05/10/2009

Au pays des nains de jardin

images.jpegLa Suisse est un petit pays. Les nains qui la gouvernent sont de bons bougres. Ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. ils sont honnêtes et respectent la Loi à la lettre. Bien sûr, parfois, ils se tirent dans les pattes. Mais ce n'est pas de leur faute. Car même quand ils se parlent (le mercredi, pendant deux heures), ils ne se comprennent pas.

Dernier exemple en date : la honteuse « affaire Polanski ».

Il suffit qu'un fonctionnaire zêlé, à Zurich, s'aperçoive que le cinéaste franco-polonais était invité au Festival de Cinéma et qu'un mandat d'arrêt international courait contre lui (ah! le frisson d'effroi et de plaisir du fonctionnaire au moment de mettre en place le traquenard : moi, moi, MOI, je vais me payer une star du cinéma !) pour que la machine judiciaire s'enclenche. La première avertie, Madame Widmer-Schlumpf, avocate et notaire, fille d'avocat et de notaire, « n'a pas le choix ». Elle fait exécuter l'ordre sans avertir aucun de ses collègues du Conseil Fédéral. Se rend-elle compte de ce qu'elle fait ? Sans doute pas. Mais « elle n'a pas le choix ».

Le lendemain, jour de l'arrestation, Micheline Calmy-Rey manie l'euphémisme en disant que l'affaire « manque de doigté » (traduisez : ma collègue a agi comme une écervelée : c'est de nouveaux ennuis pour la Suisse, qui n'en manque pas). Puis le grand Pascal, quelques  jours après, tire à son tour contre Micheline en disant qu'il ne voyait pas « le manque de doigté » qu'on pouvait reprocher à la sœur cachée d'Edith Piaf. Il faut dire que Couchepin n'est plus vraiment concerné par les bourdes des autres nains du Collège : il tire sa révérence dans quelques jours (il garde pourtant une dent contre Madame Schlumpf pour n'avoir pas été informé plus tôt puisque c'est lui — par l'intermédiaire de l'Office Fédéral de la Culture — qui non seulement subventionne le Festival de Cinéma de Zurich, mais paie aussi le Prix que Polanski aurait dû recevoir).

Dans la presse dominicale, la sémillante Evelyne met publiquement la faute sur l'Office Fédéral de la Culture (c'est-à-dire Jauslin et Couchepin) et les organisateurs du Festival de Cinéma qui « auraient dû prendre en compte, avant d'inviter Roman Polanski en Suisse pour lui remettre un prix, qu'en Suisse, la prescription pour les affaires d'extradition entre la Suisse et les Etats-Unis est calculée en fonction du droit en vigueur dans le pays qui demande l'extradition » : dura lex, sed lex. Répondant, dans la même interview, à la critique émise par sa collègue Calmy-Rey, le manque de doigté de la Suisse dans l'arrestation de Roman Polanski, EWS répond: « Je ne sais pas ce qu'elle s'imagine » (!).

Quand je vous disais qu'au pays des nains de jardins, la communication est difficile…

Et les autres Conseillers Fédéraux, me direz-vous, qu'en pensent-ils ?

Burkhalter ? Il a déjà provoqué, par ses déclarations intempestives, la « mise en sécurité » des deux otages suisses retenus en Libye. Alors, ce coup-ci, motus et bouche cousue ! Par sa faute, la crise libyenne a reculé d'une année.

Maurer ? Il déteste à la fois sa collègue Widmer-Schlumpf et le cinéma, surtout étranger.

Merz ? Pour ménager son cœur, il est resté en dehors de l'affaire. Mais il n'est pas impossible qu'il doive un jour réparer lui-même les pots cassés (avec nos amis français, polonais, voire américains), comme il l'a fait pour l'affaire Kadhafi et celle de l'UBS.

Mais alors Moritz, allez, ouste, on se réveille ! La culture, au Conseil Fédéral, c'est toi, bon dieu ! Ton frère est un artiste en vue, ta femme tient une galerie de peinture à Zurich…

Voici ce qu'a déclaré le plus dynamique de nos nains de jardin : « L'arrestation de Roman Polanski me surprend. La Suisse, en la matière, a agi de manière très formaliste. Ce qui n'est pas un reproche. Mais le résultat est étrange, car le cinéaste avait été invité pour recevoir un prix co-financé par la Confédération. » D'un seul coup, donc, il dégomme sa collègue EWS et son copain Couchepin. Beau tir groupé…

On s'étonnera, ensuite, que l'image de la Suisse, comme on dit, soit pareillement écornée à l'étranger. Rien de plus normal, pourtant, quand on assiste à une pareille cacophonie.

 

Commentaires

Rien d'extraordinaire dans tout cela.

Des gens de droite qui disent que le droit doit être appliqué. C'est plat.

Des gens de gauche qui soutiennent que le droit ne doit pas s'appliquer à un pédophile violeur parce qu'il est artiste. C'est encore plus plat.

Rien de nouveau sous le soleil. Etonnant qu'un immense écrivain comme vous se passionne pour pareille banalité.

Écrit par : j.nizard | 05/10/2009

Mauvaise communication du Conseil Fédéral ?
L’image de la Suisse est écornée par cette affaire ?
Devoir recoller les pots cassés ?

Si à la première il est possible de répondre oui, les deux dernières j’en doute fortement.

S’il est vrai que dans les milieux artistiques en général la désapprobation sur cette affaire est forte, il en va de pas de même dans les milieux des nains et des médiocres. Titres dont vous affublez ceux qui ne sont pas du monde des artistes. Merci pour le compliment.

A force de vouloir chercher le guet-apens inexistant, vous tender à promouvoir le monde de demain. Celui du Big Brothers.

Aujourd’hui la preuve est faite que l’accès à la liste des recherchés est très limité. Avec le bruit que vous faites et afin de plus être confronter au problème, cela va peut être changé. Est-ce vraiment ce à quoi vous aspirez.

Je ne sais pas si vous voyagez, j’en doute par rapport à vos écrits. Depuis que vous êtes né, au passage d’une frontière avez-vous fait l’objet d’un contrôlé afin de déterminer si un mandat d’arrêt international est pendent contre vous? Probablement pas, il est vrai qu’il n’est pas possible de le savoir.

Combien de fois avez-vous fait l’objet d’un contrôle d’identité au volant de votre voiture ? Quatre au cinq fois en 32 ans ?

D’autre jamais, année après année la police met la main sur un individu qui roule sans permis depuis des dizaines d’années. Comment l’expliquez-vous ?

Mobutu et autres dictateur ont été et son mal venu en suisse, c’est vrai. Le problème avec ces personnes, tant quels sont au pouvoir, il n’y quasiment jamais de mandat d’arrêt contre eux.

Peut être voulez vous que la Suisse soit infaillible et immaculée dans ce domaine, un peu comme le Pape en ce qui concerne la foi.

Vous qui êtes si malin et au dessus des manants comme nous. Dites quels sont les critères et faite une liste des personnes à bannir.

Pour l’instant nous avons affaire à un personnage qui à soulé drogué et violé en la sodomisant une jeune fille de 13 ans il y a 32 ans.

Cet individu à fui ces responsabilités en 1977, il est venu en France car il en a la nationalité et ne peux être extradé. Pendent 28 ans il semble qu’il ne fait rien concernant ses problème juridiques au USA. En 2005 un mandat est activé à nouveau par l’autorité judicaire de Californie. 4 ans plus tard il est arrêté et emprisonné.

Il a eu 28 pour régler ses affaires, s’il n’a vraiment rien fait. Il n’y a pas d’autre qualificatif concernant ce monsieur, c’est un benêt qui fait partie de la caste des individus qui ce placent au dessus du panier.

Écrit par : cali | 05/10/2009

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