'a envoyé Véronique Pürro au casse-pipes, elle y est allée de son plein gré !

Vous n'allez tout de même pas en faire une femme martyre crucifiée par d'affreux misogynes ?...

Pour le reste, à trop avoir banalisé certaines préoccupations des Genevois, le PS se retrouve aujourd'hui contraint de faire un travail d'introspection.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 18/11/2009

Le plus marrant dans cette histoire, c'est que la déconfiture était annoncée, que beaucoup de gens, même des membres du parti, ont appelé à un changement de cap et de discours. Le problème du PS, comme pour les autres partis traditionnels, c'est qu'il se mure dans ses convictions, laissant aucune place à la contestation des membres et de la population.
Le PS devrait également faire une autocritique de l'autocritique (pour avancer), à savoir qu'il faut cesser de "réagir" après que les problèmes se soient installés, mais plutôt de les prévenir. En soi, c'est la logique même quand on aspire à bâtir l'avenir, il faut PREVOIR!
Bref, ce parti joue avec un coup de retard, tout comme les autres partis gouvernementaux!

Écrit par : bob | 20/11/2009

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