06/04/2008

Cinq vivants pour un seul mort

 
460258366.gif Née en 1967 en Valais, Catherine Lovey passe très tôt sa vie à lire et à écrire.  Mais c’est un second choix ; elle voulait un piano et à la place elle reçoit une  machine à écrire, orange et noire. Journaliste à La Tribune de Genève, puis à L’Hebdo, elle écrira alors dans de la rubrique économique, puis entreprend un postgrade en criminologie. Enfin, elle se décide à sortir de son armoire un manuscrit intitulé L’Homme interdit. Le texte est publié aux éditions Zoé en 2005 et rencontre beaucoup d’intérêt.
Avec Cinq vivants pour un seul mort*, son deuxième roman, Catherine Lovay n’a peur de rien. Une intrigue minimale, une construction déroutante, un récit qui avance à son rythme, tantôt par ellipses, tantôt à très petits pas. Le livre commence comme une enquête policière : Markus Festinovitch, le meilleur ami de Jean, le narrateur, vient de se suicider, alors qu’il visitait un nouvel appartement en compagnie de sa maîtresse. Pour Jean, cette mort est une énigme qu’il va essayer d’élucider. Commence une enquête délicate. Mais, très vite, le centre d’intérêt du livre se déplace. L’enquête que mène le narrateur sur son ami tourne à l’introspection ou l’autoanalyse. Une introspection qui, d’ailleurs, le mènera aux confins de la folie. Après avoir découvert que son meilleur ami vivait sous un faux nom, et qu’au fond Jean ne savait rien de lui, le narrateur décide de partir en Finlande, sur les traces de son ami défunt. La seconde partie du livre, partie de transition, met en scène la rencontre entre le narrateur et Aïda, femme de chambre dans l’hôtel où il réside. Quelque chose se noue entre les deux personnages, qu’on aimerait peut-être voir se développer ou se dénouer. Mais Jean, oubliant Aïda, repart pour le Nord du pays où il va rejoindre le frère de son ami suicidé, Peter, qui vit seul avec sa petite fille. Une étrange rencontre, qui se noue autour d’un accident, transformera la vie de Jean dans son nouveau pays.
Comme on le voit, Catherine Lovey, dans ce roman qui ressemble à un polar, mais qui n’en est pas un, aime à brouiller les pistes. Son écriture est déroutante, tantôt vive et alerte, tantôt jouant sur les longueurs (l’ouverture du roman est un peu langoureuse !). Catherine Lovey a du style, une logique rigoureuse, une manière tout à fait originale de construire son récit. On avait salué ces qualités pour L’Homme interdit. Peut-être a-t-elle besoin, pour déployer tous ses talents, d’un sujet plus costaud : ici, le suicide de Markus Festinovitch n’est qu’un prétexte à la dérive identitaire de son meilleur ami, qui est le vrai sujet du livre. On saura peu de choses sur Markus (qui s’appelle en réalité Peterssen-Mink), presque rien sur Aïda, et quelques rudiments sur Peter. Catherine Lovey aime à jouer sur l’attente du lecteur et ses déceptions. Elle maîtrise, en cela, les ficelles du roman et démontre, une fois encore, un vrai talent d’écrivain.
Catherine Lovey, Cinq vivants pour un seul mort, éditions Zoé, 2008. 
 

11:58 Publié dans livres en fête | Lien permanent | Commentaires (4) | | |  Facebook

Commentaires

Beaucoup de mots pour dire en somme que l'ouvrage est raté. C'est fou, soit dit en passant, le nombre d'écrivains romands qui gagne leur vie faisant les journaleux. Avec les enseignants, cela doit bien faire la majorité du cheptel.

Écrit par : stéphane-2 | 06/04/2008

Les écrivains ont faim, parfois, et pas seulement de mots. C'est pourquoi certains enseignent la bonne parole, tandis que d'autres s'éclatent dans le papier-journal…

Écrit par : jmo | 06/04/2008

Peu d'écrivains gagnent leur vie grâce à leur plume, en romandie comme ailleurs. La première motivation pour écrire, en cela, doit rester le plaisir que cela procure et non le besoin de reconnaissance ou d'argent. Sinon, la déception risque d'être à la hauteur de l'attente. Il y aurait bien des choses à dire encore, sur le sujet, mais souvent parler revient à se museler définitivement.

Écrit par : Marie | 08/04/2008

Beaucoup de mots pour dire en somme que l'ouvrage est raté. C'est fou, soit dit en passant, le nombre d'écrivains romands qui gagne leur vie faisant les journaleux. Avec les enseignants, cela doit bien faire la majorité du cheptel.

Écrit par : Jogos de Carros | 26/12/2010

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