16/03/2009

Les deux visages du socialisme

images.jpeg La Parti socialiste suisse — comme le capitalisme d'ailleurs ! — traverse une crise sans précédent. Habitué, presque partout, à être dans l'opposition, le rôle qui lui convient le mieux, il joue, en Suisse, le jeu de la concordance. C'est-à-dire du compromis, du politiquement correct. Du Juste Milieu. Il rejette dans ses marges toutes celles et ceux qui ne correspondent  pas à la pensée dominante du moment, qui bien sûr est unique.

Les femmes illustrent à merveille ce dilemme douloureux : d'un côté, il y a Maria Roth-Bernasconi, mamy sympathique et bien-pensante, mariée et mère de famille, comme il se doit, qui n'a certes pas inventé le fil à couper le beurre, mais qui est de tous les débats et de tous les combats pour nous asséner ses vérités carrées, reine du poncif et des platitudes, incarnation du socialisme plan-plan. De l'autre, vous l'avez reconnue, il y a Valérie Garbani, la bad girl neuchâteloise, célibataire, libre de mœurs et de pensée, ayant un certain penchant pour le heavy metal et la bouteille, souvent les deux en même temps d'ailleurs, conseillère municipale compétente, tout le monde le reconnaît, mais ayant un peu de peine à supporter la pression médiatique, surtout depuis qu'un journal de boulevard vitaminé l'a prise comme tête de Turc.images-1.jpeg

Voilà, aujourd'hui, le dilemme des socialistes suisses : devoir choisir entre Courtney Love-Garbani et la Mère Denis-Bernasconi… Laquelle des deux lave le plus blanc (Ah ! C'est bin vrai, ça)? Laquelle incarne le mieux l'idéal sinon révolutionnaire (il y a belle lurette que ce mot a disparu du vocabulaire politique), du moins de révolte et de contestation cher aux fondateurs du PS ? Laquelle des deux est la plus en phase avec la société d'aujourd'hui (et ses problèmes) ?

Grandeur et décadence du PS : en son sein ne règnent plus que les mères de famille (si possible nombreuse), les sociaux-démocrates en cravattes, les gentilles sages-femmes, les syndicalistes recyclés, les nouvelles girouettes de la pensée unique, les inventeurs de platitudes…

Où est le temps de la révolte et des cerises? Le temps des rêves (un peu) fous ? Ah ! Où sont passées les égéries indomptables de notre jeunesse ?

 

11:25 Publié dans all that jazz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : garbani, socialisme, roth-bernasconi | | |  Facebook

Commentaires

Bonjour !
C'est tout le drame du socialisme (ici comme en France): il est devenu BOURGEOIS et même - pire ! - PETIT-BOURGEOIS.
Heuârk !

:o)

Écrit par : Blondesen | 16/03/2009

Faire l'inventaire du socialisme, c'est un peu comme faire ses courses au supermarché du coin, on y trouve de tout, du très bon et aussi des denrées périmées, des nouveautés comme des vieilleries désuètes qui ne servent plus à rien ...
C'est un peu un inventaire à la Prévert ... Dans le vôtre vous avez pourtant oublié l'impétrante au Conseil d'état, la créature de Christiane Brunner et future Mère Denis (?) Dans quelle catégorie classeriez-vous donc Mme Véronique Pürro, grand stratège politique et enfonceuse de portes ouvertes ... pour elle toute seule ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/03/2009

Comparaison étrange de ces 2 femmes si dissemblables ne partageant aucun dénominateur commun! Effectivement (le mot le plus usité en politique), les partis établis ont opté pour le plan-plan, l'insignifiance, le pouvoir du statut, la bêtise et l'incompétence.

Dommage pour Valérie Garbani dont le tempérament personnel n'a pas trouvé preneur; de plus, le manque d'appui est flagrant dans cette triste saga! Femme de combats et de parole, elle n'a pas dû être soutenue (ni même par la présidence des femmes suisses incarnée par MRB) et sa solitude peut se lire sur son visage.

Écrit par : Nemo | 16/03/2009

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