20/05/2008

Un Marc Roger vaut mieux que deux tu-l'auras!

39337518.jpgVous connaissez l'histoire de ce gars qui a eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment? Nous sommes en 2004. On s'apprête à mettre un club en faillite, le FC Servette pour ne pas le nommer, quand, surgissant de nulle part, comme Winkelried poussé dans le dos par les siens, un homme s'avance et décide, par défi ou inconscience, de reprendre le club. Ce héros, vous le connaissez, il s'appelle Marc Roger. Il a le tort, aux yeux des notables genevois, d'être Français. Donc étranger. Et chacun sait qu'en tout bon Genevois sommeille un UDC…
S'il s'avance, ce héros, c'est aussi qu'on l'a poussé en avant, et qu'on lui a fait de nombreuses promesses. On lui a fourni de solides garanties financières (M. Mauss). On lui a promis que le club était assaini (M. Luscher). On a gonflé les chiffres de fréquentation du stade. Autant de promesses mensongères…
Jovial, naïf, celui qu'on va bientôt surnommer Tartarin se lance dans l'aventure. Seul. Cela ne plaît pas aux notables de la place, qui lui mettent les bâtons dans les roues. Un à un, les financiers qui l'entouraient se défilent. Celui qui devait l'épauler (M. Mauss) joue les fantômes. Un autre, président du Real Madrid, M. Sainz, qui avait promis des millions, retire ses billes, sans honorer ses engagements. Un journal de la place, Le Temps, le diffame gravement, et en toute impunité. Qu'importe! Notre Tartarin reste à la barre jusqu'au naufrage final. Baroud d'honneur…
Quatre ans plus tard, Marc Roger est toujours en prison préventive. A Genève, cette ville qui l'a si chaleureusement accueilli. C'est vrai qu'il a tenté, par deux fois, d'échapper à la justice, et qu'il s'est fait piquer, comme un bleu, dans un hôtel espagnol, aux premières lueurs de l'aube. Mais tous les avocats du monde s'accordent à dire que la justice s'acharne sur lui. Qu'il est en préventive depuis trop longtemps. Que la peine de prison qui le menace risque d'être inférieure à celle qu'il a déjà purgée. Qu'importe. Il est Français. Il faut faire de son cas un exemple…
Quoi qu'il en soit, le procès qui devrait (enfin!) s'ouvrir en septembre, risque de valoir son pesant de révélations et de coups de théatre. D'autres notables, inculpés comme lui (M. Mauss, Me Fauconnet), devront s'expliquer publiquement. Et risqueront, eux aussi, la prison ferme. Ce qui n'est que justice. On verra alors qui, dans cette affaire bien genevoise, ressemble à M. Seguin ou au curé de Cucugnan. 
 

13:23 Publié dans sin city | Lien permanent | Commentaires (3) | | |  Facebook

Commentaires

Votre souhait de noircir ses juges vous fait exagérer la blancheur du Gugusse. Les motifs de ses accusateurs ne sont pas si nobles qu'ils le prétendent, mais les siens non plus. Il n'a rien d'un naïf, victime irréfléchie d'une vindicte provinciale. Ce n'est que l'histoire d'un escroc minable, jugé par des juges minables.

Il faudra que vous nous expliquiez dans un prochain postage le motif de cette hargne qui vous habite à l'encontre de Genève et des Genevois. Je sais qu'ils ont tous les défauts du monde, mais pas davantage que n'importe qui d'autre.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 21/05/2008

C'est tout le contraire! C'est parce que j'aime Servette (depuis l'âge de cinq ans) et, accessoirement, les Genevois, que j'enrage quand je vois le club cher à mon cœur faire la une des faillites frauduleuses ! Et les Genevois s'illustrer, si j'ose dire, par leur tiédeur et leur amour de la pensée unique…

Écrit par : jmo | 22/05/2008

Je pense que Marc Roger devrait demander une cellule commune afin que tous les autres sinistres personnages de ce mauvais feuilleton lui tiennent compagnie ! Même celui qui a une immunité d'élu au Conseil National !

Écrit par : Octave Vairgebel | 22/05/2008

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