20/06/2008

Balthus, peintre-pompier

nu-au-foulard-82b.jpgY a-t-il, aujourd'hui, un peintre plus surfait que Balthus? Tout, dans sa peinture, sent la pose, l'artifice, le mensonge. Sa vie, d'ailleurs, ne vaut pas mieux. Dans une excellente étude, Raphaël Aubert, il y a quelques années, a montré toute l'inanité des titres nobiliaires dont le peintre français d'origine polonaise s'est vanté toute sa vie, tenant à tout prix à descendre d'ancêtres titrés et introuvables. Cette volonté de distinction (apparaître comme le descendant d'une très lointaine et noble lignée) se retrouve dans la plupart des tableaux du peintre aujourd'hui célébré dans le monde entier et qui a dépensé l'essentiel de son énergie à construire sa légende.
L'exposition d'une trentaire de ses œuvres qui se tient actuellement à la Fondation Gianadda de Martigny en est une preuve supplémentaire. Qu'y voit-on? Un peintre laborieux, méticuleux dans le détail, grand admirateur (jusqu'au plagiat) de Piero della Francesca, doté d'une technique tout à fait estimable, mais d'une inspiration tristement répétitive. Ses tableaux? Parlons-en. Une grande partie (la plus connue, la moins intéressante) s'attache à peindre, dans une aura « hamiltonnienne » de scandale, les émois troubles de l'adolescence. Ce sont d'habitude de très jeunes filles, blouse entrouverte, jambes écartées, qui regardent le spectateur du tableau avec une lascivité de bon aloi (mais qui sonne faux, également). Ailleurs, des scènes toujours teintées d'une sensualité d'autant plus lourde qu'elles sont rendues avec un souci rare du détail.
Adulé par certains, méprisé par d'autres, il m'apparaît, aujourd'hui, comme le peintre pompier par excellence. Celui qui, par ses tableaux, essaie de résister à la révolution piscturale du XXe siècle, qui est une révolution iconoclaste. C'est le barrage bourgeois aux inventions folles d'un Picasso ou d'un Braque, par exemple. Aux délires polychromes d'un Kandinski ou d'un Mondrian. Au génie vraiment inovateur d'un Miro ou d'un Fernand Léger.
Peintre pompier, le Comte Balthus aura marqué pourtant son siècle pour la raison toute simple qu'il n'en a jamais fait partie.
Si vous ne me croyez pas, allez-y voir vous-mêmes!

15:40 Publié dans Grandes Têtes Molles | Lien permanent | Commentaires (4) | | |  Facebook

Commentaires

Cher Monsieur, vous lisant, je n'ai toujours pas compris si l'expo vaut le coup ou non...

Écrit par : Micheline | 21/06/2008

Peut-on savoir qui est ce JM Olivier qui vomit Balthus? Qu'a-t-il créé pour oser ainsi se poser en «expert»? Suggère-t-il que Léonard Gianadda est un imbécile? Certes, c''est son droit de ne pas aimer le personnage et/ou ses oeuvres. Comme c'est le mien de déplorer l'adulation dont d'aucuns entourent Picasso. De là à dresser ce réquisitoire... Mais quand on lit le papier sur Yves Nidegger, on comprend mieux ce qui l'anime.

Écrit par : M. Leu | 23/06/2008

Je n'ai rien contre Leonard Gianadda, qui organise de belles expositions (et surtout sait les vendre). Mais je trouve suspecte cette adulation générale pour un peintre qui, honnêtement, n'a pas bouleversé la peinture du XXè siècle. Ses audaces sont des poses ; ses toiles de pâles imitations de la peinture du Quatrocento ; ses prétentions nobiliaires un tissu de fil blanc…

Écrit par : jmo | 23/06/2008

La personne qui a ecrit ce texte est un malade. J'ai l'impression de lire un texte du temps de Vichy. Le livre auquel vous faites reference est malsain (pour dire le moins). Pour la remarque ecrite par M. Leu, aucun artiste n'a besoin de bouleverser son siecle pour etre un grand artiste. A la fondation Gianadda j'ai en effet entendu des gens venant visiter l'exposition, toutes les sottises possibles a son sujet et sur sa peinture. Que la peinture de Balthus ne soit appreciee que d'un nombre restreint de gens qui en general connaissent davantage de choses sur la peinture que la masse de ceux qui visitent les expositions de peintres "populaires" (a commencer par Renoir) est tout a son honneur. Balthus n'avait que faire d'etre celebre. Et il l'etait (sans le chercher) et admire aussi par beaucoup d'artistes de son temps (et d'aujourd'hui). Traiter la peinture de Balthus pompier ? Les mots ont un sens et ce terme ne peut s'appliquer a sa peinture. Ce texte transpire la jalousie et la haine motivee par des raisons qui n'ont rien a voir avec l'art. Une espece dangereuse, un venin que j'esperais depuis que le journal "Au Pilori" n'est plus publie. Vous sentez l'anti-semetisme.

Si vous n'aimez pas quelque chose (dans le domaine de l'art) ne dites rien surtout si c'est pour l'exprimer dans la haine.

Écrit par : mast | 25/12/2010

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