24/09/2008

Parlez-moi de l'ennui!

images-2.jpegLes revoilà ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Le duo le plus dépressif (mais pas toujours déprimant) du cinéma hexagonal s'est acoquiné de nouveau pour nous pondre un de ces films français ni bon, ni mauvais, mi-psychologique, mi-rien du tout, bien au contraire, comme nos voisins en ont depuis longtemps le secret. Si Flaubert était parmi nous, il dirait que c'est un film sur rien. Rien, vraiment? Les relations humaines, les malentendus, le petites trahisons, les douleurs cachées, etc. En un mot : la petite musique des jours qui passent. Filmé à la va-comme-je-te-pousse, Parlez-moi de la pluie (c'est le titre de la chose) ressemble à une pâtisserie mal cuite : le goût n'est pas désagréable, mais  c'est mou, spongieux, ça colle aux dents, et il n'en reste pas grand-chose une fois qu'on l'a mangée (à part les aigreurs d'estomac).
Pourtant, les ingrédients sont bons : un Jamel qui joue les contre-emplois ; un Bacri fidèle à lui-même ; une Agnès Jaoui fatiguée et empâtée, qui incarne les politiciennes de province. Hélas, la pâte ne prend pas. Les dialogues, le plus souvent improvisés, sont plats et prévisbles ; l'argument, mince comme une feuille de papier à cigarette ; le résultat, bâclé et décevant.
Rendons justice à nos voisins français : en littérature comme en musique ou en cinéma, ils ont inventé un nouveau genre : les œuvres dispensables. Ce sont des films, des livres ou des chansons qui ne sont pas désagréables, loin de là, qui procurent même parfois un certain plaisir. Mais dont, au fond, tout le monde pourrait se passer. Ils n'ont aucune nécessité (hormis commerciale), aucun enjeu, aucune ambition. On pourrait y ranger les chansons de Vincent Delerm, de Bénabar ou de Carla Bruni (-Sarkozy) ; les livres de Philippe Delerm, Christine Angot, Etienne Barilier, Amélie Nothomb ; les films des frères Larrieu, de Xavier Gianoli, d'Olivier Assayas, de Mathieu Kassovitz…
Comme on le voit, la liste est longue. Mais, faute de place, j'arrête ici.
A vous de la compléter…
 

10:05 Publié dans les dispensables | Lien permanent | Commentaires (7) | | |  Facebook

Commentaires

c'est marrant, j'ai toujours pensé, même si ce n'était pas à la mode de penser cela, que ces films là étaient la cause pour la quelle certains médiocres et certains nuls ont cru que le premier con de la rue pouvait être comédien , et par la suite je sentais que le cinéma français était devenu un truc ennuyeux au point de demander à mes amis si le film en programme pour la sortie était français , car j'allais rester chez moi dans ce cas là ...je ne dois pas être assez aimante du banal..

Écrit par : luzia | 24/09/2008

Le style Flaubert, au début, cela surprenait, mais comme tout, cela peut finir par devenir banal et éculé.

Écrit par : R.M. | 24/09/2008

Il m'avait semblé que la littérature dispensable était davantage une spécialité de la romandie. Le monde entier se dispense en effet de prendre connaissance de ses écrivains.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 24/09/2008

ah mon cher Stéphane! Revoilà la grand contempteur de la littérature romande! Je m'inquiétais de votre silence…
Merci de votre commentaire.

Écrit par : jmo | 24/09/2008

Pas contempteur, constateur, si vous me permettez ce spaniologisme.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 24/09/2008

Je vous permets!

Écrit par : jmo | 24/09/2008

En Haute-Savoie, pourtant, on aime beaucoup lire Horace-Bénédict de Saussure et Rodolphe Töpffer, et même Ramuz.

Écrit par : R.M. | 25/09/2008

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