08/04/2009

Dirty money, le film qui tombe à pic

Affiche_723.jpg Comme l'homme du même nom, voici un film qui tombe à pic! Pile poil dans l'actualité, au moment où la Suisse, attaquée de toutes parts, doit admettre les pratiques frauduleuses de ses banquiers et en rabattre sur sa sacro-sainte moralité. Ce devrait être l'occasion, pour beaucoup de monde, de laver le linge sale non seulement en famille, mais sur la place publique. Car ce que le film de Dominique Othenin-Girard, Dirty money, l'Infiltré, nous montre s'est rééllement passé, et se passe encore aujourd'hui.

On sait que ce film coup de poing est basé sur le livre de Fausto Cattaneo,* un flic tessinois intègre et assez fou pour jouer les infiltrés dans les réseaux de blanchiment d'argent lié au trafic de drogue. En particulier avec la Turquie. Sans complaisance, le film montre bien les espoirs et les doutes de l'agent infiltré (Antoine Basler, qui joue en état d'urgence). Lequel, manipulé par un juge ambitieux (Michel Voïta, excellent), doit d'abord se battre contre ses supérieurs hiérarchiques, et une procureur elle aussi ambitieuse, revancharde et sans scrupule (interprétée par Caroline Gasser), qui fait penser à notre Carla (del Ponte, hélas, et non Bruni!).

Haletant d'un bout à l'autre, mis en scène comme une partie d'échecs où tout serait pipé mystérieusement d'avance, le film de Dominique Othenin-Girard a le grand mérite de saisir la question de l'argent sale à bras le corps. Comme un nœud d'alliances et de compromissions, de convoitises, de 41X157ZD4NL._SL500_AA240_.jpgsilences armés, de complicités peu reluisantes. Le rythme est bien sûr soutenu. Le propos, d'abord un peu confus, se clarifie au fil de la narration, et de cette course éperdue pour prendre au piège les trafiquants de drogue, et ceux, chez nous, qui recyclent leur argent. Même si, parfois, on aimerait, de la part du réalisateur, un point de vue plus précis et plus clair, ce film fera date parce qu'il s'attaque aux fondements obscurs de notre opulence, les milliers de millions engrangés dans nos banques non seulement pour qu'ils y soient en sécurité, mais également pour qu'ils y soient blanchis.

Cette grande lessive, Othenin-Girard en démonte patiemment le mécanisme secret et pour une fois qu'un cinéaste suisse saisit l'actualité à bras le corps, il faut lui rendre hommage.

* Fausto Cattaneo, Comment j'ai infilté les cartes de la drogue, Albin Michel, 2001.

11:00 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : cinema, suisse, argent sale | | |  Facebook

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

je crois que ce film rend d'abord hommage à nos services de police en charge des investigations secrètes.

Fausto Cattanéo porte une part importante dans l'évolution des méthodes et de l'arsenal législatif qui permet à notre place financière de lutter contre l'argent sale.

Comme le dit très bien Dominique Othenin Girard, les Suisses sont capables d'auto critiques et à ce titre, ce film démontre admirablement, en retraçant le parcours du commissaire de police le plus décoré de sa génération, que la Suisse luttait et lutte contre le blanchiment bien avant les frasques que nous font quelques donneurs de leçons.

A mon sens ce film est un témoignage vivant que l'industrie bancaire helvétique n'a aucun besoin d'argent provenant d'activités criminelles dans ses coffres. Et qu'à cette fin, le pays lutte efficacement pour que l'image de notre place financière ne soit pas entachée par quelques profiteurs qui salissent toute une corporation qui contribue à la prospérité de notre pays.

Pour le reste, effectivement, pour un film suisse on sort d'une lognue tradition de navets sans saveurs et ça fait du bien de voir enfin le cinéma suisse sortir des sentiers battus dans lesquels il s'était enfermé. A voir :o)

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 08/04/2009

J'en suis pas un spécialiste de film, et non plus un critique cinématographique. Cependant je peux dire tranquillement que les acteurs ont récité leur partie de manières superlatives. Je me suis infiltré beaucoup de fois dans la criminalité organisée et moi je récitais, dans ce sens je pense comprendre quelque chose….
Je fais mes compliments aux acteurs et au réalisateur du film.

Fausto Cattaneo

Écrit par : Fausto Cattaneo | 09/04/2009

J'en suis pas un spécialiste de film, et non plus un critique cinématographique. Cependant je peux dire tranquillement que les acteurs ont récité leur partie de manières superlatives. Je me suis infiltré beaucoup de fois dans la criminalité organisée et moi je récitais, dans ce sens je pense comprendre quelque chose….
Je fais mes compliments aux acteurs et au réalisateur du film.

Fausto Tato Cattaneo, Commissaire de Police en retraite

Écrit par : Fausto Cattaneo | 09/04/2009

Merci de votre commentaire, Fausto! J'avais été impressionné par votre livre, et je le suis par le film de Dominique Othenin-Girard. Il rend justice à votre combat. Meilleures salutations.

Écrit par : jmo | 11/04/2009

J'ai vraiment aimé ce film, je recommande à tous de voir.

Écrit par : Brice as internet medicines | 30/09/2009

xiao zhuang

Écrit par : Gucci shoes | 29/10/2010

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