30/01/2009

Candide à Davos

images.jpegComment va le monde? Qui le dirige? Comment survivre au milieu des mensonges et des crimes?

Pour répondre à ces questions, il faut relire Candide, le conte philosophique que Voltaire, l'homme aux 200 pseudonymes, publia en 1758. Si l'on veut comprendre le monde contemporain, rien n'est plus édifiant : les guerres absurdes, l'injustice, l'exploitation de l'homme par l'homme (et de la femme par l'homme), les rêves utopiques, etc. Remplacez le fameux « optimisme » prêché par Pangloss, le philosophe borgne, par « mondialisation » ou « libéralisme », et vous aurez tout compris. Après Rousseau, mais avant tous les autres, Voltaire avait mis le doigt sur les défauts du système, et les mensonges qui cherchent à les dissimuler.

On peut voir actuellement, au Théâtre de Carouge, une adaptation de Candide, écrite par l'écrivain genevois Yves Laplace et mise en scène par Hervé Loichemol. Même si le résultat n'est pas très convainquant (texte plat et mise en scène ampoulée), la pièce trop longue et la distribution extrêmement inégale, Candide est toujours d'actualité parce qu'il dénonce les machinations idéologiques qui essaient de nous aliéner.

L'une d'elles s'appelle le WEF, ou World Economic Forum. Elle se tient à Davos depuis près de trente ans et ressemble tout ce que le monde compte de « puissants » et de « décideurs ». Tout ce petit monde devise, plus ou moins poliment, autour d'une tasse de thé, des problèmes des autres. Cette année, c'est la crise financière, que tous ces hommes et ces femmes doués de pouvoirs extralucides n'ont bien sûr pas vu venir (mais qu'ils ont certainement contribué à provoquer). À quoi servent-ils? demanderait Voltaire. À rien. Quel sens donner à leurs discours, si semblables aux longues péroraisons de Pangloss, docteur en métaphysico-nigologie? Aucun, bien sûr. Alors pourquoi se réunissent-ils ainsi chaque année? Voltaire dirait sans doute qu'il s'agit d'une sorte de thérapie collective : les puissants se réunissent pour oublier leurs crimes (la Géorgie, la bande de Gaza) et sceller leur alliance. Qu'une meute hurlante de journalistes les accompagne chaque jour ne change rien à l'affaire. Ils peuvent dire n'importe quoi (ils ne s'en privent pas d'ailleurs) puisque leurs paroles, répercutées dans le monde entier, n'ont aucun poids, aucune incidence sur le monde réel, comme les discours admirablement vides du docteur Pangloss…

Oui, pour comprendre l'imposture du monde actuel, relisez Candide — et Le Monde comme il va, et Micromégas et L'Ingénu ! Relisez aussi La Plaisanterie de Milan Kundera. Et La Tache de Philip Roth. Si les hommes politiques lisaient davantage de littérature, ils n'auraient pas besoin d'aller faire de la figuration dans les neiges davosiennes.

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28/01/2009

Le pacha Boniface

images.jpegAuteur de sept romans remarqués (dont le remarquable Les Larmes de ma mère*, Prix Dentan 2004), Michel Layaz (né en 1963 à Fribourg)  fait partie, sans conteste, de la jeune garde des Lettres romandes. On peut classer ses livres selon leur ton et leur propos : il y a, d’une part, les textes d’une veine intimiste, comme Les Larmes de ma mère, et les textes d’apparence plus légère, mais tout aussi intéressants, d’une veine drolatique et satiriste, comme La Complainte de l’idiot.
Cher Boniface**, son dernier roman, appartient sans hésitation à la seconde catégorie. Il s’agit d’une farce, plus sérieuse qu’il n’y paraît, qui met en scène une sorte de « bon à rien », prénommé Boniface, proche cousin de ces Taugenichts allemands qui ont décidé de ne pas perdre leur vie à la gagner. Vautré sur son pouf, passant son temps à grignoter des gousses d’ail, Boniface, au début du livre en tout cas, est un pacha heureux et désœuvré. Mais une rencontre va bouleverser sa vie : c’est en gravissant l’Eiger qu’il va tomber sur Marie-Rose Fassa, une journaliste ambitieuse et dynamique. Tout le contraire, bien sûr, de Boniface. C’est elle, désormais, qui va pousser notre poussah à travailler d’abord, puis à faire quelque chose de sa vie.
Autrement dit : à écrire un livre ! Car les femmes n’aiment pas les hommes qui manquent d’ambition…
Le ton est donné dès l’entame et le lecteur est embarqué dans un tourbillon de mots qui bientôt l’étourdissent. Layaz aime les listes, les zeugmes, les énumérations. Même si, parfois, cela tourne au procédé, le style est délectable, léger, plein de fantaisie. D’autant qu’il se pique de satire et de philosophie. On reconnaît au passage des personnalités médiatiques (Pierre Keller, Christoph Blocher), brocardées de manière à la fois drôle et cruelle. Un morceau de bravoure fait même l’éloge, lors d’une interview mémorable, des valeurs du juste milieu qui règnent dans les instances fédérales et tiennent lieu, en Suisse, de véritable philosophie.
Mis en demeure de travailler, par sa chère et tendre Marie-Rose, Boniface va trouver un emploi dans les chemins de fer en tant que couchettiste (emploi que l’auteur a tenu, quelque temps, dans la vraie vie). Mais, bien sûr, ce n’est pas un travail de tout repos. Et les soucis ne tarderont pas à fondre sur la tête du héros obligé de gagner sa vie pour ne pas déchoir aux yeux de sa dulcinée.
D’autres personnages viendront mettre leur grain de sel dans ce roman qui n’en manque pas : un surveillant des chemins de fer effrayant, Prokasch, qui finira par succomber aux charmes de Cécilia, la mère du héros, et une jeune rivale de Marie-Rose, prénommée mademoiselle Coline. Comme on le voit, l’univers doux-amer de Layaz fait penser, quelquefois, à celui de Robert Walser, peuplé de personnages attachants et égarés dans la « vraie vie ».
Si le roman part en fanfare et déploie une verve comique assez rare en Suisse romande, il peine, cependant, à tenir la distance. La dernière partie du livre, en particulier, apparaît décousue, et la fin (en forme de happy ending) est décevante. C’est bien dommage, car Michel Layaz, en la personne de Boniface, a véritablement créé un personnage à la fois attachant et agaçant, poète et philosophe, contemplatif et paresseux. Un personnage à facettes, insupportable et drôle, riche de promesses. Mais ces promesses, finalement, demeurent virtuelles.


* Michel Layaz, Les Larmes de ma mère, Points-Seuil, 2007.
** Michel Layaz, Cher Boniface, roman, éditions Zoé, 2009.

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26/01/2009

Les quatre critiques

UAH_AFFICHE.jpg Il y a quatre sortes de critiques. La plus difficile, sans conteste, est la critique littéraire: il faut se plonger dans l'univers d'un auteur, souvent contemporain, trouver ses marques dans un livre qui est une création, et n'a donc aucun équivalent, connaître la vie et l'œuvre de l'auteur, etc. Un cran en-dessous se situe la critique de musique et d'opéra: il s'agit, pour le (ou la) critique, de bien connaître le répertoire et de maîtriser tout un bagage technique (mise en scène, distribution, interprétation) qu'on met longtemps à acquérir. Beaucoup plus facile, en revanche, est la critique de théâtre:il faut certes avoir quelques notions de mise en scène, connaître les comédiens, mais pour cela il y a le dossier de presse. qui suffit largement. La forme la plus facile de critique est la critique de cinéma: il suffit d'un bagage plus ou moins conséquent (tous les films que l'on a déjà vus), de lire Voici ou Les Cahiers du cinéma, et de recopier fidèlement le dossier de presse du film.

La critique, c'est le sujet du dernier film du lausannois Lionel Baier, intitulé Un autre homme. L'auteur, qui se flatte de n'avoir obtenu aucune subside de Berne (et d'avoir ainsi préservé sa liberté), raconte la vie d'un critique de cinéma, vivant dans la vallée de Joux (autrement dit, un trou perdu) qui, au lieu d'aller voir les films qu'il doit chroniquer, se contente de recopier la critique qu'il lit dans un magazine français spécialisé.  Acide et drôle, le film fait allusion au milieu romand des critiques (et plus spécialement, semble-t-il, au critique du Temps, Thierry Jobin, dont le personnage principal du film est une caricature). Son accueil, dans la presse, on l'imagine, très mitigé. Les critiques n'aiment pas qu'on les critique! Cela va de « film à éviter » (Le Matin) à « film à découvrir » (La Tribune de Genève). Difficile donc, en lisant les critiques, de se faire une idée précise de la chose, d'autant que certains papiers sentent le règlement de compte à plein nez…

Et les autres films?

Prenez le dernier Sam Mendes, Noces rebelles, qui reforme à l'écran le couple mythique de Titanic, Kate Winslet et Leonardo di Caprio. images.jpegDans ce cas, la critique ne fait que passer les plats, c'est-à-dire obéir aux diktats de la promotion : interviews pseudo-exclusives des stars du film, reportages sur la vie du couple Mendes-Winslet (mariés au civil), etc. Aucune distance, aucune perspective, aucune réflexion. Et quand, victime de cette campagne de propagande, vous allez voir le nouveau « chef-d'œuvre incontournable », vous vous surprenez à vous ennuyer ferme pendant plus de deux heures. Un scénario plat comme une omelette, des comédiens qui ne semblent pas concernés (la palme à Kate Winslet, jamais aussi mal dirigée), un esthétisme désuet et ridicule : en un mot, un film tape-à-l'œil sans profondeur, ni raison d'être. Mais peu importe le résultat:  le succès est garanti par la promotion et les critiques (tous dithyrambiques, bien sûr : on adule, on adore, on se pâme…).

Dernier exemple édifiant, le dernier film de Danny Boyle, intitulé Slumdog millionnaire, qui raconte le destin d'un jeunimages-1.jpege homme issu des bidonvilles de Bombay qui, puisant dans sa mémoire et ses expériences, devient un jour millionnaire grâce à un jeu télévisé. C'est vif, plein de couleurs et d'odeurs incroyables (pas toujours agréables!), filmé au cordeau, époustouflant d'intelligence et d'imagination. Contrairement au film de Sam Mendes, pendant Slumdog millionnaire, on rit, on pleure, on a est révolté, on assiste avec effroi et bonheur à l'ascension du héros, prêt, finalement, à abandonner sa fortune pour retrouver la jeune femme qu'il aime, et qu'il poursuit pendant tout le film. Verdict des critiques : « film à éviter », « film à l'idéologie douteuse ». Une étoile dans Le Temps. Pouah! Encore un film populaire…

Alors, dites-moi, à quoi servent les critiques quand ils ne passent pas les plats?

 

 

 

 

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21/01/2009

La Suisse fait son cinéma

images.jpegAlors que les États-Unis fêtent avec panache leur nouveau président, dans un show très hollywoodien (avec quelques guests stars comme Dustin Hoffman, Leonardo di Caprio, Bruce Springsteen), la Suisse fait son cinéma à Soleure. Bien sûr, cela n'a rien à voir : c'est modeste, discret, plein de rancunes et de rancœurs, d'obscurs metteurs en scène et d'éphémères starlettes. Comme on le rappelle à l'envi, le cinéma suisse a connu ses heures de gloire dans les années 70-80, autour de la brillante équipe des Tanner, Goretta, Soutter et autres Yersin. Depuis, il cherche un second souffle. Et surtout un patron, réclamé cependant par toute la profession. Ce patron a été nommé : il s'agit de Nicolas Bideau, fils de. En quelques années, Bideau a réussi à décupler le budget alloué au cinéma par la Confédération, qui reste le principal pourvoyeur de fonds du 7ème art en Suisse. Il a voulu aussi mettre en place une nouvelle politique du cinéma (réclamée par tous les réalisateurs) en misant sur certains films davantage « grand public » que les films suisses traditionnels. À ce jeu-là, il a connu de belles réussites (Eugen, Vitus, Grounding, Home) et quelques échecs (Max & Co). Plusieurs réalisateurs ont saisi ce prétexte pour réclamer la tête de Nicolas Bideau : trop autoritaire, trop bavard, pas assez suisse. Après avoir supplié qu'on leur donne un père, ils veulent maintenant l'abattre. C'est de bonne guerre. Prisonniers de leur autisme, ils ne veulent pas quitter leur petite marge où ils règnent en maîtres. Vincent Plüss vaut-il mieux que Freddy Murer? Le noir et blanc de Lionel Baier fait-il oublier celui de Tanner ou de Godard? Notre cinéma est-il exportable ou ne doit-il s'adresser qu'à ceux qui le subventionnent? Vastes questions. La grogne qui règne à Soleure montre bien qu'il y a un débat. Tant mieux. C'est la preuve que le cinéma suisse est encore vivant. Mais à force de vouloir tuer le Père (grande gueule comme Jean-Luc), ceux qui mènent la fronde risquent un jour de  se retrouver orphelins, sans moyens, sans famille, sans personne à qui adresser leurs jérémiades. Ce jour-là sera vraiment dramatique. Il signera la mort du cinéma suisse.

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20/01/2009

Maurice et Corinna

images.jpeg Une pluie d'éloges — parfois tardifs — s'est abattue sur l'écrivain valaisan Maurice Chappaz, qui vient de disparaître. Chaque écrivain, de son vivant, édifie sa propre statue. Chessex en ogre austère et grave. Bouvier en poète aux semelles de vent. Chappaz en montagnard madré et faussement naïf. Ces statues, bien souvent, n'ont rien à voir avec la réalité. Chessex est moins austère qu'il ne paraît. Bouvier riait, quand on le traitait de vagabond des routes, lui qui a passé l'essentiel de sa vie à Genève, sur les hauteurs de Cologny. Quant à Chappaz, il suffit d'avoir été son éditeur pour savoir combien l'homme était retors, malin et soucieux, avant tout, de sa propre gloire. Il a eu cette chance, inouïe, d'avoir pour compagne Stéphanie — dite Corinna — Bille, fille du grand peintre humaniste Edmond Bille, dont les éditions Slatkine viennent de publier une magnifique et indispensable biographie*. Corinna, comme le veut la légende, tenait la barraque du foyer et élevait leurs trois enfants, tandis que Maurice vagabondait par monts et par vaux. Cela ne l'a pas empêchée, Corinna, d'écrire des livres qui comptent parmi les plus marquants de la littérature romande. Tout le monde devrait lire Theoda**, le premier roman écrit en 1944, qui est un chef-d'œuvre d'émotion et de fraîcheur. Ont suivi de nombreux titres, dont Deux passions, autre chef-d'œuvre, puis La Demoiselle sauvage, Douleurs paysannes**, Le Sabot de Vénus** ou encore Juliette éternelle**. images-1.jpegSi, comme l'écrit si justement Jean-Louis Kuffer, Chappaz fut ce poète au verbe de cristal, Corinna avait ce don du récit, de la construction dramatique, de l'amour des personnages, bref du roman, si rare en Suisse romande. Elle avait mille et une histoires à raconter, à inventer. Et, à sa manière, mêlant subtilement les éléments naturels et fantastiques, elle a su construire sa propre mythologie, qui n'était pas celle d'une fée du logis, mais d'une magicienne de l'écriture (que l'écriture a sauvée d'une vie solitaire et. parfois miséreuse).Alors relisons-les, tous les deux, le poète et la magicienne, pour leur rendre un dernier hommage.

 

* Edmont Bille, par Bernard Wyder, Éditions Slatkine, 2008.

** La plupart des ouvrages de Corinna Bille se trouvent aux Éditions Empreintes et Plaisir de lire.

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16/01/2009

Le massacre des innocents

images.jpg

La mort d'un enfant est toujours un scandale. Que cet enfant soit pris pour cible par des militaires ou que sa mort vienne augmenter le décompte sinistre des effets secondaires d'un conflit. À Gaza, les deux cas de figure sont de rigueur.  On bombarde les hôpitaux, les écoles, les représentations de l'ONU. On pourchasse les membres du Hamas et, bien sûr, on massacre les civils qui ont le tort extrême de se trouver là, femmes et enfants, où explosent les bombes à fragmentation. Les mots nous manquent pour dire l'horreur et le dégoût de cette guerre inhumaine et stupide qui opposent deux fanatismes religieux et politique. Espérons simplement que les assassins, très bientôt, se retrouveront sur le banc d'infamie du Tribunal International de la Haye — si ce Tribunal a vraiment un sens — pour crimes contre l'humanité.

Les mots manquent et la pudeur obligerait à se taire face au massacre de tant de vies innocentes. Mais il faut parler, crier sa colère et son dégoût. Mettre un terme à cette boucherie longuement et sournoisement préméditée…

Il faut lire ici l'admirable correspondance entre Jean-Louis Kuffer et Pascal Janovjak, le premier en Suisse et le second à Ramallah. Nous sommes ici au cœur du drame, dans le plus vif de l'Histoire. Cette correspondance, intitulée Lettres par-dessus les murs, en est à son 71è échange.  On y apprend les conditions de vie inimaginables des habitants de Gaza, privés d'eau, d'électricité, de nourriture, et confinés dans un territoire bouclé à double tour comme une prison. Il faut lire aussi, ce matin, le témoignage de Dania et Mohamed Mussalem, artiste et professeur à l'Université AlAqsa de Gaza. Il est à la fois bouleversant et révélateur de la folie des hommes, prêts à tout pour imposer leurs lois, leur pouvoir et leur Dieu jaloux.

Je me permets de citer intégralement cette lettre, reprise telle quelle, sans correction, ni modification, adressée au directeur du Centre culturel français de Gaza, le 12 janvier 2009.

bonjour

on est toujour vivant ...jusqu'a maintenant au moin ,......apres plus d'une semaine de stresse et d'horeur qu'on a vecu pendant les bombardement continue sur gaza au tour de notre maison plus de 15 missiles de f16 sont tomber vous imaginer la suite ,,des fenetre qui ont eclater, la maison et le sol qui tremble au dessous de toi ,les enfant teroriser , on oser meme pas allez au toilette de peur d'avoir le plafond sur la tete des que les operations des forces terrestre on comencer le 10 emme jours il ya eu des incursions au quartier Atatra et Salatine a 500metre de chez nous c'etait l'enfer toute la nuit on entendait des explosions,tres fort on dirait qui sont juste devant ta porte on voit de la fumee par tout le ciel gris toute la journee,des accrochages continue ,des Apatchis , de la mer on nous attaque de partout


le pire est que des le premier jour on avait pas d'elecricite et bien sur pas d'eau meme les citernes sur le toit on etait trouee par les eclats d'obus le seule moyen d'info qu'on avait etait le telephone et la radio on entendait les histoires de masacres et on recevait des nouvels sur des amis des proches msacrer,.croyer mois des familles entier qui ont etait masacrer a la fois un voisin son frere etait a la mosquee quand on la bombarder, ses 2 autres freres sont partis pour essayer de le trouver au dessous des murs quand ils ont recus un 2emme missile sur leurs tetes les trois freres sont devenue des morceaux de viandes pour ne pas dire des cadavres on ne parles rarement de cadavres mais des morceaux de corps a peine on reconait les morts

apres 2 nuits d'enfers on a decider de sortir mes beaux parent refuser de sortir mais on les a forcer , on etait en danger les charts bombarder sans avoir des cibles précis et on etait pas en securite on a pris le risque de sortir avec un drapeau blanc mois mon mari et mes 2 enfants et mes beaux parents mon sac etait deja pres je savait que ce moment va venir dieu merci personne n'a etait toucher sur les media on parlait d'une treve quotidienne de 13 h -16h pour des raison humanitaire mais cetait des menssonges ,2 femmes de mon quartier sont sortis chercher des provision pour leurs enfant il les ont tuee .

on etait heberger par la soeur de mon mari au centre de la ville de Gaza , d;autres ils navait pas ou aller , dans les rues des miliers des familles qui se sont sauver de leurs maisons ….une nouvelle generation de refugiers

2 heures après qlqs voisins qui ne sont pas encore sortis nous on informer qu'une bombe d'une chart est tomber sur un cote de notre toit ,apres trois jours La Croix rouge nous a informer qu'il ya une treve entre 7h et 11h pour les femmes pour y revenir chercher le reste de leur affaire et le reste des corps qui sont rester par ce que on empecher les ambulances de passer acette zone devenue militaire , dans le quartier Al Atatra la croix rouge a decouvert 4 enfant a cote de leur mere morte depui 7 jours et qui mourrair de fin on les a sauver a la derniere minute .

ma belle mere et parti toute les porte des maisons sont casser et des fois exploser, l'armees Israeliennes a fouiller toutes les maisons dont le notre , tous notre meubles est abimer et nos affaire par terre

Je ne peu vous resumer ces 2 semaines en qlq lignes je suis sorti de ma maison dans un appartement ou il ya plus de 30 personne de refugier!! tous les gens qui habite sur les limites east, nord ,sud ,ouest se sont deplacer au centre en disant qu ils sont plus en securite
En faite personne n'est en securite aucun palestinien a Gaza

On nous dit que l'objectif de cette guerre est d'exterminer les members de Hamas ,un autre pretexte comme les precedentes pour exterminer et terroriser le peuple palestiniens plus de 900mort" civils" dont 275 enfants ,97 femmes"des mamans" et 15 ambulanciers et 5 journalists en 2 semaines
Le message est claire on fait payer au peuple sa liberter d'expression par ce que il a voter pour Hamas
Comme ca les gens vont detester Hamas ,on n'arrete pas de transmettre ses messages et franchir les ondes des chaines locaux pour nous dire tous ce que vous subiser c'est a cause de Hamas qui vous a trahis et na pas pris la ressponsabilite de vous proteger
Voilà

J'etait toujour contre Hamas je n'aime pas les islamistes extremists mais le ne suis pas imbecile pour croire a ces mensonges !meme avant Hamas on nous bombarder on nous insultes sur les frontiers on nous imprisonne a l'interieur de gaza et devant le monde ils dissent qu'ils se sont retirer de Gaza et ils ont leur liberter pourquoi ils se plein!

C'etait claire depuis que Hamas etait dans le gouvernement cela fait 2 ans qu'on souffre du Blocus qui nous etrangle je reve d'avoir le droit de voyager et de ce deplacer comme toute autre personne dans le monde, d'avoir un pay nationale libre

Les lanceur de roquettes sont un autre pretexte pour convaincre les monde que les Israliens sont victimes et qui ont le droit de ce proteger contre les roquettes fabriquer localement avec toute sorte d'armes militaires meme qui sont interdit internationalement (bombes phosphoriques ) sachant que la plus parts des Israeliens transporter au hopitaux on a decrit leur etat de" blessure" ( etat de panique et peur ) on les compter comme victimes! alors que 1 milions et demis de palestiniens sont terrifier et les hopitaux de Gaza non meme pas les moyen de faire des intervention chirugical pour les vrais blesses

Le conflits palestinien , le complis des gouverneurs Arabes etait aussi une couverture pour ces attaque et on S'etait bien enservie

Je doute qu'apres tous cela Gaza aura une vie normal on est sous choc et je doute qu'on va se remettre ,et je doute que après cette guerre si elle se termine j'aurai une maison ,je prie le Dieu que mes enfants reste vivant et si on va mourire qu'on meur tous ensemble ,je ne veut pas vivre pour voir mes enfants massacre devant mes yeux .

Merci a tous nos amis de nous avoir envoyer des messages pour nous soutenir j'apprecie les manifestations quon fait partout ds le monde ,les aides qu'on recoi s lea actes de solidariter mais excuser mois, je suis telement desesperer et au meme temp convaincu que Israel est bien proteger et qu'elle ne va pas cessez le feu que après qu'elle aboutie tous ses objectifs imaginaries par ce que on faite cet les civils qui sont cibler et la decision de la fin de ces operation va venire de ces Generales pas de la pression de la communaute international
A part cela on a manger cest le dernier de nous soucis Israel fait entre les provision necessair pour prouver qu 'elle si humanitaire
Il ya des grands problemes pour la distributions d'aide a cause de l'absence des autorite specialiser il n'ya que l'Unrwa et la croix rouge et qui exerce son role dans des conditions tres deficiles
Les gens nont pas perdus l'esprit de solidarite mais la catastrophe est sur tous le monde chacun a sa propre triste histoire mois meme je suis en etat de choc et a peine j'ai eu la force de vous ecrire

Dania et Mohamed

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14/01/2009

Une malédiction familiale

massardheritage.jpgMettre des mots sur « les furies qui tremblent en elle » : telle est l’obsession de Heide, allemande d’origine, mais installée en Suisse depuis la guerre, qui s’interroge sur l’étrange malédiction qui touche sa famille, et celle de son frère, ancien officier de la SS. En effet, dans l’une et l’autre branche familiale, les maladies graves ou mortelles se multiplient, frappant tantôt la fille ou le fils, tantôt les petites-filles. Pourquoi un tel acharnement ? Y aurait-il une raison à cette malédiction familiale ?
On reconnaît ici les thèmes chers à Janine Massard (née à Rolle en 1939) : la famille en proie à cet ennemi intime et terrifiant qu’est la maladie, qui sert de révélateur aux relations humaines ; la soif de vivre inextinguible ; l’interrogation du passé qui éclaire le présent. Si Comme si je n’avais pas traversé l’été*, roman très autobiographique publié en 2001, était un acte de résistance contre la mort aveugle qui frappe ses proches (le père, le mari, la fille), L’Héritage allemand** est un livre de méditation et d’élucidation. De fantasmagories, aussi, car toutes les femmes qui peuplent le roman cherchent à comprendre, par le dialogue et la rêverie, ce qui leur arrive. « Il y avait eu des mots comme… la faute collective, tous ne paieront pas, beaucoup d’innocents seront touchés, mon père a dit ça à la fin de la guerre quand on a découvert tous les crimes… Il croyait si fort au châtiment qu’il était convaincu que trois générations seraient nécessaires aux Allemands pour se faire pardonner… »
On sent Janine Massard marquée par la lecture des Bienveillantes, de Jonathan Littell. À son tour, la romancière interroge les crimes du passé : et si toute sa famille portait le poids des crimes commis par son frère ? Si le destin se vengeait aujourd’hui sur ses proches, victimes innocentes, mais porteuses du même sang criminel ? Belle-fille de Heide, Léa s’interroge, et se révolte aussi : « qu’avait-elle fait pour être ainsi punie ? Le scénario d’un syndrome du châtiment, subséquent aux crimes jamais avoués d’Onkelhaha, s’était incarné quand des pics de douleur l’avaient fait vaciller. »
On le voit : avec son Héritage allemand, Janine Massard nous entraîne dans des abîmes vertigineux. Qu’hérite-t-on avec le sang de ses aïeux ? La maladie vient-elle venger un passé inavouable ? Et que peut-on faire face à cette malédiction ? Sondant avec lucidité les personnages qu’elle met en scène (presque tous féminins), Janine Massard creuse le mal jusqu’à sa racine. Le passé empoisonne l’existence des vivants, d’autant plus que ce passé est occulte. Il faut lutter contre la maladie, en même temps que reconnaître la source du mal. Dans cette quête poignante de vérité, Janine Massard ne triche pas, comme à son habitude : quitte à se brûler les ailes ou les yeux, elle cherche une lumière qui soulage, mais aussi qui aveugle. Elle va jusqu’au bout du chemin, non sans humour, ni compassion.

* Janine Massard, Comme si je n’avais pas traversé l’été, roman, éditions de l’Aire, 2001.
** Janine Massard, L’Héritage allemand, roman, Bernard Campiche éditeur, 2008.

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12/01/2009

L'échec d'Israël

images.jpegQue faut-il faire avec ses ennemis — intimes? Dialoguer avec eux? Les combattre par la force? Pactiser? Les exterminer?
Depuis 60 ans, Isräel ne sait que faire de ses ennemis, en particulier le Hamas — mouvement à la fois politique, religieux et « terroriste ». La stratégie qu'il utilise, la démonstration de violence, toujours la meme, se révèle à chaque fois dangereuse et stérile. Rappelonsl'histoire récente, comme le fait Dominique Eddé, dans Le Monde du 5 janvier : «L'opération "Raisins de la colère", accompagnée du massacre de Cana, au Liban, en 1996 ? Elle a renforcé le Hezbollah et s'est soldée par le retrait des troupes israéliennes du Liban sud en 2000. L'opération "Rempart à Jénine", au printemps 2002 ? "Voie ferme", deux mois plus tard ? 2002 et 2003 ont été des années sanglantes pour les populations civiles en Israël : 293 morts. "Arc-en-ciel", en mai 2004 ? "Jour de pénitence", quatre mois plus tard, au nord de la bande de Gaza, avec les mêmes sinistres bilans ? Les assassinats de dirigeants politiques du Hamas exécutés et revendiqués sans complexe par le pouvoir israélien ? Les attentats-suicides ont culminé en 2005. Et, au début de l'année suivante, le Hamas obtenait la majorité absolue aux élections législatives. »
Il y a, dans la politique israélienne, une véritable culture de l'échec, qui repose sans doute sur un vrai désarroi. C'est pourquoi, l'un après l'autre, les divers gouvernements au pouvoir s'obstinent dans une politique du pire. Bien sûr, personne ne veut le reconnaître, car il n'est pas facile de reconnaitre ses échecs. Mais cette politique vient de faire, à Gaza, près de 1000 morts, dont un tiers de femmes et d'enfants…
Pourquoi, alors, continuer?
Les raisons ne manquent pas : parce que les élections israéliennes sont proches, et qu'il faut montrer au Hamas (et au monde entier) qui est le plus fort. Parce que les Palestiniens, une fois encore, méritent une bonne leçon. Parce que Barak Obama, futur président des États-Unis, risque de vouloir changer la donne au Proche-Orient. Parce qu'il faut souder la population israélienne face à un ennemi commun et infréquentable…
Encore et toujours, à l'œuvre, la fameuse logique du bouc émissaire, chère à René Girard : pour assurer sa cohésion, une communauté doit désigner un bouc émissaire et l'immoler sur la place publique. Ce que fait parfaitement Israël…
Cette logique vieille comme le monde remporte, semble-t-il, un grand succès en Israël, où la majorité de la population soutient l'opération punitive de son armée. Le problème, c'est qu'elle dresse toute la communauté internationale contre l'État hébreu, car le monde entier est las, aujourd'hui, de ces logiques archaïques et sanglantes, qui ne mènent nulle part.

 

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10/01/2009

Nouvelle émission sur Radio-Cité

images-2.jpeg Pour celles et ceux que cela intéresserait, voici une nouvelle émission, animée par Geneviève Morand, sur Radio-Cité 92.2. tous les lundi de 13h à 14h, Rezonance.
Rencontres, réseau professionel et amical, musiques, lectures : votre serviteur a eu la chance d'étrenner la première émission, le lundi 5 janvier 2009.
Voici le lien.

12:15 Publié dans Notre Dame | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : radio cité, geneviève morand, genève | | |  Facebook

07/01/2009

Le monde d'Alain Bagnoud

images.jpegOn dit souvent, à tort, que la littérature romande manque d'ambition. Le jour du Dragon*, le dernier livre d'Alain Bagnoud, nous démontre le contraire. Comme certains sages chinois sont capables, paraît-il, de voir le monde entier dans une goutte d'eau, Bagnoud raconte, dans le courant d'une seule journée, une vie entière. Pas n'importe quelle journée et pas n'importe quelle vie. Tout se passe le 23 avril, dans un petit village du Valais, le jour de la Saint-Georges., patron de la commune. Et ce jour fatidique, où Saint Georges terrassa le Dragon, est celui de toutes les expériences, les découvertes, les émotions, les transgressions. Nous sommes dans les années 70, années de liberté et de musique, un vent nouveau souffle même dans les villages les plus reculés. Car personne, ici bas, n'est à l'abri de l'Histoire.
Enrôlé comme tambour dans l'une des deux fanfares du villages, le narrateur va vivre cette journée comme un parcours initiatique. C'est d'abord le sentiment — douloureux, puis exaltant — d'échapper aux griffes de sa famille, à l'ordre patriarcal qui empoisonne, depuis toujours, les relations. Bientôt le narrateur tiendra tête à son père, pourra se libérer de toutes les contraintes qui l'empêchent d'être lui, c'est-à-dire d'être libre. Comment briser les chaînes de l'enfermement familial? Grâce aux copains, à la musique, aux filles, à la Poésie. C'est la première leçon de ce jour décisif.
Mais tout ne se passe pas si facilement, ni tout de suite. Grâce au talent d'Alain Bagnoud, nous pénétrons peu à peu, mot à mot, dans les couches les plus profondes de la conscience d'un personnage, superposées commes celles d'un mille-feuilles. La famille, donc, déjà omniprésente dans La Leçon de choses en un jour**, premier volet de cette autobiographie rêvée. Mais aussi la religion puisque le narrateur assiste, comme tous les villageois, à la messe célébrant Saint Georges. Rituel immuable, à la fois solennel et ennuyeux. Là encore, l'adolescent qui assiste à la messe ne se sent pas à sa place. Ce décorum ne le concerne pas ; au contraire, il l'aliène. Il ne se sent à l'aise qu'avec les copains qui l'entraînent sur des chemins de traverse. Car au centre du livre, extrêmement bien décortiqué, il y a le malaise d'« une existence médiocre, insuffisante. Un cerveau parasité de discours encombrants (…) Un magma instable qui aspire à se définir, qui cherche à se coaguler, mais infructueusement. » Jusqu'à ce jour, le narrateur n'a pas de visage, il n'est ni beau ni laid, il manque de présence au monde physique. C'est cette journée particulière, le Jour du Dragon, qui va lui permettre d'accéder à lui-même et au monde, jusqu'ici refusés. Dans le monde villageois pétri de traditions, de conventions et de clichés, il faut éviter comme la peste tout ce qui est singulier. Car le singulier doit toujours se fondre dans le collectif, le général, la famille ou le groupe.images-1.jpeg
Ce trouble indistinct, Bagnoud le creuse parfois qu'au malaise. Et l'on sent une vraie douleur affleurer sous les mots qui se cherchent, refusant les clichés et le patois identitaire. Le rite de passage se poursuit : le narrateur goûte aux délice du fendant comme à ceux du premier joint. Ces paradis artificiels ne durent jamais longtemps. Qui peut comprendre ses vertiges, ses exaltations, ses ivresses poétiques et morales? Pas la famille en tout cas, ni les copains. Les filles alors? Le narrateur va connaître sa plus grande émotion à l'église, où il embrasse pour la première fois Colinette : transgression jouissive, et sans grand risque, puisque l'église, à cet instant, est déserte. Mais le narrateur a franchi le pas. Ce baiser initiatique l'a fait entrer dans un autre monde, merveilleux et bouleversant.
Le livre se termine en musique. Ayant quitté l'uniforme de la fanfare, le narrateur retrouve ses copains dans une cave enfumée, s'essaie à jouer divers instruments, décide de fonder un groupe rock : The Dragon!, of course ! Abandonne l'abbé Bovet pour Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. Mais l'initiation au monde, la découverte de soi par les autres n'est pas finie: grâce à son ami Dogane, le narrateur va visiter l'atelier d'un peintre marginal, Sinerrois, qui va lui ouvrir les portes de l'expression artistique en lui montrant qu'en peinture, comme en poésie, la liberté est souveraine, source de découvertes et de joies. Nouvelle leçon de vie en ce jour fatidique! La liberté de peindre et de créer se paie souvent par la solitude, le silence, le rejet social. 
L'épilogue du livre met en scène, dans un garage, l'une de ces fameuses boums qui ont fait chavirer nos cœurs d'adolescents. À cette époque, le seul souci (vital) était d'inviter la plus belle fille de la classe pour danser le slow le plus long (en général Hey Jude !). C'est l'expérience ultime que fait le narrateur au terme de cette journée proprement homérique, au sens joycien du terme, puisque toute une vie est concentrée en moins de vingt-quatre heures chrono. Ce qui est un fameux tour de force. Alain Bagnoud y scrute, au scalpel, les méandres d'une conscience malheureuse, qui cherche son salut dans la musique, l'amour, la lecture, la poésie. Et qui découvre, au terme d'un long parcours initiatique, la liberté d'être soi et la présence au monde.
* Alain Bagnoud, Le Jour du Dragon, éditions de l'Aire, 2008.
** Alain Bagnoud, La Leçon de choses en un jour, éditions de l'Aire, 2006.
 

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05/01/2009

À qui profite le terrorisme?

images.jpegFace à l'escalade de violence qui fait rage au Proche-Orient, l'observateur occidental a le choix entre deux terrorismes, différents l'un de l'autre, mais complices au final. Le Hamas, d'un côté, qui joue avec le feu, depuis longtemps, en balançant sur Israël ses dérisoires roquettes artisanales — autant dire des pétards. De l'autre, Israël qui pratique, depuis toujours, la Loi du Talion, mais un Talion à la puissance 10 ou 100, puisqu'à un soldat israélien tué correspondent près de 100 Palestiniens (civils ou militaires) abattus. Deux terrorismes, donc. Un terrorisme dit de « résistance » et un terrorisme d'État s'appuyant sur une invincible armée et des appuis internationaux puissants.
Entre ces deux terrorismes lequel choisir?
Aucun des deux, évidemment, car aucun des deux n'est légitime. Sournois, calculateurs, ils pratiquent tous les deux la politique du pire. Le Hamas en instrumentalisant la population civile. Israël en pratiquant la vengeance aveugle et disproportionnée. Le premier joue avec le feu. Le second fait jouer le feu de ses canons et de son aviation, sûr de son impunité. Ces deux rages meurtrières sont complices l'une de l'autre. Israël prend prétexte des roquettes lancées sur son territoire pour semer la terreur à Gaza. Avec un brin de cynisme, on pourrait même dire qu'il entretient cette terreur en affamant par exemple la population de Gaza, qu'il la suscite par mille tracasseries administratives afin de mieux faire parler sa puissance (sans égale au Proche-Orient). On comprend mieux pourquoi certains dirigeants politiques se frottent les mains à chaque roquette tombée sur une habitation d'Israël…
Dans cette logique imbécile — où deux formes de bêtise se font face — on ne peut que souhaiter l'intervention d'un sage, sinon d'un juge. Peut-être est-ce là un défi à la hauteur du nouveau président des Etats-Unis, Barak Obama, qui prendra bientôt ses quartiers à la Maison Blanche? Il en a les capacités et la grandeur d'âme. On lui souhaite, d'avance, bon courage!

09:40 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : israel, hamas, terreur | | |  Facebook