09/05/2008

À la rencontre des jeunes lecteurs…

2088726000.jpgLe risque, quand on publie un livre, c'est que quelqu'un le lise! Mais ce risque devient une chance quand les lecteurs, entre douze et quinze ans, qui occupent toute l'aula d'une école, sont assis, là, devant vous, les yeux brillants, et se réjouissent de vous poser les questions qu'ils ont soigneusement préparées. Alors, très vite, le dialogue s'installe, et le livre partagé devient le lieu d'une rencontre…
C'était mercredi dernier, au collège de Roche-Combe, dans cette belle ville de Nyon où j'ai passé les premières années de ma vie, entre la fabrique d'allumettes et la place Perd-Temps. Grâce à l'initiative de deux enseignantes enthousiastes, Béatrice et Anne-Élisabeth, et du bibliothécaire de l'école, M. Nicod, une dizaine de classes de 7e, 8e et 9e année ont lu, intégralement ou en extraits, L'Enfant secret, un récit dans lequel j'essaie de raconter l'hstoire à la fois banale et hors du comme de mes grands-parents, italiens par ma mère et vaudois de la Côte par mon père. 
Dans le jeu passionnant des questions, certains élèves, parmi les plus timides en classe, ont pris plusieurs fois la parole, à la grande surprise de leurs professeurs ; tandis que d'autres, qui avaient inscrit dans leur cahier des pages de notes, n'ont pas osé ouvrir la bouche. Il y avait non seulement de la fraîcheur, de la spontanéité, dans la pluie de questions adressées à l'auteur, mais aussi de l'humour, de la tendresse et beaucoup de perspicacité (« Est-ce que le personnage de Julien, dans votre livre, est vraiment heureux de retrouvrer la vue? »). Des questions parfois indiscrètes, souvent retorses, toujours intéressantes. Preuve qu'un livre, quand on prend la peine (et le risque) de s'y plonger, est une source de vie et d'interrogations…
Deux fois deux heures pleines (les classes étaient divisées en deux groupes), d'une grande intensité, d'échange et de partage. Pour les élèves, enchantés par l'expérience, c'est l'occasion unique de rencontrer celle ou celui qui se cache derrière un livre. Pour l'écrivain, c'est une chance, exceptionnelle, de rencontrer celle ou celui qui, par sa vivacité, sa générosité, donne vie à ce que, modestement, il a essayé fixer par l'écriture.
Pour tout cela, ces quatre heures d'intense dialogue, je suis reconnaissant aux élèves du collège de Roche-Combe et à leurs magnifiques enseignantes! Merci!
 

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