08/04/2008

Radiophonie et pédophilie

1840571996.jpgIl faut goûter, à sa juste valeur, le regard malicieux et gourmand d'Esther Mamarbachi ou du solide Darius Rochebin quand, chaque soir, à l'heure de la grand-messe, ils évoquent, des trémolos dans la voix, les derniers rebondissements de l'affaire des « images à caractère pédophile » découvertes sur l'ordinateur d'un collaborateur de leur grande rivale : la RSR! Il faut goûter le souci du détail, l'absence de tout esprit critique et surtout cet air de sourde réprobation qui caractérise, parfois, nos Grandes-Têtes-Molles de la TSR…
De cette « affaire », qui occuperait trois lignes dans un torchon de n'importe quel pays démocratique, tant elle paraît insignifiante, nos dinosaures de l'actualité sont parvenus à faire un feuilleton à épisodes. Autant pour tenir le pauvre téléspectateur en haleine (en otage) que pour suggérer, implicitement, que de telles « affaires » ne peuvent éclater qu'à la RSR. On reconnaît bien là l'esprit revanchard genevois, si jaloux de la Radio romande, qui fait tellement mieux son travail que les gens de la Tour en étant véritablement à l'écoute d'une région et d'une langue, au lieu de lorgner, comme ceux qui louchent, du côté de Paris (sans avoir, bien entendu, les moyens de rivaliser avec elle)!
Chaque soir, l'affaire des « images à caractère pédophile » de la RSR occupe dans le Téléjournal une place aussi importante que la libération (de moins en moins probable, hélas) d'Ingrid Bétancourt ou la gracieuse révérence de Carla Bruni devant la Reine d'Angleterre. Car il faut bien planter le clou. Plus l'information est insignifiante (et peut nuire à son rival) plus on la ressasse à l'envi, chaque soir, avec des nouvelles interviews inutiles, des témoignages en langue de bois, des images montrant une poignée de pseudo-grévistes hurlant des slogans assassins devant les caméras!
Dans l'univers impitoyable des médias, cela s'appelle la concurrence. 
Espérons encore de multiples rebondissements: la mise en examen du directeur de la RSR, par exemple, pour insubordination, la réintégration forcée de l'informaticien qui a joué les Big Brother, le licenciement de tous les collaborateurs qui ont refusé de faire la grève…
Heureusement que la télévision, dans notre pays, est au-dessus de tout soupçon! 
 

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Commentaires

Bien vu, hélas. Cela ne s'arrêtera que quand le malheureux idiot qui a voulu jouer le Grand Transgresseur devant son ordi en téléchargeant ces maudites images se sera logé une balle dans la tête, "ayant brisé son avenir et l'honneur de sa famille".
Pendant ce temps, Max Mosley continuera de jouer au guignol nazi et à diriger je ne sais quoi dans l'automobile.
Alors les Grandes Têtes Molles de la TSR exprimeront leurs profondes condoléances à la famille éplorée...

Écrit par : Géo | 07/04/2008

En parlant de racolage, c'est pour droit à l'information que vous publiez cette photo ?

Comme quoi, commencer à balayer devant sa porte, ce serait déjà un début...

F.

Écrit par : Forge | 08/04/2008

Je vous remercie de votre commentaire. Cette photo, très célèbre, a été prise par le grand photographe américain Garry Gross. Elle représente la comédienne Brooke Shields, âgée alors de 10 ans. La maman de celle-ci a donné son accord et assisté à la séance de photos. Cette photo est exposée actuellement au Musée de l'Elysée à Lausanne dans l'exposition intitulée « Controverses — à voir absolument. Elle n'est pas sans causer de malaise — c'est pourquoi je me suis permis de la reprendre. Car elle pose des questions à chacun — moi y compris…
Le journal 24Heures lui a consacré un excellent article : http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/culture/culture_detail/(contenu)/213748

Écrit par : jmo | 08/04/2008

Si ne ne partage toujours pas votre opinion sur la question du traitement de cette affaire (ou plutôt : pourquoi la TSR et pas les autres médias qui ont au moins autant commenté le cas RSR ?), je vous remercie néanmoins pour ces précisions nécessaires concernant la photo. J'ignorais en effet que ce fut de l'art. Quand bien même, je ressens encore un certain malaise à sa vue.
F.

Écrit par : Forge | 08/04/2008

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