21/10/2009

Le brave médecin et l'écrivain

aEdm3WqX0r8J.jpeg Je n'aimerais pas être à la place du médecin yverdonois, le docteur D., qui, ayant interpellé violemment l'écrivain Jacques Chessex, vendredi 9 octobre, lors d'un débat public, a provoqué le malaise qui causé la mort de l'écrivain. Ce médecin courageux (qui s'est éclipsé sans même attendre la réponse que Chessex lui destinait) s'explique aujourd'hui dans 24 Heures (voir ici). Que valent ces explications ? Pas grand-chose, bien sûr, en regard de la mort d'un écrivain. D'autant qu'elles sont émaillées de mensonges (le docteur D. prétend avoir appelé plusieurs fois Chessex pour lui parler et être tombé sur son répondeur : pas de chance, Chessex n'en avait pas !) et lestées de mauvaise foi (« Je ne savais pas que Chessex était si malade » prétend le Tartuffe, décidément peu clairvoyant). C'est la rengaine habituelle du : « Désolé, mais je n'y suis pour rien. »

Faut-il voir là — comme le suggère notre ami Freud — un désir inconscient de meurtre qui, pour le malheur de l'écrivain comme du médecin, s'est réalisé ce soir-là, à Yverdon ? S'agit-il, comme veut le faire accroire le docteur D., d'une simple réaction aux propos  enflammés de l'écrivain sur l'affaire Polanski ? Le vrai coupable n'est-il pas l'écrivain, au fond, qui s'est permis de défendre le cinéaste franco-polonais ? Etc.

Les interprétations, on le voit, sont multiples. Elles ne changeront rien, hélas, à la triste réalité. Jacques Chessex est mort parmi les livres, subissant, une dernière fois, les attaques d'un brave médecin vaudois, pétri de bonne conscience, et sans doute radical.

 

 

 

12:45 Publié dans colères | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : chessex, mort, médecin, yverdon | | |  Facebook

Commentaires

Tout homme public, écrivain ou non, doit assumer les conséquences des positions qu'il prend publiquement sur des sujets d'actualité.

En qualifiant le viol d'une adolescente de 13 ans d'évènement "minime", Chessex devait s'attendre à ce qu'une personne réagisse dans une soirée publique, lors de laquelle il avait d'ailleurs publiquement évoqué l'affaire Polanski.

Ce n'est donc pas un écrivain qui est mort l'autre soir, mais un homme public. Mort peut-être de ne pas avoir supporté émotionnellement d'entendre un point de vue opposé au sien.

Écrit par : J. Nizard | 21/10/2009

Les grands écrivains sondent l'âme humaine, les médecins tirent profit de ses défaillances ...

Écrit par : Santo | 21/10/2009

Radical, ou UDC, ou socialiste, ou apolitique et peut-être même communiste... Il y en eût, n'est-ce pas, des médecins vaudois communistes ? Et aussi des communistes assez peu libertins... Alors Monsieur, de grâce, évitez-nous ce genre de pique d'un autre âge qui ne repose sur pas grand chose... Voire même rien du tout.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/10/2009

Au rythme des interpellations violentes, des invectives, des propos subversifs, des articles tendancieux, des commentaires virulents sur ces blogs, il n'y aurait plus grand monde pour vous répondre.

Écrit par : oceane | 21/10/2009

C'est vrai, Océane! Mais avouez que l'actualité, depuis quelque temps, nous donne à réfléchir, à discuter, à nous interroger. Et j'écris pour poser des questions…

Écrit par : jmo | 21/10/2009

Monsieur Olivier prétend que Sa Magnificence, Monsieur Chessex a été interpelé VIOLEMENT par un toubib peut-être Radical! Ah!là! Pauvre vieux Monsieur Chessex! Un homme qui de sa vie n'a jamais interpelé qui que ce soit de manière violente, lui!
Mais aussi quel iconoclaste ce médecin! Attaquer verbalement un "Grand Écrivain" qui ne faisait que défendre un "Grand Cinéaste" qui n'avait fait que violer une fille de treize ans! Très artistiquement!... Très probablement!

Les Grands on les respecte, on les admire! Jamais on ne les fustiqe ni ne les critique!... Même par le verbe: c'est un crime de lèse-Grandeur!
Le dédain de certains intellos à l'encontre des petits, des sans grades, simples toubibs, simples lambdas est sans borne. Mais leur servilité coutisane à l'égard des importants, des Premiers Prix, est également de l'ordre de la démesure. La loi est la même pour tous et ce sera à la justice de trancher en tenant compte du temps passé, du pardon de la victime, ces circonstances, de la vie de l'accusé et dedire si ces points sont à charge ou décharge de l'accusé. Cette tâche n'est pas dévolue à des Chessex ou autres Grandeurs qui s'imaginent être des hommes au-dessus de la plèbe, parce qu'ils ont accouché d'une oeuvre! une oeuvre qui les préserve des foudres de la Justice!


Monsieur Souaille n'est pas d'accord avec Monsieur Olivier, pas pour ce que j'ai noté plus haut, mais uniquement parce que le second a eu l'outrecuidance d'imaginer que le médecin qu a "tué" Chessex était Radical. pour le reste il est d'accord! Il ne le dit pas vraiment, mais il laisse entendre par la bande que le viol d'une adolescente n'est que du libertinage. Par contre il affirme que certains communistes étaient assez peu libertin, ce qui ne fait aucun doute. Il oublie de dire que les Radicaux doivent avoir leur lot de libertins, mais uniquement en ce qui concerne les plaisirs charnels. Pour la libre pensée, donc le fait de penser par soi-même... Là non!... Quel horreur! Il y a des préceptes radicaux qui sont des dogmes!

Mais en fait, elle est magnifique l'entente de ces deux hommes dans la mésentente! Pour chacun d'eux Chessex avait raison, le médecin est un goujat meurtrier et Polanski un Saint! Car comme le dit si bien Monsieur Souaille par la bande: il faudrait être assez peu libertin pour chercher noise à ce Grand Confrère Cinéaste!

Écrit par : Père Siffleur | 21/10/2009

Bonjour Jean-Michel,
Un écrivain tué par un brusque retour du réel, voilà qui, au final, est assez littéraire. C'est oublié toutefois que Chessex était aussi et avant tout un provocateur. Il devait se réjouir de son petit effet concernant son point de vue sans concession sur l'affaire Polanski (en gros: vous choisissez; ou vous optez pour l'art, ou vous optez pour la justice). Il y avait une fois encore une volonté de transgression dans cette position, qui n'est pas sans rappeler l'ultime ouvrage de Robe-Grillet.
Seulement voilà, un être du réel, un médecin, qui plonge ses mains dans le sang et dans la pisse, est venu lui soutenir que son message ne passait pas. Qu'il existait un lieu, tout du moins, ou ça ne pouvait pas passer. Le médecin en question s'est fait le messager de la réalité. Celle de ses patientes, celle de ceux qui souffrent dans leur corps, celle de la vraie vie vécue. Puis il est reparti, sans même se retourner. Et cette vérité, jetée par un homme qui ne relève que d'Hypocrathe, est venue foudroyer l'homme Chessex.
Bon Dieu, Jean-Michel, cette mort véritablement romanesque appelle l'oeuvre.

Écrit par : Lionel Chiuch | 21/10/2009

Père Siffleur, je ne joue pas au café du commerce à pérorer sur tout et rien. J'ai suffisamment de sujets d'intérêts, sur lesquels j'ai des compétences particulières, pour ne pas m'exprimer quand je n'ai rien à dire qui n'ait été dit et que je n'ai guère de connaissance du sujet.
De là à me faire comme vous le faites, un procès d'intention, c'est un peu fort. Exactement la même démarche que le tenancier de ce blog: affirmer ou insinuer sans rien savoir !
Je ne crois pas que vous puissiez trouver la moindre syllabe de ma part en défense de M. Polanski. Je suis même intervenu sur le blog d'Homme Libre dont je trouvais la comparaison avec l'affaire Dreyfus extrêmement gonflée.
Sur le fond je suis assez d'accord avec vous et j'ai été choqué par la levée de boucliers en faveur de celui qui reste un grand réalisateur, mais qui n'en est pas moins un violeur. De mineure. Même si certains qui ont pris sa défense sont de mes amis. Je le leur ai dit. Mais je ne croyais pas avoir de comptes à vous rendre, Monsieur le Grand Inquisiteur.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/10/2009

Ayant des connaissances médicales proches du zéro absolu, je crois quand même que si on meurt d'un malaise provoqué par une apostrophe contrariante, c'est que la pompe est au bout du rouleau et que, dans ce cas, le défunt était de toute manière en fin de sursis...

Écrit par : Scipion | 21/10/2009

@ Lionel : vous avez raison : à force de provoquer la Mort, celle-ci se venge! Elle a toujours le dernier mot. JC a joué avec elle toute sa vie, car c'était aussi un jouer. Et sa mort est vraiment théâtrale : comme il a écrit sa vie, il est mort!

Écrit par : jmo | 21/10/2009

@ Philippe Souaille : votre point de vue sur l'affaire Polanski est simpliste : vous réduisez tout à une affaire de « viol » (que la justice américaine n'a pas reconnu) entre une « mineure » (13 ans et très expérimentée) et un « violeur », reconnu de détournement de mineure. L'affaire a déjà fait couler beaucoup d'encre, et je lui ai consacré plusieurs papiers. Je n'y reviendrai pas.

Écrit par : jmo | 21/10/2009

@ à propos, Lionel, et ce pot?!

Écrit par : jmo | 21/10/2009

"Philippe Souaille : votre point de vue sur l'affaire Polanski est simpliste : vous réduisez tout à une affaire de « viol »"

D'après vous il fut arrêté pourquoi? Pour viol et rien d'autre.

D.J

Écrit par : D.J | 21/10/2009

"provoque le malaise qui a cause la mort de l'ecrivain" affirmation gratuite et je presume que vous avez obtenu vos diplomes de medecine par correspondance???

pour le reste se referer a l'argumentaire medicinal de Maitre Scipion,plein de bon sens; et certainement pas tendancieux!

Écrit par : 100blagues | 21/10/2009

Bravo, "Ecrivain de la comédie romande"!
Quand M. Camponovo nous gratifie d'un édito pour saluer ce médecin, c'est vraiment n'importe quoi, ça sort de nulle part et tout simplement parce qu'il est allé voir 24heures et pas un autre média!
Je suis d'accord avec vous: le courage dont parle M. Camponovo - à côté de la plaque - c'est d'avoir attendu 10 jours? D'être parti sans attendre la réponse? Est-ce que le courage, c'est invectiver quelqu'un et, au lieu d'avoir la force d'attendre sa réponse, s'enfuir??? Pas de courage mais de la colère mal placée, de la lâcheté de s'en prendre à un vieux monsieur!
Certes, notre médecin n'est pas coupable de la mort tragique de Jacques Chessex, mais n'en faisons pas un héros car il n'en est pas un!! Dénoncer la pédophilie, ce n'est pas l'enjeu de cette tragique altercation. Le médecin a un avis sur Polanski? Mais qui est-il pour l'exprimer de cette façon? Est-ce que l'on va s'en prendre à toutes les personnes avec qui on ne partage pas l'opinion?
Je déplore franchement que 24heures se soit précipité dans son scoop (servi visiblement sur un plateau et non trouvé par ses fins limiers..) sans prendre un peu de recul. C'est vraiment regrettable et le point de vue du journal n'est pas défendable.

Écrit par : Alain Testaing | 21/10/2009

Monsieur Souaille,

J'avais pensé que vos compétences particulières couvraient également l'écriture. Ce n'est pas le cas. Vous m'en voyez désolé, je ne fais que comprendre maintenant que vous ayez pu écrire sans vous en rendre compte qu'effectivement vous laissiez entendre que...
Vous remarquerez que c'est exactement ce que j'avais écrit. J'avais bien dit que vous ne disiez pas vraiment, mais que vous laissiez entendre! C'est seulement suite à votre dernier commentaire que j'ai réalisé: l'écriture ne fait pas partie de vos compétences particulières. Où alors, encore une fois, j'interprète mal la situation.

Dès lors, je vous présente mes plus plates excuses et je fais la mise au point suivante:

MISE AU POINT
Monsieur Souaille n'a pas voulu écrire ce que j'ai imaginé qu'il laissait entendre. Sa "plume" étant peut-être malhabile, ce qui ne m'était pas apparu de prime abord, j'ai mal interprété sa prose. Je suis absolument désolé de lui avoir porté tort en lui prêtant des idées qui n'étaient pas les siennes et en jouant au Grand Inquisiteur. Je me suis fourré le doigt dans l'oeil. Autant pour moi! Mea culpa!
Vu ce qui précède, je ne prendrai jamais plus la parole au sujet d'écrits de Monsieur Souaille. J'ai par trop peur d'interpréter ses dires à nouveau de travers.

Vous lisez donc mon dernier commentaire concernant ce cinéaste, ethnologue et amateur en écriture comme moi. Lui, un amateur sérieux, moi un amateur qui l'est beaucoup moins, bien entendu. Je ne suis qu'un persifleur, un dilettante. Je trimbale ce bagage sans compétence particulière, uniquement pour le plaisir de la langue française et de l'escrime du verbe.

Signé: Jean-Claude Bouille, alias Père Siffleur

Écrit par : Père Siffleur | 22/10/2009

Alain Testaing : Vous parlez de la lâcheté de s'en prendre à un vieux monsieur. Ce vieux monsieur n'avait lui-même pas sa langue dans sa poche quand il avait envie d'insulter quelqu'un. Il pouvait se permettre d'attaquer n'importe qui, de le rabaisser, mais lui ne supportait pas qu'on le contrarie ou qu'on ose émettre la moindre critique à son égard. Il se délectait dans la provocation mais n'admettait pas qu'on puisse lui répondre sur le même ton.
C'était un grand écrivain, puisque dire le contraire serait sacrilège au yeux de beaucoup de ceux qui le louent (comme tous les défunts il a toutes les qualités, même ceux qui ne l'aimaient pas vraiment se croient obligés de suivre le cortége des admirateurs) mais l'homme n'était sans nul doute pas à la hauteur de l'écrivain.
J'ai beaucoup apprécié l'édito de M. Camponovo, heureuse et satisfaite de voir qu'un journaliste osait enfin remettre quelques points sur les i.

Écrit par : gamine | 22/10/2009

OK, Père Siffleur, je comprend ce qui a pu vous induire en erreur et qui était (presque) un manque d'attention aux sens cachés ou induits du mot libertin. Presque, car c'est vrai, j'ai un court instant songé, en l'écrivant, que le terme convenait assez bien au sieur Paul en ski.
Ce qui me pousse à descendre dans l'arène, pour expliquer plus en détail mon point de vue. A ce niveau, la comparaison moqueuse de Lauper sur les duellistes du verbe que sont les blogueurs est assez parlante. En cette enceinte, nous sommes quelque part tous des machos en rut. Ce qui inclut les quelques femmes qui, du côté de Genève, se joignent avec assiduité à nos joutes... Mais revenons à Paul en ski.
De ce que j'en sais, et c'est à peu près la même chose que tout le monde, Polanski est selon moi un libertin pervers, amateur de jeunes filles juste pubères. Et libertin pervers n'est pas un oxymore, mais "pervers" un sous-groupe de "libertin".
La jeune fille était dans une certaine mesure consentante et peut-être même sa maman avec elle... Dans quelle mesure exactement ? Il a reconnu l'avoir droguée pour arriver à ses fins. A savoir des rapports sexuels plus que complets. Si ce n'est pas du viol, cela en a le goût et la couleur. Un viol certes plus subtil que sous le coup de la violence brute, mais tout aussi dommageable psychologiquement.
Maintenant, je ne dis pas tout cela pour quémander le retours de vos piques joyeuses ou acerbes. J'ai déjà bien assez de commentateurs comme cela, dont certains que je ne publie même plus. Mais j'aime bien les vôtres, qui sont à classer parmi les plumes les plus acérées de ces contrées. Et je ne vous flatte pas. Je suis d'ailleurs atterré de découvrir en terre rupestre tant de vrais talents cachés et neurasthéniques... Je pense au RedBaron par exemple. C'est peut-être pour cela qu'il l'est, rupestre, le Pays de Vaud ? Par sa difficulté à reconnaitre le talent chez ses artistes maudits.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2009

Wer ist neurasténikkk? Teufel! Unt was ist rupestre? Lascaux, Ach,le pays de Vaud, c'est l'heure de la traiten!
Chessex fut Chessex, unt ja, son nom le contient aussi, prononcieren toutes les lettres, oder sehen besser! Unt certains de ses étudiants ja, iants, nicht iantes, dont je ne fusse point, jaaa, nicht étuden machen et ça se voit, l'ont apprécié et mich auch quand j'entendis qu'il eut aidé certains par ses notes (ja 1,5,3,4 punkten, wieso, les notes, nicht blog, oder musik) ... Sachant que leur valeur ne tenait pas à des chiffres! So, rien que pour ça, je l'aime bien déjà, et sachez qu'il avait raison, en plus...
Unt le Prixe-litérature il a eusse, aber nicht mit Alinghbling, sooo la fortune il a pas, unt la contradiction il est obligé d'aimer...
Unt subir, car le Prixe se paie, il confère comme disait Louis Jouvet dans "entrée des artistes", "le privilège d'être écouté, y compris par des imbéciles", So, reprochez-lui, ce que vous enviez!
Ce qui n'est ni veaudois, mais suisse, et en plus européen et dans la ténèbre de la nuit mondiale et mondialisée, ja, teufel, Mondialisé!
"Vive le privilège, vive le roi"est de retour, et ça ne se paie pas de mots
L'autre chose je l'aime bien, c'est aussi quand je le croisais, ja, che me dire aussi à l'intérieur de moi-même en personne toute seule, "en voilà un qui faire ch.anter les autres!"
So, l'été ist finieren! Les cigales dépourvues unt psykotikkk unt névrotiken minimoume, du kanton de Veau, et d'ailleurs d'ailleurs, ne sont pas à traire, so, bossez maintenant!
Nachste

Écrit par : Red baron | 22/10/2009

Coucou Baron, che nicht konissieren Che Sexe, aber das portrait que vous me fites ist sehr interessant. Indeed.
Cela étant le rapport à l'art n'est pas mieux au bout du Lac, où le prix est le seul détail qui compte. Mais je crois que structurellement le côté "on est tous égaux et on coupe les têtes qui dépassent", caractéristique de la culture helvétique (Non Six pions, pas l'identité) est assez peu propice à l'épanouissement artistique et aux errements qui l'accompagnent souvent. Et le Canton de Vaud, en terre romande, concentre la quintescence de la culture helvétique.
N'empêche que j'aime bien les errements, même lorsqu'ils consistent à se croire au-dessus des lois... Sauf quand ils aboutissent à faire du mal à l'autre, en particulier à un autre, innocent ou sans défense.
C'est comme pour les minarets et tant d'autres problèmes. Tout est question de "où mettre les limites" entre le libéralisme et l'anarchie, la règle et la jungle... Il importe de les mettre au meilleur endroit, qui doit être à la fois clairement défini ET aisément justifiable, donc équitable.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2009

"Si ce médecin pense que je suis coupable, qu'il actionne la guillotine." Jacques Chessex a sans doute lui-même ressenti la violence du reproche que cet homme et beaucoup d'autres personnes lui faisaient. Il ne pouvait pas être indifférent à toutes les attaques qu'il subissait. Rappelons-nous de son avant-dernier livre, le dernier étant à venir, "Un Juif pour l'exemple" et le carnaval de Payerne où des imbéciles inconscients, ou alors des petits nazillons en puissance, ont charcuté son effigie dans une boille à lait comme le marchand de bestiaux de jadis. Toutes ces émotions négatives cumulées dans l'esprit d'un homme de 75 ans ne pouvait que finalement l'abattre. Il est resté debout. Jusqu'à la fin. Avec la prestance d'un homme de lettre, d'un grand homme des sentiments humains, décrivant en peintre de talent les moeurs de la société. Finalement, on l'a attaqué comme les nazis attaquaient les Juifs de l'époque. bouc émissaire d'un monde qui va de travers. Je me demande même si certains qui soutiennent le clan Kadhafi ne sont pas les même qui ont attaqué Jacques Chessex. Chacun met la croix nazi où il pense. On ne pourra pas prétendre que Chessex, parce qu'il faisait de l'ombre, parce qu'il avait une grande autorité, était un suppôt du fascisme. Il était Jacques Chessex, tout simplement, et représentait dignement la République des Livre, République démocratique et fière de l'Etre.

Écrit par : pachakmac | 22/10/2009

Salut Jean-Michel,

Je ne vais pas dans le sens de ton billet, car le rôle de l'homme public est de se confronter au public, admirateur où détracteur. J'en fais régulièrement l'expérience (à mon humble échelle) lors de débats parfois houleux (notamment en matière de politique théâtrale), où il n'est pas rare que les esprits s'échauffent. Alors il m'arrive d'être invectivé (à tort ou à raison), puis d'invectiver à mon tour (à tort ou à raison), etc.
Si chaque fois qu'on s'adonnait à cet d'exercice - qui met un peu d'adrénaline dans nos existences au sortir de la solitude de l'écriture, avouons-le), on imaginait une seule seconde que celui avec qui on croise le verbe devait s'écrouler définitivement, ça deviendrait impraticable.
A mon sens, on ne peut pas reprocher à ce médecin son coup d'éclat, même si on est en désaccord avec sa teneur, pas plus qu'on ne peut reprocher à feu Chessex d'avoir voulu lui répondre... avant de tirer sa révérence.

Écrit par : Olivier Chiacchiari | 22/10/2009

Quel est le sens du mot courage pour celles et ceux qui soutiennent haut et fort les propos et l'attitude lâche de ce médecin qui, jusque sur les pages de 24 Heures, garde obstinément l'anonymat? Quelles sont les raisons qui motivent 24 Heures de publier cette interview sous le couvert du même anonymat? Que dire enfin de l'insidieuse propension des médias à favoriser la prise de parole à des personnes qui ne veulent pas révéler leur identité, qu'il s'agisse de commentateurs ou d'interviewés.

Je suis profondément triste de voir la mémoire de Jacques Chessex bafouée par l'amalgame qui a été fait avec une affaire de mœurs dont à aucun moment l'écrivain ne s'est fait le suppôt. Et encore plus triste de voir couardise confondue avec loyauté, que ce soit dans les propos d'un médecin ou par le biais des commentaires tout aussi anonymes.

Écrit par : yvan | 22/10/2009

Yvan qui au fait ? Un nom de famille, voire une adresse, serait attendue avec de tels propos !

Écrit par : pseudo | 22/10/2009

"commentaires tout aussi anonymes."
yvan comment ? Où ? âge ? adresse ? numéro de téléphone ?
Il y a vraiment des commentateurs parfaitement débiles.

Écrit par : Géo | 22/10/2009

Pseudo, c'est pas mal comme identité !!

Quant à Géo, parcourir Google avec votre pseudo en terme de recherche fait suffisamment froid dans le dos pour ne pas m'étendre plus encore sur le sujet des commentaires insultants.

Pour ceux qui auraient un doute sur ma réelle identité, on me trouve sans difficulté dans l'annuaire.

Écrit par : Yvan Papaux | 22/10/2009

Les gens qui ont brocardé Chessex aux brandons de Payerne (c'est ainsi que ça s'appelle) ne sont pas des nazillons en puissance, mais des gens blessés qui ont ironisé comme ils le font sur d'autres sujets. Ce n'est pas le livre en lui-même qui les a choqués mais les paroles de Chessex concernant la ville de Payerne et la région dans les interviews qu'il a données, en particulier à la RSR. Payerne et sa région, "confite dans leur cochonnaille", ont apprécié à leur façon, en particulier l'hypocrisie qui a fait que tous les assassins sont désignés par leur vrai nom, sauf celui qui porte le même nom que la mère de Chessex. Celui-là figure sous un nom différent.

Écrit par : gamine | 23/10/2009

Yvan Papaux@ A part le fait qu'il est assez remarquablement stupide de s'attaquer à l'anonymat en restant anonyme, je dois vous dire que votre commentaire est d'une bêtise incommensurable. Comment osez-vous traiter de lâche ce monsieur qui est venu dire à Chessex qu'il était ridicule d'avoir honte de son passeport suisse parce que ce pays a respecté un traité d'extradition signé avec les USA ? Auriez-vous un argument à nous proposer, du fond de votre nullité ?

Écrit par : Géo | 23/10/2009

Chessex a essayé toute sa vie de rejoindre son père. Ce père suicidé lorsqu’il était tout jeune. A bien des égards, l’œuvre de Chessex est une quête du père.

On sait, par ailleurs, que le suicide du père Chessex s’est déroulé à la suite d’une relation que cet homme avait eue avec une mineure.

Au moment où le médecin l’invective au sujet de sa position dans la défense de Polanski, j’imagine que plusieurs strates de sa vie se sont superposées. Et je crois qu’il est assez juste de dire alors que c’est son père qui a rejoint Chessex.

Écrit par : Jean Romain | 23/10/2009

Chessex a essayé toute sa vie de rejoindre son père. Ce père suicidé lorsqu’il était tout jeune. A bien des égards, l’œuvre de Chessex est une quête du père.

On sait, par ailleurs, que le suicide du père Chessex s’est déroulé à la suite d’une relation que cet homme avait eue avec une mineure.

Au moment où le médecin l’invective au sujet de sa position dans la défense de Polanski, j’imagine que plusieurs strates de sa vie se sont superposées. Et je crois qu’il est assez juste de dire alors que c’est son père qui a rejoint Chessex.

Écrit par : Jean Romain | 23/10/2009

Alors M. Romain je comprends enfin. Je me demande depuis longtemps comment il se fait qu'il se revendique payernois de naissance tout en détestant cette localité. J'ai souvent cherché ce qui avait pu le traumatiser à ce point dans son enfance pour qu'il en veuille autant à sa ville natale.

Écrit par : gamine | 23/10/2009

Ah Jean Romain! Le philosophe descend de sa montagne pour donner leçon aux humains! Magnifique, admirable! Et j'entends d'ici cette voix solennelle! Enfin, vous êtes plus compétent dans la psychologie de bistrot ici que dans la philosophie. Ouf!

Écrit par : Alain Testaing | 24/10/2009

mason0507

Écrit par : Louis Vuitton | 29/10/2010

hgrweha

Écrit par : coach | 29/10/2010

hrea

Écrit par : coach | 29/10/2010

HEH

Écrit par : GUCCI | 29/10/2010

HEHRGAE

Écrit par : nike | 29/10/2010

eatjj

Écrit par : Chanel | 29/10/2010

xiao zhuang

Écrit par : Gucci shoes | 29/10/2010

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