06/07/2009

Faut-il sauver Genève?

servette2015-2.jpgOn dirait qu'une sombre malédiction pèse sur Genève, cette ville qui se rêvait internationale, il n'y a pas si longtemps, et qui se réveille aujourd'hui avec la gueule de bois, en gros bourg de province. Disons-le franchement : en vingt ans, Genève a raté à peu près tous les rendez-vous avec l'Histoire. Ne parlons pas du projet de traversée de la rade, qui a été refusé, mais qui se fera un jour, bien sûr, et coûtera aux citoyens cent fois plus cher que le projet initial. Ne parlons pas non plus du nouveau musée d'ethnographie, ni des fameux « communaux » d'Ambilly. En matière de logement et d'urbanisme, Genève a pris un demi-siècle de retard. Et quand, dans quelques jours, Lausanne inaugurera son magnifique M2, la capitale vaudoise entrera de plain pied dans le XXIe siècle — tandis que Genève peine à sortir du XIXe…
Au niveau culturel, avec son beau projet de Musée des Beaux-Arts à Vidy, Lausanne est mille fois plus dynamique que sa grande sœur du bout du lac. Voilà le cœur du problème : Lausanne est vivante : elle a des désirs. Tandis que Genève, ville internationale, ville morte, se complaît dans le luxe et l'indolence, qui étouffent, comme on sait, toute forme de désir.
Et Servette dans tout ça?
Comme dirait une amie psychanalyste, Servette,  c'est le symptôme genevois. Un passé glorieux, des ratés mémorables, un présent pathétique…
Quand Servette a plongé, en 2004, par la faute d'un président mégalomane et sournoisement manipulé, personne, à la Ville comme au Canton, n'a levé le petit doigt. L'inénarrable Moutinot, jouant comme toujours le Père-la-Vertu, s'est même félicité de la faillite servettienne. Relégué en 1ère ligue, le club pourrait ainsi repartir sur de nouvelles bases plus saines. Quatre ans plus tard, Servette — qui, tout de même, a formé des joueurs de la trempe de Patrick Muller, Philippe Senderos et Julian Esteban ! — végète en queue de la Challenge League, plus seul et pathétique que jamais.
Et la Stade de la Praille, en cessation de paiement, ne va pas beaucoup mieux…
Alors saluons l'initiative conjointe de Mark Muller et Manuel Tornare qui viennent de lancer un cri d'alarme pour sauver le club de l'ornière où il englué : il est si rare, à Genève, de voir des politiques mouiller leur chemise pour un sujet dit « populaire ». Espérons qu'il y aura un déclic, et que des Genevois, surtout fortunés, s'investiront dans l'avenir d'un club qui mérite mieux que son triste présent, et représente, depuis un siècle, l'un des piliers de l'identité genevoise.

09:11 Publié dans genève en rade | Lien permanent | Commentaires (19) | | |  Facebook

Commentaires

... PATHETIQUE, vous l'avez-dit et j'approuve à 100% ! Dans votre analyse vous oubliez le MAH, Musée d'Art et d'Histoire. Ce musée tombe en morceaux, et bien qu'un magnifique projet soit proposé (Jean Nouvel) tout le monde fait la fine bouche ! Genève n'est devenue que l'ombre d'elle-même, habitée par des très pauvres ou des très riches. Où les pauvres sont trop pauvres pour s'occuper de ce qui se passe à Genève et les autres trop riches pour s'inquéter de Genève car toujours en voyage dans les autrs capitales. La classe moyenne à moyenne supérieure et toute partie en France ou dans le canton de Vaud.

Bonne journée.

Écrit par : Café | 29/08/2008

Oui, il faut que Genève se réveille! C'est tellement bien dit, vos dires, que je n'ai plus qu'à me taire.
Genève a fini de se reposer sur les lauriers? A qui la faute? Est-ce que notre clique rouge-verte n'est pas un tout tout petit peu responsable de cette situation, je ne veux pas dire gachis.
Trop de social tue le social et enlève les moyens pour voir grand, non?
Bien à vous Bruno Mathis
PS. J'ai trouvé un peu étrange votre façon de vous présenter dans la 3e personne; à première vue un peu prétentieux, à seconde vue je retire mes paroles, vu votre article remarquable

Écrit par : Bruno Mathis | 29/08/2008

@Expresso ou café complet? Vous le dites si bien pour les finances, mais vous oubliez la belle Provence et le beau Valais, sans parler des Bernois qui parlent français (canton de Fribourg, pays d'en Haut etc.)!
BJ ensoleillée

Écrit par : Bruno Mathis | 29/08/2008

"...en vingt ans, Genève a raté à peu près tous les rendez-vous avec l'Histoire."

C'est normal dans une ville dont les deux tiers des habitants sont des non-Genevois qui sont là parce qu'ils ne sont pas ailleurs, tout en se disant qu'un jour prochain, ils pourraient bien y être, ailleurs...

Comment avoir des ambitions pour un lieu où il est possible qu’on ne fasse que passer ?

En fait, les seules ambitions qui sont encore permises à Genève sont celles des ambitieux qui ambitionnent de laisser un nom dans l’histoire de la ville.

Les autres se disent que moins on dépense, moins on paie d’impôts, alors qu’ils en paient déjà trop pour une ville dont l’identité n’est pas la leur…

Écrit par : Scipion | 29/08/2008

Genève ville internationale, veut se comparer au reste du monde mais elle est mise au tapis par une autre ville à 60 km.

Écrit par : pupuce | 29/08/2008

bonjour
... PATHETIQUE, vous l'avez-dit et j'approuve à 100% ! Dans votre analyse vous oubliez que Geneve n'as pas su evoluer comme ont dit faut pas pèter plus haut que sont Cu voloir copier paris pour certaines idèe ou Lyons mais ne pas avoir les moyens de les realisè ou vouloir que le terciare les burreaux au detriment de l'industrie qui elle fasais travailler nombreux sous traitant et industrie
ou sont passer motos sacoche ou et passèe la BAT ou et passè les charmilles de plus bien placè pour le savoir quand ont a une usine de ponpage avec des machines qui dater de 1885 et que l'ont a envoyer a la casse chez bossart
et que l'ont fait un barrage qui ne couvre meme pas les besoins des TPG pour l'apoint en electricitèe
ce pont de la machine que l'ont renove a prix d'or alors qu'il n'y a plus que le barage du sejet qui fait office de vanne pour la regulation du lac et ou et passèe le journal la suisse fleuron genevois qui n'as meme pas reçue le soutien en sont heure de nos autoritè que de temp perdu que d'argent gachez pour ne sitè que quelle petites broutilles a quelques millions de francs a croire que geneve et dirigè par des Incapables depuis des lustre a voire dernièrement l'affaire des roumains et hier l'autorisation de cette Beuverie au sein des bastion et ce jour les paquis qui devienne un petit chicago dirigè par des
petit frappe que l'ont n'arrive pas a maitrisè ou a expulsè
ont rève mais le reveil vas sonner et sera tres tres douloureux pour les genevois
la dette de quelque milliard pour une ville sans ame sans Coeur
salutations

Écrit par : phw11348 | 29/08/2008

C'est le chaos total !
Je viens de Zürich et je vous ne vous dis pas ma déprime face à cette ville sale et puante. on ne peut pas blâmer les habitants mais plutôt ces politiciens sans envergure réelle et surtout sans ambitions pour de milliers de francs qu'ils ont comme salaire, arrogance, annonces sans lendemain sont leurs lots quotidiens. Je pense m'installer bientôt à ZH et bénéficier d'une bonne qualité de vie payée par les contribuables.

Écrit par : Eric | 30/08/2008

". Je pense m'installer bientôt à ZH et bénéficier d'une bonne qualité de vie payée par les contribuables."

Zurich, une ville, où l'on circule à vélo, à pied, ou en transport publique plutôt qu'en voiture... Ne cherchez pas plus loin l'origine de la qualité de vie zurichoise.

Écrit par : PtitSuisse | 30/08/2008

La région métropolitaine lémanique doit se trouver une unité et dépasser ses querelles de clocher.
Lausanne est très dynamique en ce moment et Genève empêtré dans de vaines disputes, se replie mais il faut changer ce processus. Il faut dynamiser la région avec l'Ain, la Savoie, le Valais et même déborder sur NE et FR. On le voit Broulis veut mettre en place un fond stratégique pour la région, les citoyens doivent adhérer à toutes les nouvelles idées. Genève se doit de développer la PAV et le CEVA et en finir avec ces oppositions stérile, ces blocages qui démoralisent les habitants.
Mais Genève avec ses politiciens à majorité de gauche veulent garder le pouvoir à tout prix et développent des politiques sociales qui coûtent et repoussent hors de son Canton, les populations à haute valeur ajoutée.

Écrit par : demain | 30/08/2008

Jean-Michel Olivier, vous faites de Genève un tableau qui donne l'impression qu'elle est très française. Et de fait, Genève donne aussi le sentiment d'être culturellement attachée à Paris.

Pour intégrer correctement une région lémanique, si je peux donner mon avis, il faut d'abord ne pas se comparer aux autres. Car regretter que Lausanne soit devenue plus importante que Genève, n'est-ce pas déjà être tourné vers le passé ? Cela rappelle Paris se plaignant que New York est devenue plus importante. Or, il n'y a pas de honte.

Ensuite, à mon avis, c'est sûr qu'il vaut mieux se tourner vers ses proches voisins que vers Paris.

Cela dit, il faut voir que si la région lémanique ne se faisait pas avec la France voisine, M. Demain, ce ne serait pas nécessairement la faute de Genève, car il n'y a pas de difficulté réelle à nouer des liens entre la France voisine et Lausanne directement. Si cela non plus ne se fait pas, ce n'est pas parce que Genève bloque le passage : non. Je pense aussi que chacun raisonne en fonction de sa propre partie, que chacun espère voir l'autre faire les investissements qui permettront à tous de gagner quelque chose. Or, mon opinion est que de même que Denis de Rougemont a dit qu'une association fonctionnait quand on se demandait ce qu'on pouvait faire pour elle, et non quand on se demandait ce qu'elle pouvait faire pour soi (par l'intermédiaire des autres, en général), de même, je crois que le premier qui parle d'une action commune doit pouvoir être en mesure d'annoncer ce que lui-même compte faire.

Écrit par : R.M. | 30/08/2008

Erratum : "Cela rappelle Paris se plaignant que New York est devenue plus importante QU'ELLE-MÊME". (Et tout de même, M. Demain, il faut bien reconnaître qu'au sein d'une région lémanique, tous compteront sur ceux qui gagnent le plus d'argent, non pas seulement pour les services de conseil, si je puis dire, mais aussi pour l'investissement.)

Écrit par : R.M. | 30/08/2008

Le manque de vision et dynamisme de politiciens de genève contribuent au chaos dans cette ville, quittez genève en train pour Lausanne, Bern, Zürich, vous aurez l'impréssion de revivre de nouveau !

Écrit par : Eric | 30/08/2008

Il y a de quoi hurler... Paris se fout de Genève et les Bobos genevois aidés par les anciens comme Barde et Cie, ont préféré la liaison TGV pour faire leurs emplettes dans la Capitale plutôt que de promouvoir les liaisons sur le Plateau. Résultat, on est fait comme des rats...

@RM. C'est vrai, seuls les gagnants comptent et Genève, la perdante devra bientôt quémander à des bienfaiteurs fortunés de casser leur tirelire pour pouvoir suivre et être dans la course.

Quand Genève aura atteint le niveau aussi bas que la profondeur de sa dette colossale, peut-être dans un dernier sursaut, elle bougera ou sera engloutie.

Écrit par : sirène | 30/08/2008

Cela fait tellement bien de vous lire, et de voir que je ne suis pas la seule à penser que Genève est en régression... Cela m'attriste, car je suis une enfant de la Cité. J'ai une histoire d'amour et de haine avec cette ville, que j'ai quittée déjà plusieurs fois (la dernière étant une expatriation en Slovénie pendant 3 ans). Mon retour à Genève fut d'abord délicieux, puis il s'est transformé en un goût amer... Cette ville aujourd'hui m'épuise : toujours les mêmes politiciens, les mêmes vieilles rangaines, infructueuses. Des bistrots qui disparaissent. Toujours les mêmes éternels festivals... Genève se regarde dans le nombril, et s'est beaucoup trop reposée sur ses lauriers. Je sais que certains pourraient me critiquer pour être lâche, mais ma foi, je ne vais pas rester ici longtemps. Ma prochaine ville ? Amsterdam, ou Barcelonne, des cités qui n'ont pas peur de changer ni de se remettre en question.

Écrit par : irisilence | 30/08/2008

Terribles ces autogoals à Genève! ça dégoûte de voir ces ordures à la tête des décisions ... Sachez que le mot "autogoal" est entré dans la langue, d'origine suisse, je vous prie!!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Salomé | 30/08/2008

L'état du club est à la mesure de l'état de la République.

Si l'initiative de Tornare et Muller peut être observée, elle ne doit pas être acclamée car il y a des lustres qu'elle devait être prise!

Mais à Genève, on a le malin plaisir de casser les jouets que l'on a.

la qualité des élus n'est que le reflet de l'état d'esprit des Genevois eux mêmes. Des enfants gâtés, tout simplement.

N'oublions pas non plus que le dernier président, qui passera en jugement prochainement, n'a fait qu'hériter d'une situation pourrie que lui ont refilés les précédents dont certains siègent à Berne ou plastronnent dans les pétoires de la planète des série douteuses de la téléréalité genevoise.

Cette situation illustre la pauvreté morale de ceux qui aujourd'hui accusent et/ou se font les pompiers alors qu'ils ont contribué à mettre le feu.

Bien triste tou ça espérons que les élections de 2009 feront le ménage au gouvernement avec du sang neuf de meilleure qualité que ce que le PS nous a fourgué à la ville de Genève!

Écrit par : jules | 31/08/2008

Sirène, je n'osais pas le dire, mais il me semble que le TGV Genève-Paris a créé moins de débats que les projets de lignes locales. Evidemment, quand on est réellement au-dessus des autres, pourquoi s'abaisser à leur parler ? Mieux vaut chercher à communiquer directement avec les autres sommets. Cela dit, le prestige, cela coûte souvent cher, et ne rapporte pas grand-chose, à mon avis. C'est vrai aussi de la politique française, du reste.

Du reste, il faudrait savoir si les lettrés parisiens connaissent réellement mieux Amiel que les Savoyards, par exemple, ne connaissent Töpffer et Horace-Bénédict de Saussure. Ce n'est pas sûr. Mais dire que les Parisiens n'ont aucune forme de respect pour les Genevois, c'est peut-être exagéré, même si je pense qu'ils s'intéressent en fait plus aux Vaudois.

Écrit par : R.M. | 31/08/2008

Je vous remercie toutes et tous pour vos commentaires personnels et stimulants. Nous reviendrons bien sûr sur le sujet…

Écrit par : jmo | 31/08/2008

Bon, à lire tous ces commentaires apocalyptiques sur la bonne ville de Genève et sur la riante cité de Lausanne, le quidam risque de croire à ces sornettes. Je vis à Lausanne depuis toujours et vais régulièrement à Genève. Il ne faut pas se leurrer : Lausanne aussi est une cité puante et salle, l'insécurité, la nuit, est vraiment présente. Sa municipaux, particulièrement incultes, ont contribué à l'enlaidissement de la ville : Ouchy est une horreur absolue, du goudron partout, des luminaires monstrueux, des nouveaux édifices dignes des pires laideurs des années 70... et vous dites que c'est vivant ? la classe moyenne fuit la ville... sa politique sociale ayant attiré un nombre disproportionné de non-contribuables... non, rassurez-vous, Genève possède encore un vrai charme

Écrit par : Gian | 16/10/2008

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